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        <title><![CDATA[Au-delà des chiffres avec Léo-Paul Lauzon]]></title>
        <link><![CDATA[http://www.journalmetro.com/columnist/10039]]></link>
        <language>en-us</language>        

        
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                      <title><![CDATA[L’illusion démocratique]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Aux dernières élections fédérales et québécoises, le taux de participation fut le plus bas de l’histoire. Pas mieux à Montréal. Allô démocratie! Les Canadiens l’ont souligné : «Les entreprises et les nantis ont trop d’emprise sur les politiciens et détiennent même plus de pouvoir.» Les gens sont résignés, car ils font ce que le gratin exige. Les politiciens qui gouvernent pour la population ne sont qu’illusion. Deux récents sondages soulignent que «les politiciens inspirent… le cynisme» et que le «gouvernement est corrompu». Ayoye! Aujourd’hui, 61 % des députés viennent du privé. Merveilleux!  <br /><br />Prenons les baisses d’impôts. La population préfère le réinvestissement dans les services publics. Mais pour le patronat, «il faut aider les nantis et les compagnies en baissant leurs impôts.» Et ils s’exécutent : «Charest y tient, aux baisses d’impôts». Méprisants, ils prétendent que tous en profiteront. Pour nous embobiner, les élus mandatent des commissions présidées par leurs experts de service. Nommer Jacques Ménard, de la Banque de Montréal, et Claude Castonguay, ex-dirigeant de banque, à des commissions sur la santé, c’est indécent. <br /><br />«La santé ne doit pas nuire à l’économie», a affirmé Jean Charest. Pathétique! La crise sert de prétexte aux politiques néolibérales. Enfin, les gens ont dit non aux tarifications accrues des services publics et à la hausse des taxes à la consommation, des impôts régressifs. Mais le patronat y tient. «Malgré la crise, Charest dit non à un gel des tarifs.» Toutefois, il a dit «oui» au privé en lui versant des milliards en subventions. Puis, Charest a mandaté une énième <br />commission «indépendante» sur la tarification formée «d’experts» accommodants. Surprise, ils ont conclu qu’il fallait augmenter les tarifs afin de dissiper «l’illusion» de la gratuité. Des experts «indépendants» dont les recommandations sont toutefois conformes à celles du patronat! Bizarre!<br /><br />Le Fraser Institute l’a répété : «Le Québec, royaume des subventions aux entreprises» et celui des subventions aux écoles privées et des plus bas taux d’impôts corporatifs. Pour les mines, Québec a la meilleure fiscalité au monde. Zéro impôt et zéro redevance. Québec a même subventionné un hôtel pour chiens, mais n’a rien pour la santé. Et Harper veut créer une agence à 70 M$ annuellement visant la démocratie dans le monde. Peut-on vraiment servir de modèle? «Climat : 1 570 lobbyistes à l’assaut du fédéral», que titrait Le Devoir. Ça doit être des lobbyistes de syndicats et de groupes communautaires? L’ex-président du Conseil du patronat l’a dit : «Les groupes communautaires nuisent à la prospérité», et les syndicats, encore davantage. Les syndicats d’employés s’entendent. Pas les syndicats d’entreprises et de professionnels. Voyons, eux créent de la richesse.<br />
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 18 Mar 2010 00:11:18 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Rions beaucoup: Québec et les pharmaceutiques]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[<p>Selon l’Institut patronal Fraser, le prix des médicaments a augmenté de 1267 % en 25 ans. Au Québec, le coût des pilules représentait 8,5 % en 1975 contre 19,7 % en 2003 du budget total de la santé, selon l’Institut canadien d’information sur la santé. Attention, ces pourcentages ne tiennent pas compte des médicaments fournis dans les hôpitaux. </p> 
  <p>C’est au Québec que les pharmaceutiques sont les plus subventionnées et que les médicaments sont les plus chers au Canada. Pour les pharmaceutiques, ce n’est pas suffisant et Québec vient de leur allonger 123 M$ de plus en fonds publics et a déplafonné le prix des médicaments il y a deux ans, empirant la situation. Je le répète, c’est au Québec que l’industrie pharmaceutique est le plus subventionnée, pas seulement au Canada mais en Amérique du Nord et l’une des plus aidée au monde. C’est drôle, les lucides et d’autres remettent bien des «vaches sacrées» du fameux modèle québécois en question, mais pas celle-là, car ce serait un sacrilège que de s’attaquer aux «droits acquis» de ces puissants. <br /><br />Les partisans du privé prétextent le coût de la santé publique qui explose mais omettent de mentionner les causes véritables de ces hausses que sont le prix des médicaments et la rémunération des médecins. Vous le savez, nos gouvernements préfèrent s’attaquer à la population en coupant les services, n’ayant pas le courage de s’attaquer à ces puissants «taureaux sacrés». Plus facile de s’en prendre au monde ordinaire. <br /><br />Passons aux drôleries par le titre de certains articles concernant le prix exorbitant des médicaments au Québec. «Prix des médicaments : Québec (et Philippe Couillard, alors ministre de la santé) tiendra tête aux pharmaceutiques», signalait un quotidien. Elles ont fait dans leurs culottes en répliquant : «L’industrie pharmaceutique rejette tout partenariat avec Québec». Tiens toé! Pour aider Québec à venir à bout des pharmaceutiques, «le député libéral au Québec, Russell Williams démissionne pour un poste de lobbyiste»… dans l’industrie pharmaceutique. Hilarant! Et puis, Québec a encore cédé face aux transnationales et aux nantis : «Médicaments : Québec abolira le gel des prix.» Pourquoi s’entêter? Ce qui devait arriver arriva : «Certains médicaments pourront coûter jusqu’à 140 % de plus», «754 médicaments coûtent maintenant plus chers» et «Prix des médicaments : plusieurs demandes supérieures à l’inflation». <br /><br />La conséquence de cette arnaque est que plusieurs Québécois n’ont plus les moyens de se procurer leurs médicaments : «Cancer : la bourse ou la vie! Au Canada, des malades renoncent à se faire soigner parce qu’ils n’ont pas les moyens d’acheter les médicaments.» C’est pire au Québec. On parle ici de cancer qui mène à la mort. Par lâcheté et par intérêt, les élus, préférant servir encore une fois les intérêts supérieurs des puissants, ont trouvé la plus insignifiante et pathétique des solutions pour contrer le prix astronomique des médicaments : «Québec veut sensibiliser la population au coût des médicaments.» Où encore cette recommandation loufoque d’un organisme international : «Hausse du coût des soins de santé : Mieux vaudrait modifier nos habitudes de vie.» Mettez-vous à la luzerne! En anglais, la maxime dit : «If you can’t beat them, join them.» N’est-ce pas ce qu’a fait l’ex-ministre libéral de la Santé, Philippe Couillard, qui s’est trouvé un emploi lucratif dans la santé privée?<br /><br />Nos élus ne sont pas rancuniers envers les gros. Même s’ils venaient de se faire rire en pleine face par les pharmaceutiques et même si Québec est l’endroit qui subventionne le plus cette industrie en Amérique du Nord et où les médicaments sont les plus chers au Canada, Charest a cru bon de leur accorder 123 M$ additionnels en fonds publics, en pleine période de crise, au moment même où il demande aux Québécois d’être solidaires et d’accepter sans rechigner des hausses de tarification des services publics, et de la santé en particulier, et de la TVQ. En somme, la population doit payer pour les privilèges consentis aux transnationales pharmaceutiques qui se paient joyeusement la traite à nos dépens. Après, on se demande pourquoi les gens ne vont plus voter. Allô démocratie!<br /><br />En terminant, Les Affaires signalait que de 1991 à 2002, l’industrie pharmaceutique a versé 440 G$ en dividendes à ses actionnaires, a dépensé 115 G$ en publicité et marketing et investi 110 G$ en recherche et développement. 110 G$ en R+D, dont une bonne partie subventionnée par l’État. Plus drôle que ça, tu meurs! L’important est de «soigner» les actionnaires et les dirigeants des compagnies pharmaceutiques.  <br /></p>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 11 Mar 2010 05:00:00 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[L’État et SNC-Lavalin]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[L’ex-président de SNC-Lavalin a dit : «Le Québec est encore trop attaché au concept où l’État devait tout faire.»  Faudrait aller en Scandinavie, ces pays avec de gros États, syndicats et impôts, qui sont les plus compétitifs du monde. Si l’État ne peut pas tout faire, SNC fait tout. Faut que ce soit des services publics financés par les gouvernements et sans concurrence. Primo, SNC veut toutes les autoroutes du Québec. Sachant ça, le gouvernement libéral <br />le mandate quand même pour le conseiller sur leur gestion. <br /><br />En Ontario, l’ultraconservateur Mike Harris a privatisé l’autoroute 407 pour SNC. Depuis l’échec cuisant de ce «partenariat», assaisonné de maints litiges et de hausses démesurées des tarifs, l’Ontario a mis fin à ces PPP. Le gouvernement veut un contrôle sur les tarifs, mais pas SNC : «La base de la concession repose sur la flexibilité [sic] des tarifs», ont claironné les responsables. Fiasco des autoroutes privées également au Nouveau-Brunswick, où le conservateur Bernard Lord a été chassé du pouvoir pour cela. M. Charest, pourquoi ces provinces n’ont-elles pas continué à privatiser leurs autoroutes? <br /><br />SNC et ses lobbyistes ont eu plusieurs rencontres avec le maire de Montréal pour favoriser la privatisation des aqueducs et du transport en commun. SNC vise aussi la privatisation des prisons, alors que La Presse a déjà titré : «Encore plus d’évasions, de drogue et de roulement dans les prisons privées.» SNC gère aussi les camps militaires canadiens à l’étranger où les dépassements de coûts sont légion. Elle lorgne également la privatisation de la voie maritime, entretient plus de 300 immeubles du fédéral et produit de l’électricité. Hydro-Québec la fait saliver. SNC est dans la construction de tout, des hôpitaux aux ponts. Pas de problème de budgets, c’est l’État qui paie. <br /><br />Mulroney a privatisé les Arsenaux canadiens, un fabricant de munitions, pour SNC, qui les a rapidement revendus à l’américaine General Dynamics, empochant un gain de 315 M$. Puis, comme Harper veut privatiser Énergie atomique du Canada, eh bien, SNC est intéressée. Quoi d’autre? SNC est présente dans la santé privée; le PLQ la mandate comme consultante à cet effet. Des experts en tout, quoi. <br /><br />Enfin, en 2002, Guy St-Pierre, ancien PDG de SNC, est devenu président du conseil de la Banque Royale, et le PDG de cette banque a été nommé président du conseil de SNC. Touchante relation d’amitié. N’en déplaise aux opportunistes de SNC, l’ONU et le Forum économique mondial, entre autres, ont affirmé que l’État est le mieux placé pour gérer les services publics.
