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    <channel>
        <title><![CDATA[Léo-Paul Lauzon]]></title>
        <link><![CDATA[http://www.journalmetro.com/columnist/10039]]></link>
        <language>en-us</language>        

        
                  <item>
                      <title><![CDATA[Place aux indignés «pragmatiques»]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Après le libéralisme social de Jean Charest, l’éthique capitaliste de Lucien Bouchard, le capitalisme de compassion de George W. Bush, la gauche efficace de Jean-François Lisée, voilà maintenant les indignés «pragmatiques», tel que titré en grande pompe dans Le Devoir du 25 novembre. Tous des thèmes creux véhiculés par des adeptes du statut quo fondé sur le capitalisme débridé et l’individualisme. Même les indignés doivent dorénavant cesser d’être révoltés, rêveurs, revendicateurs, critiqueurs et dénonciateurs. Ils doivent se convertir, rentrer dans les rangs, s’intégrer harmonieusement au système afin de devenir plus pragmatiques et adeptes du consensus, c’est-à-dire suggérer des modifications cosmétiques au modèle actuel sans rien changer d’important. Ils doivent mettre de côté leur négativisme pour plutôt être positifs, sinon on va les traiter de communistes frustrés et envieux. Bientôt, les maîtres économiques, politiques et leurs commandités de tout acabit lanceront et financeront la mise sur pied de l’Association des indignés lucides, l’ADIL. Oui, il faut mettre fin à l’immobilisme, mais pas n’importe comment. Le patronat va leur suggérer des idées pour contrer de la bonne façon l’immobilisme. Que les indignés se le tiennent pour dit.  <br/>
<br/>
Ces pseudos indignés «pragmatiques» comprennent l’Institut du Nouveau Monde, Équiterre, Génération d’idées, Les Dégriseurs, Sortie 13 et j’en passe. Ces groupes financés généreusement par le privé surfent toujours sur les mêmes thèmes insignifiants et les mêmes vœux pieux : contrer l’immobilisme, le développement durable, le vieillissement de la population, la responsabilité sociale des entreprises, l’achat équitable, l’économie sociale, l’environnement, les conflits intergénérationnels, les accommodements raisonnables, etc. Voilà pourquoi les banques, les multinationales de l’alimentation, les papetières, les minières, les pétrolières, les pharmaceutiques, les gouvernements et autres financent abondamment ces groupes qui font leur affaire et qui jouent leur jeu. Ces organismes ne sont en fait que des pantins de l’establishment économique et politique qui leurrent et trompent la population. Aucune mesure qu’ils proposent ne vient véritablement perturber et bouleverser le «désordre» établi afin de rétablir le bien commun et atténuer profondément les inégalités économiques comme mettre de l’avant la réappropriation collective de nos services publics et de nos ressources naturelles et instaurer des politiques fiscales distributives nécessaires au financement adéquat de nos services publics. <br/>
<br/>
Les dirigeants de ces organismes doucereux sont biens vus et honorés par le patronat et les gouvernements et ont une très bonne couverture de presse jumelée à un enthousiasme exalté des éditorialistes et des chroniqueurs. Prenons par exemple le groupe Génération d’idées, nom assez pompeux merci, qui a «une approche plus axée sur la recherche de résultats que sur la dénonciation» (Le Devoir, 25 novembre) et qui compte comme mentors des «révolutionnaires tranquilles» comme Jacques Ménard de la Banque de Montréal, Éric Prud’homme de la Chambre de commerce de Montréal, le sénateur libéral Francis Fox et le journaliste Jean-François Lépine de Radio-Canada. Assuré qu’avec ses «sages» on va changer le monde en profondeur. <br/>
<br/>
Puis, il y a l’Institut du Nouveau Monde financé par la Fondation Chagnon, les anciens propriétaires de Vidéotron, qui loge au 10e étage d’un somptueux bureau de la rue Sherbrooke avec vue sur le campus de l’université McGill. C’est mieux que d’être logé dans un demi sous-sol à Saint-Henri. Le dit institut veut «changer le monde… une entreprise à la fois» (Le Devoir, 29 mai 2010). Ça va être long mes amis. Soyez patients! Ils viennent d’initier une «conversation publique sur les mines financée par le lobby minier» (Le Devoir, 8 décembre 2011) et ils ont lancé «une consultaton sur le vieillissement» (Le Devoir, 29 août 2009). Ça sent le réchauffé, n’est-ce pas? Y’a pas de mal à travailler avec le bon lobby minier, contrairement à ce qu’en pense le poète Richard Desjardins et d’autres groupes dotés d’une attitude jugée négative à leurs yeux et à leurs oreilles.<br/>
<br/>
Il y a aussi l’organisme Sortie 13, qui regroupe des représentants des générations X et Y et autant de gens issus, selon eux, de la gauche que de la droite et qui veut «sortir le Québec du cynisme et de l’inertie» (Le Devoir, 12 septembre 2011). La gauche et la droite travaillant ensemble à l’unisson. C’est y pas beau ça! Ça vient vraiment me chercher et ça m’arrache quelques larmes. Soit dit en passant, le patronat aussi veut en finir avec l’immobilisme au Québec. Que dire des jeunes Dégriseurs qui vont faire appel à la «créativité et à l’imagination» pour nous sortir du pétrin (Le Devoir, 21 juin 2011). Des jeunes lucides en herbe qui vont enfin nous éclairer de leurs lanternes. Que dire aussi de la Coalition priorité cancer, principalement financée par l’industrie pharmaceutique (Le Devoir, 3 décembre 2011), qui milite pour l’introduction de nouveaux médicaments brevetés très onéreux financés par l’État. Et de Canards illimités qui a émis un reçu déductible d’impôts de 10 M$ – donc financé par des fonds publics – à un entrepreneur proche de Jean Charest, qui a dit que «ça ne nuit pas d’avoir de bons contacts en politique» (Le Devoir, 25 novembre 2011). Entièrement d’accord avec le faiseux. Il y a également l’écologiste David Suzuki qui s’allie avec le Mouvement Desjardins afin de promouvoir le développement durable (Le Devoir, 25 mars 2010) ainsi que la vertueuse Laure Waridel qui fait de la publicité pour cette institution financière. J’en aurais plein d’autres comme ça à énumérer. <br/>
<br/>
Toute cette propagande et tous ces groupes supposément communautaires et sociaux (des ONG) financés par le patronat fait partie intégrante de leur stratégie afin d’aliéner la population. En effet, quoi de mieux que de récupérer ces organismes et ces individus qui prétendent être indépendants et être au service du monde ordinaire afin de nous «brainwasher» encore plus. Déjà que les maîtres économiques du monde détiennent de nombreux organismes de recherche, embauchent des universitaires de service, financent abondamment les partis politiques et possèdent la vaste majorité des médias écrits et parlés. Il ne manquait plus que de s’approprier à leur compte les pseudos organisations non gouvernementales afin de continuer de plus belle leur entière domination hégémonique sur le monde. La seule et unique façon d’aboutir à une société plus égalitaire et plus démocratique passe par le socialisme. On a le devoir de dénoncer l’hypocrisie notoire de ces organismes supposément sociaux, écologiques, communautaires, etc. qui sont avant tout au service de la classe dominante. <br/>
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<br/>
<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
                      ]]></description>
                      <link>http://www.journalmetro.com/linfo/article/1085303</link>
                      <category><![CDATA[french/linfo]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Wed, 01 Feb 2012 06:00:21 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
                      <guid isPermaLink="true">http://www.journalmetro.com/linfo/article/1085303</guid>
                   </item>
             
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                      <title><![CDATA[La performance lamentable de Québec Inc.]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Québec Inc. coûte très et beaucoup trop cher en fonds publics pour des absolument résultats absolument désastreux. Va falloir arrêter de se péter les bretelles et clancher. Pour stimuler supposément l’économie et aider nos entreprises, le gouvernement du Québec y met le gros paquet depuis plusieurs années. Eh oui, c’est le Québec qui subventionne le plus les entreprises au pays, soit 9 milliards$ l’an en incluant les alumineries, contre 3 G$ pour l’Ontario, et c’est la province qui a les impôts corporatifs les plus bas en Amérique du Nord et pour les minières, c’est au monde. La moitié des 300 000 compagnies au Québec ne paie aucun impôt sur des profits milliardaires…. <br/>
<br/>
Faut arrêter drette-là l’hémorragie en fonds publics versés à chaque année à nos B.S. corporatifs de luxe. Le fameux modèle québécois avec ses monumentales vaches sacrées consenties aux affairistes, loin de créer de la richesse collective, est en train d’emporter nos services sociaux dans un état encore plus pitoyable. Faut que nos élus mettent fin à cet immobilisme pernicieux qui favorise Québec Inc. Ça va prendre beaucoup d’audace, de courage et d’indépendance pour tenir tête aux puissants lobbies patronaux, mais les intérêts supérieurs de la collectivité doivent primer. Trop longtemps les compagnies québécoises ont été branchées aux mamelles de l’État qui s’est transformé pour elles en guichet automatique. Faut les responsabiliser en mettant fin au bar ouvert des subventions et des cadeaux fiscaux, comme le font avec succès d’autres pays. Même les États-Unis. Eh oui, les States<br/>
<br/>
Il y a beaucoup trop d’arrivistes au Québec qui se prennent pour de véritables entrepreneurs et qui font plein d’argent uniquement grâce au délestage en leur faveur de machines à fabriquer de l’argent et qui nécessitent aucune expertise et ne présentent aucun risque. Où est le mérite? Prenons comme exemples Boralex de la famille Lemaire, propriétaire de la papetière Cascades qui a fait papate en France, et Gaz Métro, qui ont reçu de leurs amis politiciens des petits barrages hydroélectriques et beaucoup d’éolien. Allô entrepreneur qui aime et adore supposément prendre des risques. Qui aime plutôt faire prendre des risques à la population devrions nous dire. Il y a eu récemment les bineries Gastem, Pétrolia et Junex qui ont reçu gratos les lucratifs droits d’exploration pétroliers et gaziers au Québec qui nous appartenaient. Puis, il y a ceux qui investissement pépèrement dans la santé privée, comme Charles Sirois de la CAQ, Marcel Côté de Secor, l’ex ministre péquiste Michel Clair et l’ex ministre libéral Philippe Couillard, etc. La liste est très longue de ces profiteurs de première classe. <br/>
<br/>
Il y a en a plusieurs autres qui sont carrément des «homers» et qui fouèrent aussitôt qu’ils sortent de leur confort québécois maternés qu’ils sont par l’État. Ce ne sont pas des gros «sorteux». Comme disent les anglais «Home sweet home». On est si bien au chaud subventionné à la maison. Par exemple, citons les cas suivants :<br/>
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<ul>
<li>
« LeGroupe Jean Coutu reconnaît son échec américain». Le Devoir, 8 juillet 2009;</li>
<li>
«Cogeco radie son investissement au Portugal». La Presse, 8 juillet 2011;</li>
<li>
«Tembec : important plan de recapitalisation». Journal de Montréal, 20 décembre 2007;</li>
<li>
«Canam abandonne ses activités au Mexique». La Presse, 30 avril 2009 et </li>
<li>
«Canam vend sept usines aux Etats-Unis et au Mexique». Le Devoir, 10 juillet 2003;</li>
<li>
«Metro souffre en Ontario». La Presse, 30 janvier 2008;</li>
<li>
 «Transcontinental. Le marché américain devient difficile». La Presse, 21 février 2008;</li>
 <li>
 «Shermag frappe un nœud aux Etats-Unis». La Presse, 10 août 2007;</li>
 <li>
 «Saputo miné par sa division américaine». Le Devoir, 3 août 2006;</li>
 <li>
 «Le patron de Garda se fait humble et admet ses erreurs». Le Devoir, 14 juin 2009. </li>
</ul>
<br/>
Dire que ce sont eux qui nous parlent de mondialisation. Mondialisation du cheap labor, s’entend. Et le très subtil ministre libéral des finances Raymond Bachand qui lance : «Les fonctionnaires doivent accroître leur productivité dit le ministre Bachand» (La Presse, 4 septembre 2009). Accroître leur rendement en prenant Québec Inc. comme modèle, je suppose. Vraiment les libéraux ont fait leur temps. Monsieur Bachand est le même qui a dit que les Québécois devront être solidaires en acceptant de payer sans chialer les échecs, les fraudes et la corruption entre élus et opportunistes rattachés à la crise financière, aux PPP, aux privatisations, à la sous-traitance, etc. Monsieur Bachand, avez-vous pensé vous exiler aux États-Unis et de vous recycler en preacher type évangéliste économique. Vous feriez un carton. <br/>
<br/>
Il y a eu également le fiasco de Quebecor avec Quebecor World et ses imprimeries à l’étranger, la déconfiture de Nortel, de Téléglobe et de Télésat, deux sociétés très rentables lorsqu’elles étaient détenues par l’État, tout comme le retentissant succès collectif IAF-Biochem Pharma que Québec a, par idéologie et par intérêt, privatisée, puis vendue à l’anglaise Shire par l’opportuniste Francesco Bellini et dont il ne reste plus rien. Ajoutons à cette «prestigieuse» liste de flops, le plus gros assisté social au pays, Bombardier (avec SNC-Lavalin) qui a coulé à pic avec ses motoneiges vendues à des investisseurs américains et qui vivote grâce à la société d’État Canadair qu’elle a obtenue pour pas cher. Que dire de ces titres d’articles de journaux : «Les avions (CRJ) de Bombardier coûtent cher à EDC (Exportation et Développement Canada)» (La Presse, 2 août 2011); «Avions d’affaires : Bombardier glisse derrière Gulfstream» (Le Devoir, 5 août 2011), «Avions régionaux : Bombardier se fait solidement doubler par Embraer et ATR» (Le Devoir, 29 juillet 2011) et Bombardier largué de toutes parts» (La Presse, 31 décembre 2011). Hum, hum! <br/>
<br/>
Oh, oh, il y a l’ancienne entreprise de François Legault de la CAQ, Air Transat, qui en arrache et qui «présente un plan de redressement» (La Presse, 16 décembre 2011) sans compter tous les majestueux échecs en affaires de son associé, Charles Sirois dit le «conquérant», comprenant Fido, Look et Télésystème international. Moi je dis CAQ pour «Chambre des affairistes du Québec». <br/>
<br/>
Même après les échecs ou le peu de résultats concluants, les Charles Sirois, Jean Coutu, les frères Lemaire et d’autres continuent, avec leurs grosses têtes enflées, à nous dire comment gérer l’État pour leurs propres intérêts et pour ce faire, couper et tarifier les services sociaux; privatiser aux copains les services publics et les ressources naturelles; augmenter l’aide gouvernementale aux compagnies ; détaxer les nantis et les entreprises et «full» taxer le monde ordinaire, fermer l’œil sur l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux et y aller gaiement avec les PPP et la sous-traitance. S.V.P. Fermez la donc!<br/>
<br/>
Je le répète : il est urgent que le gouvernement du Québec arrête de gaver avec l’argent du public des entreprises assises sur leur «steak» qui en redemandent toujours plus. Il faut responsabiliser Québec Inc. comme le font les gouvernements du Danemark, de la Suède, du Brésil, de la Finlande, etc. Faut immédiatement fermer le robinet qui donne l’illusion de la gratuité à nos affairistes. Terminons par une bonne blague. Voici le titre d’une opinion publiée dans La Presse du 11 avril 2011 : « Lève-toi, Québec Inc»! D’après moi, ça prendrait un autre miracle de Jésus pour que cela arrive. Il y a bien eu le miracle de Lazare, mort depuis quatre jours, à qui Jésus a ordonné de se lever. Mais, il y a toujours une limite à ce que l’on peut demander au petit Jésus. Faut tout de même pas exagérer sur le pain béni et même l’eau bénite. Pour Québec Inc., le miracle va encore venir de la main visible de l’État qu’ils veulent toutefois invisible pour les autres. Oh, oh, attendez un peu. En dernière heure (La Presse, 3 janvier 2012) nous apprenions qu’une boulangerie québécoise pense, ce n’est pas encore fait, pouvoir vendre du pain aux States» («Du pain québécois aux États-Unis»). <br/>
<br/>
C’est pas Nokia, Samsung, IKEA ou Statoil, mais quand même…  Ah ben là, on vient de trouver la cause de cet immobilisme crasse de Québec Inc., comme le laisse voir clairement le titre de cet article du Devoir du 17 janvier 2012 : «Québec s’engage à réduire la paperasse pour les entreprises». Fallait juste y penser. Mille fois bravo pour ce geste téméraire et ingénieux. À l’avenir, chaque entreprise aura sa carte de crédit gouvernementale. Plus besoin de paperasse pour obtenir des subventions, ils n’auront qu’à entrer leur «nip» de même que pour détourner des milliards$ dans les paradis fiscaux et on s’en remettra uniquement à leur éthique légendaire pour protéger l’environnement. Ces argents économisés en paperasse par l’État pourront servir à les subventions encore plus. Un seul mot me vient à l’esprit : «Fantastique».  Pas pathétique mai bel et bien fantastique. <br/>
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
                      ]]></description>
                      <link>http://www.journalmetro.com/linfo/article/1080477</link>
                      <category><![CDATA[french/linfo]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 26 Jan 2012 06:00:21 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Pensez-vous vraiment voter pour Sirois et la CAQ?]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Dites-moi que vous n’êtes pas sérieux lorsque vous dites penser voter aux prochaines élections provinciales pour le tandem d’affairistes François Legault et Charles Sirois de la Coalition avenir Québec (CAQ). Encore une blague de votre part, bande de petits vlimeux. Vous m’avez bien eu. Faites-vous plaisir et votez donc Québec Solidaire! Charles Sirois, le cofondateur de la CAQ, est, selon moi, l’architype de l’arriviste qui est devenu milliardaire grâce à la privatisation en 1987 de la société d’État fédérale Téléglobe pour une bouchée de pain à Sirois et à Bell (BCE). Entreprise très rentable du temps qu’elle était publique, des décisions ridicules prisent par Sirois ont mené ce joyau public à la faillite avec son lot de congédiements. Pas grave, Sirois s’est enrichi même en commettant gaffes sur gaffes avec Téléglobe, finalement reprise par la compagnie indienne Tata. Ce ne sont que des fonds publics après tout.<br/>
<br/>
Puis, grâce à l’entreprise familiale National Pagette qu’il a vendu à Bell, un autre gigantesque incompétent, il a profité de la bulle technologique des années 1990 pour lancer comme un vrai timbré toutes sortes d’entreprises qui prétendaient vouloir concurrencer les gros ici et ailleurs. Toutes ces «gamiques» ont littéralement échoué en un temps record comme le démontre éloquemment le titre de ces quelques articles de journaux : <br/>
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<ul>
<li>
Look (télédiffuseur par satellite) se place sous la protection des tribunaux (Le Devoir, 5 septembre 2001);</li>
</ul>
<br/>
<ul>
<li>Nasdaq désinscrit Microcell (Fido, téléphone cellulaire) (La Presse, 6 juin 2002). Fido a été vendu par après à la canadienne Rogers;</li>
</ul>
<br/>
<ul>
<li>Télésystème Mobile International (TIW) marche vers sa liquidation. L’entreprise vend ses activités à Vodafone (Le Devoir, 16 mars 2009). TIW était présente au Royaume-Uni et en Europe de l’est et opérait dans le sans-fil et l’internet.</li>
</ul>
<br/>
Même si toutes ses business qui ont coulé à pic ont été reprises par des par des firmes étrangères, cela ne l’a pas empêché de clamer à l’Institut économique de Montréal cette autre ineptie : «Charles Sirois déplore les prises de contrôle étrangères de nos sociétés» (Journal de Montréal, 21 mai 2008). Avec Sirois, c’est n’importe quoi, n’importe quand!<br/>
<br/>
Un autre affairiste qui fait écrire ses livres par d’autres mais qui les signe, comme Jacques Ménard de la Banque de Montréal, et qui tous deux donnent des conseils très particuliers et très intéressés sur comment gérer «efficacement» l’État. Monsieur Sirois est très mal placé pour prodiguer des conseils aux autres. Je lui suggère de faire rédiger un prochain livre très instructif qui pourrait s’appeler «Charles Lagaffe». On se bidonnerait. Le monsieur a dit (Journal de Montréal, 5 avril 1999) : «Si les gouvernements ne changent pas, on file vers la ruine des citoyens». Sur ce point, je suis entièrement d’accord avec vous «l’entrepreneur» que les journalistes qualifiaient dans le temps de génie visionnaire, rien de moins. Effectivement, va falloir que l’État arrête de subventionner des parvenus comme lui qui carburent aux fonds publics, par le biais du gouvernement du Québec, de la Caisse de dépôt et placement, de la Banque de développement du Canada, des Fonds d’intervention économique et régionale (FIER), Investissement Québec, etc. Le 11 août 2002, le journaliste Rudy Le Cours de La Presse, en référence à Sirois, avait intitulé son article ainsi : «Le génie de la bêtise». Rudy n’a jamais si bien dit. <br/>
<br/>
Depuis, «Charles le conquérant», titre du texte de l’inégalable Nathalie Petrowski dans La Presse du 12 avril 1999, continue de sévir et de siphonner des deniers publics et des services publics. Ne pouvant concurrencer qui que ce soit, et surtout pas les étrangers, Sirois s’est recyclé comme d’autres comme lui dans les services publics et les patentes subventionnées. Il s’est lancé, tenez-vous bien, dans les cliniques médicales privées du nom de Plexo : «Yves Bolduc (ministre libéral de la santé) inquiet des liens de Sirois avec le secteur privé en santé» (Le Devoir, 8 décembre 2011). Bolduc a raison, surtout que François Legault, son associé à la CAQ, prêche hypocritement pour la galerie pour un renforcement du système de santé publique et feint d’être réticent à la santé privée. Faites-moi rire! Bolduc devrait aussi s’inquiéter de l’ex-ministre libéral de la santé, Philippe Couillard, devenu lobbyiste pour les tenants de la santé privée. Puis dans un article du Devoir du 6 mai 2009 intitulé : «FIER : les cas de conflits d’intérêts apparents se multiplient», il est écrit que : «Télésystème, propriété de Charles Sirois et de sa famille, a profité des FIER (fonds publics) pour financer ses entreprises». Ça, c’est bien du Sirois tout craché. Du temps qu’il était porte-parole du parti québécois à l’Assemblée nationale, François Legault, eh oui lui-même en personne, avait évoqué les possibles conflits d’intérêts et s’était montré scandalisé par les combines de Charles. Maintenant qu’il est jumelé à Sirois, Legault est muet comme une carpe. Assuré que les cas de corruption vont se poursuivre allègrement avec le tandem Legault-Sirois. Aussi, «Charles Sirois est propriétaire de Zone 3» (La Presse, 18 août 2006). Cé ben pour dire… une maison de production branchée directement sur les pompes à argent des gouvernements et il vient de recevoir (Le Devoir, 26 mai 2009) un petit 75 millions$ de rien du tout de la Banque de développement du Canada pour lancer un fonds de capital de croissance. Un autre ténor de Québec Inc. qui pète plus haut que le trou et qui se croit très brillant même s’il a «foiré» dans presque tout en dilapidant sur son passage des millions en fonds publics, des milliers d’emplois et des pertes financières dramatiques pour les investisseurs. <br/>
<br/>
En 1995, dans son premier livre écrit par un autre, il avait mentionné qu’Internet était une mode passagère. Allô visionnaire! Il avait aussi soutenu que l’intuition, bien plus que la planification stratégique, devait guider les entrepreneurs audacieux (Commerce, octobre 2001). Des entrepreneurs intuitifs et audacieux avec de l’argent public s’entend. Vraiment, ce gars là fait peur. Tiens, une autre perle émanant de notre bonze des affaires. En mars 2000, il a mentionné que «la fusion des grandes entreprises s’estompera lentement. À l’avenir, les grandes entreprises deviendront des constellations de petites entreprises». Complètement crackpot. J’ai gardé la meilleure pour la fin, tel que signalé dans Le Devoir du 7 octobre 2008. Parlant de la crise financière qui n’en finit plus de finir et de faire payer les populations innocentes, le lucide Sirois a dit : «ce n’est pas une mauvaise chose (sic) puisque cela va permettre au capitalisme de se purifier (sic)». Même les républicains, les fanatiques du Tea Party et les preachers américains n’auraient pas accouché d’une telle stupidité. J’espère au moins avoir éclairé vos lanternes sur le numéro 2 et cofondateur de la Coalition avenir du Québec (CAQ). En passant, monsieur Sirois, le système capitaliste va peut-être se purifier comme vous dites, mais n’empêche que : «Les p.-d.-g. américains gagnent plus qu’avant la récession. Les patrons ont gagné 9 millions$ US en moyenne en 2010 (Le Devoir, 7 mai 2011). Pensez-vous encore mes amis vouloir vraiment voter pour la CAQ?<br/>
<br/>
<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
                      ]]></description>
                      <link>http://www.journalmetro.com/linfo/article/1074704</link>
                      <category><![CDATA[french/linfo]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Léo-Paul Lauzon, CAQ]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 19 Jan 2012 06:00:21 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Pierre-Marc Johnson et la vierge offensée]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Ça continue de plus belle. Voilà que Québec embauche à fort prix
l’ex-premier ministre péquiste du Québec, Pierre-Marc Johnson, comme
négociateur dans l’élaboration d’un Accord économique et commercial
global Canada-Europe (AECG) qui va aller plus loin qu’un traité de
libre-échange normal. Il va inclure les investissements, les contrats
publics, les biens et services publics, etc. La belle affaire. «Tout est
sur la table dit Johnson» (La Presse, 9 décembre 2011). Ça fait
vraiment peur. Comme de raison, tout est fait en catimini et M. Johnson
ne veut fournir aucun document, même aux élus provinciaux, alors que
ceux du Parlement européen les ont reçus. Pierre-Marc Johnson se
comporte comme si c’était sa business alors que cet accord aura des
impacts majeurs sur la population du Québec, allant d’Hydro-Québec à la
privatisation de nombreux services publics (ce qui fait saliver les
Européens et les opportunistes locaux). On a le droit de savoir. Faut
surtout pas demander un référendum sur la signature d’un tel traité.
