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        <title><![CDATA[Sylvain Ménard]]></title>
        <link><![CDATA[http://www.journalmetro.com/columnist/9975]]></link>
        <language>en-us</language>        

        
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                      <title><![CDATA[Deux poids, une mesure]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Non, mais il s’en est-tu passé des affaires dimanche? Wow! Vous pouvez maintenant retrouver vos esprits, le Super Bowl est derrière nous. Aujourd’hui, ne comptez pas sur moi pour revenir sur les grosses pubs américaines qui semblent nous faire si cruellement défaut quand il est impossible de les voir ici. N’attendez pas davantage que je vienne vous refiler une dernière recette d’ailes de poulet piquantes pour enflammer la gueule, l’estomac et le... de vos invités. Ni pour vous faire la critique du spectacle de la mi-temps de Madonna (quoique j’ai été soufflé par la qualité des projections préparées par Moment Factory, une firme d’ici). Aujourd’hui, je déclare l’armistice après un week-end qui a eu des allures de crise de foie tant il fut gorgé de gros et de gras.<br/>
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Ce matin, bien tranquille dans mon coin, je me réjouis que Scott Gomez n’ait pas marqué son premier but en 365 jours. Pas que j’aie envie de le protéger celui-là, qu’il s’arrange avec ses troubles et ses 7 M$ par année. Mais je suis néanmoins content de ne pas avoir eu à me taper un autre pique-nique de cannibales au parc de la cruauté collective. Le gars a déjà l’air assez zouf comme ça, pas obligé de le promener en laisse comme on l’a déjà fait avec Quasimodo à la Fête des fous sur le parvis de Notre-Dame-de-Paris.<br/>
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Étrangement, c’est au moment même où Gomez faisait ce qu’il fait de mieux, c’est-à-dire, ne pas marquer de buts, que la grosse nouvelle de la journée est tombée. On a appris que René Angélil faisait partie d’un groupe qui aurait acheté le restaurant Schwartz’s du boulevard Saint-Laurent. Une transaction de 10 M$, qu’ils ont écrit. Ça a bien l’air qu’on ne regarde pas à la dépense quand vient le temps d’évaluer la valeur d’un joyau si important de la culture et de la gastronomie montréalaise.  <br/>
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N’en fallait pas plus pour qu’un tsunami de réflexions, aussi brillantes les unes que les autres, s’abatte sur les réseaux sociaux. Première alerte : «Lui, y’é mieux de ne pas changer ça en Nickel’s!» Deuxième inquiétude, elle me fait encore rire celle-là: «J’espère que ça sera bien géré et qu’ils ne feront pas faillite!» Si ça peut rassurer les angoissés de nature, on ne paie pas ce prix-là pour ouvrir un Nickel’s, même si le local est mauditement bien situé sur la Main. Et, quand on regarde comment la carrière de Céline Dion a été gérée, on ne devrait pas trop s’en faire pour l’avenir de la place...<br/>
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En pensant à Gomez et à Schwartz’s, je me suis posé une question : vous, si vous aviez à choisir entre10 M$ pour une place qui marche à planche et 7 M$ pour un joueur qui ne marche pas du tout, quel serait donc votre choix?<br/>
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Vous voyez, c’est facile parfois de tout simplifier...<br/>
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Plus tard, après avoir regardé le match de football avec les amis et pris à cœur mon rôle de similipartisan d’un jour des Patriots, je suis rentré bien tranquillement à la maison. J’ai alors décidé de faire du temps supplémentaire en regardant l’entrevue d’Isabelle Gaston à Tout le monde en parle. Disons qu’après une journée aussi pleine de petits vides, de Gomez, de smoked-meat, de grosses pubs, de steppettes en paillettes et de chicken wings 9-1-1, ça a remis de l’ordre dans mes priorités en un rien de temps. Que pourrais-je rajouter sur ce qu’elle a raconté? Rien. Elle a tout dit. Pire, elle a même tout vécu. Il faut absolument rediffuser cette entrevue-là.<br/>
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Entendu : Aux alentours, le nouvel album de Marie-Pierre Arthur. En un mot : EXCELLENT.  <br/>
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Sylvain Ménard]]></keywords>
                      <pubDate>Tue, 07 Feb 2012 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Sylvain Ménard, Métro</author>
                      <guid isPermaLink="true">http://www.journalmetro.com/chroniqueurs/article/1090678</guid>
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                      <title><![CDATA[Qui sera le prochain?]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[L’exclamation est venue du fond du corridor l’autre matin: «Yeah! On s’en va aux Oscars!» C’est ainsi que j’ai appris que Monsieur Lazhar était passé en finale pour l’Academy Award du Meilleur film en langue étrangère. «On», c’est évidemment Philippe Falardeau, mais puisqu’on a tendance à tout prendre personnel quand un des nôtres commence à fréquenter les sommets, accordons-nous le droit de fêter ça en famille. Encore une fois, car ce fut pareil l’an passé avec Incendies, de Denis Villeneuve. Et pour une fois qu’il y a de quoi se réjouir de la juste utilisation de nos taxes, pourquoi faudrait-il se priver?<br/>
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En plus d’être des réalisateurs désormais reconnus ailleurs, Falardeau et Villeneuve ont en commun d’avoir participé à la Course destination monde, qui fut jadis présentée à Radio-Canada. Ils ne sont pas les seuls à être sortis de cette merveilleuse rampe de lancement. Quand on repasse la liste des participants qui y sont allés au fil des ans, on y trouve les noms de Ricardo Trogi, Robin Aubert, Hugo Latulippe, Manuel Foglia, Jennifer Alleyn, François Parenteau et d’un paquet d’autres qui sont toujours actifs dans le monde des communications. Ce qui m’amène à poser une question: comment une société d’État digne de ce nom peut-elle omettre d’inscrire systématiquement à sa programmation une émission du genre, qui favorise le renouvellement de notre bassin de créateurs? Avec tout le travail abattu par les diplômés de la Course et les succès qu’ils connaissent partout, on ne pourra pas me dire que ce type de plateforme n’est pas rentable. Ça va tellement plus loin que la simple recherche de cotes d’écoute et de revenus publicitaires, cette histoire-là! C’est avant tout une question de vision et d’engagement à moyen et à long terme.<br/>
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Oui, je sais, le Canal Évasion a mené sa propre course l’an passé. Pas que ce ne fut pas apprécié, au contraire, mais j’insiste, cette production doit être initiée et maintenue par la télé d’État. Et en plus, il y avait un principe d’élimination graduel des candidats qui m’énervait dans le concept d’Évasion. Falardeau l’a lui-même déjà raconté en entrevue, c’est au fur et à mesure que la saison avançait qu’il était devenu meilleur dans la Course de 1992. S’il y avait eu élimination, il aurait probablement été un des premiers éjectés.<br/>
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Un autre point qui milite pour la résurrection du concept de la Course, c’est celui des possibilités techniques. À l’époque, les vidéastes-reporters partaient en excursion avec un kit de tournage lourd et encombrant. Ensuite, ils devaient envoyer leurs cassettes et leur plan de montage à Montréal par avion, et finalement attendre une couple de semaines avant de connaître les résultats de leur travail. Aujourd’hui, ils pourraient tourner des images avec une caméra grosse comme une barre de savon ou même avec un iPhone, faire leur montage sur un ordinateur portable pour finalement expédier leur film par courriel. En plus, ils pourraient participer au rendez-vous télé hebdomadaire par Skype. Simple, non? Ne manquerait que l’appui d’un transporteur, et hop, la belle vitrine!<br/>
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Le prochain Falardeau ou Villeneuve, il existe sûrement quelque part. Faudrait seulement lui donner la chance de se manifester. Et qui sait, peut-être que dans quelques années, d’autres cris de joie se feront entendre un bon matin dans le fin fond d’un corridor. Et là, «on» sera tous bien contents...<br/>
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <link>http://www.journalmetro.com/chroniqueurs/article/1084696</link>
                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Sylvain Ménard]]></keywords>
                      <pubDate>Tue, 31 Jan 2012 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Sylvain Ménard, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Quand un gars est pas dû…]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Il y a 10 jours, gros max, j’étais tellement certain que Gilles Duceppe allait prendre la tête du PQ que «j’aurais mis ma mère au feu», comme le dirait Jean Perron. Toutes les planètes étaient parfaitement alignées, l’aspirateur avait été passé sur le tapis bleu qu’on allait dérouler pour le couronnement, et hop, ne restait plus qu’à attendre la prochaine bataille électorale.  <br/>
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Ici même, dans cette chronique, il y a à peine deux mois, je suggérais fortement à Pauline Marois de quitter dignement la barque du PQ tant les attaques venant de l’interne à son endroit étaient malsaines et odieuses.<br/>
<br/>
Tout ça, c’était avant le week-end dernier. Ce matin, quand on analyse froidement la situation, ça a bien l’air que c’est Pauline Marois qui dirigera les troupes du PQ au prochain scrutin provincial. Et qu’à l’heure où vous lirez ces mots, Gilles Ducep-pe sera déjà en route vers la buanderie pour y laver sa réputation. Déroutant, que vous dites? Le terme affolant serait probablement plus juste!<br/>
<br/>
De ce qui s’est passé au cours des derniers mois, on tirera quelques leçons. Premièrement, que la persévérance de Pauline Marois – j’avais utilisé le mot «acharnement» l’autre jour – aura fini par la servir. Il aura fallu qu’elle soit forte – et pas rien qu’un peu – pour pouvoir traverser un champ de mines aussi poivré.<br/>
<br/>
Ensuite, que la meilleure manière de tuer un politicien n’est pas nécessairement de lui servir des ruades à répétition comme on l’a fait contre Mme Marois, mais seulement de laisser planer un simple doute comme on vient de le faire avec Gilles Duceppe. Parce qu’à l’heure où on se parle, rien ne nous prouve qu’il ait été le grand responsable de ce qui semble toutefois être une malversation en bonne et due forme. Comme rien ne nous assure du contraire non plus. Il est en plein là, le doute. À la fois tout petit et tout gros. Et ça semble bien suffisant pour terrasser n’importe quel homme politique, aussi attendu soit-il.<br/>
<br/>
Pour une deuxième fois, Gilles Duceppe sera passé à un cheveu d’être le chef du PQ. Pour une deuxième… et une dernière fois. Quand un gars est pas dû…<br/>
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En voyant P.K. Subban s’engueuler sur le banc avec l’instructeur des défenseurs Randy Ladouceur pendant le match de vendredi dernier, je me suis imaginé comment tout cela aurait viré si Pat Burns avait encore été en poste. Pauvre P.K., il aurait eu un pied étampé dans le cul tellement longtemps…<br/>
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À voir : le documentaire Into the Abyss de Werner Herzog qui est présenté en exclusivité au AMC Forum. C’est l’histoire de deux gars d’une petite ville du Texas qui ont tué trois personnes pour voler une Camaro. L’un est condamné à mort et l’autre à perpète. Une manière de découvrir ce qu’on pourrait appeler la misère blanche américaine. <br/>
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On parle souvent de la violence dans les grandes villes. Attendez de voir celle qui règne dans les petits bleds de l’arrière-pays. Là où tout le monde se promène avec une arme à la ceinture. Ils veulent faire croire que c’est pour assurer leur propre sécurité. Bien sûr…<br/>
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <link>http://www.journalmetro.com/chroniqueurs/article/1078704</link>
                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Sylvain Ménard]]></keywords>
                      <pubDate>Tue, 24 Jan 2012 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Sylvain Ménard, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[L’absence de gros bon sens]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Chaque société digne de ce nom doit compter sur un ensemble de règles pour assurer son équilibre et son sain fonctionnement. On appelle ça le code légal. Quand on dépasse les limites du code légal, il est alors de mise de faire appel au code moral. Et si, par malheur, ces deux codes ne suffissent pas, il ne reste qu’un seul autre recours possible : l’appel au gros bons sens. Ce qui nous amène à la question du jour en ce mardi 18 janvier 2012 : on fait quoi quand le gros bon sens a pris le bord? <br/>
<br/>
Prenez le cas de Nathalie Normandeau, l’ex-ministre responsable du Plan Nord qui a accepté un poste de VP dans une firme comptable dont les clients entendent bien tirer le maximum dudit Plan. Madame l’Ex pourra bien invoquer son droit au travail – ce qui est tout à fait légitime – et le fait qu’elle a pris toutes les précautions pour respecter le code sur le lobbyisme et l’éthique, il n’en demeure pas moins que, compte tenu de son récent passé gouvernemental, son nouveau choix de carrière n’a pas de maudit bon sens. Tout cela est-il légal? Oui, on n’en doute même pas une micro-seconde. Alors, si c’est légal, est-ce moral? Non, pantoute.  <br/>
