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        <title><![CDATA[Benoit Lefebvre]]></title>
        <link><![CDATA[http://www.journalmetro.com/columnist/123411]]></link>
        <language>en-us</language>        

        
                  <item>
                      <title><![CDATA[Mauvaise cible, mauvais résultat]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Maudits BS! Ça abuse du système! Comme des parasites! On devrait mettre les BS dans une région clôturée puis qu’ils s’arrangent entre eux! Êtes-vous choqués? J’espère. Sinon, si en lisant ces lignes vous aviez un sentiment de complicité, arrêtez de lire. On ne s’entendra pas. Ou non. Lisez! D’un coup que vous changiez un peu d’idée. J’suis naïf, je sais.  <br/>
<br/>
J’ai entendu ces succulentes affirmations la semaine passée. Je ne donnerai pas les sources, parce que je pense que la personne voulait juste provoquer et avoir de l’attention. Donc, je ne lui en donnerai pas. Je vais prendre pour acquis que ça existe comme «pensée». Et donc, la taquiner un peu. Vous me connaissez, j’aime taquiner les idées pas très lumineuses. <br/>
<br/>
J’ai un certain malaise quand y a un blitz sur les BS. Même si c’est sur ceux qui abusent du système. Pas par pitié ou sympathie. Plus par gestion de la haine. C’est eux, les méchants? Si le reproche, c’est de siphonner l’énergie et le cash des honnêtes gens, je pense qu’on devrait appeler d’autres personnes à la barre des accusés avant les «maudits BS».<br/>
<br/>
Personnellement, ma haine, ma rage, je la ménage. J’essaie de la rentabiliser et de la focusser sur ceux qui la méritent. Je surveille ma jauge à rage comme je surveille ma jauge à essence. Si je me mets à détester, haïr, mépriser les BS, je vais faire quoi pour ceux qui profitent 1 000 fois plus du système? Causent 1 000 fois plus de dommage? Je vais imploser! Puis là, un honnête travailleur va être obligé de ramasser mes p’tits morceaux partout! C’est pas cool.<br/>
<br/>
J’avais un ami qui travaillait pour un bureau des loisirs d’un quartier de Montréal. Il m’avait dit qu’ils avaient payé 30 000 $ pour des feuilles de palmier pour décorer la piscine intérieure publique. Pas parce que le besoin était là. Parce que l’année du budget achevait, puis fallait vider le coffre. Sinon, l’année suivante, ils allaient avoir moins d’argent et devoir travailler leurs méninges à gérer serré. Le gaspillage dans le domaine public dû à la paresse, la lâcheté, la mauvaise habitude du «Anyway, y a du cash, pis c’est pas le nôtre» est même pas comparable à l’argent dépensé pour les BS aptes au travail. <br/>
<br/>
Siphonner l’énergie et l’argent des honnêtes gens...Tous ces propriétaires multi- milliardaires égo-maniaques de mon profit pissent plus loin que le tien. Est-ce qu’on peut vraiment blâmer les profiteurs passifs en bas de la pyramide tant que les profiteurs agressifs plus haut font des ravages? Pas qu’il faut accepter, et pas mieux encadrer le service de bien-être social. Mais, c’est pas la bonne cible.<br/>
<br/>
En gros, s’acharner sur les BS aptes au travail, c’est perdre son temps sur des p’tits parasites qui mangent les miettes de pain. Miettes que les plus gros parasites ont laissées après avoir dévoré la boulangerie au complet. <br/>
<br/>
<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <link>http://www.journalmetro.com/chroniqueurs/article/1089777</link>
                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Benoit Lefebvre]]></keywords>
                      <pubDate>Mon, 06 Feb 2012 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Benoit Lefebvre, Métro</author>
                      <guid isPermaLink="true">http://www.journalmetro.com/chroniqueurs/article/1089777</guid>
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                      <title><![CDATA[Les pigeons peuvent attendre]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Le journal vire au bonheur aujourd’hui. Il l’a déjà fait dans le passé. Et comme la fois d’avant, j’avais eu la commande, ou demande, d’écrire sur le sujet. Et là, faudrait que je me répète! Non mais! Allez lire ma vieille chronique, «Le bonheur», sur le site du journal Métro. Puis on en parle pus! <br/>
<br/>
S’cusez, j’ai eu une baisse de sucre. J’ai mangé deux biscuits. Ça va mieux, là.<br/>
<br/>
Donc, le bonheur. Le bonheur, je l’aime beaucoup. Mais je ne cours pas après tout le temps. En tout cas, pas pour maintenant. <br/>
<br/>
Personnellement, je pense que l’état de plénitude du bonheur du moment présent de joie de vivre de manger des figues, c’est bon pour l’enfance et le voyage des vieux jours. Puis c’est ben correct comme ça. Entre 15 et 60 ans, je trouve que ce n’est pas le bon timing pour viser le fameux bonheur total et constant. <br/>
Sinon, on passe à côté de trop de choses importantes. <br/>
<br/>
L’indignation amène l’action et l’évolution. La survie amène l’innovation. La fuite amène l’imagination. La souffrance amène une créativité profonde. <br/>
<br/>
Les compositeurs sortent souvent un «album soleil» rempli de chansons hop la vie : «J’avais le goût de me faire du bien, bla bla.» <br/>
<br/>
«C’est un album joyeux, bla bla.» «Je prends mon bain dans du Quik aux fraises, bla bla.» Soyons honnêtes, c’est souvent d’la grosse cochonnerie. <br/>
<br/>
Chaque chose en son temps. Y a un temps pour travailler, puis un temps pour relaxer. Ben, y a un temps pour s’indigner, survivre, fuir, souffrir, puis y a un temps pour se sacrer des sandales dans les pieds avec des bas pis nourrir les pigeons la face joyeuse. <br/>
<br/>
Entre-temps, la quête du bonheur doit être, je pense, ponctuelle. Être bien avec nos gestes imparfaits, nos quêtes difficiles, épicés de moments de bonheur. Question de tenir le coup et de se rappeler qu’est-ce que ça goûte. Sinon, on oublie, et on vieillit aigri, amer, malheureux, incapable de recréer la recette. C’tu plate, ça. T’as juste ça à faire, être heureux, mais tu te souviens pu comment faire. <br/>
<br/>
Y en a qui trichent ou abandonnent. Ils sont des nostalgiques. Je trouve ça dangereux, la nostalgie. Parce que pendant que tu focusses sur tes moments de bonheur d’hier, tu vois pas les possibilités de bonheur d’aujourd’hui. «Mon temps», c’est pas juste à huit ans, c’est tant que je suis en vie. <br/>
<br/>
Allez, deux autres biscuits, et au travail. Les pigeons peuvent attendre. <br/>
<br/>
<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Benoit Lefebvre]]></keywords>
                      <pubDate>Mon, 30 Jan 2012 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Benoit Lefebvre, Métro</author>
                      <guid isPermaLink="true">http://www.journalmetro.com/chroniqueurs/article/1083690</guid>
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                      <title><![CDATA[Internet, le buffet all you can take]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Ça brasse sur l’internet. J’ai commencé à écrire ma chronique, la SOPA était en action. En plein milieu de l’écriture, oops, pu de SOPA pour tout de suite. Ça arrive. Comme l’autre fois : j’ai commencé à écrire, il neigeait pas. Puis un moment donné, oops, il neigeait. C’tu fou pareil. Heille, l’action dans ma vie toé. <br/>
<br/>
La SOPA, Stop Online Piracy Act, c’est, comme ça le dit, une loi pour censurer les sites qui utilisent des images, des films, de la musique non libres de droits. Ça, c’est la grande ligne. Mais y a plus profond et complexe. C’est une chronique d’humour, pas d’informatique. Tapez SOPA sur Google, puis laissez-moi dire des niaiseries. Au fait, Google, Facebook et Wikipédia, pour ne nommer que ceux-là, sont contre cette loi. <br/>
<br/>
Faut comprendre la rage. Une fois que tu goûtes assez longtemps au gratuit, peu importe le service, avantage que tu croyais acquis, dur, très dur, de reculer. Peu importe l’âge. Ici, on parle plus des 15-25 ans qui chialent. Mais essaie voir d’enlever à Denis, 49 ans, son brake de 15 minutes. Ou à Nicole, 54 ans, sa machine à café dans la cuisine. <br/>
<br/>
«QUOI!!! Comment ça, pu de café? Non, mais ça a-tu du bon sens!» Occupy the kitchen! Des pancartes FREE THE COFFEE! Nicole qui se fait poivrer les yeux. Denis arrache son t-shirt Che, se protège les yeux avec et frappe le gardien à coups de brocheuse. <br/>
<br/>
Qu’est-ce tu veux. On est comme ça. On aime pas ça reculer. Je l’ai déjà dit. À mon humble avis, un adulte, c’est un enfant qui a le droit d’acheter des cigarettes. On est conditionnables. De notre naissance à notre mort. Viens pas enlever nos conditions, on devient mauvais. La machine à café dans cuisine, touche pas à ça. L’internet libre, touche pas à ça. C’est aussi simple que ça. <br/>
<br/>
Les humains, on est comme des vampires en stand-by. Tant qu’on ne goûte pas au sang, nos canines restent rondes. Si une goutte de sang tombe sur notre langue, même par accident, c’est fini. On en voudra plus, et toujours plus. Et bonne chance pour nous faire revenir en arrière. Il y a toute une génération qui a goûté au sang de l’internet gratuit et libre. Tu ne peux pas leur enlever ça en pensant qu’ils ne vont pas mordre un peu.<br/>
<br/>
<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Benoit Lefebvre]]></keywords>
                      <pubDate>Mon, 23 Jan 2012 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Benoit Lefebvre, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Le froid, notre carotte]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Pendant que j’écris, y neige vraiment. Comme trop. Comme ça finit pu. Comme OK, arrête de shaker la boule monsieur. Laisse-la sur la table du salon cinq minutes. J’ai vu le voisin pelleter deux fois son entrée depuis à matin. Je l’imagine : «Maudite marde! De #*$&?!!» Et pourtant. On devrait être contents. Reconnaissants. Sans neige, surtout sans froid, mon voisin n’aurait pas d’entrée à pelleter. Puis moi, rien à écrire.<br/>
<br/>
Ça a l’air que c’est comme ça. Nos maisons, objets, outils, technologies ne seraient pas si évolués dans d’autres conditions. Ça prend des conditions variables entre le froid et le chaud. Trop chaud ou trop froid, les peuples font du surplace. Inuits, îles tropicales. C’est rare que les inventions et les révolutions matérielles viennent de là. Deux raisons : confort et survie. <br/>
<br/>
Personnellement, quand il fait trop chaud, je veux être un lézard puis entrer ma face dans un melon d’eau. Quelqu’un qui vit sur une île tropicale, pourquoi il se casserait la tête? Il mange, il fait l’amour, il se baigne dans l’océan. Il s’en sacre-tu d’essayer de trouver une application iPhone qui va lui rapporter plein de cash? Il va faire quoi avec? Aller dans le sud? Y est déjà là! <br/>
<br/>
Ou sinon, la survie. Dans les pays du tiers monde, ce n’est pas l’intelligence qui manque, c’est le temps. Pendant que tu cherches de l’eau pour survivre, t’as pas le temps de chercher une recette pour qu’à goûte les fraises. <br/>
<br/>
Les Inuits. C’est l’extrême du froid. Sont pas moins brillants, juste occupés à pas perdre leurs orteils. <br/>
<br/>