Maître Johnson et ses amis vont grimper dans les rideaux. Pour ces
sbires, trop de démocratie est aussi néfaste que pas assez.<br/>
<br/>
Le hic dans cette patente tronquée, c’est que M. Johnson est avocat à
plein temps chez Heenan Blaikie, qui a des bureaux et des gros clients
en Europe et au pays et qui font par hasard justement affaire dans les
aqueducs, l’électricité, les partenariats publics-privés, le transport
en commun, la santé, les autoroutes, etc. De plus, notre négociateur
attitré siège au conseil d’administration d’un organisme affilié et
financé par la transnationale française Veolia qui opère dans l’eau, les
aqueducs, l’énergie, le transport, l’environnement. Mais faut surtout
pas s’inquiéter, M. Johnson est un professionnel qui a «certifié qu’il
respectait le code de déontologie de sa profession» (Le Devoir, 9
décembre 2011). On vous croit dur comme fer et acier M. Johnson.
Cout’donc, on as-tu une poignée dans le dos?<br/>
<br/>
En plus, M. Johnson siège, entre autres, au conseil d’administration de
la pharmaceutique Medicago (Le Devoir, 20 octobre 2009), s’est prononcé
pour la santé privée (Le Devoir, 10 décembre 2005) et même s’il a été
péquiste dans le temps, cela ne l’a pas empêché d’appuyer un candidat
libéral (Journal de Montréal, 26 novembre 2005). Quoi qu’il soit,
partisan de la santé privée, il défendra bec et ongles notre système de
santé publique contre l’envahissement possible de certains clients
intéressés de son gros bureau d’avocats et d’autres. Juré, craché. Faut
surtout pas s’inquiéter, M. Johnson est en quelque sorte M. éthique en
personne. Plus éthique que lui, tu meurs!<br/>
<br/>
Même si à ce jour M. Johnson n’a remis aucun document écrit et ne veut
rien dire, le compteur est en marche. Il facture au gouvernement un taux
horaire fort «raisonnable» de 800 $ l’heure et de 200 $ à 400 $ pour
ses assistants. Des séances de placotage et des rencontres qui coutent
très cher en fonds publics et sur lesquelles on a aucun contrôle sur le
nombre d’heures travaillées ou les frais accessoires. Au début du mois
décembre 2011, M. Johnson avait déjà facturé 1,4 M$ pour ses précieux
services (Le Devoir, 8 décembre 2011). <br/>
<br/>
Dormez tranquilles sur vos deux oreilles, M. Johnson et ses subalternes,
également du privé, sont d’une honnêteté maladive. En somme, M. Johnson
gagne en 30 minutes ce qu’un travailleur au salaire minimum à 9,90 $
l’heure gagne en 40 heures de travail. Mais le talent coûte cher, comme
l’ont souligné les économistes universitaires de service Marcel Boyer et
Claude Montmarquette dans leur brillante opinion publiée dans La Presse
du 31 mars 2009 : «La compétence, ça se paie! L’excellence et la haute
performance coûtent cher parce qu’elles ont une grande valeur.» Oh, oh,
faut faire bien attention car M. Johnson a la mèche courte et est très
sensible à sa propre personne. Au député de Québec solidaire, Amir
Khadir, qui a évoqué le conflit d’intérêts pourtant apparent de Me
Johnson, ce dernier a qualifié M. Khadir de populiste et de démagogue.
Et bien moi je vais rajouter mon grain de sel et qualifier M. Johnson
«d’opportuniste». <br/>
<br/>
C’est pourtant limpide. Il est totalement absurde de confier à des
représentants du privé, carrément impliqués financièrement jusqu’au cou,
ainsi que leurs clients, par les tenants et aboutissants de ces accords
de libre-échange avec l’Europe. Me semble que c’est évident que ces
négociations devraient être menées et dirigées par des hauts
fonctionnaires du gouvernement. Des commis d’État au service de l’État
et qui ont à cœur les intérêts supérieurs de la collectivité plutôt que
d’embaucher des affairistes qui ont plutôt à cœur leurs propres intérêts
et ceux de leurs importants clients. Imaginez la valeur de
l’information privilégiée que Me Johnson est le seul à détenir. De
grâce, M. Johnson, dispensez-nous à l’avenir de votre numéro grotesque
de la vierge offensée. <br/>
<br/>
<br/>
<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/linfo]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Wed, 11 Jan 2012 06:00:21 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[La solution passe par l’exode des cerveaux]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Aux grands maux les grands remèdes. Le modèle québécois est devenu viscéralement intenable et la province est à feu et à sang, a déjà dit le lucide économiste Pierre Fortin, élu récemment Grand Montréalais par la Chambre de commerce. On est jaloux. On n’a plus les moyens de maintenir les «mammouthiennes» vaches sacrées consenties à nos pharaons dorés. Imaginez, le Québec, en incluant les bas tarifs d’électricité aux alumineries, verse annuellement environ 9 G$ en subventions aux compagnies (contre 3 G$ en Ontario) et paie 1 G$ de plus ses médicaments qu’elle. Allô modèle québécois! La moitié des 300 000 entreprises du Québec ne paie aucun impôt sur le revenu sur des profits de plusieurs milliards. Incroyable, mais vrai, Hydro-Québec rapporte plus à lui seul aux revenus de l’État que les 300 000 compagnies du Québec paient chaque année en impôts sur le revenu. Cherchez l’erreur! De plus, Québec saupoudre les écoles privées d’au moins 400 M$ l’an en subventions contre zéro pour la province voisine. Idem pour la couteuse santé privée, dont le Québec est le champion mais qui dépense le moins au pays par habitant pour la santé publique du monde ordinaire. <br/>
<br/>
Fini les folies. Faut freiner drette-là l’hémorragie sinon on coule à pic. Le Québec Inc. et ses cerveaux tonitruants nous coûtent beaucoup trop chers pour si peu de résultats et ça fait des années que ça dure. N’ayons pas peur de voir la réalité en face : nos cerveaux et nos lucides autoproclamés sont un frein à la création de la richesse au Québec. Pour préserver ce qui nous reste de bien commun, il faut gentiment les exporter. <br/>
<br/>
Il leur faudra audace, honnêteté et courage pour admettre qu’ils font partie du problème et non de la solution. Comme il sera difficile de les «shipper» ailleurs sans d’énormes compensations, j’ai pensé créer des instruments financiers à valeur humaine que je vais enrober de toutes sortes de gadgets afin de leurrer les pays étrangers pour qu’ils en achètent.<br/>
<br/>
Les papiers commerciaux pourris englobent des créances douteuses sur des cartes de crédit, des hypothèques, des comptes clients, etc. Moi, j’ai imaginé réunir dans un même papier commercial, le PDG de la Banque nationale, Louis Vachon, qui embauche des dirigeants unilingues anglophones à Montréal, l’ex-président de la Caisse de dépôt Henri-Paul Rousseau qui nous a fait perdre 40 G$ en fonds publics et a été engagé par Power Corp. Et, enfin, le très suave Jacques Ménard de la Banque de Montréal qui n’a rien contre les syndicats mais qui n’en veut toutefois pas dans sa banque.<br/>
<br/>
Si ce ballon d’essai fonctionne, je vais structurer d’autres papiers commerciaux. Comme un produit dérivé, incluant des péquistes et bloquistes devenus lobbyistes pour les gazières et les minières : Lucien Bouchard, André Boisclair et Yvan Loubier. Adios, ils sont partis! Voilà la seule façon de contrer l’immobilisme au Québec. Disons le franchement, ces cerveaux bloquent obstinément tout changement constructif au Québec. Leur cassette de remèdes primaires est nettement passée due. S’ils font preuve d’un minimum de solidarité, ils vont comprendre qu’il est temps de partir en toute dignité.
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <link>http://www.journalmetro.com/linfo/article/1050606</link>
                      <category><![CDATA[french/linfo]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 15 Dec 2011 06:00:00 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                   </item>
             
                  <item>
                      <title><![CDATA[Gros profits, petits salaires et pauvreté: c'est la vie!]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Que votre joie soit profonde. Un article du journal Les Affaires du 16 juillet dernier mentionnait que «les entreprises canadiennes n’ont jamais été en aussi bonne santé financière depuis 1981, selon Statistique Canada». Si mes calculs sont bons, ça fait plus de 20 ans. Allô crise! <br/>
<br/>
Mais, n’ayez crainte, même si la richesse nous sort par les oreilles, ils vont ressortir leur vieille cassette niaise du genre: «Avant de répartir la richesse, faut la créer.» Ben comique, même si plusieurs naïfs mordent à l’hameçon. Tout simplement merveilleux, les travailleurs vont pouvoir enfin obtenir des augmentations de salaires décentes. Enfin, c’est ce que je crois. De beaux gros cadeaux à prévoir cette année sous le sapin de Noël et peut-être même un voyage en famille à Cuba. Pour alimenter vos chances d’avoir de bonnes nouvelles de votre boss, voici que La Presse du 1er novembre en rajoute et titre: «Robuste relance de la croissance canadienne.» Et celui du 27 mai s’intitule: «Entreprises : Les profits continuent de grimper.» Enfin, dans La Presse du 25 novembre: «Les profits des entreprises stables et élevés.» Maman, sert le baloney et les patates pilées, ce soir on va au St-Hubert!<br/>
<br/>
Pis, c’est pas fini, disent des articles suivants de La Presse qui annoncent ces incroyables nouvelles qui dépassent nos plus folles espérances: «Les multinationales en voie d’afficher des profits records» (12 avril); «Bond de 38% des revenus des minières canadiennes» (18 juin), et: «Les banques font le plein d’argent» (19 octobre). Oh, oh, énervez-vous pas trop vite le poil des jambes! Les patrons veulent partager leurs immenses profits avec leurs employés, mais pas tout de suite. Chacun son tour. Il s’agit juste d’être très patient et à la fois pragmatique et lucide. Faut obligatoirement commencer par continuer à privilégier les actionnaires et les dirigeants pour encore un certain temps. J’espère que vous êtes solidaires et consensuels pour comprendre ça. Ça relève des lois naturelles de l’économie de marché. Vous ne voulez tout de même pas entraver ces lois naturelles et polluer la nature économique en demandant trop comme employés? Soyez raisonnables!<br/>
<br/>
Ça fait que, malgré d’immenses profits des entreprises, les employeurs demandent et imposent à leurs employés une retenue de circonstances tel que l’indique clairement le titre de ces deux articles de journaux : «Les employeurs prévoient des hausses salariales modestes en 2012» (Le Devoir, 7 septembre) et «Augmentations de salaires en 2012: Une hausse sous la barre des 3%» (La Presse, 19 octobre 2011). Bien quoi? Une petite hausse, c’est tout de même mieux qu’une grosse baisse de salaire. Comme on prévoit une inflation de plus de 3% en 2012 et une hausse des salaires inférieure à 3%, ça signifie que la classe moyenne va, dans les faits, s’appauvrir l’an prochain: «Le coût de la vie augmente rapidement» (La Presse, 22 octobre). On commence à être habitué, ça fait plus de 30 ans que c’est comme ça. Comme dirait l’autre, c’est ça qui est ça. <br/>
<br/>
Si les entreprises n’ont jamais été aussi riches depuis 20 ans, comment se fait-il que le salaire des travailleurs stagne et végète, que les provinces et les municipalités sont à sec, que tous nos services publics sous-financés sont dans un état lamentable et qu’on voit des titres comme ceux-ci dans Le Devoir du 24 novembre: «Le Canada échoue dans sa lutte contre la pauvreté des enfants», et dans celui du 2 novembre 2011: «La clientèle des banques alimentaires augmente»? Et que dites-vous de cet article du Devoir de lundi intitulé: «Un monde de moins en moins égalitaire : Le Canada fait pire que la moyenne des pays de l’OCDE», selon justement une étude de l’Organisation de coopération et de développement économique. Toute cette richesse est accaparée par qui au juste? Je vous laisse répondre tout seul à cette question car si je vous donne mes explications et formule mes recommandations pour répartir équitablement cette immense richesse, vous allez encore me traiter de communiste révolutionnaire. En temps ordinaire, ça ne me dérange point de me faire crier toutes sortes de noms pas très catholiques, mais pas à quelques jours de la naissance du petit Jésus. <br/>
<br/>
La joke de la semaine revient à Sophie Brochu, la présidente de Gaz Métro, qui, dans un élan de grande clairvoyance et même d’illumination, a dit: «Tout ne va pas si mal» (Le Devoir, 19 novembre). Ça dépend pour qui madame. Je dirais même, avec votre permission, madame la présidente de l’importateur de gaz naturel, Gaz Métro, que ça va extrêmement bien pour certains et mal et même très mal pour d’autres. Mais, nos richards ont de la compassion et le cœur à la bonne place. Ils mandatent leurs guignols d’organiser une fois l’an la guignolée. Une fois l’an seulement. Après, c’est business as usual. Faut tout de même pas exagérer sur le pain béni et l’eau bénite. Comme le chantait Emerson, Lake and Palmer dans les années 1970: «C’est la vie.» <br/>
<br/>
<br/>
<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
                      ]]></description>
                      <link>http://www.journalmetro.com/linfo/article/1044364</link>
                      <category><![CDATA[french/linfo]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 08 Dec 2011 06:00:00 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
                      <guid isPermaLink="true">http://www.journalmetro.com/linfo/article/1044364</guid>
                   </item>
             
                  <item>
                      <title><![CDATA[Le mépris de Charest et la TVQ]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Pas plus tard qu’à la fin de l’année 1995, Jean Charest et son cortège de suiveux avaient mené une guerre sans merci contre le gouvernement péquiste d’alors qui voulait augmenter la TVQ d’un point de pourcentage. «Les Libéraux préparent une lutte féroce à la hausse de 1% de la TVQ», titrait le Journal de Montréal du 28 novembre 1995. Avec raison, ils affirmaient alors que la TVQ était une taxe régressive qui pénalise la classe moyenne qui, par obligation, doit consommer tout son salaire et même plus pour assurer ses besoins élémentaires. <br/>
<br/>
De plus, ils mentionnaient que cette taxe réduit les emplois, qu’elle amplifie la fraude, contrebande et le travail au noir et qu’elle appauvrit davantage les démunis. Mais le patronat et les nantis préfèrent les taxes à la consommation et la tarification des services publics à l’impôt sur le revenu. Devinez pourquoi?<br/>
<br/>
En 2005, à la suite du rapport du banquier et expert en tout Jacques Ménard sur le financement de la santé publique, qui recommandait une hausse de la TVQ, Charest et son troupeau de députés ont réitéré que «Québec rejette l’idée d’une hausse de la TVQ» (La Presse, 29 juillet 2005). Le banquier Ménard n’a jamais pensé à suggérer de freiner l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux, de taxer davantage les options d’achats d’actions des patrons ou de hausser, comme cela se fait en Europe, les impôts sur les gros revenus des banques afin de financer adéquatement la santé publique. Quelle hypocrisie. <br/>
<br/>
Mieux vaut taxer la classe moyenne et les pauvres, qui sont beaucoup plus nombreux et qui n’ont pas de lobbyistes à leur emploi, que les compagnies et les riches qui, il est vrai, sont peu nombreux mais qui toutefois détiennent le gros de la richesse au Québec et qui sont de gros clients très payants pour les banques et les partis politiques. Faut surtout pas les irriter. <br/>
<br/>
En d’avril 2008, l’ex-ministre libéral des Finances, la dame de la «ferraille» Monique Jérôme-Forget, recyclée comme les autres en lobbyistes dans le privé, s’était vivement opposée à une augmentation de la TVQ en claironnant haut et fort que «la hausse de la TVQ ne correspond pas du tout à l’idéologie de son parti. Hausser les taxes, ça fait partie de la culture du Parti québécois» (Le Devoir, 20 septembre 2009). <br/>
<br/>
Puis, en 2010, se revirant sur un 30 sous, la girouette Charest et ses pions ont augmenté, pas d’un point, mais de deux points de pourcentage la TVQ et ont changé totalement de discours, comme c’est toujours leur habitude. Même que l’ex-banquier Clément Gignac, devenu ministre libéral, nous a dit sans rire, que la hausse de la TVQ est une mesure équitable (La Presse du 4 mars 2010). On appelle ça du mépris et du dédain envers le monde ordinaire. Mais le Conseil du patronat (CPQ), qui mène dans les faits au Québec, avait formulé et dicté son choix: le CPQ préfère une taxe à la consommation à l’impôt sur le revenu. Belle démonstration de solidarité quand on sait que les compagnies ne paient pas de taxes à la consommation (TVQ et TPS). <br/>
<br/>
Et il y a le cabinet international de comptables KPMG, ces champions de l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux et des passes fiscales qui font que leurs clients évitent l’impôt, qui en a rajouté et a affirmé, probablement en riant dans sa barbe et dans sa moustache: «La TPS [est] une taxe conviviale, selon KPMG» (La Presse, 20 août 2008). Une taxe qui nous rend heureux et qui nous fait du bien! Il y a aussi les économistes de service Luc Godbout, de l’Université de Sherbrooke, et le très lucide Pierre Fortin, de l’UQAM, qui ont prétendu que la hausse de la TVQ «a même un impact positif puisque cela favorise l’épargne» (La Presse, 11 mars 2010). <br/>
<br/>
Un peu plus et ces valets universitaires du patronat clamaient que la TVQ favorise les travailleurs et réduit la pauvreté au Québec. C’est pour des énormités comme celles-là que Fortin vient d’être élu Grand Montréalais de l’année 2011 par la Chambre de commerce. Un honneur bien mérité, même si on est jaloux. <br/>
<br/>
Pour terminer sur une note «conviviale» et «positive», disons que non seulement les compagnies ne paient pas de TPS et de TVQ mais plusieurs milliers d’entre elles ne remettent pas aux gouvernements les taxes qu’elles ont perçues des consommateurs et vont même jusqu’à réclamer des milliards de dollars à l’État pour des taxes qu’elles n’ont jamais payées grâce au subterfuge des fausses factures, comme l’indique le titre de ces quelques articles: <br/>
<br/>
<ul>
<li>«La TPS “fraudée” d’un milliard» (La Presse, 20 novembre 2002);</li>
</ul>
<ul>
<li>«Des centaines de milliers d’entreprises tardent à verser la TPS à Ottawa» (La Presse, 4 août 2009). Dans les faits, plusieurs milliers ne les paient jamais;</li>
</ul>
<ul>
<li>Fraude dans le domaine de l’or: Une montagne de fausses factures et de faux bijoux» (La Presse, 16 juin 2011).</li>
</ul>
<br/>
Amen, je vous le dis, comme bien d’autres économistes sérieux, neutres et honnêtes, les taxes à la consommation et la tarification des services publics sont des impôts très régressifs. En termes d’équité et de solidarité, il est préférable d’augmenter les impôts sur le revenu des compagnies et des pachas, mais ces derniers n’aiment pas et ne veulent pas. Alors, leurs politiciens et leurs économistes affranchis obéissent docilement aux ordres de leurs maîtres. En terminant, puis-je me féliciter d’avoir été bref ou plutôt moins long que d’habitude? Bravo Léo! <br/>
<br/>
<br/>
<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
                      ]]></description>
                      <link>http://www.journalmetro.com/linfo/article/1039339</link>
                      <category><![CDATA[french/linfo]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 01 Dec 2011 14:36:15 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
                      <guid isPermaLink="true">http://www.journalmetro.com/linfo/article/1039339</guid>
                   </item>
             
                  <item>
                      <title><![CDATA[Dieu le père, le fils et Pierre Fortin]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Mes amis, j’ai rarement vu dans ma vie une personne aussi condescendante que le professeur d’économie Pierre Fortin, mon collègue à l’UQAM. Il représente à mes yeux l’exemple parfait de l’économiste de service attitré du patronat. Par toutes sortes de grossiers tripotages de chiffres, le monsieur essaie de nous faire croire le plus sérieusement du monde que le Québec est l’endroit le plus égalitaire, presqu’au monde, qu’il n’y a pas eu dans la Belle Province de montées des inégalités économiques au fil des 30 dernières années, que nous avons des programmes sociaux en or, qu’il y a ici une quasi parfaite répartition de la richesse et bien d’autres âneries du genre. Des histoires à dormir debout. <br/>
<br/>
Rien de plus facile que de déboulonner ses arguments simplement en prenant des données officielles émanant de l’OCDE, de Statistique Canada, de l’Institut de la statistique du Québec et même de l’organisme patronal de recherche du Conference Board. N’est-ce pas plus objectif de s’en remettre à ces organismes reconnus plutôt que d’avaler les chiffres tronqués et les données «home made» tricotées sur mesure par Fortin afin d’arriver coûte que coûte à ses fins et à ceux de ses commanditaires. Par exemple, dans son opinion publiée dans Le Devoir du 16 novembre dernier, il affirme ce qui suit : «La gauche s’inquiète surtout de la répartition de la richesse. Elle répète à tout venant qu’au Québec les pauvres s’appauvrissent et les riches s’enrichissent. Pourtant, cette perception est fausse.» M. Fortin, je m’excuse de vous contrarier, mais cette perception est vraie et ce n’est pas du tout une perception, c’est la triste réalité.<br/>
<br/>
Commençons par le Conference Board du Canada, qui est loin d’être à gauche et qui, dans une étude rendue publique en septembre, a affirmé ceci : «Les inégalités de revenu progressent plus vite au Canada qu’aux Etats-Unis.» Puis, dans une autre recherche rédigée également cette année, le même organisme patronal signale que les inégalités de revenus s’accroissent au Canada. En plus, il y a dans La Presse cette étude de l’OCDE reproduite le 14 mai 2011 et intitulée «Riches-pauvres : Le fossé se creuse, la classe moyenne s’érode.» La journaliste Stéphanie Grammond y écrit : «Le Canada et le Québec n’échappent pas à ce phénomène mondial.» Quoi d’autre? Ah oui, il y a eu cette autre recherche, menée par Statistique Canada et publiée le 2 mai 2008 dans le journal Métro sous le titre révélateur de : «Les pauvres s’appauvrissent et les riches s’enrichissent.» Mais M. Fortin est tellement rempli de certitude qu’il maintient malgré tout que c’est lui seul qui a raison et que le Conference Board, l’OCDE et Statistique Canada ont tout faux. Ça prend vraiment un front de bœuf pour nous faire accroire le contraire. La subtilité n’est pas la qualité première de Pierre Fortin.<br/>
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Et puis M. Fortin en rajoute et mentionne : «La pauvreté a par ailleurs connu une baisse générale au Québec depuis 30 ans… Ce succès spectaculaire est en bonne partie attribuable à l’efficacité redoutable de la politique familiale au Québec : congés parentaux, garderies pas chères, équité salariale, salaire minimum établi à 45 % du salaire moyen…» Cher collègue, loin d’être particulier au Québec, le Conference Board a mentionné ceci dans son étude : «Entre 2000 et 2009, toutes les provinces canadiennes à l’exception de l’Ontario ont pu réduire la part de leur population vivant dans le segment des faibles revenus.» L’Ontario, du temps de l’intraitable Mike Harris. Depuis la venue de Dalton McGuinty, qui vient d’être réélu, l’Ontario a des politiques sociales supérieures au Québec à plusieurs niveaux. M. P.F., faut-il en conclure que toutes les provinces ont des programmes sociaux et des politiques de répartition de la richesse d’une redoutable efficacité? Pas du tout. La réponse est plus plate que ça : c’est parce le seuil de pauvreté a été réduit, comme le signale le titre de ces deux articles : «Ottawa comptera les pauvres autrement» (La Presse, 25 juillet 2001) et «Québec reverrait le calcul de la pauvreté» (La Presse, 20 août 2001). Merveilleuse façon de réduire artificiellement le niveau de pauvreté au Canada, n’est-ce pas M. Fortin? On n’a qu’à abaisser le seuil de pauvreté et voilà! Pu de pauvres! Parlons encore de nos fameuses garderies à 7 $... pour les chanceux qui peuvent en obtenir une! «Il manque toujours 4 300 places», selon le Devoir du 25 octobre 2011. Ou encore, pour ceux qui ont les moyens de s’en payer une : «Favoritisme dans les CPE : Des places réservées en échange de 5 000 $» (La Presse, 21 septembre 2011). Naturellement, en ce qui concerne la montée fulgurante de la pauvreté chez les gens âgés, M. Fortin a oublié de parler de ce petit rien du tout rapporté dans La Presse du 11 août 2010 : «6 000 aînés en attente : La ministre Thériault reconnaît qu’il manque de places en CHSLD.» Au Danemark, M. Fortin, l’attente est carrément illégale (La Presse, 17 septembre 2011). M. Fortin, vous n’avez point parlé de notre redoutable système de santé publique. Il est tellement redoutable qu’il tue dans l’attente d’une opération ou d’un scan et à l’urgence qui n’a d’urgence que le nom. Le Québec est la province qui dépense le moins par habitant de tout le Canada pour la santé publique. <br/>
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L’économiste Fortin parle du salaire minimum «élevé» au Québec, qui relève encore du fameux modèle québécois, qui est à 9,65 $ l’heure comparé à 10,25 $ l’heure en Ontario et de 10 $ l’heure à Terre-Neuve. Hum! Hum! Un travailleur qui gagne 9,65 $ l’heure représente un «working poor». M. Fortin pousse la dérision jusqu’à demander «plus de rigueur dans la lecture des faits». M. P.F. est très mal placé pour se présenter comme étalon-mesure de la rigueur. Voyons donc, toutes les études d’organismes nationaux et internationaux sérieux le disent et le répètent année après année : au Québec et ailleurs, le salaire des travailleurs a stagné au cours des 30 dernières années, et celui des patrons a explosé. Ça fait que la classe moyenne bascule de plus en plus dans la pauvreté. Et voilà que M. Fortin essaie de nous faire accroire que grâce aux transferts des gouvernements, par le biais de certains programmes sociaux, le sort des démunis et de la classe moyenne s’est amélioré au cours des 30 dernières années. Ça relève de la pensée magique et c’est totalement faux. M. Fortin ajoute aux revenus des gens modestes les transferts reçus de l’État mais omet de retrancher les transferts négatifs et régressifs que ces gens effectuent à l’État et que lui imposent dorénavant le gouvernement du Québec et qui viennent les appauvrir davantage, comme la hausse substantielle de deux points de la TVQ, des coûts du transport en commun, de l’impôt-santé, des frais de scolarité, des tarifs d’électricité, etc. Me semble que, justement, par souci de rigueur et d’honnêteté intellectuelle, faut pas seulement tenir compte de ce que le monde reçoit de l’État en nouveaux transferts positifs mais aussi soustraire de ça ce que le gouvernement reprend vite de l’autre main par le biais des les transferts négatifs effectués sous forme de frais, taxes, tarifs et impôts de toutes sortes qui viennent accentuer les inégalités. <br/>