<br/>
Déjà qu’elle a abandonné sa job de politicienne à mi-mandat tout en empochant une prime de séparation de 150 000 $ (vous essayerez, vous, de toucher des prestations d’assurance-chômage après un départ volontaire…), Nathalie Normandeau s’organise une fois de plus pour faire planer le doute sur son sens du devoir et de la correction. Sans bon sens… et pas très brillant par-dessus le marché.<br/>
<br/>
Même chose pour les députés transfuges qui changent de parti au mépris du choix fait par leurs électeurs. Un élu a-t-il le droit de faire ça? Bien sûr, d’ailleurs ils ne s’en privent pas. Est-ce correct d’agir ainsi? Poser la question, c’est y répondre, comme ils disent… Le cas de Lise St-Denis m’interpelle particulièrement.  Candidate-poteau pour les néo-démocrates aux dernières élections fédérales en Mauricie, elle a pris la décision de traverser le parquet pour s’installer dans la tente des libéraux à peine huit mois après la vague orange du 2 mai. Or, si Miss Poteau est à ce point convaincue de l’endossement inconditionnel de son électorat, il serait tout indiqué qu’elle remette immédiatement son siège en jeu pour se représenter sous sa nouvelle bannière. Mais elle ne le fera pas, voyons donc. Elle sait bien qu’elle se ferait laver et essorer à l’eau claire.   <br/>
<br/>
En ce qui concerne François Rebello, ex-péquiste et nouveau-caquiste, on se contentera de souligner qu’il a lui-même donné un coup de hache dans son capital de crédibilité en enfilant un sinistre costume de vire-capot. En un rien de temps, il sera passé de figure prometteuse de la politique québécoise à girouette au sens de l’honneur discutable.  <br/>
<br/>
Trois histoires, trois manières de voir et de faire les choses. Et surtout, trois manières de faire tourner le moulin à cynisme…<br/>
<br/>
•••<br/>
<br/>
Avant de vous quitter, je voulais vous soumettre un dernier sujet de réflexion. Admettons que l’appareil légal, la Commission d’examen des troubles mentaux pour ne pas la nommer, fasse appel à une experte psychiatre pour juger du degré de dangerosité d’un médecin qui a déjà admis avoir poignardé à mort ses deux enfants. Et que cette experte, au terme de son analyse, décrète que le médecin devrait recouvrer sa liberté inconditionnelle dans la société. Dans votre société en l’occurrence. Accepteriez-vous son diagnostic sans broncher?  <br/>
<br/>
Bon, c’est bien ce que je me disais aussi…  Sans bon sens.<br/>
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <link>http://www.journalmetro.com/chroniqueurs/article/1073178</link>
                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Sylvain Ménard]]></keywords>
                      <pubDate>Tue, 17 Jan 2012 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Sylvain Ménard, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Prendre les grands moyens]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[La réflexion de la semaine appartient à Guillaume Lemay-Thivierge. Dans une entrevue, il m’a confié que, si le monde mettait autant d’énergie à se battre contre l’industrie du gaz de schiste qu’il en met pour critiquer le sketch du Bye Bye sur l’industrie du gaz de schiste, on se ferait peut-être moins f…r au bout du compte. Pas fou ça. 1-0 pour Guillaume.<br/>
<br/>
C’est tellement plus facile de taper sur le poil qui retrousse plutôt que de l’arracher jusqu’à la racine. Par exemple, prenez la manif de l’autre soir en face du Centre Bell. Ils étaient quelques centaines à brandir des drapeaux bleus devant le temple des rouges pour dénoncer la décision brune d’une administration drabe d’embaucher un entraîneur unilingue anglo. Tout le monde sait bien, à moins d’être très déconnecté, que le coach lui-même n’est pas l’objet de cette vague de colère. Que c’est davantage ce mélange d’arrogance et d’intransigeance de l’insigne Organisation qui a fini par faire sauter le couvercle de la marmite. Le rassemblement de samedi aura-t-il le moindre effet à court, moyen ou long terme sur la situation? Bien sûr que non. Ça aussi c’est su. Ça demeurera, au mieux, un événement anecdotique qui ne figurera sûrement pas dans les revues de fin d’année le 31 décembre prochain.<br/>
<br/>
Cela étant dit, même si la manif a eu peu d’impact – il y a d’ailleurs de quoi s’en réjouir, son succès aurait sûrement été récupéré par des experts en désinformation d’un côté comme de l’autre –, il n’en demeure pas moins qu’il faudra bien un jour s’attaquer au vrai problème. Et le vrai problème, il arrive bien avant la nomination d’un coach anglophone à la tête d’une équipe de hockey. Le problème, c’en est un de fierté et de transmission des valeurs.<br/>
<br/>
Tant qu’on n’aura pas nous-mêmes le souci d’en­seigner correctement notre histoire aux plus jeunes et tant qu’on ne les convaincra pas de la pertinence de vivre en français en Amérique, on va passer droit à côté du but. Tant qu’on ne martèlera pas au quotidien la nécessité de savoir d’où nous venons pour avoir la moindre idée d’où nous allons, ça sera peine perdue. Qu’on fasse des manifs ou non. Et ça ne sera pas la faute des autres, ça sera la nôtre. C’est nous qui avons tout laissé aller dans le plus anodin du quotidien.  <br/>
<br/>
Des décisions insensibles et insensées comme celle qui a été prise par la direction du Canadien, on n’a plus assez de doigts et d’orteils pour les compter. Des Caisses de dépôt et autres Banques Nationales où on met le français de côté pour la simple raison que ce n’est pas pratique dans des réunions où siègent des anglophones, c’est intolérable. Et dans une société qui s’est endormie dans les vapes de son laxisme, ça prend des mois et même des années avant de savoir que c’est comme ça que ça se passe. On l’a bien vu récemment. <br/>
<br/>
On a fini par croire que ça n’était pas si grave. Parce qu’on a fini par croire qu’il n’y avait rien à faire contre ça. C’est faux. Dans les années 1970, un puissant coup de barre a été donné pour ramener les pendules à l’heure. Malheureusement, on a ensuite cru que tout était réglé et que le reste irait de soi. Erreur. Quand on choisit de baisser sa garde, c’est qu’on a décidé de ne plus se battre. <br/>
<br/>
Là, il est grand temps de remonter le mécanisme du réveille-matin national si on ne veut pas passer tout droit. Ça serait la fois de trop.  <br/>
<br/>
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <link>http://www.journalmetro.com/chroniqueurs/article/1068684</link>
                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Sylvain Ménard]]></keywords>
                      <pubDate>Tue, 10 Jan 2012 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Sylvain Ménard, Métro</author>
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                      <description><![CDATA[J’aime les humains. Bon, OK, je n’affiche pas une ferveur égale pour tout le monde, mais, chose certaine, si j’ai à choisir entre l’humain et la machine, je prendrai toujours la bibitte à humeur. Simple question de connivence et de solidarité.<br/>
<br/>
Ainsi, je préférerai toujours les réceptionnistes aux répondeurs automatisés. Moi, appuyer sur le 1 pour ensuite faire le # pour finalement échouer dans une boîte vocale, ça m’énerve. Et ne me parlez pas des guichets automatiques que les banques essaient de nous enfoncer dans le fond de la gorge depuis toujours, j’haïs ça. Toutes ces patentes ne servent qu’à une chose : éliminer des jobs. Alors...<br/>
<br/>
Jusqu’à tout récemment, j’aimais bien ma succursale bancaire. En y entrant, on prenait un ticket et, sagement assis sur une des nombreuses chaises mises à notre disposition, on attendait que notre numéro apparaisse sur le tableau. Là, une sympathique caissière avec un sourire gros comme ça s’oc-cupait de nous. Tout simple. Un bon matin, la distributrice à tickets a mystérieusement cessé de fonctionner. Après quelques jours d’un bordel qui semble maintenant avoir été orchestré de A à Z, on a choisi de remplacer la quinzaine de fauteuils par un superbe labyrinthe fait de cordons et de poteaux pour nous faire attendre debout à la queue leu leu. C’est supposé accélérer le service aux caisses. Ah bon... J’ignorais qu’attendre debout plutôt qu’assis pouvait jouer sur la vitesse des transactions au comptoir. On nous a é-v-i-d-e-m-m-e-n-t rappelé qu’il y avait quatre guichets automatiques dans l’entrée. C’est tellement pratique, voyez-vous... Merci, dieu des banques, d’y avoir pensé pour nous. Pour «humaniser» le nouveau processus d’attente, on a parqué au bout du labyrinthe à rat une joviale préposée à la circulation. De bonne humeur, vous dites? Tonitruante comme un klaxon et du genre à nous faire un «high-five» en nous laissant filer vers le comptoir.<br/>
<br/>
L’histoire qui suit est arrivée avant Noël. J’étais dans la file, et ça allait bientôt être mon tour. Tout juste devant moi, il y avait une cliente qui, si mon évaluation est bonne, devait avoir dans les quatre-vingts ans. La dame se plaignait de la nouvelle procédure. «Moi, j’aimais mieux ça avant, quand on pouvait s’asseoir.» Et la préposée-klaxon de rétorquer : «Ben, pour le monde comme vous (!), on a gardé trois chaises. Allez vous assire, j’va vous appeler quand ça va être votre tour ma “p’tite” madame.»<br/>
<br/>
La dame est donc allée s’asseoir. En passant, elle n’était pas petite. Une minute plus tard, gros max, elle est revenue reprendre sa place dans le rang. Vous savez, souvent, à cet âge-là, on a peur. Peur de manquer l’appel, peur de se faire voler sa place. Et peut-être même peur de se faire voler tout court. La gueularde a alors repris le crachoir. «Je l’sais que vous aimiez plusse ça avant, mais ça, c’est le passé. Là, faut être positif pis regarder en avant», qu’elle a sermonné en me lâchant un clin d’œil qui se voulait complice. Hum, non merci. Tout en ajoutant, c’était prévisible : «Si vous voulez apprendre comment marchent les guichets dans l’entrée, m’en va vous l’montrer...» Le beau portrait. Une personne âgée qui se fait parler d’un avenir qui lui échappe inexorablement et une employée de banque qui vante l’efficacité d’une machine qui va éventuellement lui faire perdre sa job et probablement aussi celle d’une collègue... Comment elle disait, déjà? Ah oui. «Là, faut être positif pis regarder en avant...»<br/>
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <keywords><![CDATA[Sylvain Ménard]]></keywords>
                      <pubDate>Tue, 03 Jan 2012 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Sylvain Ménard, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[L’année des indignes]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Habituellement, on profite de la dernière chronique de l’année pour faire un beau bilan emballé avec une belle boucle de couleur. Désolé, mais cette année, je ne participerai pas au traditionnel échange de cadeaux. <br/>
<br/>
Pour tout dire, j’ai détesté 2011 et je n’ai pas du tout envie de fêter. Tout comme vous probable­ment. Tout comme les protestataires qui ont passé un bout de l’automne à camper au centre-ville. Tout comme ceux et celles qui ont choisi de joindre les rangs des indignés parce qu’ils n’en pouvaient plus de voir aller les indignes...<br/>
<br/>
Au premier rang du top des indignes de 2011, il y a l’ensemble du gouvernement Harper. Des idéalistes obtus et obstinés qui ne se contentent pas de mettre de l’avant leurs idées rétrogrades, mais qui s’organisent aussi pour faire disparaître toutes traces laissées par les gouvernements précédents. Avec cette équipe-là, toutes les lettres du mot i-n-d-i-g-n-e devraient s’écrire en majuscules... <br/>
<br/>
Il n’y a pas qu’à Ottawa que les indignes se distinguent.  C’est pareil ici avec les libéraux provinciaux. Indignes comme dans méprisants, déconnectés, usés, arrogants et quoi encore? Et, comme si on avait besoin de ça, ils ne sont pas les seuls à Québec à se comporter d’une manière aussi répréhensible. Quand la députation du PQ passe plus de temps à s’entredéchirer qu’à jouer son rôle d’opposition sérieuse et efficace face à un gouvernement aussi gâté, il y a de quoi se poser des questions sur le sérieux de son engagement. Et, tant qu’à y être, sur son avenir, point à la ligne. En se tirant sans arrêt dans le bide, le PQ s’est avéré non seulement indigne de toute confiance, mais aussi incapable d’assumer la moindre des responsabilités. Si le PQ meurt à moyen terme, ça sera par sa faute, par sa seule et très grande faute. Point à la ligne. Exactement comme l’Union nationale de Duplessis. Et, si ça continue comme ça, on constatera le décès à peu près au même âge. Bizarre pareil comme l’histoire se répète. D’un pathétique...<br/>
<br/>
Non, j’ai pas le goût de fêter 2011. La seule chose qui m’allume, c’est de célébrer l’arrivée de 2012. Ça ne pourra pas être pire...<br/>
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•••<br/>
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Parlant d’indignes, disons que la direction du Canadien a fait sauter le dernier plomb de tolérance qu’il me restait samedi passé. Quand j’ai entendu Pierre Gauthier répondre en smatte «qu’une langue, ça s’apprend» au journaliste qui le questionnait sur le choix d’un unilingue anglophone pour diriger le club, j’ai eu envie de sauter dans la TV pour lui crier des noms. Que de suffisance... Celui-là, quand il s’en ira – ce qui devrait arriver bientôt –, on ne le regrettera pas. «Une langue, ça s’apprend», ben oui mon grand... Je comprends main­tenant pourquoi Gauthier se fait habituellement si avare de commentaires avec les médias. Tant qu’à dire des inepties comme ça...<br/>