Donc, notre neige, notre froid, c’est notre coup de pied aux fesses, notre carotte au bout du bâton. Chaque espèce vivante a son type de conditions favorables à son évolution. Les baleines ont besoin d’eau salée à une certaine température, les zèbres, de chaleur et de gazon. Les mouettes, de McDo. Nous autres, de froid et de tiède. Le froid nous motive, le tiède nous donne les conditions pour travailler. <br/>
<br/>
Je sais, je sais. Avoir de la gratitude pour la neige quand ton dos est barré à cause du troisième pelletage de suite en une journée... C’est une réflexion que je me suis faite assis bien au chaud chez nous. Tantôt, faut que je sorte. Garanti qu’en pelletant mon auto, je n’aurai pas le cœur rempli de gratitude. Mais bon, après, je vais m’asseoir dans un gros objet qui m’aide à me déplacer, me garde au chaud l’hiver et au frais l’été, joue de la musique et me passe les infos. Pas pire pareil.<br/>
<br/>
<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <link>http://www.journalmetro.com/chroniqueurs/article/1072094</link>
                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Benoit Lefebvre]]></keywords>
                      <pubDate>Mon, 16 Jan 2012 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Benoit Lefebvre, Métro</author>
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                  <item>
                      <title><![CDATA[Je souhaite le scorbut à Mike Ward]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Mike a souhaité un cancer à Joël Legendre. Tout de suite, on imagine Mike les poings fermés, la pupille qui saute, un cierge noir allumé dans une étoile peinte sur le sol avec du sang de poule. Calmons tout ça, voulez-vous?<br/>
<br/>
L’humour, c’est pour tout le monde, comme manger puis boire du vin. Mais c’est pas tout le monde qui a le même intérêt et la curiosité de peaufiner ses goûts et sa culture dans ces trois domaines. Plus tu consommes de l’humour, plus tu vas comprendre les nuances, les subtilités et les formules. Si le seul humour que tu vois, c’est des montages de Juste pour rire le vendredi soir à TVA et que le dernier show live que t’as vu c’était Daniel Lemire en 1984... Désolé de te l’apprendre, mais, oui, t’aimes rire; mais tu ne connais pas l’humour.<br/>
<br/>
À 24 ans, j’ai demandé à une commis de la SAQ : «J’veux un vin qui va partout dans yeule.» Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle «corsé». On se peaufine si on a l’intérêt. Eh oui, j’ai vraiment demandé ça! <br/>
<br/>
Pour ce qui est de la ligne, elle est où, la ligne? Y en a pas de ligne. On va arrêter ça. La ligne est dans la tête du monde. Y a autant de lignes qu’y a de personnes. Quand un groupe de personnes qui partagent une ligne commune se sentent blessées, elles se mettent ensemble, chialent un peu, puis la Terre continue de tourner. C’est ça, le deal. Il n’y aura jamais une grosse ligne générale avec un brigadier qui la surveille à coups de sifflet. «Fuuuut! On ne fait pas de joke de nains. 25 ¢ dans le pot à nains.» <br/>
<br/>
«Ouin, ben moi, j’en consomme beaucoup de l’humour, puis ma ligne est super haute, et pourtant la joke m’a choqué pareil. Parce que dans ma famille y a eu des morts à cau­se du cancer.» Premièrement, mes condoléan­ces. J’en ai eu aussi. Tout le monde a eu des morts dans sa famille à cause du cancer. C’est pas un drame unique, on s’entend. Pour être franc, je trouve ça hypocrite et mal placé. Avant, c’était drôle, ou à la limite ça ne te dérangeait pas, mais depuis que ce drame X-là est arrivé dans ta famille ou à toi, faut pu en rire? Belle sensibilité égocentrique. <br/>
<br/>
Le gag était drôle. Absurde à la limite. Quelqu’un a la bonté de cœur de te souhaiter de la santé, tu lui souhaites un cancer. Ça se fait pas, et c’est pour ça que c’est drôle. Ou plutôt, que ça a une efficacité comique. Ensuite, que tu trouves ça drôle ou pas, libre à toi. Mais, SVP, Lemire était clean, lui, la ligne, le cancer de ta tante... On oublie ça, OK? On part 2012 en grand, et plus grand. <br/>
<br/>
<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <link>http://www.journalmetro.com/chroniqueurs/article/1066495</link>
                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Benoit Lefebvre]]></keywords>
                      <pubDate>Mon, 09 Jan 2012 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Benoit Lefebvre, Métro</author>
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                   </item>
             
                  <item>
                      <title><![CDATA[Tit-cul Benoit vous raconte Noël]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[OK, on va rire de moi un peu. En sixième année, à 11 ans, on devait écrire une histoire pour Noël. La mienne s’était retrouvée dans le «journal» de l’école. J’étais assez fier merci. Je ne gagnais jamais les maudits concours de dessin Desjardins! Pourquoi pas donner au tit-Ben de 11 ans une tribune dans un vrai journal? Avec entre parenthèses les com­men­taires de grand Ben? C’est les Fêtes, on s’amuse. <br/>
<br/>
Tout le monde se demande si le père Noël a vraiment existé... (Bon, tout le monde, tu vas large, kid. Mais à 11 ans, ton monde est petit.) Il y a très longtemps, au mois de décembre, la veille de Noël, quatre enfants étaient partis tôt le matin, car ils voulaient aller chercher de beaux cadeaux au village voisin. Alors qu’ils étaient sur le chemin du retour, une terrible tempête s’éleva. (Des enfants qui vont chercher des cadeaux. J’avais une belle naïveté.)<br/>
<br/>
Non loin du village d’où ils revenaient, ils décidèrent d’aller se réfugier dans une auberge. Ils cognèrent à la porte et l’aubergiste leur ouvrit en disant : «Allez-vous-en, jeunes intrus!» Et il leur claqua la porte au nez. Les quatre enfants commençaient à être épuisés par la tempête. (Ah ah, typique. L’image des méchants adultes qui n’aiment pas les enfants. Maudit que j’aimais pas les adultes!) La nuit tombée, ils virent une lueur venant d’un sentier. <br/>
<br/>
Ils décidèrent d’aller voir si on pouvait les héberger pour la nuit. Une fois rendus à la maison, la porte s’ouvrit en grin­çant. Une voix grave dit : «Entrez, mes jeunes enfants.» (Du suspense, du suspense.) <br/>
<br/>
Ils virent alors un vieil homme avec une épaisse barbe blanche. Il était vêtu de rouge avec une ceinture noire et un gros ventre. Il leur dit : «Venez vous réchauffer près du feu.» Puis, il alla leur chercher de la soupe. Après avoir mangé, assis autour du vieil homme, ils écou­tè­rent de belles histoires et s’endormirent. (Maudit, j’écrivais mieux en sixième année qu’aujourd’hui. Parlez-en aux correcteurs du journal...) <br/>
<br/>
Ils se réveillèrent en sursaut, au son de la cloche de minuit, mais... dans leur lit. Chacun trouva un bas de laine rouge sur son bureau, rempli de cadeaux. Ils n’ont jamais vraiment su ce qui leur était arrivé ce soir-là. (Panpan! Encore du suspense) Rêve ou réalité? Peu importe, après tout cela fait partie de la magie de Noël. Fin.<br/>
<br/>
11 ans, une conclusion ouverte, un peu de morale, un peu de rêve. Au moins, on ne peut pas dire que je me donne un genre. Ça fait un bout que je suis comme ça. Joyeuses Fêtes tout le monde. Je cache ce texte et le ressors dans 40 ans.<br/>
<br/>
<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <link>http://www.journalmetro.com/chroniqueurs/article/1053741</link>
                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Benoit Lefebvre]]></keywords>
                      <pubDate>Mon, 19 Dec 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Benoit Lefebvre, Métro</author>
                      <guid isPermaLink="true">http://www.journalmetro.com/chroniqueurs/article/1053741</guid>
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                  <item>
                      <title><![CDATA[Edward, le vampire qui suce ton esprit]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[L’avez-vous vu à la télé? Le médecin qui affirmait qu’une consommation de Benoit Lefebvre, en chronique ou en spectacle, aidait à réduire les risques du cancer de la rotule de 98%. Enfin, on m’apprécie à ma juste valeur!<br/>
<br/>
C'est n’importe quoi. Mais tellement fréquent. D’où vient ce genre de manipulation du consommateur? À qui le «crédit»? À monsieur Edward Bernays. Edward Bernays, c’est notre Paul de Tarse. Paul de Tarse, ou saint Paul, c’est l’illuminé derrière la propagande chrétienne. Le grand manitou de la manipulation par la foi du temps de Rome. Si la consommation a remplacé la religion, Edward a remplacé Paul. C’est aussi simple que ça. À chaque empire son stratège. Disons que t’avais plus de chance de le battre à Uno qu’à Risk. <br/>
<br/>
C’est lui qui est derrière la fameuse campagne I WANT YOU! pour l’armée américaine. Et la toune des Beatles aussi. Ou peut-être pas. C’est lui qui a convaincu le monde entier que fumer, c’était bon. Celle-là, fallait le faire. C’est lui qui a commencé l’art de détruire l’image d’un dirigeant ou d’un parti réticent à donner les richesses de son pays à des compagnies étrangères, pour ensuite mettre en place les bons pions et tout prendre. Le beau projet du Plan Nord... Ça vous dit quelque chose? Bref, pour peu, c’est un génie. Pour nous, une belle ordure. <br/>
<br/>
Comment pouvait-il dormir sur ses deux oreilles? Je vous rassure. Il dormait très bien. Pour lui, il faisait le bien. Il fait partie de cette élite qui croit que la masse est faible, idiote et doit être manipulée pour «son» bien. Ils existent encore, ces psychopathes. Ils sont les hommes et les femmes les plus puissants du monde. Ce sont eux qui tiennent les murs de l’aquarium bien en place. Ces fameux murs qu’on ne voit pas parce que trop impressionnés par les bubulles qui sortent du château. (Shot gun sur Némo. Choisissez-vous un autre poisson pour jouer dans ma métaphore sociale.) <br/>
<br/>
L’ironie de l’ironie. J’ai appris son existence la semaine dernière dans un des très bons épisodes d’Amour, haine et propagande à Radio-Canada (tous disponibles sur leur site). La télé étant l’outil numéro un de la propagande du 20e siècle, je trouvais ça presque beau comme situation. Ça donne espoir. Le savoir et la vérité réussissent à passer à travers l’aquarium. Après, reste juste à savoir si on a le courage de laisser nos bubulles puis de sauter par-dessus le mur. <br/>
<br/>
Pour les curieux, lisez l’article biographique sur l’internet Edward Bernays: la fabrique du consentement ou comment passer du citoyen au consommateur. Après, prenez soin de vos genoux. Ajoutez-moi sur Facebook et Twitter. <br/>
<br/>
<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Benoit Lefebvre]]></keywords>
                      <pubDate>Mon, 12 Dec 2011 13:08:24 </pubDate>
                      <author>Benoit Lefebvre, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Content de payer des impôts]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[«Attends de payer des impôts!», je l’ai souvent entendu. Toujours bien placé entre un «Patrick Roy c’t’année est moins solide.» et «As-tu regardé Surprise sur prise hier?» Les deux dernières citations s’adressaient aux adultes autour de la table; la première à moi. Le ti-cul. Le tout cuit dans yeule. Le chialeux pour rien. Le pas payeur d’impôts. <br/>
<br/>