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 04 Mar 2010 02:03:12 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Rions beaucoup avec le Parti québécois au pouvoir]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[<p>En fouillant dans mes vieux articles de journaux, j’ai retracé des histoires drôles du temps où le Parti québécois était au pouvoir. Ce texte se veut positif et constructif sans aucune arrière-pensée méchante. </p> 
  <p>Commençons par la pauvreté, qui est présente et qui doit l’être si l’on veut que le marché soit en équilibre. C’est en gros ce que dit le sublime Bernard Landry : «Dans un monde idéal, la pauvreté serait absente mais…» (Journal de Montréal, 28 octobre 1999). Mais comme on ne vit pas dans un monde idéal, la pauvreté est en quelque sorte un dommage collatéral dans un monde pas idéal. Il faut s’y faire et l’accepter. Cette pièce d’anthologie émane du ministre d’État au Travail et à la Solidarité sociale du temps, Jean Rochon, qui, face à la montée fulgurante de la pauvreté en pleine période de croissance économique avait largué cette perle afin d’endiguer la misère une fois pour toutes : «Rochon invite les entreprises à se soucier des pauvres» (La Presse, 27 décembre 2001). <br /><br />Encore une fois, comme vous le constaterez, le patronat a répondu courageusement à cette invitation au partage. Le gouvernement libéral de Jean Charest augmente un p’tit brin le salaire minimum et «Les entreprises sont furieuses» (Journal de Montréal, 31 janvier 2009). Et, pour lutter encore plus contre la pauvreté et l’exclusion : «Le patronat veut limiter à cinq ans le droit à l’aide sociale», signalait Le Devoir du 31 octobre 2002. Puis, pour aider davantage les pauvres, Le Devoir du 13 décembre 2003 titre : «Le Conseil du patronat du Québec estime qu’il faut aider… les mieux nantis en réduisant leurs impôts» et toujours dans Le Devoir : «Les médecins spécialistes demandent une baisse d’impôts pour les plus riches». Faut dire que Bernard Landy, encore et toujours lui, avait également répondu au cri du cœur de Jean Rochon afin d’éradiquer la pauvreté et les pauvres en disant, le plus sérieusement du monde : «Imposer l’aide sociale : une mesure équitable» (La Presse, 11 octobre 1996). Cela juste après avoir laissé entendre : «Faire payer les riches : Bernard Landry n’y croit pas» (La Presse, 26 février 1996). C’est son côté socialiste qui ressort! <br /><br />Tout le contraire de Barack Obama aux États-Unis, qui vient d’augmenter de 35 % à 45 % (en incluant la surtaxe), juste au fédéral, l’impôt sur le revenu des plus riches et a supprimé «des dizaines de niches fiscales (abris et paradis fiscaux) qui coûtent des centaines de milliards de dollars à l’État» qu’il a souligné et tel que rapporté dans l’article du Devoir du 12 mai 2009 intitulé : «États-Unis : Obama commence à démanteler l’héritage de Bush». C’est pas fini, puisque Le Devoir du 7 mars 2009 nous apprend que la Banque Scotia s’est impliqué par le biais d’un gros investissement dans le paradis fiscal des Îles Caïmans en faisant l’acquisition de Five Continents Financial. Les pauvres ont beaucoup apprécié ce geste débonnaire.<br /><br />Avec toutes ces mesures très solidaires, l’ancien président du Conseil du Patronat, Ghislain Dufour, avait bien raison de prédire : «La distorsion entre riches et pauvres est en voie de se résorber» (La Presse, 15 janvier 1996). Depuis 1996, les écarts se sont plutôt accentués nettement et non résorbés mais le savant économiste lucide, Marcel Boyer de l’Institut économique de Montréal, un organisme patronal très à droite, a dit que ce sont des «écarts temporaires», tel que souligné dans sa savante opinion publiée dans La Presse du 7 janvier 2008. Il a pondu cette merveille : «Dans une phase de création accélérée de richesse (il reconnaît l’augmentation «accélérée» de la richesse), la distribution devient temporairement (sic) inégalitaire avant de redevenir plus égalitaire». Des écarts temporaires à très long terme s’entend. Faut juste être patient et faire confiance. En vérité, je vous le dis, éventuellement, le Québec ne comptera que des riches. Et, si ces mesures ne suffisent pas, on aura qu’à appliquer les mesures «modérées» avancées par les brillants économistes Malthus et Gilder : «La stérilisation comme remède à la pauvreté» (Le Devoir, 20 février 2000). Faites pas vos âmes sensibles, le Journal de Montréal l’a titré en première page : «Castrés mais heureux». Ils vont être heureux et on va les empêcher de se reproduire et surtout de se multiplier.<br /><br />Passons maintenant à la santé avec une autre perle du ministre péquiste de la Santé d’alors, Jean Rochon (il a hérité de plusieurs ministères) : «17 000 postes en moins et un réseau de santé plus efficace» (La Presse, 26 février 1997). On doit donc conclure que si le réseau de santé publique tire encore dangereusement de la patte, c’est qu’il aurait fallu doubler le nombre de postes coupés. Pas grave, le nouveau leitmotiv pour améliorer la santé publique c’est dorénavant par la voie de la privatisation qu’ils nous disent. Oh, surprise, quelques mois après sa réingénierie, voilà que : «Listes d’attente : Rochon admet que la situation est critique» (La Presse, 7 novembre 1997) et beau geste humanitaire de sa part, tel que rapporté dans le Journal de Montréal du 6 novembre 1997 : «Rochon s’excuse auprès des malades». Le succès fût donc très éphémère. <br /><br />Et l’inégalable Bernard Landry, qui en rajoute, tel que mentionné dans Le Devoir du 27 août 1997 : «La population souffre, c’est vrai admet le ministre des Finances. Mais, la consolation c’est d’assainir les finances publiques du Québec. L’opération n’est pas terminée, mais elle est en bonne voie. Et l’espoir est bon.» Voilà la preuve objective que le PQ est bel et bien un parti de gauche. C’est un peu ce qu’avait dit l’ineffable Jean Rochon, quelques mois auparavant : «L’attente d’une chirurgie cardiaque contribue à assainir les finances publiques» (La Presse, 11 juin 1997). Alors, en signe de solidarité, les malades cardiaques et les cancéreux devraient demander et même exiger que leurs traitements soient reportés, quitte à en mourir pour le bien de la patrie. <br /><br />Pensez-y, ça aide à assainir les finances publiques et aussi à financer une belle salle toute neuve de plus de 300 M$ à notre orchestre symphonique de Montréal (OSM). Jean Charest a dit qu’elle était prioritaire (Journal de Montréal, 26 octobre 2008) et ça permet au Québec d’être, selon l’Institut patronal du Fraser Institute, le «Royaume des subventions» (plus de 6 G$ par année) aux transnationales et aux entreprises prospères (La Presse, 28 novembre 2009). Ça s’appelle mourir pour une cause juste et noble. L’OSM et le patronat vous remercient chaleureusement d’attendre, de souffrir et de mourir. La banque milliardaire TD qui vient de déclarer des profits records en plein crise financière l’a redit récemment : «Les Québécois devront faire des sacrifices» (La Presse, 2 septembre 2009). Pas les banques, responsables de la dite crise, qui doivent satisfaire avec raison leurs pauvres actionnaires et dirigeants, mais les Québécois et seulement eux, soit ceux qui ont été les innocentes victimes de leur arnaque. Belle leçon de solidarité de nos gouvernements : on taxe les victimes, on détaxe et on subventionne à coups de milliards en fonds publics les responsables. Pour verser ces milliards en subventions publiques aux responsables, les Québécois doivent donc se sacrifier sans rechigner. Allez, un petit effort svp., pour enrichir nos nababs, ces bienfaiteurs qui nous permettent de vivre.<br /><br />Dans le Journal de Montréal du 14 octobre 1999, le journaliste parlementaire Normand Girard écrivait dans son billet : «Dépenser pour un hôpital, hélas! Ça ne rapporte pas. C’est juste pour palier à des difficultés de la vie. C’est vrai que cela peut être difficile à comprendre pour les gens. Moi c’est mon devoir d’expliquer.» Qui a dit ces «vérités»? Et oui, ça ne peut être que le seul et unique Bernard Landry. Maintenant, on comprend enfin qu’on «dépense» dans les services publics et on «investit» des fonds publics dans la nouvelle salle de 300 M$ à l’OSM et dans les subventions aux entreprises comme celle de financer la construction à Montréal d’un hôtel de luxe pour… chiens et chats. Si seulement il pouvait prendre un «break». Mais c’est plus fort que lui, Bernard va récidiver et sévir encore et souvent. <br /><br />Quoi d’autre? Lucien «lucide» Bouchard, alors premier ministre, qui dit : «Couper pour assurer la survie de l’État» (Le Devoir, 26 février 1996). Il faut donc conclure qu’investir davantage dans les services publics en lambeaux amènera la mort de l’État. N’importe quoi… Toujours de Lucien «Lulu» Bouchard, Le Devoir du 9 mars 1996 titre : «Le coût des programmes sociaux : Bouchard veut aligner le Québec sur l’Ontario et les États-Unis». L’Ontario, dirigé alors par le conservateur d’extrême droite Mike Harris. Bel exemple de social-démocratie de la part du Parti québécois. Et, Bernard Landry, ah non, pas encore lui, qui, dans le Journal de Montréal du 29 octobre 1997, a dit fièrement : «Ce sont les agences de crédit et les prêteurs au gouvernement qui lui dictent sa politique fiscale et budgétaire». Si c’est vrai, la souveraineté du Québec va changer quoi au juste? Voilà une autre belle preuve que l’on vit dans un pays libre et démocratique. En passant, ce sont ces agences de notation et ces prêteurs qui sont à l’origine de la crise actuelle et qui n’ont rien vu des multiples fraudes et des faillites d’Enron, World Com, Tyco, Nortel et compagnie. La meilleure est pour la fin, tel que titré dans La Presse du 22 octobre 2004 : «Pauline Marois accuse Bernard Landry de récupérer ses idées». Ayoye, ça peut ben aller mal au Parti québécois.  </p>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 25 Feb 2010 05:00:00 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Péladeau, Ménard et les syndicats]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Récemment, Pierre-Karl Péladeau faisait une virulente sortie contre les organisations syndicales. Le 22 janvier, Le Devoir titrait : «Le baron des médias sonne la charge contre les syndicats tout puissants.» S’il subit la «dictature» des syndicats, où a-t-il trouvé le pouvoir de mettre ses employés du Journal de Montréal en lock-out depuis plus d’un an? Il a fait de même au Journal de Québec et au Réveil de Chicoutimi. Pour lui, un bon syndicat se soumet à ses diktats. <br /><br />Appelé à commenter la crisette de PKP, Jacques Ménard, président de la Banque de Montréal au Québec, mentionnait : «Moi, je n’ai pas de bibittes ou d’appréhensions existentielles à l’égard du monde syndical. Ça fait partie de la toile sociale qu’est le Québec.» La toile est plus grande dans les pays scandinaves, qui ont un taux de couverture syndicale supérieur à 80 %, contre 39 % au Québec, ce qui ne les empêche pas d’être les plus compétitifs au monde, selon le Forum économique mondial. Parlant de bibittes, faut dire qu’il n’y pas de syndicat à la Banque de Montréal, à l’instar des autres grandes banques canadiennes. <br /><br />Absence de syndicat rime avec «flexibilité» accrue pour l’employeur, comme la fois, en 2007, où la BMO supprimait 1 000 postes afin «d’améliorer son service à la clientèle et de donner un coup de pouce à ses résultats financiers après avoir connu en 2006 une de ses années les plus profitables», signalait un article. Puis, deux ans plus tard, Le Devoir du 27 mai 2009 titrait : «La BMO licenciera plus de 1 000 personnes» additionnelles, afin «d’énergiser» davantage ses profits dodus. Les licenciements sont évidemment plus expéditifs sans «contrainte» syndicale. <br /><br />Il y a aussi ce recours collectif de plusieurs centaines de millions intenté en 2007 par des employés de banques canadiennes pour des heures supplémentaires non payées. Un syndicat aurait exigé le paiement du temps supplémentaire, ce qui aurait «déprimé» leurs énormes bénéfices et les dividendes des banques et réduit la rémunération des dirigeants, mais au profit des travailleurs. <br /><br />Enfin, dans un article du journaliste «lockouté» Michel Van de Walle paru dans le Journal de Montréal du 19 septembre 2006 intitulé Les employeurs sabrent dans les avantages sociaux, Ellen Whelan, de l’importante firme en ressources humaines Mercer, a affirmé : «Les grandes banques canadiennes ont été parmi les premières à sabrer dans les protections d’assurance de leurs employés puisque ces derniers ne sont pas syndiqués.» En interprétant ces propos, M. Ménard n’aurait donc pas d’objection à la syndicalisation des banques?