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Vous ne pensiez pas que j’allais vous laisser comme ça avant de prendre congé? Juste pour vous dire une chose : une chance que vous êtes là, on vous aime bien gros vous savez! On se retrouve en janvier. Bye!<br/>
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Sylvain Ménard]]></keywords>
                      <pubDate>Tue, 20 Dec 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Sylvain Ménard, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Un simple vœu…]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Je m’ennuie. Je m’ennuie du hockey qui me faisait triper. Je m’ennuie surtout des joueurs d’avant. Dans tous les sens. Je m’ennuie des joueurs d’hier… et des gars qui jouaient à l’avant et qui rempor­taient le championnat des compteurs… même en portant le chandail du Canadien. Une chose qui semble aujourd’hui absolument inimaginable. <br/>
<br/>
L’autre fois, un comédien dont je tairai le nom (qui commence par Claude et qui finit par Legault...) me faisait remar­quer que depuis Guy Lafleur,<br/>
le Canadien n’avait eu comme vedettes que des gardiens de but. C’est tout à fait juste. Ce qui veut dire que les succès (!) de l’équipe ont été l’apanage de ceux qui se faisaient tirer des rondelles dessus plutôt que d’en lancer. En conséquence, nos seuls moments d’émotion ont été provoqués par le soula­-gement de ne pas se faire compter des buts plutôt que d’en marquer. Un peu comme si la vraie affaire était de survivre plutôt que de vivre.<br/>
<br/>
Cette année plus que jamais, le hockey du Canadien m’ennuie. On pourrait arrêter la saison drette là que ça ne me ferait pas un pli derrière le genou. Le problème, ce n’est pas la fiche de .500 ni la collection d’éclopés sur le carreau. Le problème est simple : c’est juste plate. Mais alors là, telle­ment plate... Gagne ou perd, il ne se passe jamais rien. Ou si peu...<br/>
<br/>
Jeudi dernier, j’étais au match contre Vancouver. Alors que le Canadien menait 3-0, j’ai pourtant dit à mon voisin de gauche – en passant, salut Théroux... – que j’étais certain qu’il allait encore perdre. Pourquoi? Parce que le «goaleur», aussi bon soit-il, ne peut pas toujours tout faire tout seul. Pourtant, il suffirait d’un enragé dans le groupe pour allumer le reste de la gang. Un leader, pas plus. Pas obligé d’aller chercher une mégastar avec un contrat de 70 M$ pour 10 ans. Ça prendrait seulement un fonceur qui aurait assez de front pour prendre la tête de la parade. Les autres suivraient, j’en suis convaincu.<br/>
<br/>
Au père Noël, le vieux ti-cul que je suis a le goût de ne demander qu’un seul cadeau cette année. Dans le genre, un joueur inspiré et inspirant. Après ça, je serai sage comme une image et je vais me tenir bien tranquille dans mon coin. Pareil comme Jacques Martin derrière le banc. Promis, juré, craché.<br/>
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J’ai bien aimé le Tintin de Spielberg. OK, ça rocke peut-être beaucoup vers la fin, mais j’ai retrouvé le jeune reporter de mes premières lectures. Je me réjouis surtout que la franchise d’Hergé ne soit pas tombée entre les mains aseptisantes de Disney. Imaginez ça un instant : le capitaine Haddock dans un meeting des AA, des brigands avec des fusils à l’eau et une morale à coups de chausson en guise de dénouement. On l’a quand même échappé belle...<br/>
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Pas une seule fois je ne suis allé au marché Atwater sans voir des donneux de contraventions pour le stationnement se faire aller. Et vive la relance du commerce en ville!<br/>
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Une autre maudite bonne vue à voir : L’artiste, avec Jean Dujardin et Bérénice Bejo. Un film muet qui fait la démonstration indiscutable qu’une image vaut effectivement mille mots. Et aussi que le noir et blanc peut nous en faire voir de toutes les couleurs. Comme le disent les Français : un must!<br/>
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Sylvain Ménard]]></keywords>
                      <pubDate>Tue, 13 Dec 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Sylvain Ménard, Métro</author>
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                   </item>
             
                  <item>
                      <title><![CDATA[L’école à Monsieur Émile]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[«L’école est un milieu de vie.» C’était la première phrase du code de l’étudiant de l’école secondaire Louis-Riel de Rosemont en 1977.<br/>
<br/>
Cette école publique était unique en son genre. On l’appelait «l’école à Émile», parce que c’était Émile Robichaud qui en était le directeur. Lui aussi était unique en son genre. Car pour mener une école publique comme s’il s’agissait d’une école privée à l’âge d’or des polyvalentes, fallait être fait fort. Assez fort pour reconnaître, quelque 35 ans plus tard, qu’il avait tout à fait raison.<br/>
<br/>
M. Robichaud était avant tout un marginal du système. Qui refusait de céder du terrain aux fonctionnaires de l’enseignement, souvent éloignés de la réalité scolaire, préférant de loin mener les choses à sa manière. Quand on arrivait le matin, il se tenait sur le bord de la porte. Droit comme une barre, plutôt silencieux, mais d’une présence... On entrait dans son école. Parce que pour fréquenter Louis-Riel, fallait adhérer à son projet et à sa vision de l’enseignement. En début d’année, l’étudiant et ses parents devaient signer une espèce de contrat avec la direction et s’engager à respecter le code de l’étudiant. À la moindre défaillance, on nous ressortait la copie signée de cette entente. Pour M. Émile, l’engagement de tous était obligatoire et non négociable. Point à la ligne.<br/>
<br/>
Les résultats académiques des étudiants de Louis-Riel étaient-ils meilleurs? Sais pas... On suppose que oui. Là où je puis certifier qu’il y avait une différence nette avec ce qui se faisait ailleurs, c’était qu’il y avait à cette école la garantie d’avoir un encadrement solide, avec un plan directeur articulé et cohérent.<br/>
<br/>
M. Robichaud, faut dire qu’il en avait vu bien d’autres. Il prenait les étudiants pour ce qu’ils étaient, c’est-à-dire des ados qui devaient se trouver une place dans le camp des exécutants et non pas du côté du commandement. Je me souviens encore de certaines de ses phrases qui faisaient suer, mais qui, avec un peu de recul, étaient si justes. Des énoncés sans équivoque, du genre : «Vous n’êtes pas encore assez vieux pour faire des choix, mais bien suffisamment pour respecter ceux qu’on fera pour vous.» Ou encore : «Si vous avez envie qu’on vous traite comme des adultes, il nous fera plaisir de le faire. En vous accordant les privilèges ET les conséquences qui viennent avec...»  Vous savez, le genre de formules qu’on comprend tellement mieux quand on est rendu grand...<br/>
<br/>
Si le cadre qu’offrait Louis-Riel à l’époque était strict, ça ne veut pas dire qu’il était répressif. Rigoureux, oui. Étouffant, jamais. Oui, il fallait respecter un code vestimentaire qui excluait le port des jeans. On devait également vouvoyer tout le personnel, ainsi que se tenir droit sur sa chaise quand on allait à la bibliothèque. Est-ce que ça a déjà fait mourir quelqu’un, ça? Et oui encore, les parents étaient systématiquement mis au parfum de la moindre incartade ou contre-performance de leur enfant. C’était un enga­ge­ment formel de la direction. Mais à l’opposé, non, on ne circulait pas dans les corridors au rythme d’une marche militaire. Et non, on ne donnait pas la strappe aux plus turbulents ni des taloches à ceux qui coulaient un examen.<br/>
<br/>
Dans cette école de 1977, au milieu du triangle formé par la direction, les élèves et les parents, il y avait écrit le mot r-e-s-p-e-c-t. En 2011, je suis convaincu qu’il n’y a pas un parent que ne voudrait pas voir son enfant fréquenter cette école. M. Robichaud, décidément, vous aviez raison.<br/>
<br/>
<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Sylvain Ménard]]></keywords>
                      <pubDate>Tue, 06 Dec 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Sylvain Ménard, Métro</author>
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                   </item>
             
                  <item>
                      <title><![CDATA[Propos d’hiver...]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Imaginez cette situation. Un bon matin, vous apprenez que celui qui accorde les plus belles attentions à votre vieille mère dans sa résidence pour personnes âgées est un ex-détenu qui aurait, de surcroît, plus d’une dizaine de meurtres sur la conscience. Quelle serait votre réaction?<br/>
<br/>
Première question : le gars a-t-il purgé sa peine et remboursé sa dette à la société? La réponse : oui. Deuxième question : le gars a-t-il retrouvé le droit chemin et fait une bonne provision de belles valeurs quand il était derrière les barreaux? Autre réponse : manifestement, oui. Alors, il est où, le problème? Surtout que plusieurs pensionnaires et autres travailleurs de l’endroit ont pris la peine d’écrire des lettres d’appui sans équivoque pour exprimer leur solidarité avec l’ancien Hells devenu un bon monsieur.<br/>
<br/>
On jasait de ça à la maison en fin de semaine, et la discussion a pris une drôle de tournure...<br/>
<br/>
«Moi, je suis fier de vivre dans une société qui croit en la réhabilitation des criminels. Tout le monde a droit à une deuxième chance, non?<br/>
<br/>
– Alors, pourquoi on n’a pas voulu donner une deuxième chance à Bertrand Cantat?<br/>
– Euh... C’est pas pareil.<br/>
– Non? C’est quoi la différence?<br/>
– Euuuuuuhhhhhh, ben c’est pas pareil, bon!<br/>
– Continue à penser à ça et tu m’expliqueras ça une bonne fois...»<br/>
<br/>
Depuis dimanche, j’y réfléchis. Quelqu’un pourrait m’aider?<br/>
<br/>
• • •<br/>
<br/>
Dans le cadre de la rubrique «Mais qu’est-ce qu’il vient de dire là, lui?», on citera cette semaine François Pérusse lors de son passage à Tout le monde en parle. Après avoir raconté qu’il avait eu le privilège unique de fouiller dans les voûtes des Beatles pour réaliser la trame parlée du spectacle Love du Cirque du Soleil, il a ajouté en conclusion que ce travail ne lui avait apporté «aucune retombée». Question bourrée d’envie de la part de l’auteur de cette chronique : dis, M. Pérusse, ça te prend quoi donc pour être heureux?<br/>
<br/>
• • • <br/>
<br/>
Une fois de temps en temps, en jouant de la manette, je m’enfarge sur TVA-Sports. Habituelle­ment, je tombe sur un show de chaises. Et chaque fois, c’est pour assister au même festival des smattes à l’argumentation aussi profonde qu’un dé à coudre. Tant d’heures d’antenne consacrées à tant de «dans-mon-livre-à-moé». Était-ce pour ça que nous avions tant besoin d’une nouvelle chaîne sportive?<br/>
<br/>
• • • <br/>
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Pendant que nous y sommes, j’ai beau adorer Max Pacioretty, le joueur qui marque des buts, je m’explique bien mal comment il a pu être aussi vicieux à l’endroit de Kristopher Letang, des Penguins, l’autre soir au Centre Bell. De la part d’un gars qui a failli se faire tuer dans des circonstances semblables l’an passé, c’est incompréhensible. Et surtout, tellement pas brillant...<br/>
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Sylvain Ménard]]></keywords>
                      <pubDate>Tue, 29 Nov 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Sylvain Ménard, Métro</author>
                      <guid isPermaLink="true">http://www.journalmetro.com/chroniqueurs/article/1036454</guid>
                   </item>
             
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                      <title><![CDATA[Les justiciers démasqués]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Depuis quelques jours, on fait grand état du gars qui, en voulant copier le travail des journalistes de l’émis­sion J.E. de TVA, a tendu des pièges à des pédophiles, pour ensuite aller les confronter, caméra à la main. Le gars – et ils sont plusieurs à penser comme lui – estime que nos corps policiers n’en font pas assez pour débusquer les prédateurs qui sévissent sur le net. Devrions-nous célébrer l’initiative? Pas sûr…<br/>
<br/>
Admettons que les motivations du monsieur soient pures et sincères. Admettons qu’il finisse par pincer une couple de dépravés dans le cadre de son action de justicier-citoyen. Admettons même qu’il pourrait y avoir du bon dans son histoire. Cette affaire n’a carrément pas de bon sens. Et ce qui m’inquiète<br/>
par-dessus tout, c’est quand je pense à ceux qui seraient tentés de joindre la parade du grand nettoyage avec des desseins, disons, un peu moins sains.<br/>
<br/>
Ils sont légion, ceux qui pourraient en profiter pour cochonner malicieusement la réputation d’un voisin qui les fait suer. Ou encore pour le soumettre au plus vil des chantages. On pense aussi aux autres Rambo-en-chômage qui aimeraient donc se transformer une fois pour toutes en dépositaires de la loi et l’ordre en se tapant un power trip à la con. Ça s’est déjà vu. <br/>
<br/>
Rappelez-vous les Anges gardiens qui sévissaient dans le métro de Montréal au milieu des années 1980... C’était dans les faits une vigile populaire formée d’une poignée de mercenaires à 5 cennes qui disaient assurer la sécurité de la veuve et de l’orphelin en copiant ce qui se faisait à la même époque dans le métro de New York. Habillés en tenue de camouflage avec leurs grosses bottes et leur gourde d’eau en bandoulière, ils avaient si peu à sauver qu’ils arpentaient les wagons en nous faisant des gros yeux si on avait le malheur de ne pas être assis assez droit sur notre banc. Des vrais tatas. Sauf qu’un tata lâché lousse, on ne peut jamais deviner jusqu’où ça peut aller dans son délire...<br/>