Souvent, c’est comme ça. Quand t’es un enfant, un jeune ado. Tes problèmes ne sont pas des problèmes. Ta peine, c’est d’la pépeine. Ton stress, c’est de l’over dramatisation. Tes peurs, ton imagination. Tes frustrations, de la fatigue. De l’intimidation, des guéguerres de gamins. Tout est du niaisage. Parce qu’on le sait, la vraie vie, la vraie souffrance, c’est de payer des impôts. C’est être responsable.<br/>
<br/>
On déteste être responsable. On en veut presque aux jeu­nes de nous forcer à être responsables. On veut qu’ils passent au plus vite de l’âge «adulte» à l’âge responsable. Où du jour au lendemain, outils ou pas, welcome to the machine. En attendant, dérange-nous pas trop avec ta pépeine. <br/>
<br/>
C’est vrai que c’est bien de dédramatiser. C’est même essentiel. Comme là, y serait temps que j’écrive une légèreté. C’est un peu lourd pour un lundi matin. Pète et Répète sont en bateau, Pète tombe à l’eau. Qui reste? Répète et les 1 200 autres passagers du bateau de croisière qui sont en maudit après Pète parce qu’à cause de lui le show de jongleurs de cochons d’Inde est annulé. Donc, dédramatiser c’est bien. Mais avec les jeunes, on banalise plus qu’on dédramatise. <br/>
<br/>
On dit aimer les enfants. J’ai l’impression qu’on aime plus l’enfance. On est nostalgique de notre propre enfance. On aime les enfants comme on aime écouter nos vieilles tounes, voir nos vieux films. Parce que ça nous rappelle le bon vieux temps. Le bon vieux temps où nous-mêmes on était des enfants. Où la vie n’était que plaisir et rêve. Avant que la vie devienne responsabilité. Avant que la vie devienne impôt. Une fois ados, on s’en sacre. Sont plus cutes. Sont gossants. L’outil à nostalgie est désuet. <br/>
<br/>
Je sais que c’est gros, que c’est large. Qu’il y a place à la nuan­ce. Mais les résultats sont là. Les crises sont là, le décro­cha­ge est là. Les Marjorie sont là. Nos jeunes sont laissés à eux-mêmes.<br/>
<br/>
«Les jeunes aujourd’hui!» Les jeunes aujourd’hui, c’est nous autres hier. Si on devient de meilleures personnes aujour­d’hui, nos jeunes seront de meilleures personnes demain. Dans le fond, c’est ça le problème. C’est pas qu’on laisse aller nos jeunes, c’est qu’on se laisse aller. Mais on a le droit, on paye des impôts...<br/>
<br/>
<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Benoit Lefebvre]]></keywords>
                      <pubDate>Mon, 05 Dec 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Benoit Lefebvre, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[La forêt imaginaire]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[1994. Sixième année. J’ai une coupe champignon avec beaucoup trop de gel. Le matin, on entre en classe. Il y a quelque chose de changé. À côté de la poubelle, y a une autre poubelle. Plus large. Bleue. <br/>
<br/>
On s’assoit à nos pupitres. Je m’installe. Chaise basculée vers l’arrière sur deux pattes, prêt pour mon décollage vers la lune, business as usual.  «Vous avez tous remarqué le bac bleu. C’est pour mettre les feuilles de papier. On va les recycler.» Les quoi?<br/>
<br/>
On trouvait ça donc absurde. C’était le début d’une transition. Un début de puberté sociale. Avec tout ce qui vient avec. Des crises, des révoltes. «M’en sacre de recycler! Les arbres! Les forêts... j’y vais jamais anyway! » La mentalité du «si ça ne me concerne pas directement, m’en sacre». Tout nous concerne directement, après c’est juste une question de vision. De sortir nos yeux de notre nombril puis de lever la tête un peu. Plus on la lève, plus on voit loin, et plus le directement s’étend. Aujourd’hui, c’est une évidence recyclée. Mais il y a 17 ans, c’était nou­veau, bizarre. Comme Videoway. (Je m’ennuie de M. Chin et de ses assiettes.) <br/>
<br/>
La ville, c’est la forêt imaginaire. Partout où il y a des villes, il y avait une forêt avant. Ou du moins de la verdure. Puis on a coupé. On a construit notre forêt imaginaire. On est passé d’un habitat naturel à un habitat fonctionnel. J’suis pas antiville. J’suis pas non plus le type qui prétend parler aux arbres et qui pense que la ville, c’est Satan. Sauf la nuit, sur Crescent, mais ça, c’est plus personnel. <br/>
<br/>
Donc, la ville, c’est notre forêt imaginaire. Le résultat de siècles d’imagination. Mais c’est quoi, la réalité, dans tout ça? Si on met une cabane dans un arbre, on est dans la forêt. Si on en met deux, on est encore dans la forêt. Si on coupe trois arbres autour, pour rajouter un genre de table commune, une piste de danse ou, je sais pas moi, un gros tapis de Twister, on est encore dans la forêt. Continuons l’expansion. Les arbres autour vont s’éloigner du centre, de notre tapis de Twister, mais on reste dans la forêt, dans la nature. <br/>
<br/>
En 1994, à l’école Marie-Favery, j’ai pris conscience de deux choses : un, peu importe comment les profs me le diront, je serai toujours dans la lune. Et deux, malgré que notre forêt imaginaire ait pris tellement de place, la réalité reste la réalité. On habite dans la forêt. Dans la nature. Faut pas faire comme pour M. Chin et l’oublier.<br/>
<br/>
<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Benoit Lefebvre]]></keywords>
                      <pubDate>Mon, 28 Nov 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Benoit Lefebvre, Métro</author>
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                   </item>
             
                  <item>
                      <title><![CDATA[Je tire ma révérence]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[C’est fini. Vous ne me lirez plus dans le journal. J’accroche ma plume. Cette chronique en réponse à celle de la semaine dernière, Éric Duhaime me doit une journée, sera la dernière. Bon. Partons, mais partons en grand! <br/>
<br/>
Ladite chronique traitait du pas toujours haut niveau de débat de M. Duhaime. Non de sa position politique. Je l’ai écrit noir sur blanc. C’était une chronique pour ou contre les mauvais débatteurs, pas pour ou contre la droite. Gauche, droite... moi, c’est simple : si tout le monde a un p’tit peu du gâteau, qu’on pense un peu plus loin qu’à deux générations, puis qu’en chemin pas trop de monde se fait mal, je suis heureux. J’suis pas de gauche ni de droite, j’suis de diagonale. <br/>
<br/>
M. Duhaime, dans un commentaire sur ma chronique, m’a accusé d’attaquer le messager et non le message. Attaquer le messager, M. Duhaime, serait descendre votre crédibilité avec des accusations comme : «Votre opinion politique ne vaut rien, vos lacets sont fluo!» Ou «Votre position idéologique est peu crédible vu la moustache sous votre nez.» Ça, c’est attaquer le messager. Ou vouloir faire peur au monde en traitant son adversaire de communiste... genre.<br/>
<br/>
Ce que j’ai fait, c’est souligner les faiblesses dudit messager à livrer son message. Si un facteur cogne à votre porte, vous ouvrez : «Bonjour, monsieur Duhaime.<br/>
<br/>
– Bonjour, monsieur le facteur, comme il fait bon vivre cet après-midi.» Puis, paf! Le facteur vous garroche le paquet dans la face et se sauve en courant. Je pense que vous seriez en droit de critiquer la maladresse de la livraison du message. Non? <br/>
<br/>
Pour ce qui est d’un certain parti pris, je ne m’en cache pas. Je risque d’être plus à gauche qu’à droite. Mais ça n’empêche pas le fait que, de un, les accusations que j’ai faites sont justes. Et de deux, si j’étais témoin d’un polémiste de gauche avec autant de tribunes que vous, qui traitait systématiquement les gens de droite de fascistes nazis, je me ferais un devoir de l’accuser. Ici et là, il y a des syndiqués paresseux, des cégépiens rêveurs qui font des déclarations pas toujours nuancées et justes. Mais grosses tribunes demandent gros calibre de débat. C’est tout. <br/>
<br/>
Voilà. C’est sur cette note un peu plate et pas drôle que se termine mon aventure. Merci à tous de m’avoir lu et apprécié, ou pas. Bonne vie à vous.<br/>
<br/>
P.-S. : Cette chronique mettait fin à ma très courte carrière de polémiste. La semaine prochaine, Benoit l’humoriste sera de retour. Faites plaisir à mon ego, dites- moi que vous avez eu un peu peur? Come on! <br/>
<br/>
<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Benoit Lefebvre]]></keywords>
                      <pubDate>Mon, 21 Nov 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Benoit Lefebvre, Métro</author>
                      <guid isPermaLink="true">http://www.journalmetro.com/chroniqueurs/article/1029745</guid>
                   </item>
             
                  <item>
                      <title><![CDATA[Éric Duhaime me doit une journée]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Ça allait bien! La semaine passée, je vivais une super belle journée. Faisait beau, ma blonde était belle, les feuilles tombaient doucement, puis bang! Éric Duhaime a tout scrapé.<br/>
<br/>
Qui est Éric Duhaime? C’est le porte-parole d’une droite montante au Québec. Jusque-là, rien à dire. Tout le monde a droit d’avoir son opinion politique, de se tenir en groupe et de promou voir son idéologie. Le problème, c’est que M. Duhaime fait dans le petit débat. Et ça, j’aime pas ça. Je m’explique.<br/>
<br/>
La semaine passée, il y a eu débat entre M. Duhaime et Jean Barbe sur le mouvement Occupons Montréal-Québec-Wall Street-Joliette-Matane etc. Tapez «Martineau, Jean Barbe, Duhaime» dans Google, vous trouverez. Vous y entendrez des obscénités comme : «Votre monde communiste est mort.» Ou encore : «Je ne veux pas transformer Montréal en bidonville qui s’apparente à Port-au-Prince.» Communistes! Bidonville! Port-au-Prince! BANG! Les grosses images-chocs! Aucune maudite nuance. Du gros débat de redneck du fond du Texas. Quand Jean Barbe parle de la vision d’Éric et sa gang d’exploiter les richesses naturelles jusqu’à sec sans penser à long terme : «Le Québec s’est bâti en exploitant les richesses, monsieur Barbe!» Effectivement. Tout comme l’Amérique s’est construite avec l’esclavage. Donc, faut respecter et promouvoir l’esclavage? C’est pas un vrai argument que je dis là. C’est du Éric Duhaime. Je voulais juste montrer à quel point ça peut-être facile et niaiseux d’amener des grosses images-chocs dans un débat pour tirer la couverte de l’opinion publique de son côté.<br/>
<br/>
Le problème, c’est que j’aime les débats. Même si ne je suis pas d’accord avec la personne, je peux reconnaître l’intelligence, la finesse dans l’échange. C’est comme ça que ma blonde gagne toujours anyway. Ah! puis elle sent bon. Éric sort les plus bas coups possibles. Il a déjà accusé Amir Khadir de cacher un agenda pro-islamique. Qu’est-ce...!!? Sérieux, la droite, c’est le meilleur que vous avez? C’est ça, votre gros joueur de centre? Je ne peux pas croire. Il doit y avoir du monde dans la droite qui se dit : «Arrête, Éric, tu nous fais tous passer pour des caves!» <br/>
<br/>
On peut facilement dire que je ne suis pas mieux. Je n’ai pas amené d’arguments anti-droite. Aucun chiffre. Ce n’est pas une chronique pour ou contre la droite. C’est une chronique pour ou contre les mauvais débatteurs. Les joueurs salauds. Les démagogues. Personnellement, je suis archi contre! La semaine prochaine, je vais être léger et funny pis tout. Là, fallait que ça sorte. Je vais aller ramasser des feuilles, ça va me détendre. <br/>
<br/>
<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Benoit Lefebvre]]></keywords>