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M. Fortin a pris bien soin de tenir compte des transferts reçus de l’État par le monde ordinaire mais a encore une fois omis de considérer les énormes transferts effectués aux nantis, comme les abris fiscaux, les baisses d’impôts, les 400 M$ de subventions annuelles que Québec verse aux écoles privées (contre zéro en Ontario), etc. Pierre Fortin mérite amplement d’avoir été nommé en 2011 «Grand Montréalais» par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. On comprend chaque jour plus pourquoi le patronat apprécie au plus haut point ce vaillant soldat. <br/>
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Juste pour éclairer davantage les lanternes de M. Fortin, en voici quelques autres qui viennent contredire «ses prétentions intéressées». Mais je ne peux pas croire qu’il ne les connait pas. Dans Le Devoir du 2 mai 2008, une étude de Statistique Canada signale que «le pouvoir d’achat des travailleurs a augmenté de 53 $ en 25 ans». Et lisez bien ceci M. Fortin : «Selon Statistique Canada, les travailleurs québécois s’en sortent moins bien que ceux des autres provinces.» C’est pas moi qui le dit et qui joue avec les chiffres mais bien Statistique Canada qui l’affirme, à la suite d’une recherche approfondie et surtout neutre. Même Claude Picher, de La Presse, que l’on ne peut taxer de gauchiste, l’a aussi dit dans un texte publié le 15 juin 2010 : «Les Québécois s’enrichissent peu… ou pas du tout.» Qu’en dites-vous M. Fortin?<br/>
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Ben non, il n’y a pas, ou si peu, d’inégalités économiques et nous assistons à une «redoutable» répartition de la richesse, selon le camarade Fortin. Tiens, La Presse du 4 janvier 2011 titrait : «155 fois un revenu ordinaire : Les grands PDG canadiens se sont bien tirés de la récession.» En 1998, le rapport s’établissait à 104 pour 1 alors qu’à la fin des années 1980 il était de 40 pour 1. Pour l’ami P.F., il n’y a pas matière en à faire tout un plat. Voilà pourquoi il n’en a pas parlé dans son réquisitoire bleu poudre et rose bonbon. Et dans la dernière étude du Conference Board, qui loge pourtant à droite, l’organisme mentionne : «Au Canada, la classe moyenne tend à se rapprocher du groupe des plus pauvres» (Le Devoir, 14 septembre 2011). P.F. n’a pas cru bon en parler dans son texte, probablement faute d’espace, comme il n’a pas traité de l’enrichissement du 1 % des super riches québécois préférant noyer le poisson en parlant plutôt des 20 % les plus aisés seulement. Ça sent la magouille à plein nez. <br/>
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Dans son autre étude produite en 2011, le Conference Board nous informe aussi d’une autre «tendance lourde, soit une montée de la pauvreté dans le segment des personnes les plus âgées depuis le milieu des années 1990» (Le Devoir, 14 juillet 2011). Là encore, P.F. n’a pas tenu à parler du sort des vieux qui vivent dans la pauvreté. Ça ne cadrait pas du tout avec ses énoncés et ses paradigmes. Il a préféré s’attarder sur les pauvres et spécialement les familles monoparentales démunies qui apparaissent aujourd’hui artificiellement moins mal pris, simplement et seulement en raison de l’abaissement du seuil de la pauvreté. P.F. a pris soin d’additionner tout ce que les puckés reçoivent en aide de l’État, mais il a oublié de soustraire ce que ce même État leur a retiré au fil des ans, comme les coupures draconiennes à l’aide sociale et dans l’assurance-emploi. Pour t’aider P.F. à faire mieux et plus sérieux la prochaine fois, puis-je te suggérer de lire ces quelques articles de journaux que j’ai chez moi et que je pourrai te prêter?<br/>
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-   «Le salaire des jeunes a reculé de 15 % en 20 ans» La Presse, 27 janvier 2005<br/>
-   «Un travailleur canadien sur six reçoit un salaire au seuil de la pauvreté» Le Devoir, 7 mai 2005<br/>
-   «Le Canada riche en millionnaires» La Presse, 5 juillet 2011<br/>
-   «Six Canadiens sur dix vivent de paie en paie» La Presse, 15 septembre 2009<br/>
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Toutes les études «rigoureuses» démontrent clairement la montée fulgurante des inégalités économiques ces 30 dernières années au Québec et au Canada, sauf les pamphlets de mon collègue Pierre Fortin. Dans Le Devoir du 18 novembre 2011, il se définit lui-même comme un agent double économique. Entièrement d’accord avec lui, pour une fois, connaissant la véritable essence des agents doubles qui sont prêts à tout afin de satisfaire leurs maîtres. Sans rancune mon cher Pierre. Entre collègues, nous devons, et c’est notre devoir, nous parler franchement et sereinement. Je suis assuré que tu apprécies au plus haut point mes critiques, somme toute, constructives, et je dirais même positives. <br/>
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <link>http://www.journalmetro.com/linfo/article/1032776</link>
                      <category><![CDATA[french/linfo]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 24 Nov 2011 06:00:07 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Quoi de mieux qu'une carte de crédit à 7 ans pour s'initier à la finance?]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[On apprend qu’un enfant de 7 ans a été sollicité par une banque canadienne pour recevoir sa propre carte de crédit (Journal de Montréal, 1er septembre 2011) et un article de La Presse du 3 septembre 2011 nous signale ceci: «Petite leçon de crédit… dès l’âge de 8 ans.» Moi, je trouve que c’est un peu tard pour être éveillé à la finance à seulement 8 ans. Un cours magistral sur le crédit donné gratuitement par la banque à nos marmots sur les vertus de la consommation et de l’endettement. Quelle merveilleuse éthique capitaliste. Ça n’a rien à voir avec la propagande. C’est totalement désintéressé. <br/>
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Comme pour l’apprentissage de l’anglais, l’enseignement de la finance devrait commencer, selon moi, à la garderie, si nous aimons vraiment nos rejetons et si nous désirons sincèrement qu’ils réussissent dans la vie en devenant très compétitifs, très lucides et très bollés dans des domaines utiles. «Lâchez-moé tranquille» avec vos cours de philosophie, d’histoire, de géographie et de religion. Voulez-vous former des pelleteux de nuage ou des agents économiques qui vont créer de la richesse? Un peu de sérieux SVP! Pour apprendre, il n’y a rien de mieux que la pratique, la théorie c’est juste bon pour les théoriciens. On n’ira pas loin avec ça. C’est pourquoi le jeune de 7 ans avec sa carte de crédit en mains comprendra vite et réellement les notions de consommation et d’endettement. Encore une brillante idée émanant de nos banquiers. <br/>
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Et autre merveilleuse nouvelle: le privé est de plus en plus présent dans nos écoles et dans nos universités. Prenons le titre de cet article du Devoir: «L’Université Laval s’associe à Sobeys (IGA).» En fait, tous les pavillons de l’Université Laval sont commandités par une compagnie privée et portent son nom. Sur le campus de cette université, à Québec, on se croirait plutôt dans un parc industriel. Aux Hautes Études commerciales de Montréal, tous les locaux, les tuiles sur le plancher, les murs des pissoires, etc. sont commandités et publicisés par le privé. Tout simplement sensationnel et quelle grandiose façon pour les compagnies d’appliquer concrètement leur code de responsabilité sociale. <br/>
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Aux HEC, on se croirait dans un centre d’achats. Et puis, il y a eu cet autre article de La Presse : «Populaires, les cours d’école commanditées.» Je crois que c’est pour bientôt que les professeurs seront commandités par le patronat et porteront un uniforme semblable aux coureurs automobiles. À l’UQAM, la direction travaille fort afin de faire commanditer mes cours et commanditer ma propre personne. Ça ne se bouscule pas aux portes. Je me verrais très bien être commandité par la Banque de Montréal et son président pour le Québec, Jacques Ménard. Que j’adorerais débuter mon enseignement en clamant: «Ce cours est une gracieuseté de Molson et de Red Bull» et la récréation vous est offerte par «Buick». Un gars a le droit de rêver en couleurs. <br/>
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Il y a certaines petites choses qui me chicotent et que j’ai de la difficulté à comprendre. Par exemple, il y a Jacques Ménard de la Bank of Montreal qui mentionne être préoccupé par «l’inquiétante passion de la consommation et la forte croissance de l’endettement des Canadiens» (Le Devoir, 23 février 2010). M. Ménard et autres divers experts du groupe de travail sur la littérature financière, si vous trouvez que les gens consomment et s’endettent trop, pourquoi alors émettre une carte de crédit à des enfants de 7 ans et pourquoi nous inonder de publicités sur vos cartes de crédit et même nous en envoyer par la poste sans notre consentement? <br/>
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Il y a aussi le président de la Banque TD qui a suggéré «De la formation financière dès le primaire» [La Presse, 2 juillet 2010). Absolument rien à leur épreuve. Ce sont ces mêmes PDG qui s’étonnent de la venue des indignés «Occupons Wall Street». S’indigner de quoi au juste, qu’ils se demandent? Peut-être messieurs qu’ils s’indignent de vos salaires stratosphériques, des milliards que vous détournez annuellement dans les paradis fiscaux, de vos frais bancaires et vos intérêts shylockiens sur les cartes de crédit, de vos parachutes dorés et blindés, de vos dodues pensions de retraite s’élevant à plusieurs millions l’an, du déluge d’options d’achats d’actions que vous vous octroyez et dont la moitié n’est pas imposable, des tactiques que vous utilisez et des pressions politiques que vous faites pour empêcher vos employés de se syndiquer, etc. <br/>
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J’espère que ces sujets pertinents seront incorporés au programme des cours que vous tenez à donner à nos jeunes dès le primaire. Aucun doute, je reconnais vos immenses connaissances sur les paradis fiscaux, les parachutes dorés, les options d’achats d’actions, etc. Il est primordial que nos jeunes soient sensibilisés à ces aspects courants et grandioses du merveilleux monde bancaire. Sinon, votre cours d’initiation sera biaisé et ressemblera plus à de la propagande et de la publicité gratuite afin d’inciter les jeunes à recourir à vos précieux services. Ce que vous ne souhaitez vraiment pas, connaissant fort bien le top niveau du code de déontologie des banquiers. <br/>
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/linfo]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Wed, 16 Nov 2011 14:56:56 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Pas touche au monopole médical]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Le patronat a ordonné à Charest et à ses ministres mercenaires, comme Lise Thériault au Travail et Line Beauchamp à l’Éducation, d’abolir le placement syndical dans l’industrie de la construction et de réformer le régime de santé et de sécurité du travail (CSST) afin de contrer les soi-disant abus de certaines femmes enceintes. Ah les vilaines! La ministre Thériault s’est exécutée en jouant des bras avec les travailleurs, ce qui a plu aux dominants. Les patrons lui ont aussi suggéré de ne pas réviser la loi du travail en ce qui a trait aux lock-out, à l’embauche de scabs et à la fermeture sauvage d’usines. Suggestion qui a bien évidemment été retenue par Charest et la Tigresse Lise Thériault qui, dans ce cas, s’est transformée en petit minet ronronnant. <br/>
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Et le patronat a aussi exigé l’augmentation substantielle des frais de scolarité au Québec afin de les ramener dans la moyenne canadienne, ce que fit avec empressement la ministre Beauchamp qui s’est toutefois montrée inflexible envers les demandes des étudiants. Elle a dit : «La hausse des droits de scolarité est nécessaire et inévitable» (Le Devoir, 4 novembre 2011). Puis, le patronat a dicté au ministre de la Santé Yves Bolduc de couper encore davantage dans le maigre en santé, ce que fit de facto l’adjudant. Et pour rire du monde un petit brin, le ministre Bolduc a dit avoir trouvé la solution géniale pour mieux gérer la santé publique avec moins : «Des fonds pour implanter la méthode Toyota» (Le Devoir, 2 novembre 2011). C’est ben vrai, des chars et des malades, c’est du pareil au même. Fallait y penser. Puis, une usine de montage automobile et un hôpital avec son stock de malades, ça se gère de la même façon. <br/>
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Par contre, le patronat du Québec a réitéré sa directive à Charest et à son ministre des Finances, le solidaire Raymond Bachand, de ne surtout pas s’aligner sur les autres provinces canadiennes, entre autres l’Ontario, et de ne pas sabrer dans les milliards en subventions allongés aux compagnies et aux écoles privées, de ne pas diminuer le prix des médicaments génériques et brevetés et de ne pas hausser l’impôt sur le revenu effectif des entreprises. Dans ces cas, les chambres de commerce ont affirmé que seul le Québec avait raison au Canada grâce à sa grande «lucidité corporative» et a chaudement applaudi ces aspects spécifiques du modèle québécois. Un modèle québécois a géométrie variable qui doit préserver les vaches sacrées des riches et célèbres.<br/>
<br/>
C’est connu, les libéraux au Québec sont fanfarons avec les syndicats et soumis avec les puissants comme les gens d’affaires et les médecins. Parlant de médecins, face à la pénurie artificielle et permanente de médecins au Québec et au Canada, le Collège des médecins, c’est-à-dire le syndicat omnipuissant des médecins, nous a mis devant le fait accompli : «Pénurie de médecins : Pas d’amélioration avant 10 ou 15 ans» (La Presse). Faut donc s’y faire, ainsi en a décidé le syndicat des médecins. La pénurie de docteurs fait son affaire.<br/>
<br/>
Me semble que la formation et la venue de médecins étrangers ne devraient pas relever du syndicat des médecins mais du gouvernement! Mais, vous le savez fort bien que cela ne changera pas et que les médecins vont continuer à dicter leur volonté comme l’indique le titre de ces articles de journaux : «Médecins étrangers s’abstenir» et «Médecins étrangers : pratique au Québec, la porte est difficile à ouvrir même pour des médecins canadiens». Et cela même si «les médecins étrangers sont aussi compétents que ceux formés au Canada». Étrange que le Québec accueille à bras ouvert des professionnels en tout genre sauf des médecins… Pourquoi donc?<br/>
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Il y a eu cette nouvelle troublante parue dans La Presse du 4 octobre dernier : «Des dizaines d’examens diagnostiques annulés. Départ de quatre spécialistes en médecine nucléaire au CHUM.» Ils ont démissionné, vexés et même humiliés d’être fusionnés par la direction de l’hôpital avec le service de radiologie «ordinaire». Pauvres petits martyrs. Pas grave, c’est juste des cas de radiologie nucléaire qui ont été annulés pour des patients qui ont seulement le cancer. Faisant preuve de compassion, on a alors suggéré aux malades, s’ils tiennent à vivre, d’aller dans une clinique privée à 2 000 $ l’examen. Un prix d’ami, quoi! Peut-être des cliniques privées administrées par les radiologistes démissionnaires? Geste, selon moi, pas mal plus grave et innommable posé par des toubibs surpayés que ceux imputés aux syndicats de la construction. Toutefois, aucun éditorial ou chronique à cet effet sur cet incident, somme toute «mineur». Il y aurait eu plus de couverture médiatique s’il avait fallu qu’un piéton se blesse dans un nid-de-poule. Nid-de-poule rime avec cols bleus de la Ville de Montréal qui sont très populaires auprès de la faune journalistique. Bien évidemment, le gouvernement Charest n’est pas intervenu, ne voulant pas froisser et contrarier les bons docteurs. <br/>
<br/>
François Legault a au moins eu l’honnêteté de le dire clairement en ces termes : «C’est difficile de négocier avec les médecins. La CSN, c’est de la petite bière à côté des deux fédérations de médecins» (La Presse, 23 février 2011). Si la CSN c’est de la petite bière, la FTQ c’est probablement du Kool Aid? Si c’est difficile de négocier avec les médecins, faut même pas penser négocier avec les pharmaceutiques. Avec elles, faut se soumettre et s’exécuter avec «dignité». Mettre fin au placement médical qui fait que c’est le puissant syndicat des médecins qui dicte de façon outrancière la formation, le nombre de médecins diplômés, qui bloque en toute impunité la venue de médecin étrangers compétents et qui impose ses salaires exorbitants, faut pas y penser. La vraie dictature de Charest, d’Harper et de leurs ministres, c’est de jouer les matamores avec le monde et les travailleurs ordinaires, pas avec les puissants qui nous exploitent mais qui, par contre, financent grassement leurs partis politiques, les font élire et leur octroient une belle job payante après leur service politique. Ils appellent ça le retour d’ascenseur.<br/>
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
                      ]]></description>
                      <link>http://www.journalmetro.com/linfo/article/1020953</link>
                      <category><![CDATA[french/linfo]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 10 Nov 2011 11:35:45 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Pourquoi fabriquer des médicaments contre le cancer s’ils ne sont pas rentables?]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Vous le savez camarades, il y a eu tellement de fusions et d’acquisitions au cours des dernières années dans l’industrie pharmaceutique mondiale qu’on peut parler aujourd’hui de cartel organisé qui dicte les prix, décide des médicaments à produire et à commercialiser, embauche des milliers de lobbyistes et mène les élus comme des marionnettes. <br/>
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Les Américaines Pfizer et Merck sont plus grosses que le Canada et le Québec, qui représentent un pet pour elles. Sans compter mes sœurs et mes frères qu’elles ont des milliers de filiales dans les paradis fiscaux, paient peu d’impôts et reçoivent beaucoup de subventions gouvernementales. Et devinez qui octroie le plus de fonds publics en subventions en Amérique du Nord aux pharmaceutiques? Eh oui, le Québec. On doit payer notre dîme, sinon prenez garde à vous. On appelle ça du taxage. Vous devez payer vos impôts privés aux pharmaceutiques. <br/>
<br/>
Comme elles forment un tout puissant oligopole, ce sont elles qui déterminent les médicaments à produire. Peu importe l’importance pour la vie du produit, le premier et seul critère est sa rentabilité. Faut surtout pas parler de nationaliser en tout ou en partie les pharmaceutiques, quitte à passer pour un fou. Je vais le faire quand même. <br/>
<br/>
À quoi bon pour elles de fabriquer des médicaments contre le cancer s’ils ne sont pas rentables? Hein! Les actionnaires n’apprécieront pas ça. Ça fait que, comme le rapportait le Journal de Montréal du 13 octobre 2011: «De plus en plus de pénuries de médicaments contre le cancer : Des patients voient leur qualité de vie réduite» et leur espérance de vie. Faut tout de même pas exagérer. Après tout, ce sont juste des médicaments contre le cancer pour le monde ben ordinaire. N’ayez crainte, il n’y aura jamais de rupture de stock pour des médicaments plus importants comme le Cialis et le Viagra. Payant, payant!<br/>
<br/>
En 2008, il y avait 38 médicaments en rupture de stock au Québec, contre 63 en 2008 et 126 en 2011. Devant la gravité du phénomène, qui est d’une violence inouïe, nos gouvernements ont réagi…<br/>
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Au fédéral, Harper a fait appel à la bonne volonté des pharmaceutiques et les a suppliées de le prévenir à l’avance sur les ruptures à venir (Le Devoir, 17 octobre 2011). Il s’en est remis à leur code d’éthique capitaliste. Pas de mettre fin sur le champ à ces ruptures intentionnelles comme il le pourrait, mais seulement de l’informer du moment des ruptures pour que les patients puissent mieux prévoir le temps qu’il leur reste à vivre et la date approximative de leur décès. Pour les arrangements funéraires, ça aide de savoir ça. Les conservateurs ont été moins tolérants et moins compréhensifs avec les travailleurs des Postes qui ont eu droit à une loi spéciale et avec ceux d’Air Canada qui vont en avoir une s’ils ne rentrent pas dans les rangs en se soumettant gentiment aux doléances des patrons. La poste et le transport aérien, c’est nettement plus important que des pilules essentielles à la vie. Voyons-donc! <br/>
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Quant à la girouette Charest et à son ministre de la santé Yves Bolduc, ils se sont dit inquiets: «Ruptures de stock de médicaments: Le ministre Bolduc se dit préoccupé» (La Presse, 10 août 2011). Inquiets et préoccupés seulement, et pas plus, devant la gravité du geste posé par l’oligarchie pharmaceutique. Pensez-vous que les politiciens sont vraiment au service de la population et des malades et qu’ils vont mettre fin aux ruptures planifiées de médicaments pratiqués par le monopole des multinationales pharmaceutiques? <br/>
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Charest est plus fanfaron avec les syndicats, dont celui de la construction. Comme sa ministre du Travail Lise Thériault qui a fait son petit pitbull avec les syndicats et qui fait son petit caniche avec les compagnies comme Couche-Tard, Wal-Mart et autres qui ferment boutique quand leurs employés décident librement et majoritairement de se syndiquer. Pas un mot de la ministre aussi lors de la fermeture sauvage d’usines comme celles d’IQT et d’Abitibi-Bowater. <br/>
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Les gros bras de la ministre ne m’impressionnent guère. Faut dire qu’ils ont de nombreux amis lobbyistes dans cette industrie, comme l’ancien député libéral William Russel et l’ex-attachée politique du ministre de la santé Yves Bolduc, Hélène Chouinard rendue chez Bristol-Myers Squibb. <br/>
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Pas un éditorial ou une seule chronique sur ces gestes posés par les pharmaceutiques. Il n’y a peut-être rien à dire sur ce phénomène qui relève, selon eux, des lois naturelles du marché. Faut donc se résigner. Par contre, on a eu droit à une tonne de chroniques et d’éditoriaux contre les vilains syndicats de la FTQ-Construction. Dans la seule journée du 26 octobre 2011, voici quelques titres révélateurs: «Brutes et bêtes», «Fini l’intimidation», et enfin «Pathétiques et consternants». Le sensationnalisme prime et la soumission au grand capital est de mise. Ils auraient dû plutôt réserver ces qualificatifs pour les pharmaceutiques. Qu’en pensez-vous?<br/>
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/linfo]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 03 Nov 2011 14:35:02 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Indignés aujourd'hui, révoltés demain]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[La population québécoise, canadienne, américaine et d’ailleurs en a ras-le-bol de se faire exploiter éhontément par une infime minorité de puissants milliardaires et de leurs politiciens, lobbyistes (souvent d’ex-politiciens), organismes de recherche et universitaires commandités. <br/>
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Les gens sont écœurés de se faire prendre pour des valises et de se faire dire n’importe quoi par des ti-counes affranchis remplis de suffisance et de certitude qui, pour qu’ils avalent leur agenda économique, social et politique, leurs répètent à satiété des faussetés comme celle voulant que le Québec soit pauvre (ce qui est erroné car en termes de PIB par habitant le Québec se classe 20e au monde sur 235 pays selon l’Institut de la statistique du Québec. Comme l’écrit le Journal de Montréal du 29 mars 2006) et que la dette du Québec est une bombe atomique (dixit l’économiste de service Pierre Fortin). Bombe atomique qui est plutôt un pétard mouillé si on retranche de la dette publique – ce que ne font pas les lucides afin de mieux vous endoctriner – la valeur marchande de l’instrument collectif Hydro-Québec qui vaut plus que la totalité de la dette globale du Québec. Et si le Québec est à feu et à sang, dixit encore une fois Pierre Fortin, pourquoi donc ce titre dans La Presse du 16 septembre 2011 : «Québec garde sa bonne note de Moody’s»? Et puis, ils répètent inlassablement les mêmes âneries mensongères du vieillissement de la population, de l’immobilisme, de l’exode des cerveaux, de la rigueur fiscale obligée, des riches surtaxés, du taux de syndicalisation trop élevé du Québec qui sclérose notre économie et opprime nos entrepreneurs ; ils ciblent nos prétendues vaches sacrées que sont nos services publics délabrés et sous-financés intentionnellement afin de mieux les privatiser aux affairistes. Ils omettent toutefois de mentionner les odieuses vaches sacrées consenties aux pachas : abris fiscaux, paradis fiscaux, baisses indécentes d’impôts, subventions éléphantesques qui s’apparentent à un bar ouvert qu’avait dit l’ex-vérificateur général du Canada Denis Desautels, etc. Après ils se demandent pourquoi les gens ne vont pas voter. <br/>
<br/>
Il y a aussi ces hypocrites qui feignent ne pas comprendre les indignés et même les accusent de tous les torts en affirmant qu’ils se comportent en gros bébés gâtés. Ils affirment qu’au Québec et au Canada tout va très bien. Très bien pour qui au juste? Au cours des 30 dernières années de croissance économique soutenue, le salaire des travailleurs a stagné et les inégalités se sont accrues à des niveaux records. Gracieuseté des élus corrompus qui ont défiscalisé les riches et les entreprises et ont taxé davantage la classe moyenne (qui s’est appauvrie au fil des ans), en augmentant allègrement la TVQ et en tarifiant abondamment tous les services publics. Bien oui, ça va très bien madame la marquise et monsieur le marquis. Effectivement, tout va extraordinairement bien pour les marquis et leur famille. À l’urgence, qui n’a d’urgence que le nom, il faut attendre 20 heures pour voir un spécialiste et pour passer une radiologie faut mettre un an. Les classes sont insalubres et, pour améliorer les choses, Charest vient de couper dans le maigre de nos services publics un autre 800 M$ (Le Devoir, 17 septembre 2011) afin de payer pour la nouvelle salle de 300 M$ de l’Orchestre symphonique de Montréal (une autre vache sacrée pour les gens importants) et le nouvel amphithéâtre à Québec (400 M$). Et il y a les patrons d’entreprises qui n’ont jamais été aussi riches qui annoncent : «Une hausse salariale des travailleurs [pour 2012] sous la barre des 3 %» (La Presse, 19 octobre 2011), au moment même où l’inflation augmente de près de 4 % : «Le coût de la vie augmente rapidement» (La Presse, 22 octobre 2011). Beau modèle équitable de répartition de la richesse. Après, on feint d’être surpris par la montée des injustices économiques et faudrait rien dire et surtout rien faire. <br/>