<br/>
Donc, en attendant, on fait quoi pour contrer la prolifération des maniaques qui cruisent nos jeunes sur le net? Y a pas mille solutions : on appelle la police. Bête de même. On moucharde, on dénonce, on stoole, appelez ça comme vous voulez, mais on doit s’en remettre au seul appareil répressif et légitime que la société a mis en place. Et ça, ça s’appelle la police. Un point, c’est tout. Jusqu’à preuve du contraire, ça fait toujours partie de sa job de nous protéger. Et si la police n’agit pas assez rapidement à notre goût, on rappelle. Une fois, deux fois, dix fois s’il le faut. N’en déplaise aux nostalgiques du Far West et autres journalistes à sensation qui s’approprient dangereusement le droit de faire des interventions de la sorte. Au bout du compte, on voit bien ce que ça donne...<br/>
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Sylvain Ménard]]></keywords>
                      <pubDate>Tue, 22 Nov 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Sylvain Ménard, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Manières de voir]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Enfin, il est arrivé, le nouveau parti de François Legault. Depuis le temps qu’on en parlait, depuis le temps que la frange des déçus de la politique québécoise voulait savoir où tracer son X à la prochaine élection, voilà, c’est fait, le train est finalement entré en gare. Reste à savoir qui va monter avec le chef dans le wagon de tête.<br/>
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P our que la lune de miel puisse durer un peu plus que le temps des roses, ça va prendre à la CAQ bien davantage qu’un programme. Parce que des bonnes idées, tout le monde peut en avoir. Même Jean Charest en a déjà eu, c’est vous dire. Ça va aussi prendre une équipe forte, parce que Legault aura beau ouvrir la porte toute grande, s’il reste pris avec la poignée dans la main, on ne sera pas plus avancés... Des noms circulent; ceux de Gaétan Barrette et de Michael Fortier reviennent le plus souvent. C’est très bien, ça. Reste à savoir combien d’autres têtes d’affiche accepteront de sauter dans le bourbier dans lequel la province s’enfonce depuis déjà un long moment. Et puis, si le problème de l’équipe se règle, il restera quand même toujours un hic. Un immense obstacle qu’on pourrait qualifier de majeur au superlatif.<br/>
<br/>
Legault pourra aligner la plus belle liste de candidats au monde, tout demeurera toujours une question de contexte. Ramenez l’équipe du tonnerre de Lesage de 1960 ou le cabinet de rêve de Lévesque de 1976 dans une situation aussi pénible que celle que nous traversons présentement, et je ne suis pas sûr du tout que ces formations, pourtant passées à la légende, pourraient accomplir autant de nos jours. En 1960 comme en 1976, il y avait sur la table une pile haute comme ça de défis emballants. En 2011, il est où, le challenge? Réparer des infrastructures qui s’effondrent, faire le ménage dans les contrats d’ingénierie, abaisser le niveau de cynisme ambiant, repartir les machines enrayées de l’éducation et de la santé? Wow, méchant party...<br/>
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Ne serait-ce que pour cette raison, pour plusieurs gros noms, j’ai l’impression que ça sera un gros non. Et la lune de miel durera, encore une fois, le temps des roses...<br/>
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Vue et entendue : la Montréalaise Katie Moore, qui présentait les chansons de son sublime album Montebello samedi dernier à l’Outremont. Si les chansons étaient toujours aussi bonnes, faudra peut-être corriger certains irritants pour les prochains shows. Comme remplir avec de bons enchaîne­ments les interminables séances d’accord de guitare entre c-h-a-q-u-e chanson. Et, de grâce, éviter de confier sa première partie à un ami du nom de Beaver-Machintruc-qui-renifle-dans-son-micro, nettement sous-qualifié pour la tâche. C’est bien beau la solidarité entre potes du Mile-End, mais il y a quand même des saprées limites...<br/>
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Sylvain Ménard]]></keywords>
                      <pubDate>Tue, 15 Nov 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Sylvain Ménard, Métro</author>
                      <guid isPermaLink="true">http://www.journalmetro.com/chroniqueurs/article/1024570</guid>
                   </item>
             
                  <item>
                      <title><![CDATA[La grande visite]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[On ne dira jamais assez combien on est accommodants quand on reçoit de la visite. Peut-être parce qu’on est foncièrement gentils. Peut-être parce qu’on veut être aimés à tout prix. Il y a probablement un peu des deux. On est du bon monde, du bien bon monde…<br/>
<br/>
Je regardais la cinéaste et actrice Maïwenn à Tout le monde en parle l’autre soir et ça m’a rappelé plein de souvenirs. D’un pénible… Clairement au-dessus de tout, l’air de s’emmerder juste assez, relevant des inexactitudes qui n’en n’étaient pas dans les questions qui lui étaient posées, elle semblait – pauvre elle (!) – passer un autre mauvais moment en terre d’Amérique. C’est souvent comme ça quand ils partent de l’Hexagone ou de l’autre francophonie pour venir vendre leur salade aux indigènes que nous sommes…<br/>
<br/>
Ça fait un bout de temps que je travaille dans la business, alors j’ai eu largement le temps d’en voir débarquer une couple, et encore plus. Ils sont généralement accompagnés de leur cour. Des sangsues pareillement désagréables. Évidemment, les «veudettes» de passage s’attendent à ce qu’on leur concède d’emblée la meilleure loge. Elles veulent aussi passer en premier dans l’émission et, tant qu’à y être, peuvent même exiger qu’on vire le décor à l’envers pour montrer leur plus beau profil. Dans ma vie de recherchiste, j’ai tout vu ça, juré craché.<br/>
<br/>
Quand ces gens-là s’assoient dans le fauteuil de l’invité, c’est pour répondre avec une lassitude appuyée à des questions qu’ils ont déjà entendues parce que ça fait longtemps que leur film, leur disque ou leur livre est sorti chez eux. Pour eux, il est prioritaire de montrer qu’ils se font chier. Convaincus que nous ne sommes pas assez allumés pour décortiquer leur body-language et leur prétention, ils en mettent toujours un peu plus pour faire rigoler les compagnons qui les attendent en coulisses.<br/>
<br/>
Après avoir fourni l’effort surhumain de mousser leur produit, ils ne s’attendent jamais à moins que de se faire inviter sur le bras dans les meilleurs restos en ville avec leur gang de pigeons. Pourquoi donc se priver…<br/>
<br/>
Pour les avoir vu aller, ils affichent à peu près tous la même attitude de schnoutte. Ils s’appellent Romain Duris, Axelle Red, Ophélie Winter (qui se rappelle d’elle?), Catherine Lara, Mano Solo et autres Stephan Eicher d’un autre temps. Attention, ils ne sont pas tous comme ça (on salue au passage Yves Duteil, Dick Rivers, Angélique Kidjo, Jean-Paul Gaultier et Jacques Higelin…) mais il y a encore trop de péteux du genre en circulation pour qu’on continue à taire le phénomène…<br/>
<br/>
On continuera néanmoins à les inviter. Souvent par gentillesse, parfois par bête aplaventrisme ou peut-être seulement parce qu’il le faut. Et eux vont continuer de croire qu’ils ont le droit de se comporter ainsi. Je me demande par contre comment ça se passerait si on arrêtait de les recevoir avec autant d’égards et d’attentions. Peut-être comprendraient-ils? Peut-être iraient-ils jusqu’à nous respecter?<br/>
<br/>
Le mot de la fin, j’ai envie de le céder à Plume Latraverse. Un jour, en entrevue, il avait raconté avec beaucoup de justesse que nous, quand un artiste d’ailleurs venait ici pour faire une saucette de promo, on louait toujours une limousine pour l’accueillir à sa descente d’avion. Mais quand un artiste québécois faisait le chemin inverse pour la même raison, il était habituellement pris pour trouver lui-même le comptoir de location de voitures s’il voulait sortir de l’aéroport… Et vlan! On est vraiment du bon monde…<br/>
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Sylvain Ménard]]></keywords>
                      <pubDate>Tue, 08 Nov 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Sylvain Ménard, Métro</author>
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                   </item>
             
                  <item>
                      <title><![CDATA[Mme Marois, expliquez-moi…]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[J’éprouve une admiration infinie pour les êtres persé­vé­rants. Et quand ceux-ci surmontent les embûches et les épreuves avec abnégation, ça m’impressionne encore davantage. Car rares sont ceux et celles qui favorisent le bonheur collectif au détriment de leur petite personne. Là où je saisis moins l’engagement de certains par exemple, c’est quand leur persévérance vire à l’acharnement.<br/>
<br/>
Aujourd’hui, j’aurais envie de poser une question toute simple à Pauline Marois. L’avoir ici, devant moi, je lui demanderais : «Mme Marois, pourquoi restez-vous donc à la tête du PQ? Votre sens du devoir est admirable, votre résistance dans l’adversité est étonnante (et même touchante, oui oui, j’insiste, tou­chan­te…) mais votre entêtement à diriger cette impitoyable formation, où l’on vous brasse avec si peu de respect, a de quoi dérouter le plus fervent des croyants à votre cause.»<br/>
<br/>
Au PQ, il semble passé dans les mœurs que de «manger du Pauline» est un exercice correct et sain. Que de la mettre en danger, comme ils disent dans Loft Story, est quelque chose d’acceptable. Moi, être à la place de la principale intéressée, je ne prendrais même pas quinze minutes pour ramasser mes affaires et sacrer le camp chez nous pour rejoindre famille et pitou.  <br/>
<br/>
Peu importe nos options politiques, il n’y a pas un chef de parti qui mérite tant de grenouillage. Pas un. Au PQ comme ailleurs. J’ai souvenir encore du jour d’il y a quatre ans où l’on a accueilli Pauline Marois comme étant LA personne toute désignée pour relever le parti. Je me rappelle de l’introduction de Bernard Drainville, dithyrambique, lors du couronnement spontané de celle qui allait sauver l’équipage pendant que Gilles Duceppe reprenait sagement le chemin d’Ottawa face à ce qui était alors tellement évident. Je me souviens… comme dans la devise.<br/>
<br/>
Les temps changent et les années passent. Un parti peut se tromper. Une fois, deux fois et même plus souvent qu’autre­ment.  Un essai peut devenir un échec. Mais ça ne sera jamais une rai­son pour maltraiter ceux et celles qui ont accepté de relever l’impossible défi. Mme Marois, partez, vous valez plus que ça.<br/>
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Mes informations étaient bonnes : le Coup de chapeau du Gala de l’ADISQ, qui devait en quelque sorte suppléer au Félix-Hommage disparu depuis quelques années, a été réservé à Gilles Vigneault, lui-même déjà récipiendaire de l’Hommage… en 1985. Une chance, le moment fut touchant au maximum, merci à Fred Pellerin.<br/>
<br/>
L’impact du salut de dimanche soir nous indique une chose : il faut absolument ramener, et pour de bon, l’Hommage en bonne et due forme, quitte à garder le Coup de chapeau sur une base occasionnelle pour souligner une étape ou un événement exceptionnel. Il est du devoir de l’ADISQ une association qui se dédie à la promotion de la chanson française et, conséquemment, à la protection de notre culture, d’entretenir la mémoire d’un peuple et de ses artistes. Ça ne sera jamais du temps perdu. Jamais. Même quand il faut couper des numéros dans un gala pour que le Téléjournal de Radio-Canada puisse commencer à la bonne heure…<br/>
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Yé, le Canadien est revenu dans le cercle des vainqueurs. Et de le voir gagner avec intelligence face aux «Brutes» de Boston samedi soir m’a tout simplement comblé de bonheur.  Non mais, la gang à Julien, entre vous et moi, quelle bande d’abrutis…
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Sylvain Ménard]]></keywords>
                      <pubDate>Tue, 01 Nov 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Sylvain Ménard, Métro</author>
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                   </item>
             
                  <item>
                      <title><![CDATA[La chouette équipe]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Vous avez vu le ministre des Transports, Pierre Moreau, se faire bardasser par Patrick Lagacé de La Presse l’autre soir à Tout le monde en parle? Ayoye… Un fort moment de télé, certes, mais doublé d’un formidable malaise qui m’a quasiment fait prendre en pitié le pauvre représentant du gouvernement… Pourquoi «pauvre»? Parce que…<br/>
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On sait tous que c’est le jeudi qu’on enregistre la grande-messe télévisée du dimanche soir. Généralement, ça ne change rien. Sauf qu’il y a parfois des exceptions. Comme dimanche passé. Pendant qu’on voyait Pierre Moreau s’escrimer à défendre l’indéfendable, c’est-à-dire le projet de commission fantoche mis de l’avant par son Jean Charest de patron, on savait déjà que ce dernier avait une fois de plus changé les règles du jeu et que tout le bla-bla vaseux de monsieur le ministre ne rimait plus à rien. En d’autres termes, l’honorable Moreau a doublement eu l’air fou. <br/>
<br/>