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 18 Feb 2010 02:53:32 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
                      <guid isPermaLink="true">http://www.journalmetro.com/paroles/article/455615</guid>
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                  <item>
                      <title><![CDATA[Rions beaucoup: Québec et la crise]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[<p>La crise financière, dont est responsable le privé, avec sa recherche de profits à court terme à tout prix et sa cupidité légendaire, a occasionné au pays des milliers de pertes d’emplois et des centaines de milliards en fonds publics, provenant des poches des victimes versés aux responsables souvent milliardaires. </p>
  <p>Et comme ce n’est pas suffisant pour éradiquer les effets dévastateurs de la crise, on va exiger des dindons de la farce de payer en sus pour les dommages collatéraux en hausses de taxes à la consommation et en tarification accrue des services publics afin d’endiguer le déficit, réduire la dette et verser de nouveau d’autres milliards aux coupables afin de les aider à s’en sortir et de rémunérer «décemment» leurs dirigeants. <br /><br />Comme le disait l’ex-président narcissique Henri-Paul Rousseau à propos des 40 G$ de pertes encourues par «sa» Caisse de dépôt sur des investissements spéculatifs et pourris : «Nous avons été frappés par une tempête parfaite.» </p>
  <p>Voilà, c’est bien ça l’économie de marché avec ses lois naturelles. Il y a eu un tsunami économique que personne n’a pu voir venir, même pas les grands bonzes du privé, ceux qui, à titre d’experts, nous disent comment gérer l’État «efficacement». En somme, les affairistes n’y sont absolument pour rien dans cette crise financière mondiale. La nature s’est tout simplement déchaînée. Un «act of God» en quelque sorte découlant de la main invisible du marché naturel. Rien à voir avec la main visible des créateurs de richesse. Esprits tordus, va!<br /><br />En fin de compte, cette crise qui va vous appauvrir n’a que du bon comme l’a dit Raymond Bachand, le «positif» ministre libéral du Développement économique : «Une occasion de renouveau. Plus les Québécois seront solidaires, mieux ils traverseront cette crise économique exceptionnelle, pour laquelle nous allons trouver des solutions nouvelles et exceptionnelles. Il n’en tient qu’à nous, ensemble…» </p>
  <p>Par «ensemble», l’honorable ministre fait allusion à la classe moyenne et non au gratin et aux compagnies. Il demande au monde ordinaire de payer et au privé et aux nantis d’avoir l’insigne bonté de recevoir. C’est ça pour lui être solidaire. Et pour les solutions novatrices et courageuses, lui et le parti libéral du Québec accoucheront de hausses de la TVQ et de tarifs des services publics. <br /><br />Vraiment génial et audacieux comme solutions. Pas comme Obama aux États-Unis qui va plutôt augmenter l’impôt sur le revenu des riches et des compagnies, diminuer celui de la classe moyenne, couper dans plusieurs abris fiscaux et l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux des bonzes et taxer davantage les banques comme en France et au Royaume-Uni. </p>
  <p>Voyons donc, ce sont là des mesures socialistes éculées et lâches que de vouloir s’en prendre ainsi à nos bienfaiteurs. Pour les libéraux et les lucides autoproclamés, les politiques d’Obama vont faire fuir les cerveaux, anéantir la compétitivité des States, décourager l’investissement et l’épargne et créer du chômage. M. Obama, «shame on you». On s’ennuie déjà des républicains, de George Bush et de Sarah Palin.<br /><br />«Plan pour revenir à l’équilibre budgétaire : Québec lance une consultation élargie» que titrait La Presse. Consultation élargie peut-être mais très encadrée, comme le laisse voir ces deux articles : «Hausses des tarifs : le projet de loi est déjà prêt» et «Double hausse de la TVQ envisagée pour 2011». </p>
  <p>Allô consultation! Pour élargir sa consultation, Charest vient de nommer deux autres personnes à son comité d’experts, soit les très lucides universitaires Claude Montmarquette et Pierre Fortin, deux enragés des taxes à la consommation et de la tarification des services publics. On consulte ses propres experts d’abord qui pensent comme vous et une fois les décisions arrêtées et votées, vous serez alors consultés. C’est comme ça que ça marche. Trouvez-vous ça drôle? <br /><br />Tiens, tiens, fini la consultation élargie et place plutôt à «un forum intime sur l’économie du Québec», titrait Le Devoir du 9 janvier 2010 avec comme «sages» de dignes représentants de la Banque Nationale, de Power Corp., de Desjardins, de l’Industrielle-Alliance, des organismes favorables à la santé, aux autoroutes, à l’eau, aux pensions de retraite, à Hydro-Québec, etc… privés.<br /><br />«La ministre Blais prend le parti des clowns dans les CHSLD», titrait Le Devoir. Pour réduire un peu le déficit, à titre bénévole, j’enverrais des ministres et leurs bouffons de service dans les CHSLD déballer leurs sornettes. Les personnes âgées vont se tordre de rire. </p>
  <p>Le ministre Béchard pourrait leur répéter ce qu’il a déjà affirmé afin de neutraliser les hausses des tarifs d’électricité : «Baissez le thermostat et ouvrez vos rideaux.» J’ajouterais, «et habillez-vous chaudement à la maison». Ma dernière drôle vient de Charest, qui a dit sans rire : «Il faut réformer le capitalisme.» Pas trop M. Charest, sinon on va basculer dans le socialisme. </p>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 11 Feb 2010 05:00:00 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Banque à charges]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Les banques canadiennes ont dilapidé des milliards en spéculant outrageusement avec l’argent des déposants sur des investissements pourris (PCAA). Afin de les «responsabiliser», les gouvernements leur ont allongé 200 G$ de fonds publics sans aucune condition, contrairement à d’autres pays, qui les ont nationalisées, taxées davantage et qui ont limité les rémunérations. Comme l’État a payé leurs gaffes avec des fonds publics, elles ont de nouveau réalisé des bénéfices records. Ici, pas question de les taxer pour payer ce qu’elles ont reçu. Elles poussent même le sarcasme jusqu’à suggérer, pour sortir de la crise dont elles sont responsables : «Les Québécois devront faire des “sacrifices”.» Faut taxer les victimes et aider les coupables. <br /><br />Pourquoi leur avoir consenti 200 G$ qu’on aurait pu investir dans nos programmes sociaux? Comme les banques canadiennes forment un monopole de fait, elles se sont reprises rapidement en taxant «généreusement» les consommateurs en hausses de frais bancaires, de taux d’intérêt, etc. En 2007, la Banque de Montréal a perdu 680 M$ en spéculant sur le gaz naturel. En 2005, la Banque CIBC a versé 2,8 G$ aux investisseurs qu’elle a floués dans le scandale Enron, et les autres plus de 1 G$. Quoi d’autre? En 2004, sept institutions financières canadiennes ont payé 200 M$ de pénalités pour avoir manipulé les cours et elles viennent d’être condamnées à débourser 139 M$ d’amendes sur leur magouille du papier commercial. Toujours la population qui paie pour les dérapages.  <br /><br />Puis, le président de la Banque de Montréal nous menace : «Les Canadiens doivent cesser de dénigrer les banques.» Et Harper, pour le calmer, nomme son économiste en chef responsable de l’examen «indépendant» des prévisions économiques du gouvernement. Édifiant! En 2009, Harper récidive et «crée un comité formé de banquiers qui analysera les façons d’améliorer les connaissances des Canadiens sur les services financiers». Jacques Ménard (Banque de Montréal), d’ajouter : «Informer pour éviter les mirages.» L’expérience du papier commercial montre qu’ils devraient commencer par «s’informer» eux-mêmes. <br /><br />Et le gouverneur de la Banque du Canada, d’en remettre : «Carney rappelle les banques à l’ordre. Dans les crises à venir, les pertes devront être assumées par les institutions.» Les banques sont terrorisées par ce «sévère» avertissement. Pour que l’on cesse justement de «dénigrer» les banques, André Bérard, l’ex-président de la Banque Nationale, avait conseillé aux entrepreneurs de «s’acheter des articles dans les journaux». Ils n’ont pas suivi son conseil… ils ont préféré acheter les journaux. Thomas Jefferson, le troisième président américain, a dit en 1802 : «Les banques sont plus dangereuses pour nos libertés que les armées.» Davantage aujourd’hui. Elles sont l’État dans l’État.