                      <pubDate>Mon, 14 Nov 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Benoit Lefebvre, Métro</author>
                      <guid isPermaLink="true">http://www.journalmetro.com/chroniqueurs/article/1023436</guid>
                   </item>
             
                  <item>
                      <title><![CDATA[L’argent n’est jamais propre]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[J’aime pas l’argent. J’aime ce qu’on se procure avec l’argent, comme un toit, du linge, de la bouffe, des voyages, de la musique, du papier de toilette super épais doux pis toute. Mais tout ça existe sans argent. L’argent comme tel, je trouve ça niaiseux. Une feuille de papier avec des chiffres puis des faces de monde mort, ou qui ont l’air mort. <em>(Sorry Your Majesty.)</em><br/>
<br/>
Quand tu prends du recul. Prends le recul avec moi. Embarque dans ma montgolfière. Tu vas voir, fait frette mais le paysage est beau. Quand tu prends du recul, tu vois bien que l’argent c’est épais. <br/>
<br/>
Essaie d’expliquer à un extraterrestre le génie de notre argent. Disons que t’es avec lui dans un centre d’achats : «Faque tout ça autour, c’est tout. Tout ce que l’humanité a à s’offrir. Du linge, des télés, des parfums, des bijoux, des téléphones, des rasoirs, des ‘tites madames qui font tes ongles.<br/>
<br/>
– Cool, allons nous servir!<br/>
– Ah ben non, ça te prend plein de feuilles en papier comme ça avant. <br/>
– Ah. Ces feuilles ont des propriétés énergétiques phénoménales?<br/>
– Non… y ont, euh… juste des chiffres.<br/>
– Puis les chiffres valent quoi?<br/>
– Ben 5, 10 ou 20 pièces comme ça.<br/>
– C’est de l’or?<br/>
– Non, c’est du métal.<br/>
– Ah, OK. Faque c’est le métal, la matière première qui a le plus de valeur?<br/>
– Non, y en a quand même partout. Faut que ladite pièce ait un oiseau pis une face de quelqu’un de vieux dessus.<br/>
– Bon… j’vas retourner sur ma planète j’pense.<br/>
<br/>
L’œil de certains se met à briller quand ils ont beaucoup de billets dans les mains. J’ai pas ça. Un, beaucoup de billets dans les mains. Deux, l’œil qui brille quand ça arrive. Ce qui m’allume, ce sont les défis, les quêtes, les aventures à accomplir pour en amasser. Disons que ma vie, c’est Mario Bros. Je veux jouer la game fair-play, je ne veux pas de cheats qui me donnnent 100 cennes d’une shot. <br/>
<br/>
Je veux une vie d’abondance. Une vie d’abon­dance, c’est la même chose qu’y a 10 000 ans, 1 000 ans, 100 ans, et que ce sera dans 1 000 ans. C’est juste que l’enrobage, la façon d’arriver à «l’abondance» change. Aujourd’hui, c’est des feuilles de papier avec des chiffres puis du monde mort dessus. Bon, on fait un bout avec ça. Puis quand le monde sera prêt, on aura autre chose. <br/>
<br/>
Qu’est-ce que je suggère? J’suis humoriste. J’ai mon permis de chialage sans obligation de proposage. Je suis conséquent, je fais des commentaires gratuits. <br/>
<br/>
<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <link>http://www.journalmetro.com/chroniqueurs/article/1017293</link>
                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Benoit Lefebvre]]></keywords>
                      <pubDate>Mon, 07 Nov 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Benoit Lefebvre, Métro</author>
                      <guid isPermaLink="true">http://www.journalmetro.com/chroniqueurs/article/1017293</guid>
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                      <description><![CDATA[BOUH! As-tu eu peur? Écoute, c’est le mieux que je peux faire. J’écris dans un journal. Donne-moi un <em>break</em>. <br/>
<br/>
Aujourd’hui, c’est l’Halloween, mais vos partys étaient sûrement en fin de semaine. Dans les bars, l’Halloween, c’est différent qu’au bureau, à l’école et dans les partys maison. Dans les bars, y a un type de costume très populaire auprès de certaines représentantes de la gent féminine : «La slut».  <br/>
<br/>
Faites pas vos matantes, ça existe. C’est le terme populaire. C’est ça. Elles s’assument, se trouvent drôles ou juste sexy. Mais ça existe. Et pas mal, en plus. «C’est quoi ton costume?» «Je suis une abeille, me semble que c’est clair!!?» «Ah ben oui, s’cuse. J’avais pas vu les deux lignes noires sur ton string jaune. T’as pas frette?»<br/>
<br/>
La question c’est pourquoi? Pourquoi, pour tant de jeunes filles, la première idée, quand vient le temps de choisir le costume, le déguisement, le personnage secrètement rêvé d’incarner, est la «pute»? (Ark, on dirait Gilles Proulx.) Je veux juste clarifier : mes yeux n’ont rien contre. J’suis un gars avec tout ce qu’il y a de plus colon quand vient la chance de l’être. J’essaie juste de comprendre. Je vais continuer à regarder, mais avec la satisfaction prétentieuse du savoir. J’suis un intellomacho. J’ai des lunettes en cuir. <br/>
    <br/>
Je pense que c’est le bon vieux pouvoir. Le bon vieux mâle-femelle. La bonne vieille savane qui coule encore dans nos veines. Les gars se déguisent en super héros, en monstres, en vampires ou en bols de toilette. Tous des personnages de pouvoir. Oui, oui. Que ce soit le pouvoir par la force et la peur ou le pouvoir du rire. Ce qui attire les filles, bref. Puis, les jeunes filles poussent au max leur pouvoir de séduction. La fois dans l’année où elles peuvent montrer leurs attributs les plus premiers sans se faire arrêter par la police, ou demander combien elles chargent. <br/>
<br/>
Le gros de la séduction, de nos désirs de maximiser notre pouvoir d’attraction, se fait dans la jeunesse. C’est donc normal de voir les jeunes hommes jouer des personnages de surhommes, et les jeunes filles, des personnages d’hyper sexy. Avouez que voir Ginette déguisée en «toute nue» au party d’Halloween du bureau, ça ferait un frette. Mais pas la stagiaire. Ton tour est passé, Ginette. C’est pas grave. Y est drôle, ton costume de carotte. (Sans rancune, Ginette!) <br/>
<br/>
<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Benoit Lefebvre]]></keywords>
                      <pubDate>Mon, 31 Oct 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Benoit Lefebvre, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[On est beaux debout]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[J’aime ça. J’aime ça quand le monde se lève debout. Avez-vous déjà remarqué qu’on est plus beaux debout? Assis, ya des plis qui apparaissent, une ’tite courbe dans le dos, mais debout! On devient élégants! Comme des paons avec des monocles. <br/>
<br/>
Le Barreau s’est levé debout vendredi. C’était beau. Je ne sais pas si ça va en fin de compte vraiment faire tomber le château de voleurs. Mais chaque fois que des gens lucides disent : «Non, c’est assez», je festoie! Je mets de la musique, je sors le buffet, je mets du rouge à lèvres et je danse!<br/>
<br/>
Pour ceux qui ne sont pas au courant, je vais faire le bon journaliste. La commission d’enquête de marque «sans nom» proposée par Charest a été refusée par le Barreau. Pas juste refusée. Les membres du conseil étaient «indignés» par la demande broche à foin du grand ma­-nitou Charest. Ça, mes amis, c’est un petit pas pour la vérité, un grand pas pour la société. Ça donne confiance, nous donne confiance. Ça nous rend moins seuls, moins fous de douter, d’être tannés. <br/>
<br/>
Avez-vous remarqué que c’est pas mal ça, la clé de chaque révolution? Le contraire de l’isolement, du «j’suis tout seul à penser ça». Plus y a de monde qui se tient debout, plus ça donne la force à d’autres de se lever. Et s’en suit une vague, comme au Centre Bell quand le Canadien joue bien… ou autre exemple plus actuel.<br/>
<br/>
Le Québécois n’aime pas la chicane, c’est connu. Il aime faire confiance aveuglément, croire aux bonnes valeurs, aux bonnes intentions. Se sent même coupable de douter, de chercher la vérité. Un restant judéo-chrétien, comme le dit l’ami Guillaume Wagner. On est sortis de l’Église, mais l’Église n’est pas tout à fait sortie de nous.<br/>
<br/>
C’est noble de faire confiance, mais dans un monde de rapaces, c’est dangereux. Dans le temps du règne de Mom Boucher, je me souviens que les médias disaient qu’il avait la sympathie du public. Charismatique, drôle, en contrôle, souriant. Imaginez : si un criminel évident au sens le plus pur possible peut réussir à séduire l’opinion publique avec ces ingrédients, un voleur diplômé à cravate peut sûrement la manipuler encore plus!<br/>
<br/>
Faut arrêter d’être dupes. Faut pas avoir peur de creuser, de se battre, de dire : «Non. C’est assez.» On est beaux debout! Avec ou sans rouge à lèvres.<br/>
<br/>
<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Benoit Lefebvre]]></keywords>
                      <pubDate>Mon, 24 Oct 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Benoit Lefebvre, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Je n’ai plus peur]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Adulte. C’est un mot qui fait peur. Sérieux. Enfant, je pouvais avoir peur des monstres, mais devenir un adulte, ÇA, c’était épeurant. Parce que c’était en devenir, un monstre.<br/>
<br/>
C’est juste une question de stats. Statistiquement, gamin, j’avais pas croisé assez d’adultes cool pour m’en faire une bonne idée. J’avais croisé surtout des adultes épais. <br/>
<br/>
C’est quoi, un adulte épais? C’est un adulte qui pense qu’être adulte, c’est être un robot responsable qui effectue une tâche et qui souhaite avoir quelques belles années de repos avant de mourir.  C’est un adulte qui dit aux enfants d’en profiter parce que ce sont les plus belles années de leur vie. C’est un adulte qui brise les rêves des enfants avec son cynisme. C’est un adulte qui méprise et qui ridiculise les révoltes adolescentes. C’est pas un adulte ça, c’est un épais. On va arrêter d’être polis. Y’a assez d’humoristes qui ont fait des numéros sur le sujet et tellement de gens qui ont approuvé : «Heille gang, y en a tu des épais dans vie!» Puis là, le St-Denis applaudit à tout rompre. Ben, en v’là des épais. <br/>
<br/>
Je pense humblement que, bien vieillir, c’est bien trier. Jeter, atténuer le pas bon, garder et entretenir le bon. Exemple : j’ai pas sacré de la gouache sur les murs depuis mes cinq ans. Mais je n’ai jamais arrêté de rêver et d’avoir le cœur fort du «tout est possible» de mes cinq ans. <br/>
<br/>
J’ai pas eu de sourire baveux, collé littéralement nez contre nez, avec un prof depuis… au moins 13 ans. (C’est arrivé juste une fois. Pauvre femme, j’étais super gentil en plus. Fallait juste pas essayer de me casser.)  Mais j’ai jamais perdu ma fougue contre l’abus de pouvoir, l’injustice et la volonté de payer le prix en renonçant au confort pour me battre. Oh, et aujourd’hui, mes jeans sont foutrement moins larges. Ouep, j’étais un d’même.<br/>
<br/>
De mes 20 ans? Qu’est-ce que je jette, qu’est-ce que je garde? J’ai perdu en insouciance, mais pas en ambition. Je danse moins souvent, mais I still got the moves, baby! Ouin, je sais, ça surprend souvent. J’aime danser, puis je danse bien en plus. Ça me détend de swinguer les jambes partout en faisant spinner une mamoiselle. <br/>
<br/>
Bref, aujourd’hui, je n’ai plus peur. Je sais qu’être adulte, c’est pas une fatalité triste. J’étais un gamin qui jouait à l’adulte. Aujourd’hui, je suis un adulte qui essaie de ne jamais oublier de jouer. <br/>