<br/>
Puis-je vous dire mes amis qu’en Allemagne et en Israël ça va bien économiquement aussi, mais la grosse partie de la richesse est accaparée pat une minorité? À quoi sert d’avoir une job et de recevoir une augmentation de salaire de 10 % si le prix des produits et services incluant la nourriture et le logement, augmente de 20 %? Voilà ce qui se produit en Allemagne et en Israël et qui explique la réaction des gens qui manifestent par milliers tout en brassant la cage dans la rue qui a fait réfléchir et reculer les politiciens. <br/>
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Pour les vendus, tout va supposément bien pour tout le monde. La collusion et la corruption nous sortent par les oreilles et coûtent des milliards de dollars en fonds publics et ils ne voient rien. En catimini, Charest démantèle Hydro-Québec, gaz et pétrole, Soquip et Soquiem et donne nos ressources naturelles (pétrole, eau, bois et mines) à des opportunistes, souvent d’ex-politiciens, et ils ne remarquent rien. Ces pantins trouvent même ça correct. Ça répond à leur façon de contrer l’immobilisme au Québec et ça crée, à même nos ressources naturelles et nos services publics, une classe dodue de riches qu’il ne faut surtout pas taxer. Ces colonisés applaudissent la vente de nos ressources naturelles et nos services publics à des étrangers car ils reçoivent une belle commission lorsque cela se produit.<br/>
<br/>
Tiens, il y a le titre de cet article de La Presse du 5 mars 2010 qui dit : «Entreprises canadiennes : des taux d’imposition parmi les plus bas au monde.» Et au moins deux fois moins élevé qu’aux States. Qu’à cela ne tienne, les entreprises canadiennes nous vendent leurs produits et services 20 % plus chers qu’aux Etats-Unis et nos gouvernements ne font rien. Ils se disent préoccupés tout au plus. Ils sont plus courageux avec les syndicats aux Postes, chez Air Canada et dans la construction. Et puis il y a cet article du Devoir du 16 août 2011 intitulé : «Les banques canadiennes veulent un assouplissement du régime fiscal.» Vraiment révoltant. Ces banques qui nous arnaquent et qui détournent des milliards dans les paradis fiscaux veulent payer encore moins d’impôts même si elles sont parmi les moins taxées dans le monde occidental. Et, ce sont ces mêmes banques qui nous disent régulièrement comment gérer l’État et qui comptent plusieurs ex-banquiers comme ministres, tant au fédéral qu’au provincial. Ben oui, tout va très bien. On peut dormir tranquille sur nos deux oreilles et leur faire confiance. Et puis il y a l’organisme de recherche patronal du Conference Board qui affirme dans Le Devoir du 14 septembre 2011 : «Les inégalités de revenus progressent plus vite au Canada qu’aux Etats-Unis.» Il ajoute même : «Au Canada, la classe moyenne tend à se rapprocher des groupes les plus pauvres.» <br/>
<br/>
La moitié des compagnies ne paient pas d’impôt sur le revenu au Québec même si elles sont très rentables et le gouvernement du Québec, qui coupe partout dans nos services publics et tarifie ceux qui restent, verse 6 M$ par année en subventions aux entreprises, ce qui en fait le champion canadien selon le Fraser Institute, organisme privé très à droite (La Presse, 28 novembre 2009). <br/>
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Nos politiciens et le patronat font comme si rien ne s’était passé, que ces manifestations ne sont pas vraiment sérieuses et qu’il s’agit seulement d’une saute d’humeur passagère de quelques hurluberlus. Faites comme si de rien était messires. Feignez ne pas voir les gros messages qui vous sont envoyés comme celui-ci : «Les Québécois sont ceux qui jugent le plus sévèrement leur gouvernement. Méfiance extrême envers les élus» (La Presse, 29 octobre 2011). Mais ne venez pas plus tard jouer à l’autruche et faire vos innocents si les indignés d’aujourd’hui deviennent les révoltés de demain. Vous n’aurez que vous à blâmer et à tenir responsables pour les soulèvements qui vont survenir, probablement violents, que vous aurez fomentés. L’exploitation est la mère de la violence. Quand cela produira, au moins un de vos souhaits qui vous tient le plus à cœur aura enfin été exaucé, soit celui de contrer l’immobilisme au Québec.<br/>
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<span id="ctl00_bodyData_ctl04_TopsUI_Body"><em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em></span>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 27 Oct 2011 06:00:57 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Allô, le cartel banquaire veut vous éduquer]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Avant que certains, toujours les mêmes, me crient des noms pas sympas du tout, c’est pas moi qui dit qu’au Canada, on est en présence d’un cartel bancaire mais bien la prestigieuse revue économique The Economist qui l’a décrit ainsi: «Le conservatisme des banques canadiennes est le revers de la médaille d’un oligopole confortable. Elles se partagent un marché intérieur lucratif et elles ont mis fin aux guerres de prix. Il en résulte que les Canadiens paient plus cher que les autres [dans le monde] leurs services financiers et il y a peu de place pour l’innovation.» (Les Affaires, 22 mai 2010) Mes irréductibles chéris iront-ils jusqu’à clamer que la revue The Economist est d’obédience communiste et est financée par Hugo Chavez et Fidel Castro? <br/>
<br/>
Nos banquiers qui se pètent souvent les bretelles ont investi autant que leurs consœurs étrangères dans les papiers commerciaux pourris mais s’en sont mieux sorties du fait qu’elles forment un puissent oligopole au pays qui nous impose des frais excessifs sur tous leurs services et qui ont reçu des milliards de dollars en fonds publics des gouvernements pour les aider à traverser la crise. Croyez-moi, elles s’en sont bien sorties et vite en plus de ça, grâce à l’aide de l’État et à son statut d’oligopole qui lui permet d’augmenter ses tarifs quand bon leur semble et ainsi taxer les consommateurs qui n’y peuvent rien. <br/>
<br/>
Vous savez très bien que je ne suis pas du genre à insulter les gens, surtout ceux qui sont très importants. Je me suis toujours fait un devoir d’être un modèle de bienséance, respectueux des personnes et des institutions. En termes de diplomatie, ma mère me compare souvent avec le politicien français Dominique De Villepin. D’ailleurs, plusieurs politiciens auraient intérêt à prendre exemple sur moi. Ainsi, quand je vois le titre de cet article de La Presse: «Le président de la Scotia préconise la concurrence interuniversitaire», alors que la banque Scotia et ses équipières bancaires forment de fait un monopole, moi, je mets cette missive du grand boss de la Scotia sur le compte de l’humour. En tout cas, ma mère et moi la trouvons très drôle. <br/>
<br/>
C’est pas d’aujourd’hui que les banques éduquent, pour leur bien, nos enfants comme le démontre le titre de ces deux articles de journaux datant de 2001: «Desjardins en milieu scolaire» (La Presse, 25 janvier 2001) et «Le séminaire des banques fait son entrée à l’école» (Les Affaires, 30 juin 2001). <br/>
<br/>
Tout ça fait sur une base bénévole et désintéressée, bien évidemment. Ça relève de leur responsabilité sociale de citoyen corporatif exemplaire. Les banquiers qui donnent un coup de main à nos enseignants pour parfaire l’éducation financière et économique très objective de nos jeunes ouailles, moi, je trouve ça immensément grand. Si j’en avais le pouvoir, je les canoniserais drette là! Oh oh, attention vous autres, je vous ai à l’œil. N’allez surtout pas mélanger éducation et propagande. <br/>
<br/>
Les dépliants et brochures distribués dans nos écoles par les grands argentiers, c’est de l’éducation avec un grand «E», mais le matériel didactique des enseignants distribué à nos marmots portant sur le rôle de l’État, c’est carrément de l’endoctrinement forcé effectué sur le dos d’innocentes victimes par les professeurs, probablement des socialistes. Allez donc savoir. André Pratte, de La Presse, a bien cerné le jeu d’intoxication de nos enseignants dans son éditorial du 30 août 2006, intitulé: «Profs ou militants?» Pas «Banques ou militants», bande de petits monstres à batterie, mais bien «Profs ou militants», je vous ai dit. J’espère que je n’aurai plus à vous le répéter. <br/>
<br/>
Tantôt, j’ai commis un impair lorsque je vous ai dit que le matériel didactique et les séminaires des banques adressées à notre progéniture étaient gratos. Cette affirmation est inexacte. Je m’en excuse. Comme cette œuvre est déductible d’impôts pour les banques, ça revient à dire que la population paie pour se faire «brainwasher». C’est un point de vue que ma mère et moi ne partageons pas du tout et qui nous met en colère car il y a du bon et du mauvais «brainwashage».  <br/>
<br/>
Je vous le dis (certains vont croire que je suis lobbyiste pour les banques), les banques canadiennes en font trop pour nos jeunes. Peut-être pas en diminuant les frais titanesques sur leurs cartes de crédit, les frais bancaires shylockiens ou les taux d’intérêt abusifs sur les prêts étudiants. Non et non. Ils sont plus originaux, plus lucides et plus débonnaires que ça, comme le laisse voir clairement le titre de cet article du Journal de Montréal du 30 mars 2007: «La TD aidera les étudiants.» <br/>
<br/>
Vous vous demandez comment la TD va venir en aide à nos étudiants universitaires et collégiaux,? Eh bien en implantant de nouveaux guichets automatiques dans les campus. Fallait-y penser! Tant de bonté m’émeut aux larmes. Comme nos aimables banques en font beaucoup pour venir en aide au monde, pas seulement aux étudiants et aux nantis, je devrai continuer la liste de leurs bienfaits dans mon prochain texte. Vous verrez alors le comble de la bonté qui vous fera pleurer à chaudes larmes comme deux Madeleine. Eh bien, dans le but d’aider nos rejetons à faire leur entrée correctement dans «le monde selon les banques», elles leur émettent des cartes de crédit dès l’âge de 7 ans. Quelle belle marque de confiance envers ces jeunes. Bientôt, le bébé recevra sa carte de crédit directement à la pouponnière. Maman, va me chercher la boîte de Kleenex, j’en peux pu! Que voulez-vous c’est l’émotion. Je suis très sensible. Je tiens ça de ma mère.  <br/>
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<span id="ctl00_bodyData_ctl04_TopsUI_Body"><em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em></span>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 20 Oct 2011 09:54:40 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Merveilleuse santé privée]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Je le redis, le modèle québécois n’a pas que des mauvais côtés. En effet, c’est au Québec que l’on taxe le plus la consommation (TVQ), subventionne le plus, avec des fonds publics, les écoles supposément privées et les entreprises souvent milliardaires qui jouissent aussi des taux d’impôt réels sur le revenu les plus bas de toute l’Amérique du Nord. Après ça, on se demande pourquoi on a une grosse dette publique et des services publics sous-financés qu’on doit tarifier afin que le monde ordinaire paie pour les vaches sacrées et sacrantes consenties aux gros et aux grands de la province et du pays. <br/>
<br/>
C’est pas fini mes amis. Au Canada, c’est le Québec qui fait le plus de place à la santé privée (La Presse, 23 avril 2010), que l’on attend le plus pour voir un médecin… dans le régime public s’entend (La Presse, 28 juin 2011) et qui a les dépenses en santé par habitant, les plus faibles au Canada (Le Devoir, 29 octobre 2010). Et pour s’assurer d’être la province qui dépense le moins en santé publique, l’inénarrable Jean Charest vient d’annoncer des compressions additionnelles de 800 M$, principalement en santé et en éducation (La Presse, 17 septembre 2011). <br/>
<br/>
Pour rire du monde, comme toujours, ils ont claironné : «Le gouvernement assure que la population n’écopera pas.» Désespérant! Qu’il coupe donc, juste pour voir, 800 M$ de subventions annuelles aux entreprises en disant : «Les affairistes n’écoperont pas.» Ou en annulant, comme le fait l’Ontario, les 400 M$ de subventions publiques versées annuellement aux écoles privées en claironnant : «Les étudiants des écoles privées n’écoperont pas.»<br/>
<br/>
Ce que j’aime avec le privé en général, et en santé privée en particulier, c’est sa grandiose compassion pour l’être humain et le bien commun. Par exemple, prenons le cas de deux édifiantes publicités de cliniques privées parues récemment dans La Presse qui disaient : «Votre santé n’attend pas» et «Votre santé ne peut attendre? Votre bien-être vous inquiète?» Ça veut dire que si vous êtes malades et que vous allez vous faire soigner dans le système public, il y a de bonnes chances que vous n’en sortiez pas ou que, à force d’attendre, que vous n’y entriez pas vivants. La solution est toute simple : baisser les impôts des riches et des entreprises et, pour le gouvernement conservateur de Stephen Harper, il faut absolument «investir» des milliards de dollars dans les «services» militaires et construire de nouvelles prisons. Pour financer ces «services» corporatifs, militaires et pénaux, il n’y a pas vraiment de problème pour le futé ministre fédéral Vic Toews : on n’a qu’à couper dans le gras. «À Québec de couper dans ses programmes sociaux», qu’il a dit très sérieusement (Le Devoir, 8 octobre 2011). Pas si original que ça le ministre Toews car c’est ce que Charest fait depuis qu’il est en poste. Laissez-moi vous dire que ça va continuer de plus belle si vous élisez le tandem d’affairistes François Legault et Charles Sirois. Et, comme le démontrait clairement le dossier du Journal de Montréal du 3 août 2010 intitulé «Pour se faire opérer par le même médecin : 18 mois au public, 2 semaines au privé», voilà la preuve irréfutable que le privé est nettement plus efficace que le public, n’est-ce pas? Le même médecin fainéant dans le public se métamorphose et est transcendé lorsqu’il traverse la rue de l’hôpital public pour aller travailler dans sa clinique privée. Cherchez l’erreur! Il ne peut vous recevoir dans le public mais si vous payez, alors là, il va vous recevoir sur le champ : «Votre santé ne peut attendre», comme ils disent.<br/>
<br/>
Oui, la santé privée est nettement meilleure, comme l’a dit l’économiste très prisé par les journalistes et par les politiciens, Marcel Côté de Sécor, dans son article du CA magazine (Comptables agréés) du mois d’août 2011. Il y militait pour «la mise sur pied d’un réseau de santé privé parallèle». M. Côté peut être considéré comme un économiste «modéré» puisqu’il suggère seulement un système de santé privée en parallèle et non en remplacement du régime de santé publique qui continuera de s’occuper, dans la mesure du possible, des patients qui n’ont pas les moyens de s’offrir le privé et les cas trop lourds qu’il faut laisser à la charge de l’État. La devise des cliniques et des hôpitaux privés est : «Dehors les chiens pas de médaille!» En passant, l’ami Marcel Côté est actionnaire de la clinique et hôpital privé Rockland MD qui reçoit beaucoup d’argent public de l’hôpital Sacré-Cœur (Le Devoir, 16 août 2011) entre autres. Hum, hum! Pas si objectif et désintéressé que ça le petit monsieur, comme tous ceux qui militent pour moins d’État et plus de privé. <br/>
<br/>
Après les clowns préconisés par la ministre libérale des Aînés, Marguerite Blais, pour amuser les vieux dans les CHSLD (Le Devoir, 21 mai 2009) et les œuvres d’art pour instruire les malades et parfois les mourants, qui sont parqués «gratuitement» au CHUM (La Presse, 8 juin 2010), voilà que la très sublime productrice Denise Robert, qui carbure aux fonds publics, et qui, outrée d’avoir attendu très longtemps à l’urgence de l’hôpital Sainte-Justine avec sa fille, a, dans un élan infini de bonté, convoqué et réuni ses amis importants avec comme résultat que le Cirque du Soleil fera bientôt son entrée aux urgences de Sainte-Justine ainsi que Cineplex qui y présentera des films (La Presse, 30 septembre 2011). Fantastique. On va attendre encore, parfois 20 heures, à l’urgence mais en étant entretenu sur vidéo par des artistes du Cirque du Soleil et les petites vues de Cineplex qui vont alors avoir droit à de la publicité gratuite qu’ils nous présentent comme de la compassion. Et après, ça s’auto-proclame lucide. <br/>
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La démarche de Mme Robert et sa gang de grosses pointures est futile, risible et intéressée car elle ne règlera en rien le problème de fond des urgences de nos hôpitaux publics qui en est un d’attente inhumaine et parfois mortelle qui devrait être déclarée carrément illégale. Faut arrêter de niaiser le monde en saupoudrant notre système de santé public d’insignifiants gadgets afin de masquer et de camoufler les problèmes véritables : Qu’on se le dise, notre système de santé publique tue! Et comme le disait une psychologue experte dans La Presse du 15 avril 2011 : «Mieux vaut être riche et en santé.» Vous m’en direz tant! <br/>
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Pour vous remontez le moral, je vais encore une fois terminer par une note positive. Il est vrai que le gouvernement Charest va couper un autre 800 M$ dans nos services sociaux mais n’oubliez pas qu’il va allonger des milliers de dollars en fonds publics afin d’aider des «entrepreneurs» (ceux qui créent supposément de la richesse) à construire un hôtel de «luxe» pour chats et chiens à Montréal (La Presse, 7 mai 2009). <br/>
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Le gouvernement a considéré cet hôtel privé guindé pour chats et chiens comme un «investissement structurant», ce que ne sont pas pour nos élus les fonds publics qui sont «dilapidés» dans notre système de santé publique qui sert juste à soigner du monde ben ordinaire qui n’a pas les moyens d’aller se faire dorloter dans des cliniques médicales de luxe privées. Ça aide les bonzes à récupérer en toute quiétude s’ils savent leur chat bien au chaud dans son hôtel particulier cinq étoiles du Vieux-Montréal et qu’il prend ses trois repas par jour pendant qu’ils se rétablissent dans leur chambre privée dorée. <br/>
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Avec la progression fulgurante de la santé privée, c’est pour bientôt que l’on aura dans nos médias écrits et parlés des publicités du genre : «Faites-vous opérer aux oreilles et obtenez un traitement pour ongle incarné gratuit» ou «Faites-vous opérer aujourd’hui et payez seulement dans un an». Et une autre pub qui chanterait : «10 000 points Air Miles lors de votre prochain scan.» Enfin, pourquoi pas une publicité d’une clinique privée qui dirait en gros titres : «Si la vie vous intéresse…»<br/>
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<span id="ctl00_bodyData_ctl04_TopsUI_Body"><em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em></span>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Sun, 16 Oct 2011 12:21:48 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Gaz de schiste: Lucien Bouchard rides again]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[En 2010, pour nous faire avaler le budget «solidaire» de Charest, qui écrasait de nouveau la classe moyenne avec de grosses hausses de la TVQ et de tarifs de plusieurs services publics, l’indépassable ex-libérale Nathalie Normandeau avait une fois de plus récidivé dans ses élucubrations en disant miser sur la «pédagogie» (La Presse, 12 avril 2010). <br/>
<br/>
La ministre, comme certains de ses amis politiciens de tous partis, confond intoxication et désinformation avec pédagogie et conscientisation. Charest et le patronat demandent au monde d’être solidaires et de collaborer pour assainir les finances publiques. Pour eux, collaborer prend le sens de se soumettre sans rechigner. <br/>
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Le patronat mise aussi beaucoup sur la pédagogie pour nous faire connaître leurs bienfaits et se faire aimer. Si on ne veut rien comprendre à leur pédagogie particulière véhiculée par leurs anciens politiciens convertis en lobbyistes, par leurs investisseurs, leurs médias, leurs organismes de recherche et leurs élus de service, et bien tant pis pour vous autres, vous les forcer alors à passer aux menaces. Y’a tout de même une mautadite limite à vous faire comprendre le bon sens et leur immense tolérance n’est pas infinie. <br/>
<br/>
Tiens, prenons le cas de la bonne industrie du gaz de schiste au Québec, contrôlée par des firmes étrangères, qui compte «seulement» 55 lobbyistes à Québec (Le Devoir, 30 mars 2011) pour «sensibiliser» Charest et sa gang avec comme lobbyiste en chef, nul autre que Lucien Bouchard, grassement rémunéré par la pétrolière Talisman et qui, malgré tout, estime «défendre les intérêts des Québécois» (Le Devoir, 25 février 2011). <br/>
<br/>
Puis-je vous rappeler poliment M. Bouchard que le 25 octobre 2005, vous avez rédigé une opinion dans La Presse intitulée: «Non aux insultes.» Persistez à prétendre défendre dans ce contexte les intérêts des Québécois est vulgaire, hypocrite et cynique et frise le mépris. Trop c’est comme pas assez, avait dit le poète français Beaudelaire. <br/>
<br/>
Pour dissiper nos réticences et nos blocages, l’industrie du gaz de schiste a donc concocté une offensive démagogique, qu’il prenne pour de la pédagogie, mise au point par le cabinet National (La Presse, 25 août 2010). Tel que signalé dans le Journal de Montréal du 31 août 2010: «Les compagnies gazières veulent calmer le jeu», c’est-à-dire fermer la trappe des gueulards invétérés que sont les groupes écologistes et soumettre la population à leurs diktats. Comme l’a dit, avec presqu’une larme aux yeux, Alain Lemaire, le boss de la papetière Cascades et du producteur d’électricité Boralex : «Les groupes de pression mènent les entrepreneurs par le bout du nez» (Le Devoir, 20 avril 2011). Vous m’en direz tant. M. Lemaire, vous feriez un tabac au Festival Juste pour rire.<br/>
<br/>
Si, supposément, les groupes qui défendent le bien commun mènent les affairistes par le bout du nez, les groupes de pression patronaux mènent Charest et son troupeau de députés et ministres par les oreilles puisque Charest a délibéré en toute «indépendance» : «Gaz de schiste: c’est l’industrie qui consultera le public» (Le Devoir, 6 mai 2011). Alors qui mène vraiment au Québec? Les libéraux pensent à protéger leur passage au privé au cas où! Je répète qu’il fait bon vivre en démocratie dans une province où le gouvernement préconise la liberté individuelle et la modernisation de l’État. Liberté et modernisme, quoi demander de mieux?<br/>
<br/>
Ah ben là, la pédagogie a ses limites. Si vous continuez à «boquer» et à être «bouchés», vous allez constater que la patience des monarques et leur tangente démocratique a tout de même ses limites: «Gaz de schiste: l’industrie pourrait poursuivre Québec.» «Il y a quelque chose de fondamentalement inéquitable dans un moratoire et ça ne peut pas rester comme ça», avait sangloté l’ex-PDG de cette industrie, André Caillé, ancien président d’Hydro-Québec qu’il aurait bien aimé privatiser et passer «GO» avant de joindre l’ADQ. <br/>
<br/>
Franchement, André Caillé, qui nous entretient sur la notion d’équité, ça vaut bien trois cloches et cinq morceaux de robot. Puis, le nouveau patriarche de l’industrie, Lucien Bouchard, en rajoute : «Gaz de schiste : Bouchard adopte un ton menaçant. L’industrie exige des compensations sous peine de poursuite pour la perte de l’accès au lit du Saint-Laurent et aux îles de l’estuaire» (Le Devoir, 1er juin 2011). Laissez-les donc opérer nos propres ressources naturelles comme bon leur semble. C’est-y assez clair? <br/>
<br/>
Ils veulent seulement contrer l’immobilisme au Québec et créer de la richesse. Aucun problème puisqu’elles ont un rigoureux code de responsabilité sociale. Comme l’a dit l’étincelant ministre libéral Clément Gignac, ex-dirigeant de la Banque Nationale, les «Québécois doivent surmonter leur malaise face aux riches», même s’ils deviennent justement riches en s’appropriant gratos et en exploitant nos ressources naturelles et nos services publics (La Presse, 16 avril 2011), gracieuseté de nos politiciens. Bande de jaloux, va! Enfin, dans un élan d’immense générosité,  Lucien Bouchard invite maintenant Québec à investir dans le gaz de schiste (Le Devoir, 1er octobre 2011).<br/>
<br/>
 Un autre ex-péquiste devenu lui aussi domestique chez Questerre, André Boisclair, a dit la même chose que son idole Lulu dans une opinion parue dans La Presse du 20 septembre 2011: «Soyons actionnaires: Des sociétés d’État devraient s’associer au développement de l’industrie du gaz de schiste.» Après, ils ont le toupet de s’autoqualifier de lucides. Les mots me manquent pour exprimer le fond exact de ma pensée. Calvinsse, ils s’approprient nos ressources naturelles pour rien, gracieuseté de leurs politiciens commandités et après ils nous les vendent à gros prix. C’est comme le gars qui vous volerait votre maison et après vous inviterait poliment à l’acheter en partie tout en restant locataire seulement. <br/>
<br/>
C’est quoi au juste la grosse joke plate du journal Le Devoir de s’éterniser sur l’idée primaire et éculée de Lucien Bouchard pendant plusieurs jours. Encore le 4 octobre 2011, gros titre, en première page SVP : «Gaz de schiste : des économistes critiques la proposition Bouchard.» Les journalistes du Devoir n’ont pas autre chose de mieux à faire que de tergiverser sur les inepties de Lulu. On le sait bien, toute idée simpliste venant d’un quelconque lucide est interprétée par nos médias comme une nouvelle géniale et audacieuse alors qu’il ne s’agit que d’une crotte intellectuelle. Nos aimables reporters les qualifient même de visionnaires. <br/>
<br/>
Et pour terminer, je prends bonne note de cet article paru dans Le Devoir du 1er octobre 2011 intitulé: «Sondage: Au Québec, les entreprises hésitent à collaborer avec les universités.» Dans mon cas, pas d’hésitation, elles ne m’ont jamais approché afin d’établir une collaboration durable et sincère. Je me demande bien pourquoi? Ça me chagrine tellement.