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 04 Feb 2010 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                  <item>
                      <title><![CDATA[Rions beaucoup: Québec et les pétrolières]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[ Les Canadiens se font voler rondement par les pétrolières. C’est Stephen Harper qui le dit : «Prix de l’essence : Les Canadiens “escroqués”.» Ça ne l’empêche pas de leurs verser près de 2 G$ annuellement en subventions et faut surtout pas lui suggérer de nationaliser l’industrie, comme le font tous les pays producteurs et exportateurs allant de la Norvège au Koweit et le Venezuela. <br /><br />En passant, le New-York Times mentionne que le fonds norvégien alimenté des recettes pétrolières, pas seulement de ridicules redevances, comme au Canada, atteindra 1 000 G$ d’ici 10 ans. Lorsque les géants norvégiens Statoil et Norks Hydro ont fusionné en 2006, l’État a augmenté sa participation, contrairement au Canada qui a privatisé entièrement Petro-Canada.<br /><br />En 2004, le chef du Bloc québécois a dit : «Duceppe entend mettre les pétrolières au pas.» Comme les pétrolières ont fait fi des menaces, il a récidivé en 2005 : «Le Bloc veut mettre les pétrolières au pas.» En fait, ce sont les pétrolières qui ont mis les gouvernements au pas. Puis, en 2006, le ministre de l’Environnement du Québec, Claude Béchard, s’est essayé à son tour en voulant instaurer une taxe verte aux pétrolières en pensant naïvement qu’elles l’absorberaient sans rechigner : «Fonds vert : Québec se fie à la bonne volonté des pétrolières.» <br /><br />Faisant preuve de bonne volonté, les pétrolières l’ont refilé aux consommateurs avant que la taxe soit instaurée : «La redevance verte de 1,3 cent le litre imposée prématurément. Des pétrolières taxent déjà les automobilistes.» Puis, Béchard revient à la charge : «Taxe verte : Béchard en appelle au sens civique d’Ultramar.» Réponse de la pétrolière : «Ultramar fera payer les automobilistes.» Et Béchard, qui en rajoute : «J’en appelle à leur bonne foi et à leur responsabilité sociale.» Bonne volonté, sens civique, développement durable, éthique et responsabilité sociale, le privé en a absolument rien à cirer. C’est juste bon pour financer des universitaires et des écologistes qui tiennent des colloques sur ces sujets très sérieux.<br /><br />Ce n’est pas fini. Après être tombé, M. Béchard se relève et leur demande maintenant de justifier par écrit leur hausse des prix : «Québec veut faire mal paraître les pétrolières.» Elles n’ont rien justifié pantoute et c’est le gouvernement libéral qui a mal paru. Béchard récidive et cette fois, il menace : «Béchard pourrait plafonner le prix de l’essence», comme la loi lui permet. <br /><br />Évidemment, il n’a rien plafonné du tout. Après avoir manqué de courage pour s’attaquer au cartel des pétrolières, le gouvernement libéral du Québec se soumet docilement et en 2009 les supplie à genoux de collaborer : «Coût de l’essence : Québec invite les pétrolières à collaborer.» Elles ont répondu positivement à cet appel lancinant de Québec par la fermeture de la raffinerie de Shell à Montréal. Le PLQ n’a pas levé le petit doigt pour les empêcher de mettre en péril l’acheminement de pétrole raffiné dans la province. <br /><br />Nos élus sont plus «courageux» avec les syndicats et la population. Et Business Week qui titre : «Exxon Mobil : pumping cash, not oil.» Faut être prudent avec ça. Malchanceux comme ils sont, ils pourraient en trouver… du pétrole, ce qui ne ferait pas du tout leur affaire.<br /><br />Pour se libérer de la dictature des transnationales pétrolières, faut créer Pétro-Québec, s’accaparer de la raffinerie que Shell vient de fermer à Montréal et importer nous-mêmes notre pétrole par une entente à long terme avec des pays producteurs, tel la Russie et le Venezuela. Le Nicaragua, un tout petit pays, vient justement de le faire. Mais non, comme pour nos mines, Québec en a rajouté et a cédé gratuitement tous les droits d’exploration pétrolière et gazière au Québec à des bineries comme Gastem et Junex, qui vite se sont associées à des firmes étrangères n’ayant même elles-mêmes pas une «pépine» pour creuser un ravin. <br /><br />Aucune redevance sera encaissée mais elles sont déjà intensément subventionnées par Québec et on paiera la note salée de la décontamination. Comme le disait une défunte revue : «C’est pas parce qu’on rit que c’est drôle.»<br /><br />
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 28 Jan 2010 01:03:26 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                  <item>
                      <title><![CDATA[La France économique]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Ici, c’est l’État minimal dans tout. Au Québec, le mot d’ordre est de ratatiner la Caisse de dépôt et la SGF et de privatiser les autoroutes, l’éolien et les services publics. L’État ne doit plus s’impliquer directement dans l’économie, mais indirectement, en subventionnant les «héritiers».<br /><br />En France, même avec Sarkozy à droite, c’est différent. L’État français est le principal actionnaire de Renault, et le secrétaire d’État vient d’exiger que l’entreprise lui «fasse des propositions» pour assurer la pérennité des sites du groupe en France, car l’État se veut «vigilant» au niveau de l’emploi. Et Renault s’est récemment porté acquéreur de 25 % du plus important constructeur automobile russe. Puis, Électricité de France (EDF), détenue à 85 % par l’État français vient d’acheter pour 16 G€ le géant britannique British Energy et a récolté, en 2008, 954 MW sur les 2 000 MW d’éolien principalement offerts par Québec à des étrangers. Québec cède l’éolien à des étrangers, mais interdit à Hydro-Québec d’y investir. Insensé! <br /><br />L’État français détient aussi 35 % de la multinationale Gaz de France-Suez et est le principal actionnaire du géant Airbus (constructeur d’avions) et d’EADS (militaire). Ici, l’État n’a plus rien dans Canadair, privatisé à Bombardier, mais est son principal souteneur. Idem pour les Arsenaux Canadiens, vendus aux Américains. Alors que Bell est entièrement privée, l’État français est propriétaire à 33 % de France Télécom.<br /><br />Et la Caisse des dépôts et consignations de la France, contrairement à la nôtre, contrôle plein d’entreprises, dont la transnationale Transdev, qui s’est portée acquéresse des compagnies québécoises de transport Limocar et Groupe Auger. En plus, Sarkozy a créé, en 2008, un nouveau fonds étatique de 149 G$ pour investir dans les entreprises françaises. Investir qu’il a dit, et non se limiter à les subventionner comme ici. Sarkozy a dit : «Les Chinois, les Russes le font, il n’y a pas de raison que la France ne le fasse pas.» Nous on ne le fait pas, M. Sarkozy. <br /><br />Le gouvernement français a aussi bloqué la vente à l’étranger de la multinationale alimentaire Danone et de la pharmaceutique Aventis, dont il a forcé la fusion avec Sanofi. Québec, lui, a favorisé la vente de Provigo et de Biochem Pharma à l’extérieur. L’État français est un investisseur majeur dans Air France et l’actionnaire unique de la Société nationale des chemins de fer (SNCF). <br /><br />Le modèle économique et social québécois fait dur lorsqu’on le compare aux européens. On aurait intérêt à s’inspirer du modèle français. Mais on va continuer à cultiver la haine de nos instruments collectifs pour mieux les brader.
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 21 Jan 2010 01:03:26 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Le CN américain]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Le Canadien National fut privatisé en 1995 par le gouvernement libéral. Cela faisait suite aux autres privatisations de joyaux publics qui ont eu lieu sans débat public et sans référendum, comme cela est obligatoire dans de nombreux pays. Ailleurs, la population serait descendue dans la rue pour s’y opposer. Nos ressources naturelles appartiennent dans une vaste majorité à des étrangers. Même que Harper et Charest vendent régulièrement à des étrangers des pans économiques entiers comme les autoroutes, l’éolien, les barrages, les pharmaceutiques, les télécommunications, etc. <br /><br />Lors de la privatisation du CN, en 1995, le gouvernement Chrétien n’avait imposé aucune limite au contrôle étranger, ce qui fait qu’aujourd’hui, plus de 70 % de la compagnie est détenue par des Américains. Le Canadien National n’a plus de canadien que le nom. Avec 6 % des actions, l’américain Bill Gates, l’homme le plus riche du monde, est le principal actionnaire individuel du CN. Si on s’était limité à privatiser les trains, cela aurait été un moindre mal. Mais non, nos élus, avec le silence de la population, ont également cédé les voies ferrées, les ponts, d’immenses terrains, etc. <br /><br />Désormais, nos trains de passagers collectifs, que l’on veut supposément encourager, doivent demander la permission au CN pour utiliser ses rails, lui payer des millions en frais d’usager et, bien évidemment, doivent obligatoirement passer après les trains de marchandise. Ça limite ainsi le nombre de trains de banlieue quotidiens, qui doivent, en plus, se taper de nombreux arrêts afin de laisser le chemin libre aux trains de marchandise. Le marché avant les services collectifs, et le transport de marchandise avant le transport des gens. En novembre 2008, le ministre fédéral conservateur des Finances, Jim Flaherty, a dit que les Canadiens seraient étonnés d’apprendre que la Tour du CN appartient au gouvernement fédéral. Les Canadiens seraient encore plus surpris de savoir que le CN est maintenant détenu à plus de 70 % par des Américains. <br /><br />Comme le CN est maintenant américain, l’assemblée annuelle des actionnaires a évidemment eu lieu à Memphis et à Chicago au cours des deux dernières années. Puis, il y a le siège social de Montréal, qui n’est plus qu’une coquille vide, et le pont de Québec, un chef-d’œuvre historique collectif, qui appartient dorénavant aux Américains, étant la propriété du CN. Idem pour le Château Frontenac, que l’on voit partout dans la publicité touristique de la province, qui est propriété étrangère. Lors de la privatisation du CN, le gouvernement s’est approprié la Tour du CN à Toronto. Pour nous déculpabiliser un peu, faisons-nous accroire que c’est la faute aux Anglais du Canada, qui nous ont supposément contraints à vendre à l’étranger des sociétés étatiques québécoises. <br />
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <keywords><![CDATA[]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 07 Jan 2010 00:00:00 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[Le PQ et l’anglais]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[«Il faut faire reculer l’anglais, dit Marois. L’inaction de Charest risque de “semer le désordre” à Montréal», titrait Le Devoir. Complètement incohérent : il ne peut y avoir de pouvoir linguistique et politique sans un minimum de souveraineté économique. L’ONU et l’OMC mettent continuellement en garde les nations contre les risques de «recolonisation» par les transnationales étrangères qui achètent les firmes locales. Elles disent que l’État doit intervenir pour protéger ses leviers économiques, et davantage dans les petits pays.<br /><br />Historiquement, le Parti québécois (PQ) n’a rien fait pour conserver le contrôle de nos grandes entreprises étati­ques, cruciales pour notre développement économique, et qui ont été cédées à des firmes étrangères, comme Provigo, vendue à Loblaw. Que reste-t-il de Provigo au Québec? Ces deux articles résument bien l’impact dévastateur de ce délestage : «Provigo : de siège social à “centre de services” et «Loblaw dit au revoir à une centaine de petits producteurs québécois». Puis, il y a eu cet immense succès collectif, Biochem Pharma, vendu à l’Anglaise Shire, dont il ne reste plus rien au Québec. Et la minière Cambior cédée à Iamgold avec, comme résultat : «Le Québec minier déplore la perte du siège social de Cambior». Idem pour la papetière Domtar, la Bourse de Montréal, Sico, Culinar, etc. C’est par de telles mesures qu’on va faire avancer le français au Québec? Dire que le PQ, avec à sa tête Bernard Landry et Jacques Parizeau, voulait aussi privatiser Hydro-Québec et la SAQ tout en discourant sur la souveraineté... Souverain de qui et de quoi au juste quand vous ne contrôlez pas votre économie?<br /><br />C’est aussi le PQ et Bernard Landry qui avaient nommé comme président de la Caisse de dépôt Henri-Paul Rousseau, qui a largué ces deux perles : «Rousseau dédramatise la propriété étrangère» et «La Caisse n’empêchera pas les prises de contrôle étrangères». Allô souveraineté! Pas mieux du côté du Parti libéral, où le ministre «Bachand ne s’inquiète pas de la mainmise étrangère» et a accusé de xénophobie ceux qui s’en faisaient pour ça. Eh bien, les autres ne semblent pas hésiter à être xénophobes eux, si on se fie à ces articles : «L’Europe ne s’ouvre pas aux OPA», «Japon : sus aux investissements étrangers», «Chine : un nouveau mur pour refouler les étrangers», «Washington encadrera davantage les rachats d’entreprises» et il «sera plus compliqué d’acheter des entreprises américaines».<br /><br />Pour protéger notre langue, il faut renforcer, et non démanteler, nos sociétés d’État ainsi qu’en créer d’autres comme Pharma-Québec, Pétro-Québec, Éole-Québec, la Banque du Québec, etc. En passant, le président de la France, Nicolas Sarkozy, vient de créer un nouveau fonds étatique de 100 G€ afin de protéger son économie, alors que ce pays a déjà une Caisse de dépôt et consignation nettement plus grosse que la nôtre.