<br/>
<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Benoit Lefebvre]]></keywords>
                      <pubDate>Mon, 17 Oct 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Benoit Lefebvre, Métro</author>
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                  <item>
                      <title><![CDATA[Toute vérité est bonne à rire]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[«Est-ce qu’on peut rire de tout?» La question. La fameuse question qu’on pose toujours aux humoristes. Soyez honnêtes. Vous avez déjà ri malgré le «malaise» potentiel de l’événement ou du sujet. Une personne qui tombe sur la glace, jambes en l’air. Drôle! Jean-Marc Parent qui imite un paraplégique. Très drôle! <br/>
<br/>
La réponse populaire à ladite question est souvent : «Oui, ça dépend comment.» J’ajouterais, ça dépend pourquoi. Si on sent que la blague est faite pour choquer, ou surtout pour blesser, ça ne marche pas. Si on avait senti chez Jean-Marc Parent une once de mesquinerie, son sketch n’aurait jamais passé. Que la blague soit faite avec la finesse d’un Sol, ou le cru d’un Ward, si l’intention est mauvaise, il y aura un frette certain. <br/>
<br/>
Mais si l’intention est de désamorcer, dédramatiser, humaniser, tourner la page, avancer, là le rire risque d’être au rendez-vous. <br/>
<br/>
Donc, c’est pas tant le comment, mais le pourquoi on rit. Si le pourquoi est noble, le rire le sera aussi. Bon, après, y’a le manque de profondeur chez certaines personnes qui ne voient jamais l’intention. Yvon Deschamps, Jean-François Mercier ont souvent fait les frais du «premier degré» de leurs blagues. Rendu là, c’est plus la faute du récepteur que de l’émetteur, on est d’accord. <br/>
<br/>
Parenthèse utile. Les racistes, homophobes, misogynes, capitalistes, prétentieux et poseurs font rarement de l’humour «profond». Ils voudront à tout prix camoufler leur penchant peu populaire. Ils vont plutôt jouer la carte du sympathique. Tandis que ceux qui sont sympathiques pour vrai, humains et humbles, n’ont rien à prouver. Ils sont sympathi­ques, point. Alors, ils prennent des risques, se montrent anti­pathiques pour le bien du message, de la blague. Méfiez-vous des trop gentils, pas des baveux. Fin de la parenthèse.<br/>
<br/>
Que ce soit un groupe religieux x, des mœurs y, une tragédie j. (J’ai décidé que le j aussi avait le droit de vouloir dire tout et rien. Faut arrêter le monopole du x et du y.) Bref, quel que soit le sujet «chaud», pourquoi on en rit libère le rire. <br/>
<br/>
Faut rire. C’est beau, rire. Le rire, a cette particularité de désamorcer, de dédramatiser, de faire évoluer. Parfois, rire c’est dire : « C’est correct, c’est pas la fin du monde. C’est du passé. Life goes on. On mange-tu des fraises?» Comme m’a dit un jour mon cher oncle : «Le rire est le remède à tous les maux/mots.» Alors, rions. <br/>
<br/>
<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Benoit Lefebvre]]></keywords>
                      <pubDate>Mon, 03 Oct 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Benoit Lefebvre, Métro</author>
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                   </item>
             
                  <item>
                      <title><![CDATA[Hier encore, j'avais 20 ans...]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Sondage Benoit Marketing. Aurez-vous 20 ans toute votre vie? Si t’as 20 ans, le sondage n’est pas pour toi. «Pou’quoi?» Pa’que. Parce qu’il faut avoir perdu ses 20 ans pour savoir ce qu’ils valent. «Ah come on Ben!» Tutut. Laisse-moi donc jouer le vieux mononcle qui sait des affaires. Là, j’écris une chronique. après, je vais aller me bercer sur mon perron en tenant une carabine. Chacun sa vie.<br/>
<br/>
Donc, 20 ans. Toute votre vie? Personnellement, rester à 20 ans, peut-être. Mais retraverser la vingtaine? Jamais! Ben trop fou! Trop turbulent, troublant, questionnant, salissant, fatiguant. Mais rester à 20 ans? Pourquoi pas. L’énergie, la naïveté, la fausse assurance, le pas de bedaine. Faut que je la perde. Je me remets au hockey balle cet automne. Ça va être triste! Pour ma première partie, je m’attends à un but, une crampe. <br/>
<br/>
Vingt ans, c’est l’illusion du temps infini. «Hier encore, j’avais 20 ans, je caressais le temps et jouais de la vie.» J’suis pas d’accord M. Aznavour. Je jouais de la vie, ça oui. Mais à 20 ans, je ne caressais pas le temps, je ne savais même pas qu’il existait, qu’il fallait en prendre soin. En vieillissant, j’apprends à le caresser. Mais à 20 ans, je le tapochais. <br/>
<br/>
«OK, Ben, je peux-tu répondre, là?» Non! Y est-tu fati­guant, lui. Lève le son de ton iPod, pis laisse les grands parler. <br/>
<br/>
Vingt ans, c’est les certitudes. T’es certain de tout. Pourquoi tu douterais? Rien ne t’a prouvé le contraire à date. «En tout cas, moi, JAMAIS!» Combien de gros «jamais» affirmatifs on se dit à 20 ans? Combien on tient? À 20 ans, on ne sait pas encore. On ne sait pas que nos principes ne valent rien tant qu’ils n’ont pas été testés, et retestés. Puis à 20 ans, bien, c’est facile dire des JAMAIS, quand RIEN ne nous est arrivé. <br/>
<br/>
«Moi, en tout cas, JAMAIS j’vais rester dans une relation si je suis pas 100% bien. Je pars tout suite!» Hahahaha… haaaaa. Boy. Je t’ai dit de nous laisser parler entre grands. <br/>
<br/>
«JAMAIS je vais marcher sur mes principes sociaux et politiques!» Hahahahah, arrête, j’vais avoir une crampe.<br/>
<br/>
Tu sais quoi, ça se peut. Ça se peut que tu tiennes ces deux-là. Mais dans ton lot de JAMAIS, c’est sûr qu’il y en a quelques-uns qui vont tomber. Pis c’est correct. C’est normal. Tiens, c’est le cadeau qu’on te fait aujourd’hui, toi, jeune de 20 ans. La gang de vieux, on te dit: c’est pas grave si tu tombes, on est tous tombés. <br/>
<br/>
<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Benoit Lefebvre]]></keywords>
                      <pubDate>Mon, 26 Sep 2011 08:13:48 </pubDate>
                      <author>Benoit Lefebvre, Métro</author>
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                   </item>
             
                  <item>
                      <title><![CDATA[Et un trou de plus]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[J’ai perdu mon âme. Depuis trois jours, je suis juste une carcasse vide qui erre. Depuis trois jours, je mange une pomme, mais je ne goûte pas le sucre. Je bois de l’eau, mais ma gorge reste sèche. Il y a trois jours… j’ai joué à Girl Fart sur mon cell.<br/>
<br/>
Sérieux! Girl Fart! «Pet de fille», au cas où t’avais pas compris, mais ça m’étonnerait. J’ai joué à ça trois minutes. Combien de temps de trop j’y ai joué? Trois minutes! <br/>
<br/>
Donc, depuis une semaine, je regarde, je downloade plein de cossins qui ravi­vent mon admiration pour le genre humain, ou bien qui l’atténuent. Devine dans quelle catégorie tombe Girl Fart? <br/>
<br/>
Le but du jeu? T’es une p’tite poulette avec une jupette qui attend l’autobus. À côté, y a un gros monsieur. Le but, c’est de vider ta barre à pets juste quand les autos passent. Sinon, le monsieur t’entend pis tu meurs. Parce qu’on le sait, une fille, ça pète jamais. Ou une fois par mois, mais elles vont toutes sur une île déserte péter pendant 12 heures. Pis elles reviennent incognito. Ninja style. Je voulais voir par curiosité, pour en rire, et j’ai ri. Mais même ça, ça n’excuse pas. J’ai goûté au fruit défendu! J’ai joué à «Pet de fille»! <br/>
<br/>
C’est absurde. Si je meurs relativement jeune, je fais comment pour justifier à saint Pierre que j’ai besoin de plus de temps? «Saint Pierre, 53 ans, c’est jeune! Il me reste tellement de choses à faire encore, je veux plus de temps!<br/>
<br/>
– Je vois ici que t’as joué pendant trois minutes à Girl Fart...<br/>
<br/>
– Ouin... j’vais aller me choisir un nuage.» <br/>
<br/>
Imaginez-vous si, quand on meurt, on voyait le cumulatif des pertes de temps qu’on a faites... <br/>
<br/>
«6 472 heures devant la télé. 19 384 heures devant Facebook. 837 heures à couper tes ongles sur le divan. 3 minu­tes sur Girl Fart.» Je pense que c’est ça, l’enfer après la mort. Pas voir ta vie défiler, voir les trous défiler dans ta vie. <br/>
<br/>
<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <link>http://www.journalmetro.com/chroniqueurs/article/973025</link>
                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Benoit Lefèbvre]]></keywords>
                      <pubDate>Mon, 19 Sep 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Benoit Lefèbvre, Métro</author>
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                   </item>
             
                  <item>
                      <title><![CDATA[Fou, fou, fou]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Ça a l’air qu’on est tous fous! Quand on pense démence, on pense vieux monsieur avec une grenouille prise dans ses cheveux, habillé avec un gros manteau de poils, qui chante de l’opéra italo-russe-bruits de bouche au square Berri. Pas faux. Mais pas que ça.<br/>
<br/>
Check ben la twist!: «Elle (la démence) réduit la capacité à apprendre, à retenir ou à se rappeler des expériences passées et cause également un trouble des pensées, sensations et activités.» <br/>
<br/>
Ça vous dit de quoi? Un robot qui fonce dans un mur, recule de deux pouces, refonce dans le mur, recule de deux pouces, refonce dans le mur. En tout cas, malheureusement, perso, ça me parle. <br/>
<br/>
Combien de fois – combien! – je me suis dit : «Bon, là ça va faire! C’est fini! Pu jamais!!» Pour finalement me retrouver dans même maudite situation, même maudite impasse.<br/>
<br/>
Exemple cute: cliquer 30 fois sur «Accueil» sur ta page Facebook, relire les mêmes statuts, et espérer autre chose comme finalité qu’un ennui total. Ça, c’est de la petite démence. Autre exemple: être constamment dans le même genre de relation, avec le même type de personnes, s’en plaindre, mais pas changer l’élément qui ferait une différence, qui tasserait le mur. Bref, soi-même. «C’tous des trous de cul!» «C’toutes des folles!» Ben oui! Pis nous autres, on est des saints incompris! Bullshit. On est des robots fous qui chantent de l’opéra italo-russe!<br/>
<br/>
La démence, c’est allumer sa télé à 1h47 du matin et espérer qu’il y a quelque chose de bon. Y a JAMAIS rien de bon à 1h47 du matin! C’est ouvrir son frigidaire pour la septième fois dans la journée, et espérer que de la bouffe est apparue entre-temps, sans qu’on ait eu besoin de sortir notre gros cul aller en acheter! C’est changer le système de notation dans les bulletins et espérer que les jeunes vont arrêter de décrocher. C’est faire la même job plate et espérer devenir heureux quand on va avoir le bureau à côté de la fenêtre. Démence!<br/>
<br/>
La consolation: on n’est pas des robots et on chante pas de l’opéra au square Berri. On peut tasser le mur, ou se tasser du mur. C’est quand même une belle liberté, faut juste la prendre. Mais je vais tellement quand même regarder une dernière fois dans mon fridge avant de sortir... Tête de cochon fou. <br/>
<br/>
<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Benoit Lefèbvre]]></keywords>