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/linfo]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 06 Oct 2011 13:53:07 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                   </item>
             
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                      <title><![CDATA[Les États-Unis vont se séparer avant le Québec]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Eh oui mes amis, si vous voulez mon humble avis, les États-Unis d’Amérique vont se séparer en au moins trois parties dans environ 30 ans. Les États-Unis deviendront alors les États-Désunis. <br/>
<br/>
Le clivage abyssal et les dissensions irréconciliables qui sévissent entre les fanatiques obsédés du Tea Party, des républicains et des télévangélistes face aux politiques préconisées par les démocrates et autres modérés des États-Unis, n’iront pas en s’estompant mais en s’accentuant dangereusement devant les problèmes structurels majeurs à résoudre au pays et devant la perte inexorable de pouvoir économique et politique mondial de ce pays. Les jeux sont faits et on va être témoin de l’implosion des États-Unis. Avec tout ce qui arrive, on ne peut plus dorénavant écarter cette possibilité.<br/>
<br/>
On le voit bien, les positions des ultralibéraux de droite sur la résolution de problèmes importants aux États-Unis, comme ceux de la dette publique, le système de santé, les pensions de vieillesse, la fiscalité, la criminalité, la diplomatie (ou plutôt souvent l’absence de diplomatie) internationale, etc. sont aux antipodes des solutions avancées par les démocrates. <br/>
<br/>
À l’investiture actuel du Parti républicain, c’est celui qui met de l’avant les politiques les plus ridiculement à droite qui reçoit le plus d’appuis des membres de ce parti politique, allant de Michele Bachmann à Rick Perry et de Sarah Palin à Hermain Cain. Comment, dans un aussi grand et puissant pays, de tels ignorants en sont-ils venus à prétendre à la présidence et à compter sur des millions de partisans?<br/>
<br/>
Avant, quand les États-Unis dominaient et contrôlaient économiquement et politiquement le monde, les dissensions et les problèmes internes étaient masqués. Les États-Unis pouvaient payer les coûts phénoménaux de leur présence militaire dans tous les continents, de leur horrible système de santé privé deux fois plus cher par habitant que dans tout autre pays occidental et de leurs titanesques cadeaux fiscaux accordés aux ultrariches et aux entreprises, en allant simplement piger dans les ressources naturelles et les services publics qu’ils détenaient dans de nombreux pays. <br/>
<br/>
Ne pouvant plus se servir allègrement dans l’assiette à beurre de ces pays, qui se sont extirpés de l’hégémonie américaine en nationalisant leurs services publics et leurs ressources naturelles (sauf évidemment le Canada encore et toujours entièrement inféodé à son maître), afin de payer les milliards pour leurs politiques militaires, fiscales et économiques du laissez-faire, tout cela a fait littéralement exploser les inégalités et la criminalité à des niveaux records et fait ressurgir au grand jour des problèmes jusqu’alors camouflés. Résultats : la classe moyenne s’est appauvrie, est surendettée et n’a plus les moyens de consommer, d’où la récession. Voilà où conduit la concentration excessive de la richesse. <br/>
<br/>
Ce qui exacerbe autant les intégristes de droite des States, c’est la perte rapide de leur pouvoir économique mondial face à des pays comme la Chine, la Russie, le Brésil et l’Inde, qui doivent leur immense succès à une présence importante de l’État et à la propriété collective et nationale de leurs ressources naturelles, de leurs services publics et de leurs grandes entreprises. Aurait-on pu penser, il y a seulement de ça 10 ans, lire ce titre dans Le Devoir le 14 septembre dernier : «Le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine se réuniront à Washington pour établir un plan visant à aider la zone euro à se remettre sur les rails.» Ayoye, ça fait mal à l’égo des pays colonisateurs. <br/>
<br/>
Aux États-Unis, les déments de droite tiennent non seulement à un État minimal pour ne pas dire néant, mais cultivent aussi la haine de ceux qui militent pour l’intervention des gouvernements, même dans les services sociaux de base, en les traitant de socialistes et de communistes pour faire peur au monde. Pour ces maniaques, c’est l’individualisme et leurs fausses libertés individuelles qui priment au détriment du bien commun qu’il faut absolument abattre. L’individualisme à tout crin n’est pas la solution mais le problème qui mène au chaos. <br/>
<br/>
Même des pays européens, sud-américains, asiatiques et africains alliés ont pris leur distance face aux États-Unis depuis l’ère folle de Bush junior, Rice, Cheney, Rumsfeld et compagnie. Mieux vaut dorénavant être sur ses gardes et prêt à toute éventualité si jamais une débile comme Sarah Palin prend le pouvoir. Depuis la présidence de Bush Jr. et de son équipe de survoltés, les États-Unis ont perdu leur vernis et leur influence au niveau de la diplomatie internationale. Ils ne commandent plus du tout le même respect. On n’a plus peur de les confronter. Tiens, même l’ex-président mexicain Vicente Fox, qui a étudié aux States et qui a toujours représenté un allié fidèle, a fait récemment la leçon à l’actuel président des États-Unis, Barack Obama, en ces termes très durs : «Le problème avec les États-Unis, c’est qu’ils interviennent partout en pensant qu’ils proposent des solutions alors qu’ils ne font que créer des problèmes» (Le Devoir, 30 mai 2011). On parle ici de l’ancien président de droite du Mexique Vicente Fox et non de Fidel Castro ou de Hugo Chavez. <br/>
<br/>
Eh oui, après l’Union soviétique, la Yougoslavie, la Tchécoslovaquie, le Soudan, etc., voilà que les États-Unis vont se disloquer en au moins trois États indépendants, dont deux États modérés et économiquement puissants mais trop éloignés géographiquement pour n’en faire qu’un, le Nord-est (New York, Massachusetts, Pennsylvanie, Illinois, etc.) et l’Ouest (Californie, Washington, etc.)  et un autre pays formé des États très à droite du Sud et du Centre avec en tête de liste le Texas. C’est bien pour dire, les États-Unis vont se séparer avant le Québec et le reste du Canada ou peut-être au même moment si l’Alberta décidait de se joindre au nouvel État du Centre-sud des États-Unis. Imaginez, le Québec obtiendrait son indépendance grâce à la défection de l’Alberta conservatrice.<br/>
<br/>
La perte de pouvoir et d’influence internationaux amène plusieurs Américains à ne pas le reconnaître et à ne pas l’accepter. Comme ils veulent continuer à dominer et à contrôler le monde, en n’ayant toujours plus les moyens de leurs ambitions, cela va alimenter davantage leur fanatisme et leur esprit belliqueux, créant au passage des remous et des clivages profonds, irréconciliables, provoquant des soulèvements populaires qui feront sauter et éclater le pays en au moins trois États indépendants. Vous allez voir dans trente ans et vous m’en donnerez des nouvelles. <br/>
<br/>
La façon tonitruante avec laquelle ils ont fêté le dixième anniversaire du 11 septembre (omettant les millions de morts, blessés, orphelins, veufs en Irak) et la ridicule et envahissante présence militaire avec les drapeaux, les militaires, les avions et autres dans tous les matchs de sports amateurs et professionnels, entre autres, démontrent bien la fragilité de la marmite américaine prête à sauter à n’importe quel moment. Comme le chantait Mitsou, «Bye bye mon cowboy»!.
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Fri, 30 Sep 2011 08:55:54 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon</author>
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                      <title><![CDATA[À ceux qui prétendent que l'État est toujours trop gros]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Cet article s’adresse aux faiseux de tous âges, de toutes races et de tout sexe qui logent très souvent très à droite et qui réclament et imposent continuellement des réductions drastiques aux programmes sociaux de l’État «boulimique» afin de le dégraisser. <br/>
<br/>
Pour ces activistes, les nombreux et coûteux programmes d’aide gouvernementale aux entreprises, les abris fiscaux consentis et les paradis fiscaux tolérés aux Crésus, c’est correct et même nécessaire, car ça aide la crème de notre élite à créer plus de richesse pour le bon peuple et ça freine l’exode de nos rares cerveaux. Faut bien les gâter et faire preuve de tolérance fiscale à leur endroit, sinon ils vont partir à tout jamais. Que serions-nous sans eux? Je vous le demande. Selon moi, le Québec, et même le Canada, devraient très vite déclarer banqueroute. Vous ne voulez pas que ça arrive, alors il n’en tient qu’à vous. Faut les aimer. Comme le chantait si bien Jacques Brel : «Ne me quitte pas.» Ou Dick Rivers, dans un style différent de Brel : «Je ne suis plus rien sans toi.» <br/>
<br/>
Mes frères et mes sœurs, prenons le cas de Walmart d’Arkansas aux États-Unis, dont les principaux actionnaires sont depuis toujours la famille Walton. Avec des revenus bruts annuels de 422 G$ en 2010, elle est 6,5 fois plus grande que le Québec (revenus bruts de 65 G$ en 2011) et 1,7 fois plus gigantesque que le Canada (249 G$ de revenus bruts en 2011). Les smattes de tout acabit et les légionnaires du tout privé pourraient-ils, si c’est possible, me dire au nom de quel a priori une seule famille, même américaine, peut-elle gérer une entreprise 6,5 fois et 1,1 fois plus grande que le Québec et le Canada, qui possède des milliers de filiales dans le monde et qui compte des millions d’employés alors que nous, collectivement, on ne peut supposément pas, par le biais de l’État et de nos organismes publics? <br/>
<br/>
Bien évidemment, pour répondre à cette question, les mascottes et les majorettes du privé vont encore une fois me sortir leur cassette idéologique usée à la corde, regorgeant de dogmes éculés et de doctrines primaires. Et faute d’arguments censés, ils vont finir par clore tout débat en démontrant «scientifiquement» que le privé c’est mieux parce que ça relève des «lois naturelles» du marché.  En science, un postulat de base n’a pas à être nécessairement vrai ou démontré empiriquement. C’est absolument ça le postulat de la supériorité implicite du privé sur le public. Il faut l’accepter sans rechigner. Ayez, je vous en prie, un esprit scientifique. Merci! On le voit bien ici au Canada : Air Canada, Petro-Canada, CN, Bombardier, etc. c’est beaucoup mieux pour tout le monde depuis que nos élus ont privatisé ces joyaux collectifs sans le moindre débat public. On aurait dû les poursuivre en justice pour abus de biens publics.<br/>
<br/>
Si on prend la liste des 500 plus grandes compagnies mondiales pour l’année 2010, telle que compilée par la revue Fortune, le Québec se classerait au 111e rang, tout de suite après la compagnie Medico Health Solutions et beaucoup plus loin que le 200e rang si on ajoute les pays, les départements et les provinces d’ailleurs. <br/>
<br/>
Royal Dutch Shell, qui a fermé sa raffinerie de Montréal, est 6 fois plus grande que le Québec. Alors, pour le président de Shell, le premier ministre Jean Charest et ses ministres ne pèsent pas très lourd dans sa prise de décision. Il en est de même pour les dirigeants de Rio Tinto Alcan, Electrolux et IQT, qui ont fermé récemment des usines au Québec sans daigner informer à l’avance qui que ce soit au gouvernement et qui, en plus, ont prétexté être trop occupés pour rencontrer des ministres libéraux comme Raymond Bachand (qui demande à la population, pas aux entreprises, d’être solidaires si on veut atteindre rapidement le déficit zéro) et l’ex-banquier recyclé en ministre libéral, Clément Gignac (qui demande au peuple, pas aux compagnies, d’être raisonnables). Ces compagnies peuvent tout faire au nom du libre marché et non pas à se justifier à qui que ce soit. C’est-y assez clair? <br/>
<br/>
Plusieurs multinationales pharmaceutiques, comme les américaines Pfizer et Merck, sont nettement plus imposantes que le Québec et, comme ils forment de fait un monopole privé, ils peuvent imposer leur loi et leurs prix. Et si vous avez le malheur de rouspéter un petit peu, elles vont, dans des gestes de grande responsabilité sociale, arrêter de produire et de distribuer des médicaments essentiels à la vie comme dans : «Ruptures de stock de médicaments : le ministre libéral Bolduc se dit préoccupé» (La Presse, 10 août 2011). Préoccupé... sans plus. Idem aux States : «Pénuries de médicaments vitaux aux É.-U.» (Journal de Montréal, 5 septembre 2011). <br/>
<br/>
Pour expliquer ces pénuries artificielles qui s’assimilent à un ignoble chantage de la part des pharmaceutiques, Cynthia Reilly de l’American Society of Health System Pharmacists a affirmé : «Du fait de l’importante consolidation du secteur pharmaceutique [lire cartel ou mafia] ces dernières années, on se retrouve parfois avec une (sic) ou deux firmes fabriquant le même produit.» Allô concurrence au sein des pharmaceutiques et des banques, des pétrolières, des firmes de génie-conseil, des entrepreneurs en construction, des compagnies aériennes, de téléphone et de télédistribution, etc. Si vous trouvez de la concurrence dans ces secteurs d’activité, auriez-vous l’obligeance de me le laisser savoir s’il vous plait. Ah que le privé est meilleur que le public. Tout est bien meilleur dans le privé. C’est pourquoi je ne peux pas vous énumérez ses avantages par rapport à l’État car la liste serait infinie. <br/>
<br/>
Le Parti libéral de Jean Charest avait bien raison de développer sa stratégie économique sur le thème de «Moins d’État, plus de privé» (Journal de Montréal, 14 octobre 2005). Quel grand homme public. Toujours et en tout temps au service du bien commun. Et il y a son ex-ministre, la grandiose Monique Jérôme-Forget, qui affirmait, en parlant des services publics rendus par l’État, vouloir dégraisser «le mammouth» à son propre rythme. C’est elle la boss qui décide pour nous. Madame la Queen des PPP, si le Québec est un mammouth, Walmart, Exxon Mobil et Bank of America, sont quoi au juste? Elle aussi est probablement trop occupée pour me répondre, moi qui n’est qu’un fonctionnaire depuis toujours et heureux de l’être.<br/>
<br/>
Enfin, que dire du titre de cet article de La Presse du 30 juillet dernier: «Apple plus riche que les Etats-Unis.» Ayoye! Apple a juste une petite encaisse de 76 G$ dans son compte de banque contre 74 G$ pour le gouvernement américain. Steve Jobs, le co-fondateur d’Apple, un succès mondial incroyable, peut se reposer en paix. Faudrait importer des Steve Jobs pour sortir notre Québec Inc. de son immobilisme notoire. <br/>
<br/>
Même si on retrouve de la moisissure et du bois pourri dans nos écoles («Une soue à cochons», La Presse, 13 septembre 2011), dans les urgences de nos hôpitaux («Urgences en ruine», La Presse, 15 février 2011), qui n’ont d’urgence que le nom puisqu’il faut attendre souvent plus de 12 heures sans s’impatienter, et dans nos universités («Insalubrité à l’université», La Presse, 20 septembre 2011), eh bien notre Charest national trouve que l’État est encore trop gros et il vient d’annoncer des coupes additionnelles de 800 M$ principalement dans les secteurs de la santé et de l’éducation. <br/>
<br/>
Respectueux envers ses commettants, Jean Charest n’a pas touché aux 6 G$ de subventions l’an consenties aux entreprises, même milliardaires (selon les données du Fraser Institute), contre 3 G$ par année pour l’Ontario, et n’a pas osé réduire les 400 M$ de subventions annuelles que le Québec verse aux écoles privées contre zéro en Ontario. Connaissez-vous beaucoup d’enfants de ministres et d’affairistes qui fréquentent l’école publique et qui poireautent 12 heures à l’urgence de l’hôpital public? Charest et Harper sont des hommes d’honneur. Faut leur donner ça. Pour eux, l’État sera toujours trop gros sauf pour l’armée et les mercenaires privés et le privé toujours trop petit. <br/>
<br/>
C’est pourquoi ils privatisent et sous-traitent à tour de bras afin de donner des contrats et des pans entiers de nos ressources naturelles et de nos services publics à leurs petits amis qui les financent et qui les embauchent après leur service politique et même, à l’occasion, durant leur stage en politique. Ma retenue et ma politesse exemplaires m’interdisent de mentionner des noms, mais j’en connais, et probablement vous itou.
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 22 Sep 2011 09:56:52 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon</author>
                      <guid isPermaLink="true">http://www.journalmetro.com/paroles/article/976563</guid>
                   </item>
             
                  <item>
                      <title><![CDATA[À ceux qui prétendent que les syndicats mènent]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Les milords et leurs milices aiment bien faire accroire au monde que ce sont les syndicats qui mènent au Québec et au Canada, comme dans le cas du titre de cette opinion parue dans Les Affaires et signée par tous les chefs patronaux : «Québec doit cesser de céder aux pressions syndicales» et de cet article publié dans Le Devoir : «Seul un gouvernement libéral peut tenir tête aux syndicats, selon Charest». Et il y a ceux qui les croient dur comme fer. Uniquement à l’aide du cas empirique de l’industrie pétrolière et minière, on va voir qui mène vraiment au pays. <br/>
<br/>
Tiens, lors d’une importante conférence de l’ONU sur le climat à Bali, l’ex-ministre conservateur John Baird était accompagné d’un représentant des pétrolières (La Presse, 11 décembre 2007), soit le président de la transnationale Encana. Pas un syndicaliste ou un écologiste, mais un dirigeant d’entreprise. Voyons donc, tout le monde sait que les PDG ont tous à cœur l’intérêt collectif. Puis, dans Le Devoir du 19 décembre 2009, ce titre : «Un proche de Prentice [ex-ministre conservateur, maintenant vice-président à la Banque TD] lobbyiste pour Esso.» Un lobbyiste pour défendre les subventions fédérales de plus de 2 G$ l’an versées aux pauvres pétrolières. <br/>
<br/>
Et aussi : «Table ronde nationale sur l’environnement et l’économie : Un dirigeant de l’industrie du charbon [TransAlta] conseillera le gouvernement Harper» (La Presse, 28 juin 2008). Conseiller Harper pour lui dire que le charbon ne pollue pas, bien évidemment. Seulement au Québec, il y a «55 lobbyistes pour vanter le gaz de schiste» (Le Devoir, 30 mars 2011) avec, en tête, le grand manitou Lucien Bouchard qui, faisant preuve de cynisme, comme à son habitude, a prétendu défendre les intérêts des Québécois (Le Devoir, 25 février 2011). <br/>
<br/>
Pas ceux de son employeur, la pétrolière Talisman qui le paie très grassement, mais ceux du peuple québécois. Quelle grandeur d’âme. Un autre ancien politicien recyclé en lobbyiste pour défendre bec et ongles les affairistes. Plus payant que de défendre les chômeurs et les assistés sociaux, n’est-ce pas? Et ça continue. Le Devoir vient de recenser une centaine de lobbyistes au registre québécois dans le seul secteur minier (13 septembre 2011). <br/>
<br/>
Oh, oh, que dire de celle-ci mes amis : «Climat : 1 570 lobbyistes à l’assaut du fédéral» (Le Devoir, 5 décembre 2009) et de cette autre : «Industrie pétrolière et conservateurs : Plus de 1100 rencontres depuis trois ans» (La Presse, 31, 31 mars 2011). Ayoye! Les accusateurs des syndicats top puissants peuvent-ils me dire combien les syndicats ont de lobbyistes en permanence à Ottawa et à Québec? Après ça, ils nous disent sans rire : «L’industrie pétrolière veut équilibrer le débat» (Le Devoir, 27 juin 2008). Ben voyons donc! Tout le monde sait que ce sont les syndicats et les écologistes qui mènent et qui oppriment les pétrolières, les minières et le patronat en général. Pour bien faire passer leur message, ils peuvent bien mentir un petit brin comme : «Sables bitumineux : Publicité mensongère sur l’écologie» (Journal de Montréal, 14 août 2008) et «Réchauffement climatique : Un lobby [pétrole et charbon] américain a sciemment menti» (La Presse, 26 avril 2009). Ils mentent pour notre bien et pour essayer de faire contrepoids aux gros syndicats. <br/>
<br/>
À bien y penser, peut-être que Lucien Bouchard et ses pétrolières, Yvan Loubier (ancien du Bloc québécois) et ses minières et Guy Chevrette (ex-ministre péquiste) et ses papetières travaillent vraiment pour les Québécois et les Canadiens, comme le signale le titre de cet article de La Presse du 13 mai 2011 : «Plus d’économie et moins d’environnement, demandent les pétrolières.» En fait, l’environnement et les syndicats, qu’ossé que ça donne? C’est pour ça itou qu’ils demandent moins de syndicats qui les irritent beaucoup. Ça ne fait que nuire à la création de richesse et nous enlise davantage dans l’immobilisme momifiante. En tout cas, on ne peut certainement pas les accuser d’être «cheaps», comme le signale cet article : «L’industrie pétrolière finance une réunion ministérielle sur l’énergie» (Le Devoir, 18 juillet 2011). Comme à leur habitude, les ministres se sont laissés «financer» par le privé, geste qui est totalement désintéressé. Voyons donc! <br/>
<br/>
J’espère que vous ne leur prêtez pas des intentions malveillantes. Esprits tordus, va… C’est tout simplement et uniquement de l’altruisme avec un grand «A». Pour contrer les regroupements de travailleurs, les affairistes nous ont prévenu : «Les gens d’affaires vont intervenir davantage face aux riches [sic] syndicats.» Ils ont tenu parole et ne se gênent surtout pas d’intervenir en masse pour le bien commun et pour nous protéger des méchants syndicats. Pouvez-vous gentiment inviter ceux qui colportent que ce sont les syndicats qui mènent d’aller se faire cuire un œuf? En passant, les associations patronales comme le Conseil du patronat et les Chambres de commerce, avec leurs milliers de lobbyistes et leurs groupes de recherche dogmatiques, c’est quoi si ce n’est pas des syndicats patronaux mille fois plus gros et plus puissants que les syndicats de travailleurs? Et qui, selon vous, finance abondamment les partis politiques?