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 24 Dec 2009 04:24:54 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                      <title><![CDATA[La sensibilité du marché boursier]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Le marché boursier est d’une grande sensibilité. Sensible au sort des détenteurs de capitaux s’entend, et d’une froideur implacable envers les autres. Le marché des capitaux réagit puissamment au fric. Il en veut toujours plus, rapidement et par tous les moyens.<br /><br />J’ai ressorti des articles de journaux rigolos. Commençons par : «Google a quadruplé ses profits, mais l’action a perdu 6,5 % de sa valeur», bénéfices jugés insuffisants par les actionnaires. Tordant! C’est comme si Charest offrait de quadrupler le salaire des fonctionnaires et qu’ils refuseraient, trouvant l’offre insultante. Trois «vites» sur des québécoises : «Couche-tard : des profits cinq fois plus importants… qui déçoivent»; «Rona : des profits records mais… les investisseurs ont mal réagi»; et, enfin : «Garda : des profits en forte hausse qui déçoivent les analystes. Le titre a perdu 5,6 %». Que dire du fabricant du Black Berry : «RIM double son bénéfice, mais déçoit les attentes». Voyons donc, il aurait fallu le tripler! <br /><br />Idem dans le secteur bancaire : «La TD a plus que doublé ses profits et le titre baisse», «La Banque de Montréal déclare des profits records et son titre perd 2 %» et «Malgré une hausse de 19 %, les bénéfices de la Banque Royale déçoivent les investisseurs». Afin de plaire au marché : «BMO abolira 1000 postes pour stimuler ses résultats financiers, après avoir connu en 2006 une année très profitable». Puis : «La CIBC supprime 2000 postes» toujours en période de profits records. Voici la justification : «Étant donné les perspectives économiques incertaines, il est prudent de prendre des mesures préventives qui renforcent notre bilan et contribuent à protéger nos bénéfices». Prudence… on congédie! Faut «énergizer» le profit et doper la valeur de l’action. Noble objectif. Ils ont répété le stratagème deux ans après : «Le bénéfice augmente, mais la CIBC abolit 1 500 postes supplémentaires». Le marché raffole de ces gestes «humanitaires» de «responsabilité sociale».<br /><br />Cette course débile aux profits mène à la fraude, à la corruption, aux crises financières, la violence et à la guerre. Pour «booster» leurs bénéfices, les entreprises élimineront la concurrence, financeront les politiciens et les milices privées, licencieront des tonnes d’employés, fermeront des usines, pollueront joyeusement et pratiqueront l’évasion fiscale. Au Canada, 20 % des plus riches détiennent 94 % des capitaux et les 60 % moins aisés seulement 1 %. Pour chaque 100 $ de gain boursier, seulement 3 cents est consommé. La logique voudrait qu’ils taxent moins le travail et davantage les capitaux des nantis, mais ils font le contraire. <br /><br />Terminons par cette «drôlerie» : «Même si les profits sont six fois supérieurs, Dow Chemical supprimera 3 000 emplois (aux 3 500 déjà éliminés)». Le marché a jubilé. Merveilleux capitalisme avec ses lois naturelles et sa main invisible. <br />
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 10 Dec 2009 03:15:49 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                  <item>
                      <title><![CDATA[Fraude, cupidité et incompétence]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Nortel illustre merveilleusement les tares innées du capitalisme. Ainsi, en 2008, cette compagnie a subi une perte colossale de 6 G$, ce qui n’a pas empêché la direction de vouloir verser 50 M$ en primes aux dirigeants afin de les «fidéliser». Même si Nortel est en faillite, l’ex-président Mike Zafirovski réclame 12 M$ à l’entreprise pour «services rendus», lui qui, en 2005, a encaissé 40 M$ pour un mois et demi de travail sans compter que 75 M$ furent versés aux autres dirigeants sur des profits illusoires falsifiés par eux. D’ailleurs, le Canada et les États-Unis ont, en 2008, porté de nouvelles accusations criminelles de fraude comptable contre les dirigeants de Nortel, qui avaient déjà réglé, en 2006, pour 2,6 G$ les recours collectifs intentés jusqu’alors pour manipulation comptable. J’oubliais les «modestes» 145 M$ empochés en 2000 par l’ex-PDG John Roth. <br /><br />Selon le populaire chroniqueur Alain Dubuc, les salaires des patrons sont «largement un faux problème», et l’indignation qu’ils suscitent «comporte une évidente dimension idéologique» et une «bonne dose d’anticapitalisme primaire». Ayoye! Bush lui-même a critiqué ces rémunérations indécentes. Dire que Pierre Foglia considère son collègue Dubuc comme un «génie»... Pauline Marois a répété souvent qu’il ne fallait point être jaloux des riches. Faut plutôt les admirer et les remercier. Les économistes Marcel Boyer de l’Institut économique et Claude Montmarquette des lucides l’ont dit : «La compétence, ça se paie!» Avoir mené aussi rapidement Nortel à la banqueroute relève effectivement d’une compétence gargantuesque.<br /><br />En 2000, l’action de Nortel, qui ne vaut plus rien, se transigeait à 124 $, et les analystes des banques canadiennes, qui étaient leurs créanciers, suggéraient d’en acheter encore. Ils n’ont supposément rien vu venir, ni la crise financière, ni les fraudes milliardaires de World Com, Tyco, Enron, etc. Vraiment suspect! Idem pour les vérificateurs comptables. Allô les experts! Il ne reste plus rien de ce joyau canadien des télécommunications qui se pavanait en situation de <br />monopole, à titre de filiale de Bell, et qui a été vendue depuis en pièces détachées aux américaines Avaya et Ciena, à la suédoise Ericsson, à la japonaise Hitachi, à la finlandaise Nokia, à Flextronics de Singapour, etc.<br /><br />Des milliers de travailleurs ont perdu leur emploi, transféré ailleurs, et leur fonds de pension, alors que les dirigeants ont engrangé des centaines de millions et que la collectivité, par l’intermédiaire de l’État, devra encore payer, comme le signalait Le Devoir : «Québec aidera les retraités de Nortel» et «Nortel invoque la protection de la Cour : préoccupé, Ottawa n’écarte pas la possibilité d’une aide financière». Pas grave, pour éponger ça, on n’aura qu’à tarifier davantage les services publics et à hausser les taxes à la consommation du peuple «docile». La morale de l’histoire est que l’incompétence et les malversations du privé se paient toujours avec des fonds publics.<br />
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 26 Nov 2009 03:15:49 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                   </item>
             
                  <item>
                      <title><![CDATA[Lettre à bébé Soliane]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[<p>Ma chère petite-fille Soliane, </p><p> Il n’est pas loin le temps où, pour la première fois, nous faisions connaissance. Je n’ai jamais été à l’aise avec les nouveaux-nés, mais te voir lovée au creux de mon bras, dans toute ta fragilité, m’a fait perdre toute ma retenue, quoique je redoute le modèle de société que l’on va léguer à mon bébé d’amour et dans lequel tu auras à vivre. C’est pourquoi aujourd’hui je me permets de t’écrire, afin que jamais on n’essaie de te faire peur, comme le Journal de Montréal l’a fait dernièrement au petit Émile, avec comme gros titre : «Le Québec s’enfonce dans le rouge : Émile déjà endetté de 16 335 $.» C’est mon devoir de grand-papa de t’expliquer modestement certaines choses de la vie afin que tu développes un esprit critique face à tous ceux qui prétendent te vouloir du bien.<br /><br />Il faut que tu saches, ma belle Soliane (elle me ressemble), que si tu vivais aux States, tu aurais à supporter une dette par habitant (au fédéral seulement) de 32 000 $ et un déficit record de 1 409 G$ pour 2009, alors qu’il sera d’environ 5 G$ au Québec et de 25 G$ en Ontario. La dette nette du Québec, en proportion du produit intérieur brut (PIB), est de 42 %, alors qu’elle est de 48 % pour l’ensemble des pays de l’OCDE, de 94 % pour le Japon et de 58 % pour les États-Unis. Et ce ratio baisse constamment depuis plusieurs années au Québec, contrairement à d’autres pays. Même l’Irlande et l’Islande, deux pays donnés comme des exemples de réussite pour leurs bas impôts et pour leur État minimaliste, sont respectivement en quasi-faillite et en faillite. Idem pour la Nouvelle-Zélande, le pays modèle d’antan, qui avant de sombrer a écarté leurs recettes libérales dévastatrices. Ils ne citent plus ces pays comme référence. Quelle ingratitude! <br /><br />Mon trésor, quand tu calcules tes dettes, il faut que tu les compares à tes actifs, c’est élémentaire. Contrairement à d’autres, mais beaucoup moins qu’en France et en Norvège, le Québec détient des actifs collectifs qui t’appartiennent, même du haut de tes deux ans, mais que plusieurs veulent s’approprier, avec le concours de leurs élus, comme Hydro-Québec, Loto-Québec et la SAQ. Hydro-Québec seule vaut plus que l’ensemble de la dette du Québec, selon l’Institut économique de Montréal, un organisme patronal. Soliane, tu serais encore plus riche si les politiciens n’avaient pas cédé à des opportunistes des joyaux qui t’appartenaient comme Provigo, Biochem Pharma, Cambior, Domtar, Vidéotron, etc., sans parler de l’éolien, de nos forêts, de nos mines, de notre gaz naturel et de notre pétrole. Crois-moi, Soliane, il faudra que tu les surveilles de près, ces laquais plus intéressés à servir leurs amis qu’à te servir, et je dirais même à sévir contre toi. Encore l’an passé, les agences de notation Fitch Ratings et Moody’s ont rehaussé ou maintenu la cote du Québec. Allô, province en faillite!