Premièrement, en racontant n’importe quoi (ce que Patrick Lagacé a qualifié de «niaiseries»…) et ensuite, en démontrant clairement que même un ministre de premier plan n’était pas au courant de la voie qu’allait emprunter son premier ministre au lendemain de ses dires. En d’autres termes, même ceux qui sont proches du gouvernail n’en savent pas plus que le plus vulgaire des moussaillons sur les intentions de celui qui est censé tenir la barre de ce navire en pleine dérive. Rien de rassurant. Et rien pour cimenter l’esprit d’équipe non plus. Comment il disait, M. Charest, dans le temps? Ah oui: «Moi et l’équipe libérale, nous sommes prêts!» Ben oui, rien qu’à voir, on voit bien…<br/>
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Dimanche soir prochain, c’est le Gala de l’Adisq. Bien hâte de voir qui va recevoir des Félix. Il y a deux semaines, on apprenait que le prix Hommage revenait après quelques années d’absence, sauf que là, il s’agira d’un «Coup de chapeau». Peuvent bien appeler ça comme ils veulent, une «Flatte dans le dos» ou un «Gros câlin», en autant qu’on sou­­ligne la contribution de ceux et celles qui ont ouvert <br/>
des portes à ceux qui ont suivi. Il en reste tant à saluer. Je pense à Louvain, Piché et à tant d’autres. Petit détail poche : j’ai cru entendre entre les branches que le «coup-de-chapeauté» de 2011… a déjà reçu le Félix Hommage pour l’ensemble de sa carrière en 1985! Si cette information s’avère juste, je njouterai qu’une chose: n’importe quoi…<br/>
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L’an passé, je vous parlais de Roland Barbier, du Centre communautaire Hochelaga, qui amassait des fonds pour acheter des vêtements d’hiver neufs aux enfants du coin. Bien, imaginez-vous donc que le problème de la pauvreté est toujours présent dans Hochelaga-Maisonneuve et que Roland doit continuer son œuvre. On l’appelle donc au 514 872-4753, pis ensemble, on garde les p’tits au chaud durant la saison froide. Suffit parfois d’une couple de piasses pour changer les affaires. Et Roland fait des miracles avec une couple de piasses…
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Sylvain Ménard]]></keywords>
                      <pubDate>Tue, 25 Oct 2011 09:16:01 </pubDate>
                      <author>Sylvain Ménard, Métro</author>
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                   </item>
             
                  <item>
                      <title><![CDATA[Une libération conditionnelle]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Il est beaucoup question de dépression et de maladie mentale ces jours-ci. Cela est peut-être dû à la luminosité ambiante qui est en chute libre à ce moment de l’année, allez donc savoir. Toujours est-il qu’ils sont plusieurs à sortir du placard pour nous raconter que dans leur tête, c’est toujours l’automne…<br/>
<br/>
Je pense à l’ex-joueur des Canadiens Patrice Brisebois qui a avoué avoir flanché, il y a quelques années, sous les huées répétées de ses tortionnaires. Des smattes animés d’une cruauté inouïe alimentée par de «bienveillants» confrères de la presse anglophone montréalaise. Brisebois l’a reconnu, ça l’a mené tout droit à la dépression et il a alors dû recourir à une médication particulière pour garder la tête hors de l’eau. Dans un bel élan de sympathie et de solidarité, tout le monde a souligné le courage manifesté par Brisebois lors de sa confession et lui a accordé un appui inconditionnel, tout à fait mérité au demeurant.<br/>
<br/>
Je pense aussi à Michel Courtemanche, qui avait déjà levé le voile sur le mal qui l’habitait, mais qui est allé encore plus au fond des choses sur sa condition de bipolaire dans un documentaire fort touchant diffusé en deux volets à Canal Vie cette semaine et la semaine prochaine. Dans le premier segment, il fait étalage – c’est le cas de le dire – des médicaments qu’il doit consommer au quotidien pour mieux vivre. Nommez-les : lithium, Wellbutrin, Prozac, et j’en passe. Une révélation qui était impensable jusqu’à encore tout récemment.  <br/>
<br/>
Faut croire que les mentalités ont changé. Et surtout, ça nous donne envie de croire que notre niveau de tolérance face à cette réalité est maintenant beaucoup plus élevé. Sauf que de ça, vous m’excuserez, je n’en suis pas si sûr. On est prêts à être empathi-ques et ouverts, bien évidemment, mais il me semble que cette sympathie, on est bien bons pour l’offrir, mais avec un bras de distance long comme ça. Je m’explique. Et, j’insiste, ça n’a rien à voir avec l’histoire des deux individus précédemment nommés qui ont fait montre d’une admirable transparence dans leur malheur. Le problème, ce n’est pas eux, mais plutôt nous. Ou, soyons réservés, une grande partie de nous.<br/>
<br/>
Imaginez que votre fille arrive à la maison avec son nouveau chum et que vous apprenez que celui-ci avale un cocktail de médicaments chaque matin pour passer à travers sa journée sans trop de peine. Ou alors, que l’animatrice de la garderie que fréquente votre p’tit dernier prend sa dose quotidienne d’Effexor. Placez-vous dans cette situation et jurez-moi que ça ne vous ferait pas un pli sur la différence? Pas sûr, mais alors là, pas sûr du tout…<br/>
<br/>
S’il est vrai qu’au cours des dernières années notre prise de conscience du problème a été incontestable, il ne faudrait pas croire que notre acceptation des personnes souffrant de maladie mentale ou de dépression est une chose réglée. Loin de là. En fait, notre travail ne fait que commencer. Sauf que là, ce n’est surtout pas le temps de lâcher, on semble bien partis…<br/>
<br/>
<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <link>http://www.journalmetro.com/paroles/article/999762</link>
                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Sylvain Ménard]]></keywords>
                      <pubDate>Tue, 18 Oct 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Sylvain Ménard, Métro</author>
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                  <item>
                      <title><![CDATA[Ça coûte combien une vie?]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Dix-huit millions de dollars. Un gros montant, une grosse  montagne de billets qui ne sera pourtant jamais assez haute pour enterrer l’abject. Dix-huit millions de dollars, c’est ce que versera la Congrégation de Sainte-Croix aux victimes d’abus qui sont survenus dans 3 de leurs institutions d’enseignement sur une période de 50 ans. <br/>
<br/>
Une telle somme confirme l’im­men­­sité du mal causé par certains frères de la Congré­gation. Premièrement à leurs victimes, on ne le dira jamais assez. Mais aussi aux autres membres de leur communauté – ils forment l’immense majorité – qui n’ont rien fait de mal, qui ont enseigné «sur le bras» pendant des années, mais qui seront perpétuellement soupçonnés du pire au même titre que les vrais coupables.  <br/>
<br/>
On n’en serait pas arrivé là si les autorités de l’époque avaient choisi de prendre le problème de front plutôt que de couvrir les pédophiles qui souillaient leurs rangs. En les envoyant «œuvrer» ailleurs, en payant des avocats pour les défendre alors qu’il y avait longtemps qu’on savait ce qui s’était passé derrière les portes closes. Et, pire que tout, en conseillant aux victimes de passer à autre chose, en leur disant que le temps serait le meilleur des remèdes pour soigner les brebis blessées. Un discours d’une insensibilité qui fait lever le cœur.<br/>
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Au-delà du dédommagement financier, on assure que le pardon sera le seul salut possible pour les abusés. Sauf que, pour pardonner, j’ai toujours cru qu’il fallait aimer un tant soit peu. Soit son prochain, soit soi-même. Dans les circons­tances, il me semble que ça sera pour le moins compliqué.<br/>
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Je n’essaie même pas d’imaginer comment ces hommes ont pu vivre pendant toutes ces années. Chacun de leur côté, étouffés dans leur silence avec leur maudit secret, pris avec ces crisse d’images qui viennent avec. Est-ce que  l’argent va tout arranger? Bien sûr que non. Vous le savez, je le sais, et les victimes le savent encore plus que nous. Il n’y aura jamais rien d’assez fort pour effacer tant de mal. Rien. La Congrégation de Sainte-Croix déboursera 18 M$ pour l’apprendre. Pour les victimes, le coût est, et demeurera, beaucoup plus élevé…  <br/>
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J’ai vu le film French Immersion, de Kevin Tierney, avec entres autres Pascale Bussières (subtile comme une massue), Robert Charlebois (ouille!) et Yves Jacques (indigne de son talent). Tellement mauvais qu’on va se contenter d’une seule question: comment donc une sous-schnoutte pareille a t-elle pu passer à travers les mailles du filet et recevoir du financement de la part de nos institutions? À fuir comme la peste.<br/>
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Qu’est ce qui est meilleur que le spectacle Michael Jackson: The Immortal World Tour du Cirque du Soleil? L’opération de «damage control» orchestrée par le Cirque au lendemain de la sortie des tièdes critiques. Si le spectacle avait été aussi impressionnant, on serait encore tous sur le cul…<br/>
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <keywords><![CDATA[Sylvain Ménard]]></keywords>
                      <pubDate>Tue, 11 Oct 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Sylvain Ménard, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Moi, je suis plus meilleur…]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Il y a une règle de base qu’on ne devrait jamais négliger dans le showbiz : toujours donner au public ce qu’il a envie d’entendre. Maintenant que le Cirque du Soleil et le cirque de Michael Jackson ne font plus qu’un, est-ce que The Immortal World Tour offre ce à quoi l’ours moyen est en droit de s’attendre? Non.<br/>
<br/>
 Le Cirque et les concepteurs du spectacle sont tombés dans un bien vilain piège : celui de vouloir nous montrer qu’ils étaient les uniques dépositaires du savoir. Que pendant toutes ces années, nous n’avions absolument rien compris au grand gamin de Neverland. En privilégiant des chansons obscures – pour ne pas dire tout à fait inconnues – plutôt que des’en tenir aux gros hits que les gens ont aimés, on a profité de cette ultime opération pour nous faire comprendre qu’il y avait un Michael pour les bolles – qui avaient tout saisi – et un autre pour la pauvre masse inculte qui avait tout gobé sans discernement. Résultat : dans un élan de révisionnisme, on a escamoté vite-vite Billie Jean, Beat It et autres méga-hits pour nous enfoncer dans le fond de la gorge plusieurs patentes que personne, ou presque, n’avait jamais entendues. Pas fort et, j’ajouterais, prétentieux au max.<br/>
<br/>
Il arrive souvent que des artistes se mettent le doigt dans l’œil en voulant se placer au-dessus de la mêlée. Ça me rappelle, entre autres, quand Beau Dommage avait décidé de ne plus jouer La complainte du phoque en Alaska, que le public adorait et réclamait à grands cris, pour laisser de la place à d’autres bijoux cachés sur la face B (et parfois même sur la face C…) de leurs 45-tours… Comme je me souviens de cet hommage qu’on avait rendu à Plume Latraverse au Gala de l’Adisq en 2002. Quelques artistes avaient été sollicités pour venir interpréter leur chanson préférée du grand flanc mou. Vous auriez dû voir le buffet, vous autres! C’était à savoir qui allait fouiller dans le plus creux du fond de la poche pour en tirer la chanson la moins connue et la plus plate d’un répertoire pourtant bien garni. Juste pour montrer qu’un tel en connaissait une coche de plus que l’autre. Tout ceci en se balançant évidemment totalement des goûts du fan moyen qui allait regarder le numéro à la télé. «Qu’y aillent su’l yâble», qu’un savant chanteur invité avait répondu à l’époque. En français, il y a un mot pour qualifier cette attitude. Ce mot s’épelle m-é-p-r-i-s.<br/>
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Tant que Ti-Jos Public paye sa place, puis se ferme la trappe, ça fait toujours bien un autre client satisfait…<br/>
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Plutôt que d’appeler la commission d’enquête que tout le monde réclame, Jean Charest préfère aller jouer au «peddler» en Europe pour vendre le Québec. Que voulez-vous? Le sens des priorités, tu l’as ou tu l’as pas…<br/>
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Sylvain Ménard]]></keywords>
                      <pubDate>Tue, 04 Oct 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Sylvain Ménard, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Un détour par Québec]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[C’est directement du superbe bar du Château Frontenac, à Québec-by-the-River, que j’écris cette chronique.<br/>
<br/>
Depuis 30 ans, c’est devenu pour moi une obligation de faire ce détour dans le temps. La première fois que j’y suis venu, j’avais 19 ans, un gros cigare dans le bec et la ferme intention de trancher avec le reste de la place avec ce que je supposais être une sale dégaine de rocker. Maintenant, je passe plutôt inaperçu. Un ange passe et repasse…<br/>
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Malgré tous ses efforts pour devenir une grande ville, Québec demeure un coin où tout se sait, où tout le monde voit tout. Comme l’ex-Hells Angel et ex-trompettiste de l’Orchestre symphonique de Québec, Claude Berger, désormais recyclé en musicien de rue, qui passe maintenant ses soirées à vendre son âme aux touristes émus plutôt qu’au diable. Je l’ai vu jouant du Morricone en face de la terrasse Dufferin. Un peu plus loin, il y avait une chanteuse qui sonnait faux, mais qui s’exécutait quand même avec grâce dans une robe arc-en-ciel qu’elle avait, c’est clair, probablement héritée de la défunte mairesse Boucher. Plus tard, dans la Basse-Ville, dans une de ces galeries d’art qui ouvrent tard le samedi soir, on a croisé le maire Labeaume, accompagné de quelques sangsues hilares, qui triomphait au milieu des grignoteurs de fromage et autres buveurs de rouge dans des gobelets de plastique…<br/>