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Fri, 16 Sep 2011 08:20:42 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
                      <guid isPermaLink="true">http://www.journalmetro.com/paroles/article/970375</guid>
                   </item>
             
                  <item>
                      <title><![CDATA[Parlons salaires aux States]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Oh, oh, le maire de la très huppée ville de Westmount, Peter Trent, a monté récemment aux barricades et s’est attaqué «courageusement» aux «pensions en or» des employés municipaux de la province. Il a dit, presque les larmes aux yeux: «C’est le payeur de taxes qui paie pour ces pensions en or.» (Journal de Montréal, 1er mars 2011) Émouvant de voir un preux chevalier défendre les pauvres payeurs de taxes de… Westmount! M. Trent, me donnez-vous la permission de vous poser une question? La revue américaine Business Week du 17 juillet dernier nous apprend que Vikram Pandit (Pandit, pas bandit), le PDG de la banque Citigroup, vient de recevoir un p’tit 92 M$ de rien du tout afin de retenir ses précieux services. La même banque, M. Trent, qui a englouti des milliards en spéculant sur des produits financiers toxiques et qui a reçu 100 G$ en fonds publics de Barack Obama. <br/>
<br/>
M. Trent, qui paie le magot de 92 M$ à ce PDG et aux autres dirigeants d’entreprises et qui a payé l’aide gouvernementale de 100 G$ consentie à Citigroup? Je suppose que personne ne paie pour les magots des patrons… ça tombe peut-être du ciel. Si vous qualifiez de pension en or les montants versés aux employés municipaux, comment qualifiez-vous le moton de 92 M$ versé au président de Citigroup? J’attends impatiemment votre réponse, M. Trent. <br/>
<br/>
Toujours dans Business Week (1er septembre 2008), il est mentionné qu’un dirigeant de l’une des 500 plus grandes compagnies américaines gagne en 3 heures ce qu’un travailleur payé au salaire minimum (et il y en a beaucoup aux States) gagne en un an. Merveilleuse répartition de la richesse. En 2010, les banquiers et les courtiers qui sont responsables de la terrible crise financière aux États-Unis qui n’en finit plus et qui ont reçu des milliards en subventions, se sont partagé la coquette somme de 135 G$ en 2010 (Le Devoir, 14 février 2011). 135 G$, non 135 M$. Ça, c’est vraiment faire preuve de solidarité avec le peuple. Récession vous dites? <br/>
<br/>
Mais quelle récession au juste, comme le démontre le titre de cet article de La Presse du 7 mai 2011: «Les PDG américains gagnent plus qu’avant la récession. Les patrons ont gagné 9 M$ en moyenne en 2010.» Faire preuve de retenue c’est pas leur «fort». La récession, les patrons laissent la population s’arranger avec ça. Ils ne peuvent tout de même pas tout faire. Eux qui plaident pour l’État minimal, exigent toutefois que le gouvernement fasse payer les victimes, en l’occurrence la population, pour les pots qu’ils ont cassés. Ça relève de leur conception très particulière qu’ils ont de la responsabilité sociale de l’entreprise. Ça fait partie aussi des dommages collatéraux du capitalisme débridé comme il y en a dans les conflits armés. C’est en quelque sorte inéluctable. On ne peut pas faire d’omelette sans casser des œufs, n’est-ce pas mes amis? Ah ben, certains me taxent de go-gauche en m’accusant de m’en prendre «gratuitement» aux pitances, qu’ils considèrent somme toute raisonnables, de nos créateurs de richesse.   <br/>
<br/>
Faudra, mes amis, inclure également George W. Bush lui-même dans le clan des gauchistes purs et durs: «PDG trop payés» qu’il a dit (Journal de Montréal, 1er février 2007) et en a même rajouté: «Bush reconnaît une aggravation depuis plus de 25 ans» (Le Devoir, 1er février 2007). À l’avenir, pensez-y, deux et même trois fois avant de me crier des noms pas du tout gentils. Le ministre libéral québécois, l’ex-banquier Clément Gignac, n’est pas du tout d’accord avec Bush et il lui aurait la leçon, comme il nous l’a fait: «Les Québécois [et Bush] doivent surmonter leur malaise face aux riches.» (La Presse, 16 avril 2011) Disons, un malaise de plus pour Bush. Mets-ça dans ta pipe Bush. <br/>
<br/>
Comme je suis très original, une autre de mes nombreuses qualités, je dirais même de mes trop nombreuses qualités, ma prochaine chronique ou la suivante s’intitulera: «Parlons salaires au Canada». Je vais vous faire une confidence: à la longue, ça devient très lourd à porter, jour après jour, d’avoir tant de qualités qui, pour certains, sont plutôt de très gros défauts.<br/>
<br/>
Trêve de plaisanterie. Terminerons cette chronique avec cet article du Devoir du 1er septembre 2011: «Etats-Unis: Généreuses avec leur PDG., chiches avec le fisc… 25 grandes entreprises paient mieux leur patron qu’elles ne versent d’impôt.» Faut surtout pas s’énerver le poil des jambes. Ça pourrait être bien pire qu’aux States, comme au Québec où très exactement 156 677 entreprises, soit 49 % des compagnies faisant affaires au Québec, n’ont payé aucun impôt sur le revenu en 2007 (dernière année disponible) sur des profits nets de plusieurs milliards de dollars mais n’ont toutefois point manqué de verser des millions en salaires à leurs dirigeants et des milliards en dividendes à leurs actionnaires. Dans la vie, faut savoir bien cibler ses priorités. C’est un «must». <br/>
<br/>
Et pour les firmes qui ont payé des impôts sur le revenu au Québec (environ 3,5 G$ l’an), si on déduit les 6 G$ de subventions qu’elles ont reçus et provenant directement des poches des Québécois, on arrive à un solde négatif pour l’ensemble des entreprises opérant dans la province (Selon l’Institut Fraser, le Québec, royaume des subventions – La Presse, 28 novembre 2009). Une question juste pour vous avant de m’en aller qui découle du titre de cet article du Devoir du 27 avril dernier: «Gaz et pétrole: L’exploration rapporte moins d’un million au Québec?» Question: Et, combien ces gazières et pétrolières ont reçu en subventions gouvernementales et combien ont-elles versées à leurs patrons? Parlant justement de vaches sacrées et dorées…<br/>
<br/>
<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
                      ]]></description>
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                      <category><![CDATA[french/chroniqueurs]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 08 Sep 2011 13:40:54 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
                      <guid isPermaLink="true">http://www.journalmetro.com/chroniqueurs/article/963551</guid>
                   </item>
             
                  <item>
                      <title><![CDATA[Taxer les richards du Québec et d’ailleurs]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Entendons-nous bien camarades. J’écris «taxer les richards» dans le sens des riches et non les familles Richard. En tout cas. Peut-être un petit brin Michèle Richard.<br/>
<br/>
Oh, surprise, la semaine dernière l’américain milliardaire Warren Buffett, la troisième fortune de la planète et propriétaire du fonds d’investissement Berkshire Hathaway, a imploré les gouvernements de taxer davantage les milliardaires (La Presse, 16 août 2011). Il a plaidé pour une hausse des impôts sur le revenu des nababs et non de la taxe de vente à la consommation qui pénalise encore plus la classe moyenne au seul profit des monarques, même si Jean Charest et ses milices trouvent la TVQ équitable. Dans leur cas, le jupon dépasse. <br/>
<br/>
Monsieur Buffett aurait bien pu suggérer l’instauration d’une taxe de vente fédérale puisqu’il n’y en a pas aux States. Nos politiciens et nos affairistes d’ici n’ont pas cette honnêteté intellectuelle. Il a dit: «Mon taux d’imposition réel sur mon revenu «imposable» est de 17,4% au fédéral alors que celui des personnes travaillant dans mon bureau est compris entre 33% et 41%». <br/>
<br/>
Comme le bénéfice imposable exclu plusieurs revenus (50% des gains de capitaux, options d’achats d’actions, gains réalisés mais non encaissés sur plusieurs actifs comme les actions, les fiducies familiales, les dons souvent effectués leurs fondations personnelles, etc.), qu’il est beaucoup réduit grâce à l’utilisation d’un déluge d’abris fiscaux pour riches (CÉLI, REER à 22 000$, dividendes, REEE, REEI, etc.) et qu’il omet les fonds détournés dans les paradis fiscaux et ceux non déclarés, disons que son taux d’impôt effectif sur son véritable revenu économique (qui est beaucoup plu élevé que le revenu imposable) est largement inférieur à 17,4% comme c’est le cas pour tous les nantis. <br/>
<br/>
Il y a un monde de différence entre le taux d’impôt légal ou statutaire et le taux d’impôt réel ou effectif et deux mondes de différences entre le revenu économique (qui mesure réellement votre richesse) et le strict revenu imposable. Au Canada, c’est pareil malgré les hauts cris des pachas supposément trop taxés. En 2005, une étude de Statistique Canada, tel que rapporté par Yves Séguin, l’ex-ministre libéral des Finances et avocat fiscaliste de formation, avait révélé que le taux réel d’imposition des contribuables gagnant 150 000$ et plus par année n’était pas de 50% comme ils le prétendent souvent, mais bel et bien d’un gros 16% (Journal de Montréal, 12 décembre 2005). <br/>
<br/>
Monsieur Buffett n’est pas le seul milliardaire aux États-Unis à avoir interpellé les élus à rehausser l’impôt des seigneurs économiques, donc à accepter de payer eux-mêmes plus d’impôts par souci d’équité et par compassion pour la classe moyenne et les démunis. C’est tout à leur honneur. Mentionnons, entre autres, Bill Gates père (fondateur de Microsoft) et son fils Bill junior; le géant des médias et ancien propriétaire des Braves d’Atlanta, Ted Turner; le financier George Soros; l’acteur Paul Newman; des membres des riches et puissantes familles Rockefeller et Roosevelt, etc. Et, contrairement à nos économistes ultralibéraux locaux, eh bien les économistes américains, et non cubains, ont également recommandé aux politiciens américains d’augmenter l’impôt sur le revenu des riches (pas les taxes à la consommation ou les tarifs des services publics) : «Tax reform to U.S. growth. Wealthy Americans should pay increasingly higher taxes, economists say» (National Post, 26 novembre 1996). <br/>
<br/>
Taxer davantage les millionnaires afin de stimuler la croissance économique et donc créer plus de richesse qu’ils ont dit. C’est pas du tout pareil au discours tenu ici par le patronat, les politiciens et leurs économistes de service qui prétendent le contraire. Pas sérieux pour cinq cennes, ils essaient de nous faire accroire que pour stimuler la croissance et créer de la richesse, qu’il faille plutôt abaisser les impôts des Crésus et des compagnies. Effectivement, ça crée de la richesse… mais pour les entreprises et les gras durs. <br/>
<br/>
Puis, en Allemagne, 44 milliardaires qui n’estimaient ne pas en faire assez «pour leur pays ont proposé au gouvernement de créer une taxe annuelle de 5% sur la richesse (qui est mille fois plus élevée que le revenu annuel imposable)» (La Presse, 24 octobre 2009). Et c’est pas fini. Un récent article de Marc Thibodeau de La Presse du 18 août 2011 signalait : «France : Des riches veulent payer plus d’impôts.» Avez-vous déjà entendu un riche du Québec ou du Canada tenir un tel discours? Mais non, ils proposent et exigent tout à fait le contraire. <br/>
<br/>
Même si au Canada et au Québec les entreprises jouissent «des taux d’imposition parmi les plus bas au monde» (La Presse, 5 mars 2010), eh ben la semaine dernière les banques canadiennes (les championnes utilisatrices des paradis fiscaux) ont demandé un assouplissement du régime fiscal afin qu’elles et les autres compagnies canadiennes paient moins d’impôts. Les mêmes banques qui réalisent continuellement des profits records et les mêmes banquiers (Jacques Ménard de la Banque de Montréal pour ne pas le nommer) qui feignent d’être dévastés par le décrochage scolaire et l’état lamentable de notre système de santé publique. «Les banques canadiennes veulent un assouplissement du régime fiscal» (Le Devoir, 16 août 2011). Les mots me manquent pour les qualifier avec justesse. Décodé ça veut dire : «Encore moins d’impôts» tel que l’a signalé l’excellent éditorial de Jean-Robert Sansfaçon dans Le Devoir du 18 août 2011. <br/>
<br/>
Ämes sensibles, ne lisez pas ce cri du cœur lancé en 2003 par le Conseil du patronat du Québec (CPQ). Ça pourrait vous virez complètement à l’envers et pour longtemps: «Le CPQ estime qu’il faut aider les mieux nantis en réduisant leurs impôts» (Le Devoir, 13 décembre 2003). Pas aider la classe moyenne et les pauvres mais aider les monarques. Nos affairistes n’ont absolument rien à leur épreuve. Baisser les impôts des princes économiques et aussi, en sous-entendu, augmenter leurs subventions publiques, bonifier leurs abris fiscaux et fermer les yeux sur l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux qu’ils pratiquent allégrement sans aucune gêne. <br/>
<br/>
Et, ne voulant pas céder le pas au patronat, il y a : «Les médecins spécialistes demandent une baisse d’impôts pour les plus riches» (Le Devoir, 20 octobre 1999). Leurs faveurs ont été entendues et exaucées par Jean Charest: «Charest y tient aux baisses d’impôt» (Journal de Montréal, 1er mai 2007) et ce même si une vaste majorité de Québécois avaient dit: «Les baisses d’impôt ne sont pas prioritaires pour les Québécois» (Les Affaires, 5 février 2005) et «Les Québécois préfèrent leurs programmes sociaux aux baisses d’impôts» (Journal de Montréal, 12 avril 2005). <br/>
<br/>
Enfin, un dernier souhait comblé par Jean Charest à ses amis : «Le CPQ (Conseil du patronat) préfère une taxe à la consommation à l’impôt sur le revenu» (Le Devoir, 6 juillet 1994). Demandez, et vous recevrez : «Double hausse de la TVQ envisagée pour 2011» (Journal de Montréal, 1er novembre 2009). Quel grand cœur ils ont. Le patronat qui préfère une taxe à la consommation. Facile à dire quand les compagnies n’en paient pas et n’y sont pas assujetties. <br/>
<br/>
Une dernière très comique avant de vous quitter. Un qui au Québec n’est pas du tout d’accord avec Warren Buffett et ses amis milliardaires américains est l’éloquent Bernard Landry qui a déjà dit: «Faire payer les riches, Bernard Landry n’y croit pas» (La Presse, 26 juin 1996). En cela, Bernard rejoignait l’idéologie véhiculée par l’Institut économique de Montréal et son économiste Norma Kozhaya, qui a affirmé: «Faire payer les riches est inefficace» (Le Devoir, 27 mars 2004). <br/>
<br/>
J’arrête ça drette là. J’en ai assez dit. À vous mes amis de prendre bonne note, de tirer vos propres conclusions et surtout de réagir en conséquence selon vos moyens même modestes.
                      
                      
                      
            
                      
                      
                      ]]></description>
                      <link>http://www.journalmetro.com/linfo/article/957200</link>
                      <category><![CDATA[french/linfo]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Wed, 31 Aug 2011 17:03:17 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Ça brasse et ça varge en Grande-Bretagne]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Dans les années 1980, la «dame de fer», Margaret Thatcher, a instauré envers et contre tous, le néolibéralisme à tous crins en Grande-Bretagne. Au menu, des privatisations à la tonne, allant de la santé à l’eau, en passant pas la réduction massive de l’État, la déréglementation et le décloisonnement afin de laisser le privé agir à sa guise, la désyndicalisation et la restriction du droit de grève, les baisses d’impôts pour les entreprises et les riches, alouette. Tout ça au nom évocateur de la création de richesse et de la liberté individuelle. Ces politiques «lucides» et «courageuses» appliquées avec des résultats catastrophiques en Irlande, en Nouvelle-Zélande, en Islande et aux States ont toutefois été chaudement applaudies par la caravane tonitruante des milices de la droite du Canada comprenant le patronat et ses majorettes politiques, universitaires, médiatiques et institutionnelles versées dans des recherches d’un certain genre.<br/>
<br/>
Et v’lan, comme aux États-Unis, la marmite a sauté. Il y a une limite à mépriser la classe moyenne et les moins fortunés en les prenant pour des imbéciles et d’essayer de leur vendre à tout prix et surtout de leur imposer des politiques qui les appauvrissent, qui démantèlent leurs services publics, haussent leurs impôts et taxes et privatisent aux opportunistes leurs instruments collectifs et leurs ressources naturelles. Lors des dernières émeutes en Angleterre, le premier ministre David Cameron a fait preuve de répression envers les manifestants et a «qualifié les émeutes de banale criminalité» (Le Devoir, 11 août 2011). Il a menacé d’appliquer une politique de «tolérance zéro» (Le Devoir, 15 août 2011). Consternant et pathétique. Réduire ces mouvements massifs à de simples actes de délinquance sans évoquer les conditions socio-économiques des Anglais «ordinaires» est indigne d’un dirigeant politique et illustre clairement les groupes et les intérêts qu’ils défend. <br/>
<br/>
Faisons, si vous me le permettez, une brève revue de presse. En 2008, il y eut une «grève sans précédent au Royaume-Uni» (Le Devoir, 25 avril 2008) et en 2010, «Émeute étudiante. Londres s’embrase» (La Presse, 10 décembre 2010). Là aussi, je suppose que les grévistes et les étudiants n’étaient que des fauteurs de trouble isolés, probablement et certainement des communistes. Les manifestations monstres de cette année font donc suite à plusieurs autres survenues dans un passé récent et mettant en présence plusieurs groupes révoltés contre tant d’inégalités économiques et de l’abyssale concentration de la richesse.  Comme toujours, les élus restent impassibles devant ces messages lancés par la population. Bien au contraire, ils appliquent des mesures d’austérité qui amplifient les injustices.<br/>
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Juste pour vous, j’ai recueilli dans mes archives old school de découpures de journaux, des articles éloquents qui illustreront la base du problème et les fondements économiques et sociaux qui ont mené à un tel ras-le-bol des Anglais… Commençons par un article de La Presse du 29 avril 1997 intitulé: «Pauvreté, version anglaise», dans lequel on signale  «qu’un enfant sur trois en Grande-Bretagne vit dans la pauvreté, le Royaume-Uni se retrouvant sous ce rapport, de toute l’Union européenne, en avant-dernière position». Very interesting indeed my dear! Le rouleau compresseur de madame Thatcher faisait alors son œuvre. Et puis, que dites-vous mes amis de «Un million d’enfants britanniques dans la misère» (Journal de Montréal, 3 septembre 2003), et de celle-ci: «Royaume-Uni! 26% des enfants vivent sous le seuil de pauvreté» (Journal de Montréal, 12 juin 2007). Il y a aussi le titre de cet article de La Presse du 12 juillet 2007 qui porte à réflexion : «La crise des hypothèques à risque se répand. Au Royaume-Uni, de plus en plus de ménages sont insolvables» et ajoutons-en une autre comme: «Royaume-Uni: riches et pauvres. Le fossé plus profond» (Journal de Montréal, 18 juillet 2007). Dans ce dernier texte, on mentionne que «le fossé entre les riches et les pauvres n’a jamais été aussi profond depuis 40 ans». Unbelievable!<br/>
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Pour atténuer l’écart entre les riches et les pauvres, comme l’ont fait ici les péquistes et les libéraux, «David Cameron serre la vis aux assistés sociaux» (La Presse, 11 novembre 2010). Shame on you mister! Mais la bonne nouvelle est qu’en Grande-Bretagne «les grandes fortunes toujours plus riches» (La Presse, 9 mai 2011). Very exciting! Au début de cet article, il est dit que «malgré la crise, les grandes fortunes britanniques ont vu leur richesse gonfler en moyenne de 18% dans les douze derniers mois». Moi je n’aurais jamais écrit «malgré la crise», j’aurais plutôt dit «grâce à la crise» défrayée par le bon peuple comme toujours. Ah oui, toute cette pauvreté et ces inégalités économiques font que: «Plus haut niveau depuis 100 ans. Nombre record de meurtres en Grande-Bretagne». Nombre record de meurtres en Angleterre mais pas autant qu’aux États-Unis.  Les Américains tiennent beaucoup à préserver ce record. <br/>
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Je ne sais pas ce qui se passe avec moi, mais je sens monter en moi une fièvre de positivisme. Je m’inquiète. Tiens, pourquoi pas une autre bonne nouvelle pour vous remonter le moral? Après avoir fait exploser les frais de scolarité des étudiants et couper dans le gras des assistés sociaux: «Londres vole au secours des banques» (Le Devoir, 20 janvier 2008) à coups de milliards de dollars en fonds publics. Quel beau geste de compassion démontré envers les banques, responsables de la crise, qui ont heureusement continué à encaisser leurs milliards en salaires et bonus comme si de rien n’était. Faut être pragmatique. Pour aider financièrement les banques et les banquiers, faut bien que le gouvernement anglais pige dans les poches de quelqu’un ou coupe dans ses services publics si l’on veut que la Grande-Bretagne compte plus de millionnaires l’an prochain et maintienne sa très belle cote de crédit AAA pour sécuriser les détenteurs de capitaux. <br/>
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Je termine par deux articles qui vont prouver à mes détracteurs, du moins je l’espère, que je me suis réformé et converti au capitalisme de «compassion» et au libéralisme «social» et que je suis devenu jovialiste. Il n’est jamais trop tard pour mal faire. Vous allez m’adorer. <br/>
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Pour démontrer mon virage idéologique à droite, voici le titre de deux articles de journaux qui montre «scientifiquement» les bienfaits objectifs de la privatisation de la santé et de l’eau, entre autres, au Royaume-Uni: «L’instauration d’hôpitaux à but lucratif en Angleterre n’a pas amélioré la capacité de prestation de services (Le Devoir, 3 mai 2008)… sauf pour les lords et «Londres : l’eau (privée) de plus en plus chère et rationnée» (Journal de Montréal, 14 avril 2006), sauf pour les milords… <br/>
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Dit autrement, un bain à l’eau froide par semaine et toute la famille dans la même eau chacun son tour qu’il faut conserver par après comme «bouillon» pour la cuisine. Bain et douche à l’eau froide car au Royaume-Uni l’électricité privée coûte deux bras et deux jambes. Là-bas, prendre un bain à l’eau chaude à tous les jours est considéré comme indécent et démontre un manque éhonté de «solidarité». Question d’examen à mes lecteurs: au Royaume-Uni, qui sont les véritables révolutionnaires?