<br /><br />Soliane, souvent est sorti l’argument selon lequel le Québec est pauvre et, qu’avant de répartir la richesse, il faut la créer. Encore des sornettes primaires : selon l’Institut de la statistique, la richesse par habitant au Québec, mesurée par le PIB, est aussi élevée ici qu’en France, en Allemagne et en Espagne. On est riches avec beaucoup de pauvres et une minorité qui contrôle la majorité de la richesse, comme aux États-Unis, où les 300 000 Américains les plus fortunés gagnent autant que les 150 millions au bas de l’échelle. Même quand la richesse nous est sortie par les oreilles au cours des 25 dernières années, elle n’a pas été partagée; elle a été accaparée par une minorité, amplifiée par les politiques fiscales et économiques promulguées et à même les fonds publics, comme l’indique le fort taux de concentration de la richesse souligné par Statistique Canada. Le marché seul n’a jamais réparti la richesse : il se l’est toujours accaparé au détriment des travailleurs et de la population. <br /><br />Parlons maintenant des vaches sacrées du modèle québécois réservées aux riches. Le Québec verse 400 M$ par année en subventions aux écoles privées, alors qu’en Ontario et aux States, c’est zéro. Selon le Fraser Institute, un organisme très à droite, le Québec verse 3 G$ de plus que l’Ontario en subventions annuelles aux compagnies, et cela ne comprend pas les milliards additionnels versés récemment par ton gouvernement aux alumineries en tarifs d’électricité préférentiels, les 450 M$ donnés aux papetières, les 150 M$ octroyés aux pharmaceutiques, les 75 M$ versés aux Molson pour les aider à acheter le Canadien, les 300 M$ dépensés pour construire une chaumière à l’Orchestre symphonique, les milliards allongés aux banques et les 800 M$ additionnels d’aide aux entreprises annoncés fièrement par le ministre Bachand. <br />Et Charest se dit prêt à verser au moins 100 M$ pour construire un amphithéâtre de hockey à Québec et plusieurs millions pour ramener la F1. Toutefois, le gouvernement n’a pas une cenne de plus pour les garderies, les écoles, le transport en commun, la santé, etc. Ils veulent même les tarifer. Pour eux, les services publics comme la santé et l’éducation constituent une dépense d’épicerie, et les subventions aux entreprises, un investissement. Drôle de raisonnement. <br /><br />Soliane, c’est au Québec que le régime fiscal des entreprises est le plus généreux en Amérique du Nord. Imagine, 150 000 compagnies sur 300 000 au Québec, soit 50 %, ne paient pas une cenne noire d’impôts sur des profits milliardaires. Hydro-Québec contribue plus aux revenus du Québec que les 300 000 compagnies paient en impôts sur le revenu et en taxes sur le capital. C’est pas suffisant pour eux, ils veulent augmenter considérablement les tarifs d’électricité de la classe moyenne. Les compagnies québécoises reçoivent deux fois plus en subventions que ce qu’elles paient en impôts. Soliane, faut surtout pas que tu suggères d’instaurer un impôt minimum aux compagnies, de rétablir l’impôt successoral, d’abolir les subventions aux écoles privées, de réduire les subventions aux entreprises de 3 G$ pour les ramener comme en Ontario, d’introduire une taxe annuelle sur la richesse comme en Europe, de réduire les abris fiscaux des nantis et des banques qui coûtent des milliards en dépenses fiscales au Québec, comme les gains de capitaux, les REER, le REA et les CELI, ou de hausser comme ailleurs les impôts des banques qui réalisent des profits records en pleine crise et qui en détournent des milliards vers les paradis fiscaux. Fais pas ça Soliane, ils vont te traiter de communiste ou d’hurluberlue comme grand-papa! <br /><br />Quoi dire sur les salaires des dirigeants d’entreprises payés en options d’achat d’actions dont la moitié seulement est imposable contrairement aux autres travailleurs, payés par chèque de paie? Pour les compagnies minières, je dois te dire que le Québec a le «meilleur» régime fiscal et réglementaire du monde, selon le Fraser Institute. Elles ne paient aucun impôt et redevance sur leurs bénéfices titanesques, et on paie la décontamination de leurs sites pollués abandonnés. Merveilleux, n’est-ce pas?<br /><br />C’est à ces compagnies, Soliane, qu’ils ont cédé tes ressources naturelles, qui auraient dû t’appartenir en droit. Malheureusement, ils veulent absolument t’appauvrir davantage en augmentant les taxes à la consommation et les tarifs de tous les services publics, pour ce qu’il en reste. Tout à fait le contraire de ce que préconise Obama aux States, qui augmente l’impôt sur le revenu des riches et des compagnies, coupe leurs abris fiscaux et serre la vis de leurs paradis fiscaux. Enfin, ce n’est pas vrai que c’est au Québec qu’on est le plus taxé en Amérique du Nord. Aux États-Unis, Obama vient de relever le taux statutaire d’impôt maximal des particuliers à 39,5 % (et il passera bientôt à 45 %), juste au fédéral, alors qu’au Canada il est de 22,4 %. Faut ajouter à cela les impôts des États et des comtés américains. Soliane, il n’y a aucun riche au Canada qui paie 40 % d’impôts fédéral et provincial sur son revenu économique. C’est trop beau pour être vrai. Ce n’est qu’un mirage qui relève de l’illusion des riches surtaxés au Québec. <br /><br />Après les commissions paquetées sur la fiscalité et sur les services publics présidées par des lucides farouchement partisans de l’État très minimal, voilà que Charest a mandaté l’économiste Robert Gagné, des HEC, pour le «conseiller». Il appelle ça de la consultation. Je dirais plutôt de la dérision. Soliane, je te prédis que le professeur Gagné va encore te faire peur, comme ses prédécesseurs «experts», avec les mêmes balivernes, tels que le vieillissement de la population, la productivité, l’exode des «cerveaux», le déficit et la dette, dans le but que tu te résigne et que tu acceptes des mesures qui te défavoriseront au profit de la minorité possédante. Ainsi se termine la lettre d’un grand-père à sa petite fille, une lettre qui se veut rassurante quant à ton avenir, mais qui tient à te mettre en garde contre les tartufes qui vont se dresser sur ton chemin. J’ai confiance que tu sauras les démasquer avec leurs mythes sacrés. Faudra toutefois que tu sois vigilante. Tu pourras toujours compter sur l’aide de ton bougonneux de grand-père. <br /></p>
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 12 Nov 2009 03:15:49 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                  <item>
                      <title><![CDATA[Bell Lagaffe]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[On a beaucoup médiatisé les pertes publiques, sur papier, de l’îlot Voyageur et de l’usine Gaspésia. Le patronat a alors dénoncé l’inefficacité des fonctionnaires et exigé de tout privatiser. Pas un mot toutefois sur les 200 G$ versés en fonds publics aux banques pour couvrir leurs pertes sur le papier commercial, les 100 G$ détournés dans les paradis fiscaux et les milliards engloutis par les papetières et l’automobile, également épongés par l’État. Ils ont l’indignation sélective.  <br /><br />Bell a dilapidé 54 G$ d’argent public ces 20 dernières années et on en parle pas. On a jamais dénoncé ce monopole privé du téléphone résidentiel qui lui a procuré des milliards de dollars en égorgeant les clients captifs. L’ouverture du marché des télécommunications est une farce grotesque puisque l’industrie elle-même a annoncé qu’il n’y aurait pas de baisses des prix. C’est au Canada que l’on paie le plus cher pour le cellulaire et l’internet (55 fois plus qu’au Japon) signale l’OCDE. Allô concurrence! <br /><br />Les «cerveaux» de Bell ont mené Nortel à la faillite. Résultat : 15 G$ de pertes. Sont incapables de concurrencer à l’international, seulement localement en situation de monopole et accrochés aux mamelles de l’État. Téléglobe était une société d’État rentable que le fédéral a privatisé au profit de Bell et de Charles Sirois, qu’ils l’ont conduite à la banqueroute. Nouvelle perte de 15 G$. Puis, perte de BCE de 7 G$ dans la vente et le rachat d’une participation de 20 % de Bell à l’américaine SBC. Des pertes de 12 G$ dans des diversifications insensées comme l’immobilier, la finance, l’informatique, etc. Ajoutons 5 G$ en restructurations. <br /><br />Cela n’a aucunement empêché Jean Monty d’empocher 47 millions en 2000, année où Bell a demandé au CRTC une substantielle hausse des tarifs résidentiels. On se garde même pas une petite gêne. Pour rire plus de vous, les entreprises de télécommunications se sont dotées récemment d’un bureau des plaintes qu’elles dirigent elles-mêmes sans ingérence gouvernementale. Merveilleux! Hein? Bell vient d’être condamnée pour harcèlement téléphonique? Leur bureau des plaintes n’a rien vu!<br /><br />Pour les pertes de 40 G$ de la Caisse de dépôt imputables à HP Rousseau, ils ont répété que les contribuables et les retraités allaient éponger la note et ont exigé de scinder la Caisse. Les pertes de 54 G$ et les émoluments des boss de BCE, ce sont aussi les contribuables et les consommateurs qui les paient, mais pas un mot. Le taxage du privé c’est correct, mais pas les impôts publics. Nationalisons le service public essentiel du téléphone résidentiel. En France, c’est l’État qui contrôle France Télécom. Et les libéraux nomment Michel Sabia comme président de la Caisse, lui qui vient de quitter Bell avec 21 millions que les consommateurs défrayeront avec leurs techniciens et leurs téléphonistes «sous-traitées». On accepte ça sans rien dire.<br />
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 29 Oct 2009 03:15:49 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                  <item>
                      <title><![CDATA[Dividendes et rachats d’actions]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Déboulonnons le mythe des avantages collectifs des baisses d’impôt consentis aux compagnies. Selon certains, en diminuant leurs impôts, les compagnies réaliseront de meilleurs profits, et, selon leurs clichés primaires, investiront davantage pour créer des emplois et plus de richesse collective.  <br /><br />Business Week et The Economist l’ont dit : «Il y a très peu d’évidence que les baisses d’impôt décrétées pour les sociétés stimulent l’économie.» Vrai que les baisses d’impôt augmentent leurs profits, mais au seul bénéfice de leurs actionnaires, grâce à des dividendes et des rachats d’actions accrus. Le Wall Street Journal titrait : «Le déluge de dividendes et de rachats d’actions inquiète les économistes.» Imaginez, même les économistes américains s’inquiètent. En 2005, il y en a eu pour 500 G$ et pour 800 G$ en 2007, ce qui a «fait le bonheur des actionnaires, les dividendes étant moins imposés et seulement la moitié des revenus de capitaux étant taxable». Insensé. Cette démesure a exacerbé la spéculation et a engendré la crise financière. Le rachat d’actions est l’antithèse de l’investissement. <br /><br />Le journal Les Affaires signale qu’Exxon Mobil a distribué à ses actionnaires 10,1 G$ sur des fonds autogénérés de 14,6 G$ au dernier trimestre et que l’industrie pharmaceutique a versé 440 G$ en dividendes entre 1991 et 2002 et investi seulement 110 G$ dans la recherche. Et dire que Charest va, en pleine crise, leur verser 123 M$ additionnels, en plus des 450 M$ aux papetières, 300 M$ pour le nouveau logis de l’Orchestre symphonique, 75 M$ pour aider les Molson à acquérir le Canadien (et exonérer Gillett, le vendeur, d’impôts sur <br />633 M$), accorder des milliards aux alumineries sous la forme de tarifs d’électricité préférentiels, distribuer des millions à Rozon et à Ecclestone de la F1, etc. <br /><br />Après, Charest a le culot d’exiger que la classe moyenne paie la facture des faveurs consenties au gratin en haussant la TVQ et des tarifs de services publics. Puis, IBM et Wal-Mart lancent chacune un programme de rachat d’actions de 15 G$ et Micro­soft, HP et Nike, un de 53 G$. Plutôt que de baisser les impôts des compagnies, il faut les augmenter comme le fait Obama aux États-Unis. Mais nos politiciens continueront à égorger la population avec des taxes de vente et des tarifications des services publics. Pendant ce temps, le party continue, et Cogeco Câble se «réorganise» pour économiser 57 M$ d’impôts, Alcan n’a versé aucun impôt ces dernières années sur des profits milliardaires et l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux fleurit. Faut-il alors se surprendre de l’augmentation des inégalités économiques dévoilée par Statistique Canada et l’ONU? <br /><br />Aux States, le National Association of Business Economist a recommandé d’augmenter les impôts sur le revenu des riches, comme le signalait le National Post : «Wealthy Americans should pay increasing higher taxes.» Ici, nos lucides économistes suggèrent de les diminuer et de taxer plutôt le monde ordinaire.