<br/>
Québec est sans contredit une belle ville. Qui me fait de plus en plus penser à Boston d’ailleurs. Une ville qui a été capable de moderniser sa personnalité – sans l’aide de Clotaire Rapaille, on le souligne – sans jamais renier son passé.<br/>
<br/>
On lui souhaite seulement d’avoir la capacité de supporter ses ambitions pendant encore un petit bout de temps. Dans cette ville qui compte autant de logos des Nordiques dessinés un peu partout que Montréal compte de cônes oranges, ce qui n’est pas peu dire, on se demande ce qui arriverait si le jour du grand jour tardait trop à arriver. Suffit d’une aiguille pour péter un ballon…<br/>
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Ouf, les gars des nouvelles à TVA ont l’air d’avoir mal pris la visite de Jacques Duchesneau à Tout le monde en parle. D’accord, tout le monde avait le droit se questionner sur le choix de l’ex-chef de la police de Montréal pour sa première sortie publique. Mais quand j’ai vu un journaliste courir après la voiture de M. Duchesneau en criant : «Pourquoi avez-vous choisi d’aller répondre aux questions du fou du roi?», j’ai eu peur. Pour son intégrité physique... Bien entendu.<br/>
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Si Jean-Marc Vallée avait refait C.R.A.Z.Y., on l’aurait traité de paresseux qui surfe sur une formule gagnante. Maintenant qu’il offre autre chose avec Café de Flore, certains se demandent si le réalisateur n’a pas déjà perdu la touche. Moi, je réponds, au contraire, que le gars des vues est en grande forme. Allez voir Café de Flore. Un film qui va vous habiter pendant quelques jours, garanti.<br/>
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <keywords><![CDATA[Sylvain Ménard]]></keywords>
                      <pubDate>Tue, 27 Sep 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Sylvain Ménard, Métro</author>
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                   </item>
             
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                      <title><![CDATA[La mémoire qui oublie]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[« On ne peut pas vouloir rendre hommage et le faire du bout des lèvres.»<br/>
– Stéphan Bureau, soulignant l’absence au micro de Victor-Lévy Beaulieu au 26e gala des prix Gémeaux.<br/>
<br/>
Stéphan Bureau a raison. Si on rend hommage à quelqu’un, on le fait ou on ne le fait pas. Et si on le fait, on déroule le tapis rouge et on reçoit le jubi­laire avec les honneurs qui lui sont dus. Si on choisit de ne pas le faire, comme c’est le cas à l’ADISQ depuis quelques an-nées, on est pris pour porter tout le poids d’une ingratitude et d’une ignorance consternantes.<br/>
<br/>
En décidant de souligner le travail de Victor-Lévy Beaulieu au petit écran lors d’une confidentielle remise «hors d’ondes» – non, mais quelle superbe contradiction –, l’Académie a basculé dans le camp du ridicule. Un peu comme si l’on décidait de rendre hommage à Jean Béliveau pour ses exploits sur la patinoire… en lui orga­-nisant un party dans le parking en face du Centre Bell.<br/>
<br/>
Si c’est devenu une habitude de traiter avec aussi peu de délicatesse ceux et celles qui ont ouvert des portes, ça confirme à quel point notre société, pourtant encore si jeune, a déjà perdu ses repères. En fait, nous agissons comme s’il fallait qu’on fasse le ménage de notre disque dur collectif parce qu’on manque de place pour des idées nouvelles. Sommes-nous à ce point culturelle­ment à l’étroit pour évacuer ce qui est arrivé avant avec aussi peu de discernement? J’pense pas…<br/>
<br/>
Vous connaissez le vieil adage. Comment savoir où on s’en va quand on n’est même plus capable de se rappeler d’où on vient…<br/>
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Je ne reviendrai pas sur l’affaire Nelly Arcan. Tout a été dit, que pourrait-on ajouter de neuf à toute cette histoire? Néanmoins, ceci me donne envie de formuler un simple souhait. Celui de disposer d’un quart d’heure avant de mourir pour vider mon ordinateur de son contenu. Comme ça, personne ne pourra prendre la parole en mon nom quand je serai parti me reposer pour l’éternité…<br/>
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Entendu dans une capsule diffusée à l’ouverture de TVA Sports : le toujours très pondéré (!) Rodger Brulotte qui, tout sérieux, affirme que les Expos n’auraient jamais quitté Montréal si TVA Sports avait existé à l’époque. Loin de moi l’idée de freiner l’enthousiasme du monsieur, mais le fondateur de Quebecor, Pierre Péladeau – un homme qui ne se trompait pas très souvent –, avait carrément refusé de s’impliquer financièrement dans l’opération survie des Expos. Si ma mémoire est bonne, M. Péladeau-père avait même évalué la valeur de l’équipe à 20 ou 25 M$, gros max. M. Brulotte, quand vous en crémez aussi épais, vous dénigrez le jugement du père de votre grand patron, ce qui n’est pas très beau. Le silence est d’or, la parole est d’argent et parfois, la modération a tellement meilleur goût.<br/>
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Sylvain Ménard]]></keywords>
                      <pubDate>Tue, 20 Sep 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Sylvain Ménard, Métro</author>
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                  <item>
                      <title><![CDATA[Le français à Montréal: Apocalypse now!]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Oh qu’on a eu droit au dimanche des dimanches! Comme ils le disaient l’autre jour sur une station de FM boum-boum, c’était «le top du meilleur».<br/>
<br/>
Faisait beau, faisait chaud et, pour couronner le tout, on a eu droit à une belle grosse vengeance bien dodue des Alouettes contre Hamilton au stade Molson. Une victoire qui a également fermé la trappe aux deux baveux d’en arrière, d’adorables partisans des Tiger-Cats qui ne manquent jamais de nous insulter «subtilement» dans l’autre langue officielle quand on a le malheur de ne pas se tenir au garde-à-vous pour les hymnes nationaux. Du bon monde, quoi...<br/>
<br/>
Tout juste avant la mi-temps, pour éviter de me faire piétiner par l’inévitable troupeau de taureaux assoiffés, je me suis faufilé jusqu’au comptoir à bière : <br/>
<br/>
«Une bière, s’il vous plaît...<br/>
– Nine twenn-té-five, m’a répondu la fille avec un accent français gros comme la cuisse.<br/>
– Combien?<br/>
– Neuf piasses et vingt-cinq.<br/>
– Est-ce que vous mélangez souvent comme ça le français et l’anglais?<br/>
– Non, c’est juste qu’ici, c’est l’anglais qui me vient en premier.<br/>
– Mais vous z’êtes pas francophone, vous?<br/>
– Oui, oui, mais ça sort de même...<br/>
– Ah...»<br/>
<br/>
Un événement isolé et anodin? Peut-être bien que oui. Peut-être bien que non aussi. On apprenait la semaine dernière que, d’après une étude récente de l’Office québécois de la langue française, les francophones pourraient devenir minoritaires d’ici 20 ans sur l’île de Montréal. Ça m’a rappelé qu’en 1989, dans son documentaire Disparaître, Lise Payette avait prédit que la survie du français serait virtuellement foutue ici dès 2014. À l’époque, les analystes de la chose avaient qualifié cette perspective d’alarmiste, de paranoïaque et d’apocalyptique. En 2011, à la mi-temps d’un match de football par un beau dimanche ensoleillé sur le mont Royal, je me suis dit qu’en effet, Mme Payette s’était trompée. Mais de si peu mes amis. Rien qu’à voir...<br/>
<br/>
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Justement, en revenant du football dimanche, j’écoutais à la radio la description du match de l’Impact faite par Jacques Thériault. Celui-là, quoi qu’il fasse, qu’il me parle en direct du stade Saputo pour le soccer ou de la Roumanie comme l’autre jour pour le combat de Lucian Bute, il m’embarque totale­ment. Toujours prêt à partager son enthousiasme et sa passion, à mille miles des «smattes» qui veulent toujours nous enfoncer leur savoir divin dans le fond du gorgoton, Thériault donne un très bon spectacle. On l’écoutera encore la prochaine fois.  <br/>
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Ça vient de sortir : le coffret de la première saison de la télésérie policière 19-2 présentée l’an passé à Radio-Canada. Franchement, je ne me souviens pas d’avoir vu mieux à la télé québécoise. J’ajouterais même sans retenue que c’est de la très grande télé tout court. Achetez-le, empruntez-le, faites ce que vous voulez, mais voyez ça. C’est trop brillant.<br/>
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Sylvain Ménard]]></keywords>
                      <pubDate>Tue, 13 Sep 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Sylvain Ménard, Métro</author>
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                  <item>
                      <title><![CDATA[Ça fait partie de la game…]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Depuis le temps qu’on s’attendait à ce qu’un joueur de hockey professionnel se fasse tuer, bien voilà, c’est fait. Et trois fois plutôt qu’une à part de ça. Deux suicides et une overdose depuis la mi-mai. D’accord, les trois gars ne sont pas morts sur la patinoire. Pas nécessaire, puisqu’ils y avaient déjà sacrifié leur vie. Le résultat demeure donc… 3 à 0 en faveur du non-sens.<br/>
<br/>
Trois joueurs de hockey. Trois gros gars qui avaient entre autres spécialités de taper sur la gueule des autres tout en recevant leur part de coups de masse dans le front. Trois jeunes hommes de 27, 28 et 35 ans. Tous morts. Sans compter ceux qui les ont précédés. Des crises cardiaques dans la quarantaine, des victimes de démence précoce, des physiques gonflés aux stéroïdes qui ont fini par péter sans raison. C’était quoi déjà la devise du baron de Coubertin? Ah oui : plus vite, plus haut, plus fort… Relisez l’énoncé une deuxième fois et vous allez constater que le souhait du baron a été suivi à la lettre par le hockey professionnel. Pour le pire et pour l’encore pire.<br/>
<br/>
Non, ce n’est pas normal de se battre à grands coups de poing dans la face pour avoir raison de son adversaire. Non, ce n’est pas normal non plus de lui rentrer la tête sur le bord de la rampe avec le dessein évident de le blesser. Et non, avec le gabarit des joueurs contemporains, ça n’a même plus aucun sens de «finir» sa mise en échec. Tout comme ce n’est plus normal de prévoir des pénalités de 2, 5 et même 10 minutes pour des gestes qui, s’ils étaient perpétrés hors glace, seraient jugés comme des actes criminels. Et non, qu’on se le dise une fois pour toutes, tout ceci ne fait pas «partie de la game». Ni les batailles, ni les tentatives de meurtre, ni les commotions multiples, ni les dépressions, ni les suicides…<br/>
<br/>
Faute de rendre la vie à ces trop nombreuses victimes, faudrait peut-être rendre à ce sport un minimum d’hu­­ma­nité. Parce que si «ça fait partie de la game», moi, je ne joue plus.<br/>
<br/>
•••<br/>
Après lui avoir fait faire du piquet pendant quelques semaines, la direction de Radio-Canada a permis au survénérable Jacques Languirand de reprendre son micro pour une entreprendre la 41e saison de son émission de radio Par quatre chemins. De cette affaire, on retiendra deux choses. <br/>
<br/>
Premièrement, qu’à 80 ans, Languirand est encore assez jeune pour qu’on ait envie de le corriger à la société d’État. Et ensuite, que si on lui avait concédé le podium ne serait-ce que cinq minutes lors du lancement de la programmation, on aurait évité cet épisode gênant tant pour le monsieur que pour la direction. Et maintenant, que les célébrations du 75e anniversaire commencent! C’est bien parti…<br/>
<br/>
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Sylvain Ménard]]></keywords>
                      <pubDate>Tue, 06 Sep 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Sylvain Ménard, Métro</author>
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                  <item>
                      <title><![CDATA[Les vieux malcommodes]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Y a-t-il quelque chose qui rend plus mal à l’aise que de voir aller un couple de vieux acariâtres qui se picossent tout le temps? Au début, on peut trouver ça amusant, mais à la longue, ça devient carrément agaçant. Malgré tout, on continue à les inviter à chaque réunion de famille, même si on sait fort bien que ces deux-là vont sûrement finir par nous les casser d’aplomb. <br/>
<br/>
Ils se croient folkloriques et divertissants, ils sont finalement plutôt pathétiques et lourds. Mariés obligés jadis, on dirait que l’un n’a jamais pardonné à l’autre d’avoir fait partie de sa vie.<br/>
<br/>
 En 1968, la fondation du PQ avait, en quelque sorte, aussi été un mariage forcé entre deux familles qui ne se piffaient pas vraiment. Pour établir la principale adresse souverainiste de l’époque, René Lévesque, chef du Mouvement souveraineté-association, avait bien voulu s’associer au très placide Ralliement national de Gilles Grégoire. Par contre, il n’avait rien voulu savoir des membres du Ralliement pour l’indépendance nationale de Pierre Bourgault, la frange indépendantiste plus intransigeante qu’il considérait de surcroît électoralement non rentable. Voyant que leur groupe ne ferait pas partie de l’aventure, les militants du RIN avaient donc choisi de joindre les rangs de la nouvelle formation un à un. Ce fut là le début d’une cohabitation explosive et contre-nature qui demeure sensiblement pareille, quarante-trois ans après la naissance du PQ. Aujourd’hui, ces deux entités dissemblables cohabitent toujours sous un même toit, même si ça fait un méchant bout qu’elles ne partagent plus le même lit. Avec les résultats qu’on connaît.<br/>