                      <pubDate>Mon, 12 Sep 2011 09:16:23 </pubDate>
                      <author>Benoit Lefèbvre, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Amour, drogue et Rock’n’Roll]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Cet été, on a célébré! On a célébré quoi? Les 42 ans de Woodstock. La question : pourquoi?<br/>
<br/>
Sur Wikipédia, y a jamais eu les 34 ans de l’ouverture d’un dépanneur sur Bleury. On ne fête pas les 12 ans de la fois qu’un Denis a pêché une grosse truite, l’a empaillée, puis l’a appelée Gisèle, le nom de son ex-femme. <br/>
<br/>
En général, on souligne ou on «célèbre» ce qui est marquant. J’ai mis célèbre entre guillemets, parce qu’en général, les tragédies comme le 11 septembre, la Deuxième Guerre mondiale, ça se souligne, mais ça fait pas lever un party. Bon, sauf pour certaines personnes dans certains pays. <br/>
<br/>
Donc, on souligne des évènements marquants pour l’époque, la civilisation x. Pourquoi Woodstock? On en a même fait un bébé juste ici en Beauce. Mais qu’est-ce qu’il y a à célébrer? Les moustaches? La bonne musique? Les fleurs dans les cheveux? Les jeans tight? Après tout, c’était juste quatre jours de show. On en revient.<br/>
<br/>
Eh bien non. Voici pourquoi on n’en revient pas et que, j’espère, on n’en reviendra jamais.  <br/>
<br/>
Woodstock, c’était, selon le tit-cul de 28 ans qui n’était même pas né, le coït, la cerise d’une vision, d’un mode de vie, d’une union. La machine, étant ce qu’elle est, a un tit-peu brouillé la patente en chemin. Mais l’idée était bonne. Et dans l’histoire, pas une invention n’a été le fruit d’une seule personne, et surtout, n’a fonctionné du premier coup.<br/>
<br/>
C’est toujours : «Un tel a eu une idée... 50 ans plus tard, un autre tel a continué les travaux du premier tel... 100 ans plus tard, dans un autre pays, un tel a pris l’idée du premier tel, fusionné sa vision, sa technologie aux travaux du deuxième tel et... BANG! L’ampoule, l’avion, le téléphone, le poisson empaillé qui chante YMCA est né! <br/>
<br/>
Ce qui s’est passé cette fin de semaine d’août 1969, c’était une idée, une maudite bonne idée. Faut pas la laisser tomber. <br/>
<br/>
Y a quelques semaines, cette vision de paix a été entachée sur une petite île en Norvège. Mais le premier ministre a été bien clair : «J’ai un message pour ceux qui nous ont attaqués. C’est un message de toute la Norvège : vous ne détruirez pas notre démocratie et notre engagement pour un monde meilleur.» <br/>
<br/>
Oui, Woodstock, c’était de la maudite bonne musique, de la bonne drogue, du bon sexe... sûrement, je sais pas, j’étais pas là. Mais ce qu’on célèbre, ce qu’il vaut la peine de se rappeler, selon moi, c’est l’idée. The show most go on. D’ici jusqu’en Norvège. <br/>
<br/>
<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Benoit Lefèbvre]]></keywords>
                      <pubDate>Mon, 29 Aug 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Benoit Lefèbvre, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Maison sweet maison]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Je suis un magicien. Ces dernières semaines, vous avez lu mes chroniques, mais j’étais en France. J’avais trois semaines de vacances. J’ai donc écrit mes chroniques d'avance et je suis parti. Tadam!<br/>
<br/>
Comment sont les Français? Est-ce que j’ai pris l’accent? Disons que je me forçais un peu. Pas par honte de l’accent québécois, mais plus par un dégoût de la répétition. J’hais ça répéter. J’ai bien défendu le Québec. Bonnes discussions, mais surtout, bon pudding chômeur. J’en ai fait cinq! Un hit à chaque fois! Je ne comprends pas pourquoi on n’en sert plus dans les restaurants ici. C’est tellement bon. <br/>
<br/>
Les Français envient souvent les paysages du Québec et la vie sauvage. Je ne veux pas cracher sur ma maison, mais… en tout cas, l’été, ils n’ont rien à envier. J’ai traversé pratiquement d’un bout à l’autre le pays, du sud au nord en voiture. Des montagnes, des champs, des châteaux en ruines, tout ça de la même fenêtre, sur le même kilomètre. Oh! Et j’ai vu cinq chevreuils et deux lièvres. En 28 ans au Québec, j’ai vu un chevreuil. OK, on a des lacs. Ça, ça manque en France. <br/>
<br/>
Les clichés. Je n’ai vu personne marcher avec une baguette de pain sous le bras, mais si t’ouvres un frigidaire, ça sent toujours le fromage. Les Français ont l’orgueil des con­naissances, nous on a l’orgueil des compétences. Les «Pff! T’es pas capable!?» sont remplacés par les «Putain! Tu sais pas!?» Vous connaissez l’expression «Trop de chefs pas assez d’Indiens»? En France, c’est «Trop d’enseignants pas assez d’étudiants». Mais je généralise trop, bien sûr. Ou peut-être pas tant que ça…<br/>
<br/>
La baguette n’est pas sous le bras, mais elle est certainement sur la table. Un repas français sans baguette, c’est comme une Saint-Jean sans bière, un party de Noël sans man­teaux sur un lit. Sans oublier le service de fromage qui pue. J’ai ouvert mon palet et, surprise, c’est pas si pire. J’en ai même mangé avec des bouts bleu pis toute! <br/>
<br/>
La France, c’est le grenier du Québec. Aller en France, c’est ouvrir des coffres remplis de châteaux, d’histoires, de guerres qui nous ont touchés jadis. C’est voir la fleur de lys un peu partout, sans jamais voir de drapeau du Québec. Mais bon, sous le grenier, y’a la maison. Et il n’y a rien comme être à la maison. Heureux d’être de retour parmi vous, parmi nous. <br/>
<br/>
<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <keywords><![CDATA[Benoit Lefèbvre]]></keywords>
                      <pubDate>Mon, 22 Aug 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Benoit Lefèbvre, Métro</author>
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                   </item>
             
                  <item>
                      <title><![CDATA[No vacancy]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Saint-Hyacinthe. Ma nouvelle ville. La ville qui sent le chocolat, quand le vent vient du bon bord. Sinon, ça sent l’autre affaire qui a la même couleur. Mais de chez nous, c’est pas mal plus souvent le chocolat. Tu sors, et c’est comme si une grand-mère géante
faisait cuire des gâteaux géants dans un four géant. Mmmm! Bougez pas. Je vais manger, je reviens.<br/>
<br/>
Bon, bravo! Y a plein de miettes de muffin sur mon clavier. C’est tranquille par chez nous, les gens sont relax. Au dépanneur du coin, tu peux louer des films… Oui, louer des films! Ça
sonne-tu campagne, ça! Ça sonne relax, comme je disais. Sauf pour le monsieur dudit dépanneur.<br/>
<br/>
La première fois que j’y suis entré, j’ai eu un choc. J’achète ce qu’il me faut. Le caissier est un homme d’origine vietnamienne, si mon radar à cultures est exact. Parle, parle, jase, jase. Je lui demande les heures d’ouverture question d’être organisé dans mon pas d’organisation. Parce qu’on s’entend, quand tu vas au dep à 10 h 30 du soir acheter de la mayo, y se passe de quoi que t’avais pas prévu.<br/>
<br/>
Toujours est-il que je lui demande les heures : «De 8 h
à 23 h.»  Tous les jours? «Sauf dimanche.» Ah, vous êtes fermé le dimanche? «Non, juste ce dimanche. Vacances. Travaille beaucoup.» Je sors dehors, l’air un peu perplexe. <br/>
<br/>
En sortant, je remarque sur la porte une affiche. «Ce dimanche, fermé. Vacances.» Des vacances d’une journée! Pas «On prend off» ou «Rénovations». Non, des vacances! Faut-tu que tu travailles pour qu’une journée de congé soit pour toi des VACANCES!<br/>
 <br/>
T’as le temps de faire quoi? Où tu vas? Peut-être qu’il
a un jet privé puis qu’il va avoir le temps d’aller à Cuba pour une sangria et une tourista rapidos. Puis lundi matin, hop! de retour au boulot. Peut-être qu’il a une montre qui arrête le temps. Peut-être que cette journée, pour lui, va s’étirer sur six mois. Quand je vais le revoir le lundi, il va avoir pris 15 livres, aura un tatouage et les cheveux longs. <br/>
<br/>
Mais bon. Peut-être qu’il fait juste travailler vraiment beaucoup. Peut-être que cette journée de «vacances» m’a rentré dans face. Peut-être que c’est ben beau être relax pis aimer le chocolat, mais un moment donné faut opérer. Merci, Monsieur. <br/>
<br/>
<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune
ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Benoit Lefèbvre]]></keywords>
                      <pubDate>Mon, 08 Aug 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Benoit Lefèbvre, Métro</author>
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                   </item>
             
                  <item>
                      <title><![CDATA[L'autobus du Showbiz]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[«J’aurais voulu être un artiste!» Tout le monde connaît la chanson. Sauf peut-être toi, jeune Slovaque qui vient d’arriver à Montréal pour un échange étudiant. <br />
<br />
C'est une chanson d’ici. Un hymne sur le désir d’être une vedette, d’être connu, d’avoir son visage sur un grand écran en couleurs. Ou en noir et blanc, si tu tripes vieux cinéma. <br />
<br />
Je vais vous dire, le showbiz a un petit quelque chose du secondaire. Souvenez-vous, en secondaire 2, quand on regardait les secondaires 5. On les trouvait donc cool. Et une fois arrivés, on se disait: «Bof, c’est juste ça?» Et en voyant les secondaires 2 nous regarder avec des grands yeux admiratifs, on se disait: «Ah, si vous saviez! C’est pas si excitant que ça.» <br />
<br />
C’est un peu le feeling qu’on a une fois dans l’autobus du showbiz. Une grosse gang cool attirante, mais une fois qu’on y est... Ça reste du monde comme tout le monde. <br />
<br />
Attention, le travail est excitant, passionnant. Si tu l’aimes bien sûr. Je connais du monde dans l’autobus aussi blasé qu’un concierge d’école. Je parle du statut, du glamour, de l’illusion de coolness. De toutes les jobs que j’ai faites, boss boy, moniteur dans un camp de jour, vendeur de Popsicle, maintenant humoriste, c’est toujours pareil. Y a des affinités naturelles, des conflits, des amourettes secrètes, des vices.  Comme tout le monde, dans n’importe quelle job. <br />
<br />
Dans les partys, la surprise est aussi forte quand on voit telle personne faire telle chose qu’on s’attendait pas. La seule différence, c’est qu’au lieu d’avoir envie de le dire aux trois autres personnes qui la connaissent un peu, tu veux le dire aux trois millions de personnes qui la connaissent un peu. C’est une question de nombre, finalement. <br />
<br />
Même une fois dans l’autobus, tu veux upgrader. Aller en arrière t’asseoir avec les top cool des cool. Mais encore là, même histoire: «Bof, c’est juste ça?»<br />
<br />
L’autobus du showbiz n’a pas de moteur. Il est poussé par le public. Plus y a de public, plus l’autobus avance vite. La beauté de la chose, c’est que je pousse autant l’autobus que vous. Je consomme des films, des shows, de la musique. Finalement, c’est un autobus style Pierrafeu, sans plancher, avec nos petits pieds qui se font aller. Vous aussi vous êtes dedans. Même toi, jeune Slovaque. Certains assis devant ont la tête tournée vers l’arrière: «Ah maudit que j’aimerais être assis dans le fond!» Puis en arrière, ça dit: «Bof.» Pis ça chante des chansons. 