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <keywords><![CDATA[Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Wed, 24 Aug 2011 15:33:34 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Salaires et inégalités: exportons le modèle québécois]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Mes frères et mes sœurs, je ne comprends vraiment pas ces millions de jeunes «activistes» qui virent la baraque à l’envers. Ils n’ont comme seul grief les inégalités économiques et l’écart toujours grandissant entre les riches et les pauvres, que ce soit en Israël, pays pourtant très prospère, en Grande-Bretagne, qui maintient sa cote AAA attribué par Standard & Poor’s; au Chili où les étudiants veulent l’université gratuite et publique; en Grèce, en France, en Italie et en Espagne où les jeunes «indignés» s’indignent, etc. <br/>
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Pourquoi donc s’en faire pour si peu? Faut savoir garder son calme en tout temps et adopter une approche plus civilisée et plus positive comme nos jeunes «dégriseurs» québécois qui exigent plus de «créativité» de la part de leurs gouvernements (Le Devoir, 21 juin 2011). Moi, je trouve ça très bien et je crois aussi, comme les dégriseurs, que l’absence de répartition équitable de la richesse ici, qui est aussi marquée qu’ailleurs, tire son origine d’un manque de créativité de la part de nos élus et rien d’autre. S’auto-qualifier de «dégriseurs», je trouve que ça fait chic et intello. C’est le pendant du club sélect des «lucides» que leurs aînés se sont attribués comme qualificatifs. En ces jours moroses, faut surtout pas avoir de complexe d’infériorité. <br/>
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Si dans d’autres pays, les jeunes s’énervent le poil des jambes et des bras, c’est qu’ils n’ont pas eu la chance d’avoir nos éclairés professeurs, politiciens, chroniqueurs et affairistes. Moi en tout cas, je remercie chaque jour le petit Jésus de les avoir rien qu’à nous! Pour apaiser ces jeunes égarés d’ailleurs, je propose de les envoyer en mission dans ces zones de turbulence afin qu’ils puissent retrouver la raison. Si nos maîtres ne peuvent se déplacer, je me propose d’envoyer à ces manifestants irrespectueux de l’ordre et des institutions ces quelques textes de grands sages d’ici. Je commencerais par leur «shipper» l’éclairante opinion du lucide économiste de l’UQAM Pierre Fortin, publiée dans Le Devoir du 16 mars 2008 et intitulée «Créer plus de richesse pour mieux la répartir ensuite». Pierre Fortin a bien dit créer «plus» de richesse (on en est qu’à ce stade) et ensuite, et plus tard, on pensera, quand ça adonnera, à mieux la répartir. Ce qu’est une «meilleure» répartition de la richesse reste toujours à définir. Va falloir quand même continuer à tolérer certains «écarts» naturels et nécessaires… à moins que vous soyez communiste!<br/>
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Puis, faut surtout pas sauter d’étapes, au risque de tout chambouler le système instauré par la classe dominante, comme l’a dit pertinemment l’ancien président du Conseil du patronat du Québec, Ghislain Dufour, dans La Presse du 15 janvier 1996, soit il y a de ça plus de 15 ans : «La distorsion entre riches et pauvres est en voie de se résorber.» C’est vrai, loin de se résorber, l’écart s’est plutôt accentué et «très» beaucoup depuis. Oh, oh, attendez avant de crier des noms à l’ex-président du patronat car il n’avait pas tort du tout, comme l’a signalé l’éminent économiste émérite de l’Université de Montréal (Chaire Bell Canada) et de l’Institut économique de Montréal, Marcel Boyer dans son opinion parue dans La Presse du 7 janvier 2008 : «Des inégalités temporaires : Dans une phase de création de richesse, la distribution devient temporairement plus inégalitaire avant de redevenir plus égalitaire.» Des inégalités temporaires à très long terme, s’entend! Ça reste temporaire quand même sur un univers de temps infini. Voilà pourquoi on devrait faire preuve de compassion envers les jeunes excités d’ailleurs et leur prêter «temporairement» nos jeunes dégriseurs créatifs, Pierre Fortin, Ghislain Dufour et Marcel Boyer. On leur donne pas nos penseurs, on fait juste leur prêter, faudrait mettre ça au clair dès le départ. <br/>
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Tiens, pour donner raison aux professeurs universitaires d’économie Marcel Boyer et Pierre Fortin, prenons les données citées par le journaliste Marc Tison de La Presse dans son article du 4 janvier dernier intitulé «155 fois un revenu ordinaire». Le journaliste signale dans son texte «qu’en 2009, les 100 chefs de direction les mieux payés au Canada ont gagné en moyenne 155 fois le revenu du travailleur moyen. En 1998, le rapport s’établissait à 104 pour 1. À la fin des années 1980, il n’était encore qu’à 40 pour 1.» Mais comme l’ont affirmé les professeurs d’économie Marcel Boyer (eh oui, encore le même que tantôt) et son collègue de l’Université de Montréal et associé chez Cirano (organisme de recherche qui s’apparente à l’Institut économique de Montréal), Claude Montmarquette, dans une autre opinion publiée dans La Presse du 31 mars 2009 : «La compétence, ça se paie. L’excellence et la haute performance coûtent cher parce qu’elles ont une grande valeur.» Je crois qu’ils boivent trop de Red Bull, ça les perturbe! Et puis, Martin Vallières, également de La Presse, a intitulé ainsi son texte du 5 juillet 2011 : «Le Canada riche en millionnaires»… et j’ajouterais «riche en pauvres», avec votre permission, bien évidemment, chers amis lecteurs. Voilà, on est encore dans la phase de création de la richesse qui crée pour un petit bout de temps assez long des inégalités économiques et puis après «badang!» et «bim boum!», la main invisible du marché capitaliste va «mieux la répartir» et cela sans aucune intervention de l’État. Faut surtout pas qu’il intervienne. Il va venir encore une fois bousiller toute l’affaire. Faut laisser les lois naturelles du marché agir sans entrave. <br/>
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Il y a bien eu la crise financière de 2007 qui a frappé la classe moyenne et les a appauvris «temporairement» en raison des millions de pertes d’emplois et des milliards de dollars qu’elle a dû verser aux institutions financières milliardaires, responsables de cette crise qui n’en finit plus de finir. Ceci va accentuer pour un certain temps encore les inégalités économiques. Mais après la tempête viendra le beau temps pour tout le monde et surtout pour la classe moyenne et les pauvres qui vont rattraper leur retard face aux seigneurs économiques. Une chance, la crise financière a secoué durement la classe moyenne mais, soyez dans l’allégresse et louangez le Très Haut car «la crise a épargné les grands patrons». Au Canada, le «groupe des 100» a touché en moyenne 6,6 M$ en 2009, une légère baisse qui ne sera que temporaire, selon les analystes» (Le Devoir, 4 janvier 2011). <br/>
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Enfin, je vais expédier aux jeunes révoltés d’Israël, de Grande-Bretagne et d’ailleurs, le texte de René Vézina paru dans Les Affaires du 19 janvier 2008 : «Devenir riche n’est pas un crime.» Bien au contraire, il faut aduler ceux qui sont riches et les remercier pour toute la richesse qu’ils créent.... temporairement pour eux et après pour les autres. Et un peu de morale leur fera grand bien à ces jeunes escogriffes d’un peu partout dans le monde. Une chance, au Québec nous avons été épargnés par ces «folies de jeunesse». L’actuel ministre libéral du Québec Clément Gignac est, il est vrai, un ex-banquier mais il est, selon moi, plus philosophe que banquier, comme le démontre éloquemment ces paroles pleines de sagesse qu’il nous a adressées : «Les Québécois doivent surmonter leur malaise face aux riches» (La Presse, 16 avril 2011). J’implore le ministre Gignac d’aller porter son évangile de la richesse et des riches, partout dans le monde, en commençant peut-être en Israël parce que les jeunes de l’étranger n’ont pas seulement un «malaise» face aux riches et aux inégalités : ils sont littéralement en feu et mettent le feu partout. On se calme… <br/>
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 18 Aug 2011 06:00:20 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[La débandade américaine]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[La baloune américaine se dégonfle à grande vitesse. La firme de notation Standard & Poor’s vient de décoter, pour la première fois de son histoire, la dette publique américaine qui passe de AAA à AA+. La France, honnis de certains avec ses gros programmes sociaux, ses nombreuses sociétés d’État, ses impôts élevés et l’intervention marquée de l’État maintient sa cote à AAA. Vraiment étonnant, n’est pas?<br/>
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Plusieurs raisons expliquent les déficits titanesques de nos voisins du sud. Un pays, où une infime minorité de milliardaires s’accapare du gros de la richesse, court à sa propre perte. Les criantes inégalités économiques (amplifiées par les milliards en baisses d’impôt octroyées à la caste supérieure par Bush junior) qui n’ont de cesse de s’accentuer aux États-Unis sont l’une des principales causes de la débâcle américaine. Mon cher Watson, une meilleure répartition de la richesse n’est pas souhaitable au niveau moral seulement mais aussi sur le plan économique. Dans son excellent article du 9 mai dernier, Richard Dupaul de La Presse débute son texte ainsi : «Le monde s’enrichit, mais l’écart entre riches et pauvres s’accroît sans cesse. Ce fossé a même atteint une ampleur alarmante, préviennent des experts.» Ainsi, aux États-Unis, les 10 % des plus riches ont accaparé 63 % de la richesse produite par l’économie américaine depuis 1979, signale l’article de M. Dupaul. Résultat : les 12 000 familles les plus aisées touchent chaque année autant d’argent que les 24 millions de ménages les plus pauvres. Et Le Devoir du 18 avril 2009 signalait cette troublante statistique empruntée au journal français Le Monde : «Les 300 000 Américains les plus riches gagnent autant d’argent que les 150 millions de leurs concitoyens qui sont au bas de l’échelle des revenus.»<br/>
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Ces disparités économiques et cette pauvreté ont longtemps été gommées aux States par les institutions financières qui prêtaient quand même aux gens à revenus modestes en tablant sur une hausse permanente du prix de l’immobilier. Là aussi, la marmite chauffée à bloc a sauté, provoquant la grave crise financière que l’on connaît. C’était le début de la fin. Voulant à tout prix sauver ses banques, le gouvernement américain leur a allongé des tonnes de milliards de fonds publics au prix d’une récession marquée par un taux de chômage, des pertes d’emplois titanesques et l’explosion du déficit et de la dette publique. Les responsables de la crise financière ont été secourus par des fonds publics et par de juteuses baisses d’impôts, et le public, victime de cette cupidité financière des banquiers et des courtiers et de la complicité des politiciens, a été appelé à défrayer les pots cassés. C’est le monde à l’envers…<br/>
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Une autre raison de ce gâchis est la perte de pouvoir économique de l’hégémonie américaine dans le monde. Même s’ils continuent à être la première puissance économique, leur domination s’effrite continuellement et rapidement en raison de la compétition du marché commun européen et surtout de la montée de nouvelles puissances comme la Chine, le Brésil, l’Inde, etc. Leur ancien «backstore» qu’était l’Amérique du Sud a élu des socialistes dans plusieurs pays, a nationalisé plusieurs entreprises américaines et s’est regroupée pour mieux défendre ses intérêts et mieux concurrencer les pays occidentaux. Les États-Unis ne peuvent dorénavant plus aller piger dans les ressources et les joyaux publics de l’Amérique latine dont plusieurs pays se sont rebiffés contre eux, voulant, avec raison d’ailleurs, récupérer leur souveraineté. En passant, le Canada devrait faire de même.<br/>
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Les dépenses militaires américaines, qui accaparent 40 % de toutes les dépenses mondiales, coûtent énormément chères à l’État, sont improductives et intenables. L’impérialisme américain, qui veut tout contrôler dans le monde, a fait son temps et ça les Américains ont de la difficulté à l’accepter, blessés qu’ils sont dans leur orgueil démesuré. Pour assainir leurs finances publiques, les États-Unis devront réduire massivement leurs dépenses militaires et hausser les impôts des riches et des compagnies, ce que ne veulent absolument pas les fanatiques républicains et les intégristes du Tea Party.<br/>
<br/>
Les États-Unis devront aussi étatiser en grande partie leur système de santé privée qui est de loin le plus cher du monde. Selon les dernières données de l’ONU, extraites de son rapport 2010 sur le développement humain, les États-Unis ont les dépenses en santé par habitant les plus élevées du monde et par une bonne marge. Pour 2007, c’était 7 285 $ aux States, 3 900 $ au Canada, 2 696 $ au Japon, 3 588 $ en Allemagne, 3 709 $ en France, 2 840 $ en Finlande, etc. Pourtant, les vuvuzuelas de la droite n’ont de cesse de nous dire que le privé est plus efficace, amène plus de «saine» concurrence, génère moins de bureaucratie, etc. Dans le système de santé privée américain, c’est tout à fait le contraire, avec ses assureurs qui engendrent une très lourde bureaucratie en paperasse et en autorisations de toutes sortes, leurs hôpitaux et cliniques médicales cotés à la Bourse, leurs médicaments les plus chers au monde, etc. Clinton et Obama ont timidement essayé d’apporter des changements mineurs à leur système de santé privée pourrie le plus onéreux au monde mais ce fut peine perdue. Le puissant lobby des hôpitaux, des assureurs et des pharmaceutiques a facilement eu gain de cause sur les présidents démocrates américains. Pas touche aux vaches sacrées des gras durs. Même si le système de santé américain privé est le plus dispendieux, c’est aux States qu’on a le taux le plus élevé de mortalité infantile et de décès prématurés d’enfants de moins de cinq ans des pays occidentaux, tel que signalé dans l’étude 2010 de l’ONU sur l’indice de développement humain. Belle affaire!<br/>
<br/>
Voilà où mène l’État minimal et le tout privé. On est en présence aujourd’hui de transnationales plus grosses et plus puissantes que des pays, qui peuvent tout faire avec leurs traités de libre-échange sans irritant et sans obstacle au commerce. Actuellement, la Suède, la Norvège et la Finlande, avec leurs gros États, leurs gros impôts et leurs gros syndicats s’en sortent mieux que les autres pays occidentaux grâce à une meilleure répartition de la richesse et à une accessibilité universelle à des services sociaux publics dignes de ce nom. Avec le clivage politique maladif présent aux États-Unis qui, loin de s’estomper, va aller en s’accentuant par la faute des fous furieux républicains et du Tea Party, la situation va continuer à empirer principalement sur le dos de la classe moyenne et des démunis qui en feront les frais. Il n’est pas dit que cette situation, qui va perdurer et même s’amplifier, n’amènera pas une lutte importante des classes sociales et de la violence, comme c’est le cas actuellement en Israël, en Grande-Bretagne, en Espagne, en Grèce, etc. Par leur égoïsme et leur obstination, les politiciens de droite, les nantis et les transnationales auront appelé ces soulèvements et ils devront en assumer l’entière responsabilité. Comme le recommandait en 2007, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et l’Organisation internationale du Travail (OIT) : «L’État doit intervenir pour limiter les dégâts et mieux répartir les bénéfices de la mondialisation» (Le Devoir, 21 février 2007). «God save America», comme ils disent. Et les fondamentalistes religieux américains croient vraiment que Dieu va les sauver du naufrage. <br/>
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <keywords><![CDATA[Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 11 Aug 2011 06:00:20 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Richesse et inégalités économiques]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Certains aiment véhiculer tout le temps le mensonge du Québec pauvre afin de parvenir à leurs fins. Pauvre ou pas, Les Affaires du 14 mai dernier rapportait que «les grandes entreprises québécoises ont gonflé la rémunération de leurs grands patrons de 21,6 % en 2010». Puis-je supplier les doctrinaires de droite d’arrêtez de colporter n’importe quoi, n’importe quand? <br/>
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Je le répète, le Québec est riche. Ce n’est pas seulement moi qui l’affirme, mais aussi l’Institut de la statistique du Québec qui, dans une étude signalée dans le Journal de Montréal du 29 mars 2006, mentionnait que le Québec arrivait au 20e rang sur 235 pays en termes de richesse par habitant mesurée par le produit intérieur brut (PIB). On a au Québec un PIB par habitant aussi élevé que la France, l’Allemagne et l’Italie. En passant, faudrait que l’Institut mette à jour cette étude comparative pertinente de la richesse des pays. <br/>
<br/>
Mais, contrairement aux pays européens, la richesse collective est très mal répartie au Québec, au Canada et aux États-Unis. Même s’ils sont troisième au monde pour le PIB par habitant, les États-Unis représentent le pays développé le plus inégalitaire au monde et arrivent au premier rang en termes de pauvres, de pauvreté infantile, de criminalité, etc. À quoi sert d’avoir un gros PIB s’il est concentré dans les mains d’une minorité? <br/>
<br/>
Aux States, les 20 % les plus riches détiennent 84 % de toute la richesse nationale du pays et les 20 % les plus pauvres en accaparaient un gros 1/10 de 1 % (Business Week, 31 octobre 2010). Un Américain sur sept vit dans la pauvreté et 51 millions d’entre eux n’ont aucune assurance santé (La Presse, 17 septembre 2010). Tout à fait exemplaire aux niveaux de l’égalité des chances et de l’accessibilité aux services sociaux premiers. Ah oui, un américain sur huit bénéficie de bons alimentaires (Le Devoir, 1er novembre 2010). La grosse droite pragmatique et réaliste, c’est bien meilleur que la go-gauche toujours idéologique et doctrinaire qu’ils disent. Tiens, une drôle avant que vous vous mettiez, encore une fois, à me crier des noms. Tel que rapporté dans un article de La Presse du 22 juin 2011, James Verone, 59 ans, un américain bien évidemment, a dû «voler une banque pour recevoir des soins». <br/>
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Même si je suis socialiste, vous ne pourrez pas m’accuser de m’inspirer de brûlots gauchistes. Ainsi, selon une étude de l’organisme patronal du Conference Board publiée dans Le Devoir du 14 juillet dernier, il est mentionné que depuis les 35 dernières années au Canada, «les inégalités du revenu s’accroissent» et l’institut «déplore une tendance lourde, soit une montée de la pauvreté dans le segment des personnes plus âgées». <br/>
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Ah ces vieux! La pauvreté ne frappe pas seulement les vieux au Canada, comme le signale une recherche de l’OCDE : «De plus grandes inégalités chez les enfants canadiens» (Le Devoir, 4 décembre 2010). En fait, le Canada se situe au 17e rang sur 24 pays membres de l’OCDE . Et, devinez qui arrive en queue de peloton selon l’UNICEF et l’OCDE? Bien sûr, les États-Unis que plusieurs prennent comme modèle à calquer. S’il y a autant d’enfants pauvres au Canada et aux States, puis-je déduire, avec votre permission, qu’il y a aussi beaucoup de parents pauvres, souvent des femmes à la tête de familles monoparentales. Qu’en pensez-vous?<br/>
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Dans mon jeune temps, une chanson très populaire de Robert Charlebois s’intitulait Vivre dans ce pays, c’est comme vivre aux États-Unis. Il n’a jamais dit si vrai, comme le mentionne la récente étude du Bureau du budget du Congrès américain reproduite dans Le Devoir du 19 février 2011 : «Etats-Unis : L’écart entre riches et pauvres se creuse depuis les 20 dernières années.» Les principales causes citées dans la recherche gouvernementale sont : l’accroissement spectaculaire des salaires des dirigeants d’entreprises (qui n’a pas été constaté en Europe et au Japon), la fiscalité favorable (aux nantis et aux entreprises) et, tenez-vous bien, la perte d’influence des syndicats. Hum! Hum! Ça va faire pour cette chronique. Toutefois, dans ma prochaine, je poursuivrai sur la comparaison Canada–États-Unis en concentrant cette fois mon argumentation sur les salaires des milords et nous cogiterons sur l’opinion de mon politicien préféré, nul autre que le républicain George W. Bush.<br/>
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En terminant, puis-je demander à ceux qui vont critiquer ma chronique (j’espère que vous allez le faire en grand nombre, ce que j’apprécie énormément et je vous en remercie) d’argumenter sur les faits et les études citées et commentées et non sur les traits caractéristiques de ma personne. De plus, il serait important de fournir la source de vos affirmations et de vos données comme je le fais toujours. Ça m’aiderait beaucoup dans la rédaction de mes prochaines chroniques. Faites preuve de tolérance à mon endroit. Comme le chantait un autre monument de mon jeune temps, Charles Aznavour, dans son hit Me voilà seul : «J’ai des défauts, qui n’en a pas? Changer, c’est pas toujours facile.». Eh oui, ça paraît peut-être pas, mais j’ai effectivement des défauts… mais si peu!
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Wed, 03 Aug 2011 22:19:00 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[La santé publique et le vrai visage du modèle québécois]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Dans <a href="http://www.journalmetro.com/paroles/article/916390">un récent texte publié ici</a>, j’ai déboulonné, basé sur des faits et non des prétentions, une partie de notre supposé modèle québécois qui, en réalité, comporte plus de vaches sacrées consenties aux privilégiés et aux compagnies qu’au monde ordinaire. Même si la santé publique est la priorité des Québécois, ce n’est malheureusement pas celle des élus et des «gras-durs». Eux priorisent «leur» santé privée, financée massivement par des fonds publics, ce qui fait que c’est au Québec qu’il y a le plus de cliniques privées au Canada. Pour vous embobiner, ils vous disent que ça désengorge le système public au profit des gens. Totalement faux encore une fois puisque c’est au Québec qu’on attend le plus pour voir un médecin. Puis, depuis toujours, c’est au Québec que les dépenses en santé sont les plus faibles. <br />
<br />
En partie vrai seulement, puisque c’est le Québec qui subventionne le plus les grosses pharmaceutiques et c’est au Québec qu’on paie le plus cher tant pour les médicaments génériques que d’origine. Une fois les pharmaceutiques servies (qui ferment quand même leurs usines du Québec) ainsi que les médecins, il reste des miettes pour les Québécois ordinaires et on aboutit à un système de santé publique qui tue. Merveilleux modèle québécois!<br />
<br />
Charest est «courageux» et vite à «solidariser» de force le monde ordinaire en haussant les tarifs des services publics et la TVQ qui est la plus élevée, pas seulement au Canada mais en Amérique du Nord. Il est plus réservé, une discrétion qui s’assimile à de la complicité, avec les gros en santé défendus qu’ils sont par des ex-députés et ministres libéraux comme Philippe Couillard et Russell Williams, entre autres. <br />
<br />
Les affairistes n’ont de cesse de colporter qu’il faut s’adapter à nos principaux concurrents et surtout à l’Ontario. Foutaise. Prenons juste le cas des frais illégaux en santé pratiqués par les cliniques privées des privilégiés où il n’y a aucune attente : «L’Ontario avance, le Québec tergiverse» (Le Devoir, 29 juin 2011). Charest est plus prompt à dégainer son fiel sur la classe moyenne. Pas touche à la santé privée des amis si ce n’est que pour leur allonger plus de fonds. Ensuite, «l’Ontario recrute six fois plus de médecins étrangers que le Québec» (Journal de Montréal, 30 mars 2007). En fait, c’est 1 200 en 2006 pour l’Ontario et environ 50 au Québec (La Presse, 31 mars 2007). <br />
<br />
Et l’ex-ministre libéral de la santé, Philippe Couillard, celui qui se cherchait une job dans la santé privée alors qu’il était encore ministre et qui l’a obtenue à plus de 1 M$ l’an, qui se disait alors «impuissant» face à ce phénomène. Des libéraux qui s’écrasent face aux syndicats des médecins et de chambres de commerce mais qui vargent sur les syndicats des employés ordinaires qu’ils accusent de mener le Québec. De vrais mercenaires! Puis, Charest a instauré un impôt-santé additionnel fixe de 200 $ l’an peu importe votre revenu alors que l’Ontario en a implanté un progressif dont le montant à payer est fonction de votre revenu annuel. Même Charest reconnaît que «la contribution santé est inéquitable» (Le Devoir, 19 avril 2010).<br />
<br />
Et l’Ontario qui légifère afin de baisser de moitié le prix des médicaments génériques ce qui lui permettra d’économiser 400 M$ par année. «L’Ontario joue les précurseurs. Des économies de 300 M$ sont envisagées au Québec» (La Presse, 9 avril 2010). Et le premier ministre de l’Ontario qui reste de glace face aux pressions des pharmaceutiques génériques et des pharmacies («Ontario : Pressions des pharmacies. Le premier ministre indifférent» Le Journal de Montréal, 14 avril 2010). Mais pas Charest qui cède au chantage et aux menaces des profiteurs : «Les fabricants de génériques brandissent les menaces» (La Presse, 30 juin 2010), «L’exemple ontarien inquiète le Groupe Jean Coutu» (Le Devoir, 29 avril 2010) et «Les pharmacies propriétaires menacent de réduire leurs services» (Le Devoir, 9 novembre 2010). <br />
<br />
Comme toujours, Charest plie encore devant ses amis les monarques ce qui fait que : «Médicaments génériques : Québec épargnera 164 M$» (La Presse, 26 juin 2010)… au lieu de 300 M$ s’il avait appliqué exactement les mêmes mesures qu’en Ontario. Tant de courage m’émeut aux larmes. Comme signalé dans La Presse du 6 novembre 2010 : «Après un mois de bras de fer avec les sociétés pharmaceutiques, le gouvernement Charest a cédé et est revenu sur son engagement de ramener le prix des médicaments génériques à 25 % du prix des médicaments brevetés.» Souple avec les grosses poches et intransigeant avec les petites poches du monde ordinaire. Pas grave, Charest va se reprendre ailleurs comme dans : «Moins d’argent pour les écoles défavorisées» (La Presse, 30 juin 2011).  <br />
<br />
Attendez, c’est pas fini, puisque c’est le Québec qui a les meilleures subventions en Amérique du Nord pour les pharmaceutiques (La Presse, 18 janvier 2007) et qui a, pour les médicaments d’origine, la facture la plus élevée au pays due à une protection plus longue des brevets (15 ans). Encore des centaines de millions de plus consentis par Québec aux transnationales milliardaires chaque année au lieu d’injecter ces sommes dans les urgences et dans les traitements chirurgicaux. <br />
<br />
Quant à l’odieux privilège accordé aux pharmaceutiques relatif à la protection des brevets, «Québec est en réflexion» (La Presse, 17 juillet 2010). Décodé, ça veut dire qu’après réflexion et à la suite des doléances répétées des lobbyistes, Charest va plutôt bonifier les cadeaux aux géants pharmaceutiques. Par respect, pour le monde, ce que je doute, présentez-nous donc la prochaine fois la face cachée du modèle québécois.  <br />
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 28 Jul 2011 10:56:06 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                   </item>
             
                  <item>
                      <title><![CDATA[Mise au point sur les jeunes, ou comment faire pour passer de héros à zéro]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Avant de passer de héros à zéro, il eut été préférable que j’intitule <a href="http://www.journalmetro.com/paroles/article/922436--les-jeunes-laches">ma dernière opinion dans Métro</a> «De la révolution tranquille à la déconstruction tranquille». Peut-être ai-je adopté et/ou pris la mauvaise manière pour brasser la cage afin de faire prendre conscience de l’impact des bouleversements socio-économiques auxquels nous assistons. Je m’en excuse. <br />
<br />
Bien évidemment, loin de moi l'idée de tenir uniquement les jeunes responsables de tout. D’autres groupes, et aussi les gens de mon âge, ont leur bonne part de responsabilité. Il n’était nullement dans mon intention d’opposer jeunes et vieux, syndiqués et non syndiqués, québécois et immigrés, et caetera, et caetera, afin de diviser davantage la population, ce qui est justement, comme plusieurs l’ont ciblé, la stratégie adoptée par la classe dominante. <br />
<br />
Au contraire, dans mes recherches et mes écrits, j’ai toujours plaidé pour une véritable solidarité. À vrai dire, je ciblais principalement les jeunes de droite, les seuls dont on entend le discours de dénigrement continuel des services publics, des syndicats et des vieux pour justifier la crise financière. Je suis tanné de les entendre, tellement tanné, que j’ai voulu montrer l’urgence de protéger des des acquis, comme Hydro-Québec, l’éducation, la santé et bien d’autres, afin d’amener les autres jeunes, plus progressistes, à intervenir, à s’organiser, à prendre position et à trouver, eux aussi, leurs voix, surtout qu’il y a des moyens de le faire (indice: la fiscalité). <br />
<br />
Plutôt que de me crier des noms (je commence à y être habitué avec le temps), comme la majorité des répondants ont fait, j’aurais apprécié des argumentions sur des énoncés de mon opinion, comme la nationalisation d’Hydro-Québec et son démantèlement en douce, l’impact des politiques de droite instaurées au fil des dernières années, la privatisation sans référendum, comme cela se fait ailleurs, de plusieurs de vos instruments collectifs et de vos ressources naturelles, l’état lamentable de vos services publics comme la santé et l’éducation et la prolifération du travail atypique, malheureusement de plus en plus la norme. <br />
<br />
Je m’inquiète vraiment du type de société qui sera la vôtre et dans laquelle vous devrez vivre. Moi, à mon âge, ça ne me concerne pas directement, même pour le régime des rentes du Québec auquel j’aurai prochainement droit mais pour lequel j’ai contribué toute ma vie (à titre informatif, même si j’ai toujours contribué à la pension de vieillesse du fédéral, je n’y aurai pas droit à cause de mon revenu). Je crois qu’il faut agir vite si l’on veut préserver, et même enrichir, nos acquis sociaux, comme l’ont fait récemment les jeunes indignés dans plusieurs pays d’Europe qui ont manifesté par milliers contre le système capitaliste qui nous est non pas proposé, mais imposé. <br />
<br />
Merci <a href="http://www.journalmetro.com/paroles/article/922436--les-jeunes-laches#commentbox">de m’avoir répondu en aussi grand nombre</a>, et je vous souhaite sincèrement de vivre dans une société dans laquelle il y aura une véritable égalité des chances, le moins d’inégalités économiques possible et aussi sur une planète respectueuse de notre environnement. J’espère que vous allez continuer à me lire quand même et à critiquer mes textes ainsi que le système capitaliste actuel, qui ne sert pas la majorité d’entre vous. Vous êtes l’avenir, et c’est de votre avenir dont il s’agit (et aussi de celui de ma petite fille de 4 ans… qui un jour pourrait devenir pire que son grand-père!!!). Au plaisir.
