Le cas de Sergeï Kostitsyn en est un exemple d’une exemplarité exemplaire. Honni par ses coéquipiers et banni par la direction de Canadien, le petit Kostitsyn s’en était allé la baboune entre les jambes vers Hamilton, une ville où on ne trouve aucune rue Crescent.
Si vous parlez français
Or, Sergeï (prononcez Seur-Gué si vous êtes Benoît Brunet et Sèrgué si vous parlez français) allait avoir une seconde chance alors qu’une épidémie de « blessures au corps» s’abattait sur Canadien. Mais la route vers la rédemption est jonchée de craques dans la glace. En 35 matchs, l’attaquant d’impuissance a amassé 2 buts et 9 passes, une production qui allait lui valoir une place sur un trio d’arrière-ban.
Cette rétrogradation allait pourtant servir sa destinée glorieuse. Parce que récemment, les troisième et quatrième trios « apportent de la contribution» à Canadien, comme l’a si bien exprimé Jacques Martin. Et pas qu’un peu. Au cours des trois derniers matchs, le cadet des Kostitsyn a marqué pas moins de quatre buts qui avaient la particularité de ne pas en être vraiment. Deux filets déserts et trois déviations de patins plus tard, celui qui jadis était un paria devenait la coqueluche des médias. Le joueur par excellence. Une sorte de Maurice Richard en devenir.
«Rentre comme tu voudras»
La thérapie par le but rebut sert à la fois à plaire à son entraîneur et à complaire aux journalistes, en plus d’être si peu exigeante qu’elle permet de continuer de brosser toute la nuit. Surtout, elle permet malgré son inélégance de faire un pas de plus vers les séries. Comme le dit si bien Jacques Demers : «Rentre comment tu voudras, ils sont en séries, qui viendra viendra.»

Ce soir à 19 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada – 95,1 FM