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Benoit Lefèbvre]]></keywords>
                      <pubDate>Mon, 01 Aug 2011 08:25:32 </pubDate>
                      <author>Benoit Lefèbvre, Métro</author>
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                   </item>
             
                  <item>
                      <title><![CDATA[Dormir au frais]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Fait chaud! C’est de l’agression! Je dis pas, si j’allais courir en suit de skidoo. Là, je chercherais le trouble, provoquerais la chaleur. Mais là, je fais rien! Assis en bedaine dehors, j’ai une ‘tite piscine de sueur dans le nombril. La chaleur me cherche! Mais ha! ha! J’entre chez moi et… air clim! Quin toé!<br />
<br />
Quand j’étais jeune ado, on n’avait pas ce luxe. Dans notre appart, deuxième d’un duplex dans Villeray, quand il faisait chaud, il faisait chaud. Les nuits trop chaudes, je me faisais un camping sur le balcon derrière.<br />
<br />
Je dormais à la belle étoile. À la fraîcheur de la nuit. Le réveil était souvent intense. Un soleil qui te plombe direct dans face, tu te lèves! Ya pas de snooze sur le soleil! Tu peux pas repousser ton lever. Si tu le fais, tu te réveilles avec une odeur de brûlé, mais c’est pas des toasts, c’est toi. <br />
<br />
Mais c’est du passé, maintenant je snooze au frais. C’est un luxe, et je l’apprécie. Je l’apprécie tellement que j’aimerais que tout le monde y goûte! C’est pourquoi je vais écrire ce qui suit : Pour sortir les pauvres de la pauvreté, faut sortir la pauvreté des pauvres. <br />
<br />
De quoi je parle? Je parle des barrières psychologiques, des mécanismes emprisonnants. Le fatalisme, la victimisation, «nés pour un petit pain», le mépris du succès, le nivellement vers le bas, le déni, la déresponsabilisation. Et je parle surtout pour les enfants qui grandissent dans un tel environnement.<br />
<br />
Essaie de te bâtir une estime de toi, du courage, de la persévérance, des rêves avec, à répétition, des discours comme: «La vie c’est d’la marde!», «Ya rien de bon!», «C’t’à cause du système!», «Tous les mêmes qui ont tout!», «Perds pas ton temps, tu vas pas y arriver!», «Bon, ‘garde-le qui fait son frais, tu te penses meilleur que nous autres!», «Avec tes grands rêves d’études!» <br />
<br />
Je me suis toujours senti comme un imposteur. Parce que malgré la situation de pauvreté, je n’ai jamais eu sa vision. Ma mère était – et est toujours – une guerrière. Jamais je ne l’ai entendue se plaindre, jamais elle n’a joué à la victime, jamais elle n’a méprisé ceux qui en avaient plus. Ça, mes amis, c’est le vrai luxe. Parce que c’est grâce à elle qu’aujourd’hui, je dors au frais.
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <link>http://www.journalmetro.com/chroniqueurs/article/925503</link>
                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Benoit Lefebvre]]></keywords>
                      <pubDate>Mon, 25 Jul 2011 08:46:11 </pubDate>
                      <author>Benoit Lefebvre, Métro</author>
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                  <item>
                      <title><![CDATA[Zéro à Zéro]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[J’écris blessé. J’ai une méga-tendinite à l’épaule droite. Savez-vous comment je me suis fait ça? En dormant! Ça aurait pu être au moins glorieux!<br />
<br />
 Trop d’effort en soulevant une voiture en feu pour sauver une mère et ses enfants. Trop de mouvements répétitifs à force de bâtir des écoles. Trop de bébés phoques relancés à la mer. Non! Trop dormi sur mon côté droit! Bâtard!<br />
<br />
Mes blessures ne sont jamais glorieuses. Ma vie, c’est pas Braveheart, c’est plus Arrête ou ma mère va tirer.<br />
<br />
On se souvient de ma débarque en snowblade au début de l’hiver dernier. C’était assez pathétique. Petit, j’ai foncé en courant face première dans un poteau de clôture horizontale où il n’y avait plus de grillage. Un SOLIDE coup de corde à linge. Résultat : j’ai vu des étoiles et une de mes nouvelles dents d’adulte en avant a pété en deux. Une belle dent flambant neuve toé, jamais sortie l’hiver! <br />
<br />
Ou la fois où je me suis presque cassé le bras en sautant une clôture. Mon lacet est resté pris dans le grillage croisé qui dépasse de la barre. Mon pied est resté dans les airs. Je suis tombé face première. J’allais pas perdre une autre dent! J’ai arrêté ma chute avec mon bras. Il n’a pas cassé, l’os a plié. Pas eu besoin de plâtre, juste une attelle. Même pas une assez bonne débarque pour casser! C’était juste une «agace chute». Mon os a eu pitié. «Bof, sérieux, un lacet pris dans une clôture...»<br />
<br />
Ou ma brûlure au deuxième degré en faisant une poutine italienne dans une Belle Province. PATHÉTIQUE! Mais moins que la réaction de mon boss : «Bon, tasse-toé le nouveau. Va aux steamers.» Une main brûlée dans un bac à vapeur... C’était la fin de ma carrière de cinq jours à la Belle Province. Je suis parti et ne suis jamais revenu. Maladroit, mais pas tata. <br />
<br />
Oups! Pendant que j’écrivais, j’ai pris ma pilule anti-inflammatoire. Je suis un peu gelé en ce moment. Ha ha! Je trouve ça drôle. J’ai la tête qui tourne et je transpire. Paraît qu’il ne faut pas conduire de machinerie lourde sous l’effet de ce genre de médicament. Faut pas non plus essayer de faire des morales dans des chro­ni­ques. Je pense que ça serait pas bon. <br />
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Ce mercredi! L’unique chance de voir mon one man show d’une heure cet été! Allez sur zoofest.com. Cliquez sur le 20 juillet dans le calendrier, puis cherchez mon monosourcil.<br />
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <keywords><![CDATA[Benoit Lefebvre]]></keywords>
                      <pubDate>Mon, 18 Jul 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Benoit Lefebvre, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Garde tes bobos chez vous]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[La maudite projection! Pu capable! «Bon, regarde-le qui fait sa vedette avec ses lunettes soleil!» Quoi?<br />
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Les personnes qui font ce genre de commentaires, en général, bombent le torse à la première petite victoire ou succès. Nouvelle chemise, statut Facebook populaire, victoire à Mario Kart, etc. Donc, si toi, il t’arrive quelque chose d’exceptionnel : projection. Ils ne peuvent concevoir que quelqu’un vive une situation avec recul et humilité. Ils ne connaissent pas ça! J’ai pas des lunettes soleil parce que je me pense frais. J’ai des lunettes soleil, parce que… Y FAIT SOLEIL! J’suis pas frais, j’suis sensible des yeux! <br />
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Ou l’autre : «Bon, tu me juges!» Une personne qui dit ça à tout bout de champ, en général, juge à tout bout de champ. Ça, c’est fatigant. Ma réponse préférée : «Je ne te juge pas, je te méprise, tu mélanges les choses.» C’est évidemment pas vrai que je méprise, c’est juste pour niaiser la personne. Si tu me mets ton nombril sous le nez, ça se peut que je souffle dessus. <br />
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«Voir que ça te fait rien!» Celle-là est plus générale. Ça peut englober plein d’émotions ou de réactions possibles. Rupture, perte de job, glissade sur une banane. Ça a souvent rapport avec la «honte» que t’aurais, mais que visiblement t’as pas, ou pas tant que ça. La pauvre personne qui ne vit que pour le regard des autres ne peut concevoir que tu passes à travers sans trop broncher. La honte fait mal; voir quelqu’un être capable de ne pas trop la sentir rend fou. <br />
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Au lieu de demander à ladite personne : «Qu’est-ce que tu te dis pour pas que ça t’affecte trop? Qu’est-ce que t’as vécu dans le passé qui te donne cette force-là aujourd’hui?» Bref, au lieu d’apprendre, elle rabaisse, projette : «Sérieux! Avoue-le donc! Ça te fait un p’tit quelque chose! C’est sûr! La banane! Tomber sur le cul devant tout le monde! Moi, j’aurais tellement honte! Ça peut pas rien te faire! C’est IMPOSSIBLE!» POW! La personne explose, et tombe une pluie de pop-corn au caramel. <br />
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Si j’ai fait, je fais de la projection? You bet! Mais j’ai la politesse de ne pas le dire à la personne. Je le garde pour moi, me fais accroire que j’ai tout compris, me couche en boule, me trouve brillant, réalise que je suis un imbécile, puis écris une chronique sur le sujet. Une chance qu’il fait soleil. <br />
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Oubliez pas. Mon show le 20 juillet. Je vais vous projeter ça pendant une heure. Billets sur zoofest.com/fr.<br />
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<strong>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</strong>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <keywords><![CDATA[]]></keywords>
                      <pubDate>Mon, 11 Jul 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Benoit Lefebvre, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[On bouge]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Encore dans les boîtes? «Voyons! Dans quelle boîte y’est l’épluche-patate?» «Ah, pourquoi t’as pas jeté ça à l’autre appart! Un gratte-dos!» La fameuse réplique: «Ah, d’la marde, je finirai ces boîtes-là demain.» Six mois plus tard, elles sont encore en diagonal dans le garde-robe.<br />
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Je suis en plein déménagement moi-même. J’écris cette chronique de mon appart de Montréal, mais quand vous allez la lire, je vais être dans mon nouveau chez-moi. À Saint-Hyacinthe. «Qu’est-ce tu t’en vas walisser à Saint-Hyacinthe?» Y’a une usine de chocolat à Saint-Hyacinthe. Ça finit là. Bon, y’a une demoiselle aussi… (Dites-lui pas que le chocolat passe en premier, elle ne va pas tripper!) <br />
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Donc, j’écris entouré de boîtes, pis de cochonneries qui traînent. Belle ambiance. J’ai déménagé assez souvent dans ma vie. Pacter, ça me dérange pas. Mais – misère – trier, c’est autre chose! Lire des ost%# de papiers! Feuille par feuille. Je vote pour le droit au feu. C’est pas légal de faire des feux à Montréal, mais ça devrait l’être le 1er juillet. Un gros feu à la Saint-Jean, plein de petits feux à la fête du déménagement. C’est-tu cave. Souvent les papiers qu’on trie traînent depuis des mois. On trie pour pas en jeter, d’un coup que ça soit important… Si c’était important, on l’aurait pas laissé traîner pendant six mois!<br />