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[]]></keywords>
                      <pubDate>Tue, 26 Jul 2011 10:50:55 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                  <item>
                      <title><![CDATA[Les jeunes lâches]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Les jeunes, ça va faire de critiquer, par lâcheté, les baby-boomers et les syndicats, et de les tenir respon­sables de votre inaction. Ça va faire aussi d’excuser les jeunes, en disant qu’ils sont résignés, pour justifier leur inertie face à la dilapidation de tout ce que, justement, les vieux et les syndicats ont construit avec courage dans les années 1960.<br />
<br />
Si vous avez ce dont vous jouissez aujourd’hui, c’est grâce aux vieux. Vous devriez leur en être reconnaissants. Ce sont eux qui ont eu l’audace de nationaliser Hydro-Québec, que vous laissez démanteler au profit d’arrivistes sans rien dire (petits barrages, éolien, gaz et pétrole) et qui, aujourd’hui, vaut plus que l’ensemble de la dette publique du Québec, génère annuellement plus de 4 G$ de revenus dans les coffres de l’État et qui, en plus, vous fait profiter de tarifs parmi les plus bas au monde et uniformes partout dans la province. À lui seul, Hydro contribue plus au trésor que les 300 000 compagnies, qui paient environ 4 G$ en impôts et taxes de vente, mais qui reçoivent 6 G$ en aide gouvernementale. Trouvez-vous ça normal? <br />
<br />
Ce sont les vieux qui ont financé le réseau universitaire de l’Université du Québec, présent aujourd’hui dans toutes les régions, et qui ont rendu accessible l’université à la majorité grâce à la quasi-gratuité. Aujourd’hui, vous les laissez augmenter les frais, ce qui fait que l’université ne sera ouverte qu’aux enfants de nantis. <br />
<br />
Ce sont les vieux qui ont investi des milliards de leur argent pour construire des autoroutes, des ponts, des cégeps, le métro, des hôpitaux, etc. Et qui ont créé la Caisse de dépôt et placement du Québec, la Régie des rentes, et aussi Soquip, Soquiem, Soquia, que vous avez laissé démanteler, sans compter Air Canada, CN et Petro-Canada, dont vous avez applaudi la privatisation. Ils privatiseraient le parlement et vous trouveriez ça «full cool». <br />
<br />
Ce sont les vieux qui ont implanté et financé un système de santé public et l’assurance-maladie du Québec, que vous laissez aller aux opportunistes du privé. Pour les remercier, vous les laissez mourir dans les couloirs des hôpitaux et vous trouvez banal d’attendre 20 heures à l’urgence et 2 ans pour un scan. Les nombreux vieux sans ressources, vous les laissez crever dans des résidences insalubres avec des clowns pour les humilier davantage. <br />
<br />
Dans les années 1960, les compagnies payaient une taxe de vente des manufacturiers et des impôts sur le revenu qui représentaient plus de 50 % des recettes fiscales de l’État. Aujourd’hui, les particuliers contribuent à la hauteur de 90 % aux revenus de l’État et les compagnies à la hauteur de 10 %, ce qui frise le zéro si on déduit ce qu’elles reçoivent en subventions et en tarifs privilégiés d’électricité. Formidable équité fiscale! Vous agissez en touristes face à la multiplication des abris fiscaux pour nantis et à l’évasion dans les paradis fiscaux, qui privent l’État de plusieurs milliards chaque année. Cherchez pas l’origine de la dette publique!<br />
<br />
Vous laissez aller les ressources naturelles collectives des générations futures à des profiteurs d’ici et d’ailleurs sans lever le petit doigt et vous allez léguer en héritage à vos enfants un bordel environnemental découlant de la déréglementation débridée. Très édifiant. Grâce à l’affaiblissement des syndicats, vos enfants deviendront tous des travailleurs autonomes, pigistes et surnuméraires et vous pensez encore qu’ils seront plus libres. Vraiment exaltant sera leur passage sur Terre.<br />
<br />
J’espère juste que ma petite-fille Soliane, qui a 4 ans, ne vous ressemblera pas et reconstruira, avec sa génération, une société digne de ce nom, avec ses instruments collectifs et ses services publics accessibles à tous. <br />
<br />
En attendant, continuez à zigonner sur vos patentes à gosse électroniques et à vous enflammer sur le sort des futurs Nordi­ques. Vous vous faites déculotter par les exploiteurs, vous défendez même «courageusement» leur vision, et vous en redemandez. C’est le comble de l’ignorance crasse. Est-ce trop vous demander de vous regarder dans le miroir tels que vous êtes sans tenir les vieux et les syndicats responsables de votre lâcheté?  <br />
<br />
<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <link>http://www.journalmetro.com/paroles/article/922436</link>
                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 21 Jul 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
                      <guid isPermaLink="true">http://www.journalmetro.com/paroles/article/922436</guid>
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                  <item>
                      <title><![CDATA[La santé publique et le modèle québécois, selon Charest]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[«Malgré la crise financière, la santé demeure l’enjeu no.1», titrait le Journal de Montréal du 12 novembre 2008. Chaque année, les Québécois le répètent inlassablement mais en vain, puisque pour Charest et sa gang, la priorité est le financement, avec notre argent, d’une nouvelle salle de l’Orchestre symphonique de Montréal (dont le lobbyiste Lucien Bouchard est PDG, au coût dérisoire de 300 M$. Il y a aussi la construction, à hauteur d’un  petit 400 M$ de rien du tout d’un nouvel amphithéâtre à Québec, pour le pauvre Pierre-Karl Péladeau et Quebecor. <br />
<br />
Même si notre système de santé publique actuel n’est pas seulement dangereux mais bel et bien criminel, ça ne concerne que la santé et la vie du monde ordinaire. Y’a rien là! Charest et son ministre de la santé Yves Bolduc n’en ont rien à foutre de ces gens qui ne fournissent pas à la caisse électorale et qui n’ont pas de lobbyiste à leur emploi. Charest et son ex-ministre de la santé, Philippe Couillard, sont beaucoup plus motivés à financer la santé privée, accessible à leurs amis, et à gaver l’industrie pharmaceutique appuyée par l’ancien député libéral Russell Williams qui est devenu l’un de leurs nombreux lobbyistes. Ce qui fait que vous devrez continuer à attendre 20 heures à l’urgence, deux ans pour un scan et de vous déplacer à Montréal pour votre radiothérapie et votre chimiothérapie, même si vous habitez Rouyn et que vous souffrez d’un cancer avancé. <br />
<br />
En 2004, le Journal de Montréal titrait: «Les dépenses par habitant pour la santé sont plus faibles au Québec.» Idem en 2010: «Les dépenses en santé au Québec, les plus faibles au Canada» (Le Devoir, 29 octobre 2010). Santé publique, s’entend! Que votre joie soit profonde puisque «le Québec est la province qui fait le plus de place au privé» (La Presse, 23 avril 2010). Dernier au Canada en investissements gouvernementaux pour notre système de santé publique mais premier en cliniques de santé privées. Hourra! Santé privée qui n’a d’ailleurs de privé que le nom car, comme les écoles privées, elle carbure abondamment aux fonds publics. C’est donc dire que c’est avec l’argent de la classe moyenne que nos gouvernements financent les privilèges de la caste supérieure. Vraiment exaltant! Voilà une facette de notre fameux modèle québécois passée sous silence par les élus, le patronat et les pachas qui se battent «courageusement» pour le maintien et la multiplication de leurs vaches sacrées. Ils n’ont que faire du bien commun et des services publics. Pour ces deniers, le gouvernement «dépense» dans les services publics et «investit» dans «leurs» services privés. <br />
<br />
Les représentants des milices favorables à la santé privée, comme l’ex-banquier à la Banque Laurentienne, Claude Castonguay, et l’actuel banquier de la Banque de Montréal, Jacques Ménard, mandatés chacun leur tour par Jean Charest pour présider des comités «indépendants d’experts» pour améliorer notre système de santé publique (quelle farce grotesque), nous avaient pourtant fait miroiter (ce qui ne fut qu’un autre mirage) que la venue de la santé privée allait désengorger le système public et donc l’améliorer. <br />
<br />
Dans les faits, leurs sages recommandations ont, comme toujours, nettement amélioré les services de santé au privé et dangereusement défavorisé encore davantage le système public. Si vous avez de l’argent, vous n’avez aucunement à vous inquiéter pour consulter des spécialistes et pour recevoir les soins appropriés. Aucune attente dans ce cas. Pour les autres, ils n’ont qu’à fredonner la chanson de Dalida: «J’attendrai, le jour et la nuit, j’attendrai toujours.» La venue du privé au Québec fut un immense «succès» comme le démontre le titre de cet article de La Presse du 28 juin dernier: «C’est au Québec qu’on attend le plus pour voir un médecin», un médecin au public s’entend. Et ça, c’est en supposant que vous réussissiez un jour à en rencontrer un. Bonne chance quand même et il est important de rester, malgré tout, positif. Un autre côté de notre fameux modèle québécois. <br />
<br />
Comme l’avait déjà signalé l’ancien ministre péquiste de la santé, Jean Rochon: «L’attente assainit les finances publiques» (Journal de Montréal, 11 juin 1997). Quel geste patriotique que de mourir en attendant dans les salles d’urgence ou d’une opération pour une maladie grave. Plus votre attente sera longue, plus vous serez solidaires. <br />
<br />
Mes amis, comme le temps passe, je vais reporter à ma prochaine chronique les façons différentes de faire en Ontario et au Québec concernant les frais illégaux en santé; le recrutement de médecins étrangers; l’instauration de la prime annuelle à la santé (un nouvel impôt direct); la diminution du prix des médicaments génériques; les privilèges accordés aux médicaments d’origine et les subventions versées à la recherche. <br />
<br />
On nous dit souvent qu’il faut s’adapter, qu’il faut moderniser le Québec afin de faire mieux que nos principaux concurrents, comme la province voisine de l’Ontario. Du verbiage et de la désinformation qui frisent la malhonnêteté comme à l’habitude. Nous verrons que le gouvernement de l’Ontario a eu le courage de s’attaquer aux privilèges des puissants et de faire fi de leurs menaces afin de privilégier les intérêts supérieurs de la population alors que Charest, au Québec, s’est écrasé face au puissant lobby de ses amis en laissant derrière encore une fois les besoins criants du monde ordinaire et le sauvetage de notre système de santé publique. <br />
<br />
Le gouvernement libéral du Québec est beaucoup plus courageux et audacieux face à la population en décrétant des augmentations sauvages de la TVQ et des tarifs dans tous les services publics afin de faire financer les vaches sacrées des privilégiés par la classe moyenne. La comparaison Québec-Ontario ne sera pas fondée sur des hypothèses, des prévisions et des extrapolations, mais sur les faits réels implacables. Vous verrez ce que vous verrez, comme se plaît à dire souvent ma petite fille Soso. <br />
<br />
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[]]></keywords>
                      <pubDate>Wed, 13 Jul 2011 14:41:07 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
                      <guid isPermaLink="true">http://www.journalmetro.com/paroles/article/916390</guid>
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                      <title><![CDATA[Les socialistes mangent les enfants]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Au Canada et aux States, faut que l’on soit intoxiqué pour avoir une peur bleue du socialisme. Comme si c’était un crime, alors que dans plusieurs pays, il y a des gouvernements socialistes.<br />
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Quand je vois que, par électoralisme, le NPD veut exclure le mot «socialisme» de sa constitution, je me dis que c’est impossible d’être aussi arriéré dans un pays supposément libre, démocratique et instruit. Même Jack Layton refuse de se décrire comme un socialiste.<br />
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En Italie, les communistes et les socialistes viennent d’être élus à Milan et à Naples (des forteresses de Berlusconi), même si les partis de droite, comme toujours, avaient misé sur la peur et le supposé danger des immigrés, de la perte des libertés individuelles, de l’État providence tentaculaire, etc. <br />
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Même le Pérou, qui a toujours été inféodé aux States, vient d’élire un président socialiste, Ollanta Humala. Idem en Équateur, au Brésil, en Bolivie, au Venezuela, au Nicaragua, en Argentine, en Uruguay, en Australie, etc. En France itou, les socialistes ont fait des ravages lors des dernières élections municipales. <br />
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On a vraiment un énorme problème quand aucun parti politique au Canada ne veut porter le nom de socialiste, même Québec solidaire. Faut surtout pas faire peur au monde. Et il y a ces hypocrites de la droite qui se disent sociaux-démocrates, de la gauche efficace et même, tenez-vous bien, de la gauche moderne. Minable. Les regroupements de l’ultradroite ont la cote auprès des médias, qui leur accordent une tonne d’articles louangeurs, comme à Réseau-Liberté, au Wildrose Alliance qui trouve les conser-vateurs trop à gauche, à l’ADQ, etc. Si je fonde, comme en France, le parti communiste révolutionnaire, ils vont totalement m’ignorer ou me traiter de cinglé. Pas sûr qu’ils vont trouver mes idées lucides et audacieuses.<br />
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Quand on pense qu’aux États-Unis, les républicains et le Tea Party se plaisent à traiter Obama de socialiste, comme les conservateurs étiquettent ici Jack Layton, cela signifie qu’ils misent sur l’ignorance des gens. Enfin, voici les titres de trois articles qui illustrent parfaitement le niveau abyssal de notre conditionnement politique : «Harper a qualifié Kyoto de complot socialiste», «La GRC soupçonnait René Lévesque d’être communiste» et «Le sergent Bérubé a passé la majorité de sa vie active au sein de l’escouade anticommuniste de la police». Je persiste à m’afficher comme socialiste chrétien. Si on pouvait déprogrammer les gens, ils verraient que c’est le socialisme qui défend le mieux les intérêts supérieurs de la majorité, le bien commun, les services publics, et qui, malgré les prétentions de droite, crée davantage de richesse, mieux répartie toutefois, et qui accorde plus de libertés individuelles. Prenez garde à vos enfants, j’ai une petite fringale! <br />
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
                      ]]></description>
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 07 Jul 2011 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Paradis fiscaux criminels]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[N’ayons pas peur des mots, je vous en prie. L’évasion fiscale généralisée dans les paradis fiscaux c’est carrément criminel. Ce n’est pas parce que des politiciens inféodés et corrompus tolèrent et même encouragent ces crimes fiscaux qu’ils sont légaux pour autant. <br />
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Vos élus hypocrites font de temps en temps des crisettes afin de vous faire croire qu’ils s’attaquent vigoureusement à ces manœuvres crapuleuses mais, dans les faits, il en est absolument rien. Ce n’est que du mauvais cinéma. Ils simulent s’attaquer aux vaches sacrées des gras durs afin de vous faire avaler, au nom de la soi-disant solidarité, des hausses de tarifs dans tous les services publics et des taxes régressives à la consommation qui frappent de plein fouet la classe moyenne et l’appauvri.  <br />
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Ils partent tellement en guerre contre l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux que l’ex-ministre conservateur du revenu, Jean-Pierre Blackburn, a signalé, de même que Statistique Canada, que les entreprises canadiennes (ce qui exclu les particuliers) avaient investi en 2009 pour 146G$ dans les paradis fiscaux contre 88G$ en 2003 et 11G en 1990 (Argent, 5 janvier 2010). Vous voyez bien qu’ils vous rient en pleine face. L’évasion fiscale explique beaucoup pourquoi en pleine période de croissance économique (les compagnies canadiennes n’ont jamais été en aussi bonne santé financière depuis les 40 dernières années que nous dit Statistique Canada) nos services publics sont tellement sous-financés que notre système de santé publique tue à l’urgence et dans les attentes interminables de traitements. <br />
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Aucun problème toutefois pour ceux qui ont les moyens d’aller se faire soigner au privé comme dans cette publicité d’une clinique privée parue dans La Presse du 8 juin 2011: «Votre santé ne peut attendre»… si vous avez les moyens. Quant aux autres, ils peuvent crever. Voilà la véritable nature de la liberté individuelle prônée par les milices de droite. Comme si ce n’était pas assez, Harper en rajoute et continue de plus belle à diminuer les impôts des entreprises (ce qui fait que le Canada est le pays qui les taxent le moins de tous les pays occidentaux) et à les subventionner à coup de milliards en fonds publics comme le fait aussi l’inégalable Charest à Québec. Nos gouvernements ont des principes idéologiques sacrés orientés vers le bien-être de la caste supérieure et de leurs cénacles. <br />
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Si vous voulez rire jaune, vous n’avez qu’à lire la très instructive revue française Atlaséco (2011) du Nouvel Observateur qui fourmille de renseignements politiques, sociaux et économiques sur tous les pays du monde. Une revue que vous devez vous procurer. Prenons le cas de quatre colonies ou dépendances britanniques. Anguilla compte 14 000 habitants et 8 000 compagnies; l’Île de Man compte 8 000 habitants et 30 000 sociétés; Saint-Christophe-et-Niévès a 50 000 habitants et 20 000 sociétés et enfin le préféré des pachas, les Ïles Caïmans dénombrent 55 000 habitants et plus de 100 000 entreprises y sont enregistrées. <br />
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Barack Obama a même identifié aux Caïmans un immeuble qui abritait 19 000 sociétés, ce qui lui a fait dire que c’était soit le plus grand immeuble ou soit la plus grande arnaque fiscale au monde. Aux Ïles Caïman on décompte 2 entreprises par habitant. Fantastique! Des gens vraiment entreprenants. <br />
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Voilà l’endroit où le tandem Legault-Sirois et leur coalition devraient envoyer nos jeunes suivre le cours qu’ils veulent rendre obligatoire sur «l’éveil à l’entrepreneuriat». Hum, hum! L’Ïle Niue, une autre île paradisiaque, compte, quant à elle, 1400 habitants et après vos élus viennent vous dire sans rire qu’ils doivent respecter la «souveraineté politique» de ces pseudos-pays plus petits que Saint-Tite ou Pointe-Calumet. Méprisant est le mot qui les qualifie le mieux. <br />
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Au cours des six dernières années, en pleine période de crise, nos très chères banques canadiennes ont détourné 10G$ dans les paradis fiscaux. C’est écrit noir sur blanc dans leur rapport annuel. Ça les aide dans la quête de leurs profits annuels record. Après, ces filous ont le toupet de vous dire que vous devez faire de gros sacrifices pour que l’on sorte de la crise financière qu’ils ont provoquée et que vous devez payer. Faut être solidaire qu’a claironné récemment l’incroyable ministre libéral Raymond «Hulk» Bachand. <br />
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La vérité est qu’avec un minimum «minimal» de volonté politique, on pourrait mettre fin en moins de quelques heures à l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux en les éliminant tout simplement. Un tout petit embargo économique ou bancaire et on n’en parlerait plus. Mais, vos courageux politiciens préfèrent lever des embargos inhumains et même envahir militairement des pays récalcitrants qui ne se soumettent pas suffisamment aux diktats des pays, des multinationales et des pachas occidentaux. Tout ça au nom de la supposée liberté et de l’hypothétique démocratie dans le monde. À ce compte, qu’attendent-ils pour envahir l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes et le Koweit? <br />
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En Arabie Saoudite, il est interdit aux femmes de conduire une auto (La Presse, 17 juin 2011) et il y a dans ce beau pays «recrudescence du nombre de décapitations au nom de la loi de Dieu» (Journal de Montréal, 16 juillet 2007). Quant aux Émirats Arabes, la Cour suprême vient de statuer qu’un homme «pouvait légitimement battre sa femme, mais sans laisser de trace» (Le Devoir, 19 octobre 2010). Qu’à cela ne tienne, les pays occidentaux et leurs élus les considèrent comme des amis. Les méchants sont Fidel Castro à Cuba, Hugo Chavez au Venezuela et maintenant Khadafi en Lybie qui, il n’y a pas longtemps, était le chum de Sarkozy en France, de Bush et Rice aux Etats-Unis et des transnationales pétrolières comme Total, Suncor, Pétro-Canada, ExxonMobil, etc. <br />
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L’important est de s’approprier le pétrole libyen et irakien et les immenses ressources minières de l’Afghanistan et de mettre à la tête de ces pays des collaborateurs corrompus avec une attitude positive, pragmatique et moderne. On appelle ça hégémonie et montre le vrai visage du capitalisme. <br />
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<em>– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.</em>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[]]></keywords>
                      <pubDate>Tue, 28 Jun 2011 15:53:59 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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