<br/>
Comme pour notre couple de p’tits vieux malcommodes qui fatigue tout le monde avec ses empoignades, on sait bien que ces deux clans-là ne pourront jamais s’éloigner l’un de l’autre dans leur combat à mort. De toute façon, il est maintenant trop tard, beaucoup trop tard pour qu’ils puissent imaginer se refaire une nouvelle vie. Ils furent jeunes et fougueux. Ils sont maintenant poqués et pas mal moins attrayants.<br/>
<br/>
La triste conclusion est facile à imaginer. On attendra que l’un ou l’autre des groupes s’éteigne tranquillement. Inca­pa­ble de survivre au départ du premier, le second devrait suivre assez rapi­dement. Hors de la discor­de, il aura perdu sa seule raison d’être. C’est ainsi que s’annonce la mort du PQ. C’est pour quand? Aucune idée, mais on pourrait avoir des surprises. Ce qu’on retirera de l’histoire, c’est qu’en politi­que comme dans la vie, les unions forcées finissent toujours mal. Tôt ou tard. Toujours trop tard…<br/>
<br/>
•••<br/>
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Comme vous, j’ai regardé les funérailles de Jack Layton à la télé. Une célébration touchante, inspirante et parfois même rigolote.  En accord parfait avec ce que fut l’homme. Un bel adieu. Pas sûr par exemple que Stephen Harper a tripé très fort sur le pasteur gai qui présidait la cérémonie…<br/>
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <keywords><![CDATA[Sylvain Ménard]]></keywords>
                      <pubDate>Tue, 30 Aug 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Sylvain Ménard, Métro</author>
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                  <item>
                      <title><![CDATA[J’pense que j’ai de la peine]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Le bon Jack n’est plus là. Soudain, il y a le vide. Le trop grand vide. On avait beau voir venir la triste conclusion, elle demeure dure à encaisser. Comme si on était dans le ring avec un boxeur poids lourd. On sait qu’on va finir par en manger une, mais ça ne nous empêche pas d’avoir mal quand arrive le coup.<br/>
<br/>
Depuis, tout a été dit. Tout le monde, de toutes les tendances politiques, a rendu hommage à Jack Layton dans un concert d’une rare unanimité. Normal, je ne me souviens pas du dernier politicien qui a su rallier autant de supporters en aussi peu de temps. Un homme qui a redonné aux indécis le goût de choisir. En jouant la carte de la transparence. En donnant l’espoir d’un renouveau dans cette arène politique qui nous déçoit si souvent. Dans cet éteignoir où les recrues les plus prometteuses finissent par être bouffées tout rond par une machine qui ne tourne pas rond.<br/>
<br/>
Peut-être que Jack Layton aurait lui aussi fini par nous décevoir un jour. On ne le saura jamais. Tant mieux. Le mythe l’entourant demeurera donc intact. On espère seulement qu’il y en aura un ou une autre qui va s’inspirer du bon Jack pour réinventer la manière de faire les choses.<br/>
<br/>
En attendant, on s’accordera le droit d’avoir de la peine…<br/>
<br/>
• • •<br/>
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Pour tout vous dire, j’avais déjà écrit une première chronique sur un autre disparu des dernières heures, Gil Courtemanche. Lui aussi aura eu droit à son bouquet de reconnaissance au jour du dernier jour. C’était, également dans son cas, tout à fait mérité. On a souligné ses qualités de journaliste, d’écrivain, d’homme de parole et de principes. On n’a pas manqué non plus de nous rappeler à quel point il pouvait être parfois colérique et difficile à endurer. De ça, je ne doute point, même si je n’ai jamais eu à en subir les conséquences.<br/>
<br/>
Ça faisait un bail que je ne l’avais pas vu. Pour tout dire, je ne me souviens même pas quand ni où je l’ai croisé pour la dernière fois. Ça devait être dans un resto. Courtemanche les adorait. Quand il en adoptait un, il s’y installait – on pourrait même dire s’y incrustait – en résidence. Généralement près du bar. Gil aimait bien boire. C’était connu. Je ne crois pas faire offense à sa mémoire en relevant ce détail. Lui-même l’a souligné à grands coups de rouge au fil des ans.  <br/>
<br/>
Quand on allait s’installer auprès de Gil, on ne savait jamais de quoi on allait jaser. Mais à tout coup, il nous déculottait en étant au courant de tout. L’homme pouvait démolir les thèses politiques les plus compliquées et, cinq minutes plus tard, s’abandonner aux sujets les plus insignifiants. Quand ça arrivait, on était plutôt loin de l’hom­me sombre dont on a tapissé l’image dans les journaux du week-end.<br/>
<br/>
En apprenant sa mort, y a une histoire qui m’est revenue. C’était en 1988. Sur la télé de la salle de presse du Festival de jazz, Gil regardait le couple formé de Suzanne et André Buist qui triomphait au mini-putt. C’était aux temps où il avait pas mal de difficulté à joindre les deux bouts. À un moment donné, il s’était levé d’un trait en gueulant : «Crisse, je joue mieux que le gars puis j’ai le cul moins large que la bonne femme. Je pourrais les battre tout seul avec les yeux bandés, tabarnac. Leur bourse, j’la veux, c’tu clair? Y m’écœurent, ces deux-là!» Ça, c’était un cri du cœur lâché par l’auteur du livre Un dimanche à la piscine à Kigali et par le journaliste qui nous avait alertés sur la famine en Éthopie...<br/>
<br/>
Salut Gil. Tu m’excuseras, mais parmi toutes tes esclandres, c’est celle-là que je vais me rappeler jusqu’à mon dernier jour.<br/>
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <keywords><![CDATA[Sylvain Ménard, NPD]]></keywords>
                      <pubDate>Tue, 23 Aug 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Sylvain Ménard, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Rendre à Hughette ce qui appartient à …]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[La semaine dernière, on apprenait le décès de la journaliste Hughette Proulx. J’écris journaliste parce qu’avant d’être animatrice à la télé et à la radio, c’est ce qu’elle était. Une journaliste curieuse, une fouilleuse, une femme d’opinions, qui voulait rendre le monde meilleur en le tenant bien informé et plus dégourdi. Hughette Proulx aura, à sa manière, fait sa grande part pour bâtir le Québec moderne.<br/>
<br/>
Quand il est question de la Révolution tranquille, ce sont toujours des noms de politiciens qui remontent à la surface dans un premier temps. On en réfère à Lévesque, Lesage, Johnson, Gérin-Lajoie et autres acteurs de cette société qui a fait des pas de géant dans les années 60 et 70.  Malheureusement, on oublie souvent de reconnaître l’extraordinaire apport des gens du milieu des communications dans cette irrésistible poussée culturelle et sociale. Pourtant, c’est essentiellement ceux-là qui ont tenu les guides pour mener la population québécoise hors des terres de l’ignorance.<br/>
<br/>
Parmi ces grands de la communication, il y avait de grandes dames. Les noms de Janette Bertrand et Lise Payette nous viennent immédiatement à l’esprit. Mais pas nécessairement celui d’Hughette Proulx. C’est dommage et injuste. Elle aura eu un impact tout aussi fort que les deux autres sur la vie de plusieurs femmes de l’époque. Quand je pense à Hughette Proulx, je pense à ma mère.<br/>
<br/>
Ma mère était une femme au foyer. Quand on ne dispose que d’un diplôme de quatrième année, on n’est pas vraiment équipée pour aller travailler en dehors de toute façon. La pauvre avait été sortie de l’école pour aller bosser dans des shops de couture alors qu’elle avait à peine 10 ou 11 ans.  C’était aux temps de la crise, fallait bien s’organiser pour survivre…<br/>
<br/>
En plus de son manque d’instruction criant, ma mère avait sept enfants, ce qui lui suffisait grandement pour bien meubler ses journées.  Comme le disait Yvon Deschamps, « ma mère, à travaillait pas, elle avait trop d’ouvrage »…<br/>
<br/>
Hormis sa progéniture, elle avait la télé comme seule compagne dans ses journées de lessive, de repassage et de cirage de plancher.  Elle aurait pu écouter Femmes d’aujourd’hui à Radio-Canada.  Mais le ton pointu et les sujets vachement « in » qu’on y traitait ne lui ressemblaient pas du tout.  Elle se tournait donc vers le canal 10, là où Hughette Proulx avait une toute autre approche tout en ne faisant aucune concession sur la qualité de son langage ni sur la pertinence des questions qu’elle abordait, bien au contraire.Tout était une question de ton. Un ton direct, sincère et sans aucune condescendance.<br/>
<br/>
Hughette Proulx savait vulgariser les concepts parfois les plus complexes, donnait l’exemple en énonçant clairement son avis et en encourageant toutes celles qui l’écoutaient à faire de même et surtout, poussait son auditoire à toujours se dépasser. Pour des femmes qui n’avaient pas toujours accès aux premiers choix dans la vie, le cadeau était énorme.<br/>
<br/>
Aujourd’hui, j’écris au nom d’une mère qui n’avait pas la plume facile pour remercier Hughette Proulx.  Celle-là ne saura jamais tout à fait ce qu’elle a pu accomplir pour celles qui n’avaient pas le don – ni parfois le droit – de s’exprimer.<br/>
<br/>
Aujourd’hui, je voudrais que l’on se souvienne de Hughette Proulx.  C’était une grande femme.<br/>
<br/>
•••<br/>
<br/>
Le collègue Richard Therrien du Soleil a dénoncé, avec raison, la piètre qualité de « l’hommage » qui fut rendu à Hughette Proulx aux bulletins de nouvelles de TVA.  De ce triste épisode, on retiendra quelques points.  Premièrement, il est dramatique de constater une fois de plus combien les archives du leader de la télé privée au Québec sont rachitiques. Pour intégrer un extrait de pub de couches dans un reportage, faut être vraiment mal pris. Deuxio, la très jeune journaliste à qui on avait confié la tâche de réaliser le topo a manifestement été laissée à elle-même. Elle n’a peut-être pas eu l’air particulièrement brillante dans l’affaire, mais on ne pourra jamais lui tomber dessus autant que celui ou celle qui agissait comme chef de pupitre ce jour-là. Tant de manque d’égard et de rigueur justifie une méchante réprimande.  Et finalo, quand un jeune peuple comme le nôtre manifeste aussi peu de connaissance de son histoire récente – 40 ans, c’est rien – ça donne des frissons dans le dos quand on pense au futur.<br/>
<br/>
•••<br/>
<br/>
J’ai assisté à la finale de la Coupe Rogers, dimanche, au parc Jarry.  Un billet m’est tombé dessus comme par enchantement une heure avant le match. Chanceux vous dites ?  J’ai a-d-o-r-é mon après-midi. Et je veux souligner la qualité du travail des préposés à l’accueil. Tous empressés et sympathiques. Et bénévoles aussi. Ça fait changement des nombreuses faces à tapes qui reçoivent un salaire pour faire la même maudite job au Centre Bell. C’est bien pour dire…<br/>
<br/>
<br/>
<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Sylvain Ménard]]></keywords>
                      <pubDate>Mon, 15 Aug 2011 20:12:54 </pubDate>
                      <author>Sylvain Ménard, Métro</author>
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                  <item>
                      <title><![CDATA[Les convictions à l’avenant]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[La semaine dernière, Bernard Landry s’est posé de sérieuses questions sur la qualité du gouvernail politique de Nycole Turmel, chef intérimaire du NPD sur la scène fédérale et aussi, à ses heures, membre de Québec solidaire et, jusqu’à tout récemment, du Bloc québécois, deux formations souverainistes. On est tout à fait d’accord avec le distingué ex-chef du PQ, cette affaire-là n’a strictement aucun bon sens.<br/>
<br/>
Tout le monde n’est peut-être pas à la tête du NPD, mais des Nycole Turmel, il y en a tout plein autour de nous. J’ajouterais même que ces temps-ci, les butineurs semblent former la grande majorité de l’électorat québécois. Entre les souverainistes mous et les fédéralistes tranquilles, c’est souvent bien difficile de faire la part des choses. On parle ici plutôt d’agents libres de la politique qui vont là où le refuge semble pour le moment le plus confortable, peu importe l’étiquette qui vient avec. En ne tenant pas vraiment compte de leurs convictions. C’est peut-être justement ça, le problème : la solidité des convictions. Et surtout, l’absence quasi totale de toute ferveur. Celle qui est habituellement générée par la présence d’un leader crédible armé d’un discours articulé et cohérent. C’est ce qui manque cruellement d’un côté comme de l’autre ces temps-ci.<br/>
<br/>
Dans sa critique, Bernard Landry a ajouté que Nycole Turmel donnait aux jeunes un exemple peu édifiant quant à la valeur de l’engagement politique. Il a raison. Maintenant qu’il a dit ça, on fait quoi avec les endormis qui sont en place?<br/>
<br/>
Souhaitons seulement que les jeunes sachent produire une nouvelle vague de politiciens convaincus et mauditement plus convaincants. Parce que pour le moment, c’est le règne de l’incolore, de l’inodore et du sans saveur... pis c’est plate à mourir.<br/>
<br/>
• • •<br/>
<br/>
Quand tout va tout croche... Prenez le cas de l’Impact. Une saison de misère, une enfilade de départs et, c’était fatal, une ambiance qui pue la schnoutte à plein nez. Là, comme si c’était nécessaire à la veille de joindre les rangs de la MLS, la direction de l’équipe a choisi de s’en prendre aux Ultras, la frange extrémiste des fans qui se fait aller à chaque match au stade Saputo. Extrémis­tes et, sans vouloir insulter personne, même un peu fous sur les bords. Faudrait me payer cher pour que j’aille m’asseoir dans leur section. En tout cas... Alors donc, on disait fous. Mais avant tout, des fous de leur équipe. Des fous qui paient aussi leurs billets au plein prix, ce qui devrait leur conférer certains privilèges. Comme celui de ne pas être montrés du doigt par les dirigeants de la boîte quand tout le reste va mal. Chez l’Impact, on a décidément une bien drôle de conception du marketing. On se demande d’ailleurs ce qu’en pense Richard Legendre, le v.-p. de l’équipe et un porte-parole on ne peut plus crédible pour l’organisation. Son silence dans cette drôle d’histoire demeure bien mystérieux...<br/>