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Comme j’ai dit, ça me dérange pas de déménager. Mon p’tit côté explorateur aventurier est comblé. Mais je sais que y’en a pour qui c’est l’enfer. Un traumatisme! Même si c’est dans la même ville, le même quartier, ils virent fous! L’environnement, la routine qui change, c’est trop pour eux.  C’est comme s’ils partaient de Montréal pour vivre au pays des Schtroumpfs. Mauvais exemple. Tu veux vivre au pays des Schtroumpfs. Bangkok; c’est mieux. <br />
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Ce qu’il y a de positif, avec le déména­gement, c’est que c’est du mouvement. C’est pour du nouveau. Parfois, un nouveau poche qui nous a été imposé, mais du nouveau reste un espoir pour du nouveau beau. Alors, à mes comparses de déménagement: bon dépactage, bonne nouvelle vie et bonne pizz.<br />
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Petit rappel: le 20 juillet au Studio Hydro-Québec du Monument-National, je fais une heure de show. Billets au <a href="http://www.zoofest.com/fr" target="_self">zoofest.com/fr</a>.<br />
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P.-S.: L’épluche-patate est peut-être dans boîte en diagonal dans le garde-robe.  <br />
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[]]></keywords>
                      <pubDate>Mon, 04 Jul 2011 12:15:01 </pubDate>
                      <author>Benoit Lefebvre, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Sexe et confiture]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Dis-moi comment tu baises, je te dirai qui tu es. Une amie humoriste et anciennement sexologue, Mélanie Couture, me l’a confirmé. «L’intimité sexuelle, c’est la porte vers la nature la plus profonde de la personne.» C’est vrai en maudit! <br />
<br />
Ya pas mieux pour vraiment connaître la culture, le style, les goûts, les peurs, les rêves, les doutes, les névroses qu’un coup de bassin! Toujours faut-il le demander avant. Tu peux pas arriver à l’épicerie pis «zigger» la fille dans rangée des céréales. <br />
C’est non! <br />
<br />
Tu peux facilement saisir l’âge d’une fille en tout cas. Dans la vingtaine, les filles veulent souvent plaire à tout prix. Elles font toutes les folies possibles pour garder leur homme. Puis, après trois ou quatre ruptures, elles se disent : «D’la marde! Anyway, ils restent pas!» Elles focussent sur elles, les orteils frisent et... bonsoir! La trentaine est arrivée! <br />
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Les gars... je sais pas. Je présume que c’est un peu pareil. Moins de performance, plus d’écoute. L’écoute chez les hommes, ça date pas d’hier. Les Vikings, lorsqu’ils partaient faire de longs voyages, ils pensaient à leur femme! Ils fabriquaient un dildo en bois recouvert d’une peau d’animal. (Pour les échardes... tsé.) C’est une belle attention. Les Vikings, eux, ce qu’ils avaient? Heee, les femmes des villages qu’ils pillaient. Eux autres, ils demandaient pas la permission à l’épicerie.<br />
<br />
Le sexe ouvre la porte à la nature de la personne et aussi d’un peuple. Comment on baise au Québec? Déjà la Saint-Jean n’est plus. On parle de fête nationale. Notre sexe est officiellement sorti de l’Église, ce qui est une bonne chose. Homophobie, anticondoms, culpabilisation au max, pas super comme aphrodisiaque. C’est plus afreumaniaque. <br />
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La porno. Ça, on en consomme. Et pas juste les gars. Un tiers des consommateurs de porno sont des filles! La porno sur l’internet est comme la coke des années 1980. Tout le monde en prend, puis dans 15 ou 20 ans, on va regarder en arrière puis on va se dire : «Ouin, on a peut-être abusé.» Dans les films biographiques d’artistes, au lieu de la scène de drogue dans une toilette de bar,  ça va être dans une p’tite pièce sombre assis seul devant un ordinateur. Moins glamour. <br />
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À mettre sur votre calendrier! Le 20 juillet au Studio Hydro-Québec du Monument national, je présente une heure de show. Cent quatre-vingts places seulement! Faut acheter vite! zoofest.com/fr (Moi qui fais de la vente sous pression... On y croit pas.) <br />
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <keywords><![CDATA[]]></keywords>
                      <pubDate>Mon, 27 Jun 2011 03:07:25 </pubDate>
                      <author>Benoit Lefebvre, Métro</author>
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                  <item>
                      <title><![CDATA[Les pushers déguisés en clown]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[On est la semaine dernière. L’après-midi. Le soleil est plus lourd que
la chaîne télé parlementaire. Je fais mes petits lancers sur le terrain
de basket de l’école Pierre-Marquette. Des jeunes du secondaire jouent à
l’autre bout. Quelques-uns viennent jouer avec moi. Ils m’appellent
monsieur, ça me fait rire. <br />
<br />
Un moment donné, un genre de Jeep roule sur le gazon et arrive direct sur le terrain. Un gars et une fille, bien cools et beaux, en sortent. «Qui veut du Dr Pepper?» Tout ce qu’il y a de jeunes dans le parc accourt comme des gazelles affamer vers la jeep. Des deux litres de Dr Pepper gratis se font donner. Une photo est prise avec les jeunes heureux, leur nanane à la main. <br />
<br />
La semaine avant cet événement, j’étais encore au même terrain, mais c’était plus tranquille. Les jeunes étaient à l’école. Pendant que je jouais seul contre mon ombre, deux policiers sont venus à côté du terrain. Trois jeunes, genre 17-18 ans, étaient assis sur un banc de parc. Un des jeunes s’est fait fouiller, les deux mains sur l’auto de police. Le policier cherchait sûrement du pot. Le gars n’avait rien. <br />
<br />
Je suis peut-être officiellement un monsieur. À 14 ans, j’aurais couru comme un déchaîné pour avoir mon deux litres de Dr Pepper. J’en aurais même caché un, puis je serais revenu avec un air piteux : «J’en ai pas eu madame.» <br />
<br />
Je connaissais les trucs. Mais là, je connais trop la game. Du pusher commercial, c’est légal, mais tout aussi sale. <br />
<br />
Que ce soit un pusher qui fait fumer gratis pour la première fois ou un représentant cool qui donne gratis un produit X, c’est pareil. Sous les apparences de gentillesse et de générosité, y’a un hameçon rouillé qui souhaite t’accrocher. De la sollicitation entre adultes, ça va. Mais directement aux enfants? Ça va pas du tout. <br />
<br />
La police est un beau reflet de notre société. Ce qu’elle interdit ou accepte, c’est pas mal ce que la société interdit ou accepte. La journée où des policiers vont interdire que ce genre d’incitation <br />
à la consommation vise les enfants, on aura fait un solide pas en avant. Lentement, mais surement, comme ils disent. Comme moi qui essaie de jouer au basket… <br />
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Maudit que j’suis pu en forme! Trop de McDo…<br />
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[]]></keywords>
                      <pubDate>Mon, 20 Jun 2011 07:53:51 </pubDate>
                      <author>Benoit Lefebvre, Métro</author>
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                  <item>
                      <title><![CDATA[Appelle Google, il va te dire ça]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Je google, tu googles, il/elle google… Ça s’en vient! Dans quelques années, on va avoir la page du verbe «googler» dans le Bescherelle. <br />
<br />
En fin de semaine, j’ai fait de la bouffe. Chose rare. J’ai voulu me faire mon dessert préféré, du pouding chômeur. Eh oui, je suis old school et de base comme ça. Je me lance. À un moment, j’ai eu un doute sur les quantités. Réflexe automatique: taper dans Google «recette pouding chômeur». En deux secondes, j’ai tout ce qu’il me faut. <br />
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Ironie du sort, à la télé passe un reportage sur les animaux intelligents: singes, dauphins, orques, etc. Le thème: comment le savoir est-il transmis des plus vieux aux plus jeunes? <br />
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Dans ma jeune jeunesse, c’était ça. Animal, de base. La jungle, non Google. Si je ne savais pas comment me rendre dans un coin de la ville inconnu, ma mère me disait: «Appelle ton oncle, il va te dire ça.» T’appelais un oncle qui avait déjà travaillé dans ce coin de la ville dans l’temps. Il te donnait des explications agrémentées de rues, de points de repère douteux puis d’anecdotes savoureuses: «Une fois en allant à job, j’étais tellement paqueté de la veille que j’ai pissé dans le parking... sur le char du boss.» T’avais ton chemin, un contact humain pis une histoire. Bon deal. <br />
<br />
Même chose pour des questions de recettes ou de soins de santé. T’appelais une tante, une grand-mère. Elle te donnait toutes les infos dont t’avais besoin, plus des nouvelles de tous les autres membres de la famille. Fallait juste savoir arrêter la conversation avant les anecdotes sur le chat.<br />
<br />
Même pour l’expérience de vie, de couple, d’être parents, des déprimes, des peurs, tu peux trouver de sages conseils dans des articles, des forums de discussions. C’est juste qu’au lieu de faire une caresse après à ta grand-mère, t’écris: «Merci beaucoup Papillon_98.»<br />
<br />
Comment veux-tu que nos oncles ou nos grands-parents suivent la compétition? La semaine passée, sur la page de Google, tu pouvais jouer de la guitare avec ta souris! Tsé, un moment donné, le choix devient évident.<br />
<br />
C’est une triste époque pour être vieux. Le plaisir et le sentiment du devoir accompli, du partage des connais­sances... terminé. Comme Wal-Mart avec les petites boutiques indépendantes, Google a mangé nos vieux. <br />
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[]]></keywords>
                      <pubDate>Sun, 12 Jun 2011 21:40:08 </pubDate>
                      <author>Benoit Lefebvre, Métro</author>
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