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 15 Oct 2009 03:15:49 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon, Métro</author>
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                  <item>
                      <title><![CDATA[Taxons et tarifons]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Scandaleux! Charest concocte des hausses significatives de la TVQ et de l’électricité. On exigera que la population paie la facture de plusieurs milliards laissée par les responsables de la crise financière. Alors que les coupables ont reçu des milliards en subventions et n’ont rien payé, les victimes appauvries se taperont des milliards en taxes à la consommation et en tarifications de services publics. C’est ça, être visionnaire et lucide selon Charest.  <br /><br />Récemment, on apprenait que «Six Canadiens sur 10 vivent de paie en paie» et que, face au cancer, «Des malades renoncent à se faire soigner parce qu’ils n’ont pas les moyens d’acheter les médicaments». «No problem», taxons-les davantage. Puis, les journaux titraient : «Les banques canadiennes confiantes face à l’avenir»; celles qui sont responsables de la crise ont réalisé 4,4 G$ de profits, un record au dernier trimestre, après avoir reçu 200 G$ d’aide gouvernementale. Faut pas suggérer d’augmenter leurs impôts. Le comble de la dérision est cet article : «Selon la Banque TD, les Québécois devront faire des sacrifices.» Pas question non plus d’instaurer un impôt minimum aux 150 000 compagnies québécoises (sur les 300 000) qui n’ont pas payé d’impôt sur des profits de plusieurs milliards; de réduire les subventions annuelles aux entreprises de 3 G$ pour les ramener comme en Ontario; d’abolir les 400 M$ versés annuellement aux écoles privées comme en Ontario et aux States; de taxer au même niveau la rémunération des dirigeants constituée d’actions (seulement la moitié est imposable) et celle des employés, payés par chè­que, et de supprimer plusieurs abris fiscaux des riches qui coûtent des milliards à l’État. Faut pas également demander à Gillett du Canadien, à Laliberté du Cirque du Soleil et à Godin de CGI de payer un peu d’impôt sur le gain de centai­nes de millions réalisé au cours de la vente de leur entreprise. <br /><br />Alors qu’Obama augmente l’impôt sur le revenu des riches et coupe leurs abris et paradis fiscaux, ici on fait le contraire et on recourt au mode de taxation régressif constitué par les taxes à la consommation et la tarification de services publics. C’est ce qu’exige le patronat : «Le Conseil du patronat préfère une taxe à la consommation à l’impôt sur le revenu.» Facile à dire, les compagnies ne paient pas de TPS et de TVQ. Pour elles, l’électricité est déductible d’impôt, contrairement aux familles, qui doivent payer en sus TPS et TVQ sur leur compte d’Hydro. Ainsi, la facture d’électricité de 1 000 $ revient à 700 $ pour une compagnie (impôts de 30 %) et à 1 700 $ pour un ménage.<br /><br />«La TPS, une taxe conviviale, selon KPMG», titrait La Presse, puis Le Devoir nous informait que les comptables KPMG acceptaient de payer… 456 M$ au fisc américain pour évasion fiscale. Les paradis fiscaux, est-ce «convivial»?<br /><br />
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 01 Oct 2009 00:44:57 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon</author>
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                  <item>
                      <title><![CDATA[Vaches sacrées et subventions]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Le PQ, le PLQ et les lucides autoproclamés veulent «courageusement» s’attaquer aux vaches sacrées du modèle québécois. D’accord avec eux. Commençons par les subventions aux entreprises. Le Québec verse annuellement 5,4 G$ en subventions aux entreprises, et l’Ontario 2,4 G$, soit 3 G$ de plus. Incroyable, mais vrai. C’est pas moi qui l’affirme, mais bien l’organisme patronal Fraser Institute. Et ces 5,4 G$ versés par Québec à des entreprises prospères excluent les milliards donnés par Hydro-Québec aux alumineries et aux papetières et ceux distribués par Investissement Québec et par la SGF. C’est le Québec qui est, de loin, le plus généreux au Canada en aide gouvernementale octroyée au privé. Mais nos lucides ignorent volontairement ces cadeaux gargantuesques octroyés au gratin corporatif, préférant plutôt s’attaquer au monde ordinaire en dénonçant inlassablement les pseudo bas tarifs de nos garderies, de l’électricité et des frais de scolarité. <br /><br />Dans un article, Yves Séguin, ancien ministre libéral des Finances, avait dit qu’il allait couper 1 G$ annuellement en subventions aux entreprises. Avant qu’il y ait le moindre débat public, Charest a viré son ministre pas assez lucide au goût des copains. Faut moderniser le Québec, mais pas comme ça, voyons donc! Faut surtout pas s’attaquer aux vaches sacrées des castes <br />supérieures. Plusieurs millions versés en subventions à la recherche frôlent carrément la fraude, tellement des projets farfelus sont financés par nos impôts sans aucune vérification. Et les comptables et les avocats encaissent une partie de ces subventions en commissions et honoraires. L’ancien vérificateur général Denis Desautels l’avait bien dit : «Les programmes de subventions sont des bars ouverts pour les entreprises.» Par exemple, La Presse du 18 avril nous apprenait que Québec allait verser une aide de 100 M$ à la papetière Abitibi Bowater qui, elle, allait verser 25 M$ à son président retraité. Vraiment révoltant. <br /><br />Nos gouvernements doivent avoir le courage de s’attaquer aux vaches sacrées des grosses légumes qui coûtent annuellement des milliards en fonds publics et qui sont défrayées par le monde ordinaire, comme les 400 M$ distribués annuellement par Québec aux écoles privées, alors qu’en Ontario et aux States, c’est zéro. Mais faut pas rêver. Ils vont continuer à insister pour tarifer davantage tous les services publics de la population. Par contre, pas touche aux privilèges du gratin. Ramener au Québec les subventions au même niveau qu’en Ontario, province qui sert souvent de modèle au patronat, libérerait 3 G$ par année, lesquels pourraient être investis dans nos services publics délabrés.<br />
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <link>http://www.journalmetro.com/paroles/article/300452</link>
                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 03 Sep 2009 00:44:57 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon</author>
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                  <item>
                      <title><![CDATA[Mine aux œufs d’or]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Si l’histoire de la mine d’or Osisko s’était déroulée ailleurs, on aurait relevé un exemple flagrant de corruption de politiciens et d’abus de biens publics. Mais ce cas indécent d’usurpation de nos ressources naturelles, de dilapidation de fonds publics, de spoliation de l’environnement et de relations incestueuses a eu lieu au Québec.<br /><br />Disons d’abord que le ministre du Nord-du-Québec, région riche en mines, est Pierre Corbeil, ancien dirigeant d’une minière; que le député libéral qui a déposé le projet de loi d’Osisko est Daniel Bernard, ancien avocat d’une minière; et que l’entreprise a recruté comme lobbyistes un libéral et une péquiste. Quand l’organisme patronal Fraser Institute indique que le Québec est le meilleur endroit au monde, oui de la terre, pour les compagnies minières et que le gouvernement s’en félicite, faut s’interroger. Pour se classer premier dans le monde, selon leur modèle tordu, il faut qu’il y ait une entière liberté économique consentie aux compagnies, aucune entrave à l’exploitation, pas d’irritants environnementaux et d’impôts. «Au Québec, l’obtention de permis se fait plus rondement qu’ailleurs», a claironné un dirigeant. <br /><br />Alors que le prix des métaux a explosé ces dernières années, que les compagnies minières ont réalisé des profits records et que tous les pays du monde exigent plus de redevances des minières ou les nationalisent, le Québec fait le contraire. «Le Congo révise ses contrats miniers» et «Équateur : concessions minières retirées», titraient récement deux articles.<br /><br />Le vérificateur général mentionne qu’entre 2002 et 2008, les producteurs ont extrait pour 17 G$ de minerais au Québec, qu’ils ont payé 259 M$ en droits miniers, alors qu’ils auraient dû débourser 2 G$, ont encaissé 624 M$ en subventions du Québec uniquement et ont versé zéro impôt. Faites le calcul. Puis, les contribuables devront assumer entièrement le coût de décontamination des sites abandonnés, que plusieurs évaluent à 1 G$. Qu’advient-il du principe du pollueur-payeur? Ils préfèrent le concept de l’utilisateur-payeur des services publics.<br /><br />Voilà un exemple probant du Québec efficace et de création de richesse des lucides. Création de quelques riches opportunistes et de plusieurs pauvres, s’entend. Pour engraisser ces affairistes, chaque Québécois devra accepter docilement des hausses de tarification des services publics et de la TVQ. Soyons solidaires!<br /><br />Les politiciens mentent lorsqu’ils prétendent adopter ces politiques pour être plus compétitifs, créer de la richesse collective et des emplois. Le vérificateur a signalé qu’entre 1997 et 2007, en période de croissance, les emplois miniers ont diminué de 17 % au Québec.<br />
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 23 Jul 2009 00:44:57 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon</author>
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                  <item>
                      <title><![CDATA[Pillage de l’Afrique]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[L’immense majorité des trois milliards de démunis de la planète vit dans des pays disposant d’importantes richesses naturelles, paradoxe troublant révélé par la Banque mondiale. Le problème est que ces pays pauvres sont exploités éhontément par des transnationales étrangères qui s’accaparent leurs richesses et leurs services publics avec la collaboration de politiciens corrompus. La population vit alors dans une pauvreté extrême, sans aucun service public, et dans un contexte d’illusion de démocratie.<br /><br />La revue Atlaséco signale que «de nombreuses compagnies étrangères ont acheté à bas prix les diamants du Congo, son or, son coltan et son cobalt et ne sont pas taxées légalement». Pourtant, 80 % de sa population est démunie, rapportait La Presse : «Une population pauvre dans un pays riche». Idem pour la Guinée, signale encore Atlaséco: «L’argent du pétrole est monopolisé par le clan présidentiel avec le soutien de compagnies américaines comme Exxon Mobil et Amerada Hess.» C’est là que Rio Tinto Alcan, qui se prétend un modèle de respon­sabilité sociale, exploite des usines de bauxite présentant un bilan environnemental désastreux où figurent des  déversements de mazout à répétition et des poussières toxiques sur la ville, mentionnait La Presse: «Un pays pauvre assis sur des montagnes d’or.» <br /><br />Pareil au Nigeria, principal producteur de pétrole d’Afrique où tout appartient à des multinationales étrangères, dont Shell, qui a payé 15,5 M$ pour régler un litige où la compagnie est soupçonnée de complicité dans le meurtre d’un opposant. Quoi encore? «Course folle pour les ressources du Niger. Les entreprises canadiennes exploitent les mines d’or et d’uranium sur fond d’enlèvements», titrait Les Affaires. <br /><br />Et ce banquier new-yorkais, Philippe Heilberg, qui contrôle le sud du Soudan avec sa propre armée «populaire de libération», vient «d’acquérir» 400 000 hectares de terres riches en pétrole et en minerais, ce qui constitue l’une des plus importantes transactions du genre depuis la vente de l’Alaska! Il admet travailler à l’éclatement du Soudan (40 millions d’habitants) comme d’autres exploiteurs œuvrent au démantèlement du Nigeria et de l’Éthiopie. Au diable les dommages collatéraux que représentent les millions de morts! Pas grave, c’est juste des Africains!<br /><br />L’ONU signale que «l’influence de la grande entreprise est une menace contre la démocratie» et prévient «les nations contre les risques de recolonisation par les transnationales». Les pays africains devraient, comme les pays d’Amérique latine, élire des gouvernements socialistes qui se réapproprient leurs biens publics et leurs ressources naturelles en les retirant des mains des étrangers et de l’oligarchie locale.<br />
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 09 Jul 2009 00:44:57 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon</author>