<br/>
<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[]]></keywords>
                      <pubDate>Tue, 09 Aug 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Sylvain Ménard, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Passer au niveau supérieur]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[En quête de mieux-être, une femme de 35 ans, mère de deux enfants, est morte bêtement. Pour «faire sortir le méchant d’en dedans» ou je ne sais pas trop pour quelle autre raison, elle avait choisi de se faire badigeonner de boue en se faisant ensuite emballer dans du Saran Wrap. Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour être heureux…<br />
<br />
La pauvre n’est pas la seule à avoir utilisé un procédé discutable pour se sentir mieux. Pendant qu’on l’oubliait toute saucissonnée dans le cellophane, ailleurs, d’autres assistaient à des ateliers d’élévation spirituelle avec des gourous-ultra-branchés-sur-le-vrai-du-vrai. Au même moment, peut-être même à côté de chez vous, certains buvaient de leur pipi pour soigner divers bobos. Comme ils disent, ça prend de tout pour faire un monde. Et ça a l’air que ça prend de n’importe quoi pour tenter un ultime rapprochement vers le bonheur.<br />
<br />
Là, une jeune femme est morte en essayant quelque chose qui a mal tourné. Ce qu’on retiendra de son histoire, c’est que plusieurs sont prêts à s’abandonner aux mains de n’importe qui capable de proposer n’importe quelle patente à cloches en leur faisant miroiter qu’ils vont enfin atteindre ce qui leur échappe au quotidien. En souhaitant s’élever, la pauvre victime a réussi son coup. Sauf qu’elle est montée juste un peu plus haut que prévu. Triste.<br />
<br />
• • •<br />
<br />
Un autre morceau est tombé à Bétonpolis. Pas de morts ni de blessés ce coup-là. Ouf… Mais le dommage collatéral, lui, est tout là. C’est dans la tête de tout le monde que le doute a solidifié sa niche. Remarquez que tout ce qui s’est effondré au Québec depuis quelques années – le viaduc de la Concorde, le bloc de béton qui s’est détaché d’un édifice de la rue Peel et autres morceaux du Stade olympique – a été construit et assemblé depuis moins de 50 ans. Avec des techniques de coulage et d’assemblage perfectionnées qu’on qualifiait alors de révolutionnaires. Après ça, on essaiera de nous convaincre que nos «experts» savent toujours ce qu’ils font... <br />
<br />
En passant, l’architecte qui a conçu Notre-Dame de Paris est-il encore de service? Sa bâtisse tient debout depuis près de sept siècles et, jusqu’à preuve du contraire, on a encore le droit d’entrer dedans…<br />
<br />
• • •<br />
<br />
Vu : le film Sur le rythme. Un film qui en manque d’ailleurs cruellement. De rythme et de plein d’autres choses aussi. Pour tout dire, c’est trèèèèèèèèès poche. Avec une réalisation drabe qui nous ramène 40 ans en arrière, des comédiens abandonnés à eux-mêmes et des dialogues tellement clichés qu’ils provoquent l’hilarité même quand, en principe, on baigne en plein drame. On veut bien faire la promotion du produit local, sauf que là, y a quand même bien des maudites limites. On rétorquera que je ne fais pas partie du public cible. Excusez-moi, mais les pré-ados méritent bien mieux que ça. À ignorer.<br />
<br />
<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <keywords><![CDATA[]]></keywords>
                      <pubDate>Tue, 02 Aug 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Sylvain Ménard, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Dévorée vivante]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Trop. C’était ça, le problème. Trop de tout. Trop de dope, trop d’alcool et probablement trop de mauvaises fréquentations. Manifestement trop fragile dans la tête aussi. Et, tant qu’à y être, franchement trop de tattoos... Et trop vite, ça, c’est sûr. Quand on a cette «fulgurance», tout va toujours trop vite. Maintenant, il est trop tard.<br />
<br />
Amy Winehouse a perdu le combat qui l’opposait à ses démons. Vingt-sept ans... Ils disent que c’est un bel âge pour passer à la légende. Mais qu’est-ce qu’on s’en sacre de la légende. Mourir à cet âge-là n’a aucun sens. <br />
<br />
D’abord, il y avait la jeune fille au talent rare. Rare mais pas unique. D’autres en possèdent autant, mais ils demeurent enfermés dans l’anonymat parce qu’ils ne savent pas comment se démarquer. Amy Winehouse, avec sa dégaine de matante cocktail kitch directement sortie d’un bar soul enfumé des années 1960, nous avait frappés en plein front. Le personnage était fort. Trop fort pour elle. C’est ce même personnage qui a fini par dévorer tout rond cette fabuleuse chanteuse qui n’avait déjà plus de carrière depuis quelques années tant tout s’écroulait autour d’elle. Vingt-sept ans...<br />
<br />
Pour combler les exigences de cet étrange personnage plus grand que nature, le prix à payer aura été élevé. Trop élevé pour un être humain en détresse qui, vers la fin, ne pouvait plus rien faire pour freiner cette effroyable chute dans le vide. Maintenant rendue là où elle est partie se reposer, Amy Winehouse n’aura plus à passer des heures chez la coiffeuse ou chez son pusher pour avoir le droit d’exister. Le triste show est fini. <br />
<br />
• • •<br />
<br />
J’arrive de New York. Je me suis arrêté au Radio City Music Hall pour voir, malgré tout ce qu’on en a dit de mal, Zarkana, le dernier fruit du Cirque du Soleil. Constat global : c’est pas si pire que ça. <br />
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Le prétexte du spectacle – c’est toujours pareil avec le Cirque – est d’une simplicité consternante. C’est l’histoire d’un magicien qui perd ses pouvoirs après avoir perdu sa blonde. Et devinez ce qui se passe quand celle-ci revient au bercail? Ah shit, j’ai vendu le punch… Pour farcir le gigot, on a bourré ça de numéros acrobatiques qui n’ont rien à voir avec l’histoire. Ajoutez à tout ça une scénographie grandiose, un Garou qui a l’air de se demander (comme nous d’ailleurs…) ce qu’il fout là et une finale «cheezy» à souhait, et tout le monde rentre à la maison avec la tête légère. Fallait-il espérer autre chose? <br />
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Ça fait un bout de temps que nos attentes envers le Cirque dépassent ce qu’on finit par nous livrer. Pour le moment, celui qui se fait attendre, c’est le public. Quand j’y suis allé, la salle était à moitié vide. Les billets sont même soldés à 50 % au comptoir de rabais de Times Square. La croquée dans la Grosse Pomme semble trop grosse.<br />
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <pubDate>Tue, 26 Jul 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Sylvain Ménard, Métro</author>
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                      <description><![CDATA[Je m’en souviens comme si c’était hier. Aux demi-heures, à la télé de Radio-Canada, il y avait la voix de René Lecavalier qui nous rappelait que c’était «les Jeux de la 21e Olympiade». C’était en juillet 1976. C’était ici, à Montréal.<br />
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J’avais 14 ans. Puisque je n’avais pas trouvé de job d’étudiant, tout ce qu’il me restait à faire pendant mes vacances, c’était  suivre les Jeux olympiques à la TV. Des Jeux qui se déroulaient à quelques rues de chez nous, mais  qui auraient tout aussi bien pu se passer en Chine tant ils m’étaient inaccessibles vu la faiblesse de mes moyens financiers.<br />
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Je m’étais alors donné pour mandat de ne rien manquer. Rien, pas la moindre minute. De la pure folie. Même mes pauses pipi étaient synchronisées avec les pubs… Donc, de 7 h le matin à 23 h le soir, chaque jour, je jouais à l’analyste expert-en-tout en me promenant d’un site de compétition à l’autre à partir de mon moniteur privé : une TV Sanyo 12 pouces noir et blanc avec un tampon de S.O.S. boudiné au bout de l’antenne. Ça rendait le signal plus net. Ne me demandez ni pourquoi ni comment, mais le truc fonctionnait. J’imagine qu’avec un tampon de S.O.S., tout est toujours plus net.<br />
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Après quelques jours de vigile ininterrompue, j’ai eu à faire face à un dilemme embêtant. La voisine d’en face était venue m’offrir un billet pour assister à un match de volley-ball au Centre Paul-Sauvé. Un match de qualif, bien entendu, mais quand même. C’était entre la Pologne et je ne sais plus trop quel autre pays. Même si ça m’embêtait d’abandonner mon record d’assiduité, je n’avais pas d’autre choix que d’y aller.<br />
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De cet après-midi, je me souviens de plein de choses. D’avoir serré la pince d’un Pierre Elliott Trudeau vachement décontract avec sa chemise rose à manches courtes et sa cravate défaite. Du Russe qui était assis près de moi et qui avait bu une vingtaine de verres de Coke sans reprendre son souffle. Et sur le terrain, j’avais vu un formidable joueur polonais – le numéro 5, me semble – qui m’avait montré qu’il y aurait désormais d’autres athlètes que Guy Lafleur pour me faire triper.<br />
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De retour à la maison, en reprenant mon poste devant mon moniteur coiffé de son S.O.S., j’avais eu la franche impression que toutes ces images resteraient gravées dans ma mémoire longtemps. Nous voici 35 ans plus tard, et elles y sont toujours. Maudit que le temps passe.<br />
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Rencontrée à Cape Cod : une belle vieille madame aux yeux gris-bleus d’au moins 90 ans qui se rappelait avec émotion de sa dernière visite à Montréal… à l’Expo 67! «Jusqu’à la fin de ma vie, je pense que je n’oublierai jamais ça», qu’elle a dit. On vous croit, madame, on vous croit…<br />
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <pubDate>Tue, 19 Jul 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Sylvain Ménard, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Dites la vérité, toute la vérité…]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[La semaine dernière, je soulignais à quel point j’avais été surpris de voir autant de places libres dans le stade Percival-Molson pour le retour des Alouettes. C’était étonnant parce que c’était soir de rentrée et aussi parce que depuis des années, on affiche complet match après match. Peu importe la température, peu importe l’enjeu de la partie, peu importe la qualité de l’adversaire…<br />
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Un confrère du journal La Presse ajoutait dès le lendemain que, selon des sources à l’interne, on avait menti pendant longtemps à propos des supposées salles combles aux matchs de football. Suis-je tombé en bas de ma chaise en lisant ça? Oh que non. Pas plus tard que l’an passé, un ami à moi a acheté des billets de saison… au troisième match de l’année, ce qui ne fait pas très sold-out, nous en conviendrons.<br />
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D’ailleurs, les Alouettes ne sont pas les seuls à pratiquer le jovialisme commercial ou, si vous préférez, la bullshit institutionnelle. Combien de fois avez-vous vu des spectacles annoncés «en supplémentaire» et «de retour à la demande générale», alors qu’en toute vérité, il n’y a pas encore le quart de la moitié des places de vendues? Combien de fois a-t-on remis des disques d’or à des artistes en se basant non pas sur les chiffres de vente, mais sur les exemplaires «placés» en magasin? Des techniques de vendeurs de brosses, c’est clair, mais c’est sur ce régime que fonctionne à peu près toute la business du divertissement. Sur le paraître bien plus que sur l’être…<br />
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L’idée derrière tout ça : faute d’être big, on doit faire big. C’est comme ça que ça marche, et on n’en demande pas plus. On le fait pour attirer des commanditaires ou pour étoffer un dossier quand vient le temps de réclamer  un appui financier de la part de l’État. On le fait même bêtement pour susciter l’admiration de la communauté. Même si personne, dans le fond, n’est dupe de rien... Bizarre, n’est-ce pas?<br />
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Dans tout ça, la plus grande expertise qu’on a développée, c’est dans la dorure de pilule. Même qu’on en est à mettre plus de dorure sur la pilule que de pilule sous la dorure. Vive la frime!<br />
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Finalement, je suis passé au nouveau resto-bistro du parc Lafontaine. Verdict : c’est pas mal du tout. La bouffe, s’entend. Les prix? Un peu élevés, sauf qu’on a maintenant accès à bien mieux que des Mae-West suintants crachés par des distributrices. Et le service? Tout aussi erratique que sympathique. Mais alors là, franchement sympathi­que. Donc, dans le très tout croche… mais avec un sourire dans la face, ce qui génère toujours une bonne dose d’indulgence. On y retournera? Bien sûr. Depuis le temps qu’on attend…<br />
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <pubDate>Tue, 12 Jul 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Sylvain Ménard, Métro</author>
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