                      <guid isPermaLink="true">http://www.journalmetro.com/paroles/article/258800</guid>
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                  <item>
                      <title><![CDATA[Rapacité des pharmaceutiques]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Le Devoir du 9 juin indiquait que Pfizer Canada demande que les gouvernements subventionnent davantage l’industrie pharmaceutique. Les minières, les pétrolières, les banques et les pharmaceutiques engrangent des milliards en profits et quémandent continuellement des fonds publics, elles qui sont pour le libre marché.<br /><br />Dans La Presse, on a appris que c’est au Québec que les subventions aux pharmaceutiques sont «les plus favorables en Amérique du Nord et l’une des meilleures au monde», et un autre article signalait que «Le Canada offre les meilleures mesures fiscales au monde pour encourager la recherche». Mais, ce n’est pas suffisant pour ces pharmaceutiques milliardaires, que The Eco­nomist a traitées de profiteuses en raison des «coûts exagérés de leurs médicaments», que Bill Clinton a accusées de «gonfler artificiellement leurs prix et [dont il a ] dénoncé les publicités mensongères» et que le pape a accusé de génocide.<br /><br />La recherche coûte cher et est risquée, qu’ils serinent. Faux : le gros de la recherche pharmaceutique est financé par des fonds publics. Faut pas chercher loin pour les contredire. Dans un article intitulé «Comment l’industrie pharmaceutique a perdu son titre de championne de l’innovation», de Les Affaires de juin, on signale que, de 1991 à 2002, cette industrie a versé 440 G$ en dividendes aux actionnaires, a dépensé 115 G$ en marketing et a investi 110 G$ en recherche. Après impôts et subventions, le 110 G$ totalise moins de 50 G$. L’aide gouvernementale va donc directement dans les poches des actionnaires, dans l’achat de concurrents, comme l’acquisition en 2009 de Wyeth par Pfizer pour 68 G$, de Schering-Plough par Merck pour 41 G$ et de Genentech par Roche pour 47 G$, et dans les paradis fiscaux. <br /><br />Business Week et le New York Times affirment que l’effet de ces fusions signifie encore moins de concurrence, moins de R et D et plus d’argent pour les actionnaires. À propos de l’américaine Pfizer, la plus importante pharmaceutique au monde, Business Week nous signalait en 2003 que son médicament vedette, Lipitor, se vendait, pour 30 comprimés, 94 $ aux États-Unis, 71 $ au Canada et 54 $ en France. Allô, marché!<br /><br />Pour se libérer du joug de ces transnationales, il faudrait s’assurer que la recherche pharmaceutique relève de l’État. Faut s’attaquer à ces grosses vaches sacrées en arrêtant de leur verser des milliards en subventions. En passant, le Canada n’a pas encore recouvré les 2 G$ que lui doit Merck pour des revenus détournés dans les paradis fiscaux…
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 25 Jun 2009 00:44:57 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon</author>
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                  <item>
                      <title><![CDATA[Impôts à moitié]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Brian Mulroney a reçu illégalement 225 000 $ en liquide d’un lobbyiste. Pour cette offense, la prison aurait été de mise. C’est en 1999 que Mulroney, coincé, a déclaré ces revenus illicites au fisc, soit cinq ans après l’encaissement. Il aurait dû payer une amende, les intérêts et l’impôt sur le montant total. Mais non, Revenu Canada, dans sa permissivité proverbiale envers les notables, a taxé seulement la moitié des 225 000 $, sans pénalité et intérêts. En prime, les Canadiens doivent défrayer les 2 M$ d’honoraires de ses avocats. Outrageant!<br /><br />Cette disposition fiscale injuste, qui exempte d’impôt la moitié des immenses revenus des riches, est en vigueur à l’année longue. En effet, la moitié du salaire exorbitant des dirigeants d’entreprises, payé en options d’achat d’actions plutôt qu’en chèque, n’est pas imposable. <br /><br />Déjà que le salaire indécent des dirigeants d’entreprises constitue une appropriation injustifiée de la plus-value du travail des employés, nos gouvernements en rajoutent et exonèrent de tout impôt 50 % de ces grosses rémunérations, alors que le travailleur ordinaire, payé par chèque, est imposé en totalité. <br /><br />Me semble que l’élémentaire équité demande que tous les salaires, indépendamment de la forme de paiement, soient imposés de la même manière. Ce cadeau fiscal, et beaucoup d’autres consentis à l’élite, a fait dire au milliardaire américain Warren Buffet qu’il était anormal qu’il ait un taux d’imposition effectif inférieur à celui de sa secrétaire.<br /><br />La classe moyenne ne peut plus défrayer ces privilèges indus qui privent nos gouvernements de millions et qui pourraient être investis dans nos services publics. Les politiciens doivent avoir le courage de s’attaquer à ces vaches sacrées comme le fait Obama. Alors que le taux maximum d’imposition fédéral au Canada est de 24,2 %, Obama vient de le relever à 39,6 % aux États-Unis, juste au fédéral, ce à quoi il faut ajouter l’impôt sur le revenu des états, des municipalités et des comtés américains. <br /><br />Et les «smattes» qui prétendent encore que les Québécois sont les plus taxés en Amérique du Nord! Alors qu’ici on multiplie les abris fiscaux des contribuables aisés, Obama compte «mettre fin à des dizaines de niches fiscales injustes qui coûtent des centaines de milliards de dollars à l’État». Pour contrer la crise, on augmentera aussi l’impôt des riches en Irlande et en Grande-Bretagne. Mais ici, au Québec, le patronat estime qu’il faut «aider les mieux nantis en réduisant leurs impôts», et Charest tarifie davantage les services publics. Allô solidarité!<br />
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[OSM, économie, Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 11 Jun 2009 00:30:58 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon</author>
                      <guid isPermaLink="true">http://www.journalmetro.com/paroles/article/243774</guid>
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                  <item>
                      <title><![CDATA[Maples and Calder à Montréal]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Obama accuse les banques, les riches et les entreprises de détourner des milliards vers les paradis fiscaux afin de ne payer aucun impôt. Il va légiférer contre ces abus du gratin. Il a fustigé les îles Caïmans, cette colonie britannique de 46 000 habitants, qui représente le 4e centre bancaire mondial et où toutes nos banques canadiennes sont présentes. Il a cité l’exemple où 18 857 entreprises sont enregistrées à la même adresse du bureau d’avocats Maples and Calder.<br /><br />Vous en voulez une drôle? Maples and Calder des Caïmans s’installe à Montréal. Traqués aux States, les malfrats s’enfuient dans un endroit où la fraude fiscale est facilitée. Maples travaillera de pair avec nos banques afin que nos bonzes en «shippent» davantage aux Caïmans. <br /><br />Vous voulez rire encore plus? Comme Maples and Calder se qualifie à titre de centre financier international (CFI) au Québec, il aura droit à un congé d’impôts, à une réduction de 75 % de ses cotisations aux services de santé, et ses employés bénéficieront d’allègements fiscaux. Révoltant. Québec subventionne des firmes et des individus, pour qu’ils n’aient pas à payer d’impôts en leur permettant de détourner des milliards vers les paradis fiscaux, ce qui constitue une fraude institutionnalisée. <br /><br />On compte une centaine de CFI au Québec qui ont coûté plusieurs centaines de millions en fonds publics. En fait, les banques, les sociétés et les nantis en ont profité pour simplement créer une division CFI, y transférer leurs employés existants et encaisser les juteuses subventions. Pour défrayer ces cadeaux princiers, Charest tarifie davantage les services publics et augmente la TVQ dont les compagnies sont exemptées. De plus, à Montréal, il en coûtera 169 $ pour un mégot ou une gomme jetés par terre et 75 $ pour nourrir un écureuil. Tolérance zéro à géométrie variable. Faut être solidaires, les temps sont durs. <br /><br />Jacques Ménard, de la Banque de Montréal, s’est souvent prononcé sur les tares du modèle québécois et de notre système de santé publique, et sur le décrochage scolaire. J’aimerais avoir son opinion à titre d’expert sur deux récentes déclarations d’Obama. Il a d’abord dit : «Voilà un code des impôts grâce auquel il est beaucoup trop facile pour un petit nombre de particuliers et de sociétés d’abuser des paradis fiscaux afin d’éviter de payer le moindre impôt.» Puis, il a accusé les institutions financières d’arnaquer les consommateurs au moyen des cartes de crédit. Ces propos émanent du président des States, et non d’Hugo Chavez du Venezuela. <br />
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[économie, Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 28 May 2009 06:00:52 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon</author>
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                   </item>
             
                  <item>
                      <title><![CDATA[Abolissons les REER]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Prétextant la crise, les gouvernements tarifent davantage nos services publics au détriment de la classe moyenne tout en inondant le gratin de nouveaux abris fiscaux comme le CELI et le REA. Par souci d’équité, il faudrait plutôt abolir plusieurs abris fiscaux et freiner l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux, qui ne profitent qu’aux nantis, comme Obama va le faire. Pas question de surtaxer quiconque, mais simplement d’éliminer certains privilèges fiscaux scandaleux octroyés à une minorité qui coûte des milliards de dollars aux gouvernements et qui perpétue chez les notables l’illusion de la gratuité.<br /><br />Saviez-vous que les REER (régimes enregistrés d’épargne-retraite), dont la cotisation maximale de 22 000 $ l’an et les revenus accumulés ne sont pas imposables, coûtent au minimum 20 G$ l’an au fédéral et 4 G$ au Québec? En éliminant les REER, on pourrait investir massivement dans nos programmes sociaux rachitiques, diminuer, plutôt qu’augmenter, la tarification des services publics, augmente les pensions de vieillesse universelles et même rembourser la dette. En 2007, seulement un Québécois et un Canadien sur quatre ont souscrit à un REER, et la cotisation médiane a été de 2 700 $, alors que le maximum autorisé était de 21 000 $. Les 34 G$ versés dans un REER ont représenté seulement 6 % de la somme maximale permise. <br /><br />Au nom de l’intérêt public, abolissons les REER et les RPA. Les personnes aisées n’ont pas besoin de fonds publics pour épargner. D’autres abris fiscaux payés par la population, mais qui profitent strictement aux riches, devraient être aussi éliminés, comme les gains de capitaux et les milliards en salaires versés aux dirigeants en options d’achat d’actions dont la moitié seulement est imposable, les sociétés en commandite, les REEE, les REEI, les CELI, le REA, les dons, les commandites, les fiducies familiales, etc., sans oublier les odieux paradis fiscaux. <br /><br />Nous n’avons plus les moyens d’offrir d’aussi coûteux programmes «sociaux» au gratin. Même si les puissants lobbies vont furieusement s’opposer, nos gouvernements doivent avoir la bravoure de privilégier les intérêts supérieurs de la collectivité, et non les intérêts particuliers de la minorité possédante. Qui peut vraiment investir chaque année 22 000 $ dans un REER, 5 000 $ dans un CELI, 5 000 $ dans un REA et des milliers de dollars supplémentaires dans des régimes d’épargne-études, d’épargne invalidité, etc.? Ceux qui militent pour la santé privée proposent maintenant l’instauration du REER-santé. Ainsi, la santé privée n’aura de privé que le nom. Le ménage des abris fiscaux s’impose au nom de l’élémentaire solidarité.<br />
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[économie, Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 14 May 2009 06:00:52 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon</author>
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                  <item>
                      <title><![CDATA[Scinder la Caisse de dépôt]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Chaque jour, certains, toujours les mêmes, exigent la privatisation de nos sociétés d’État et de nos services publics. Et lorsqu’ils ne l’obtiennent pas, ils ordonnent de les tarifer davantage afin d’alléger leurs impôts.<br /><br />Oh, que ce fut merveilleux la privatisation de Petro-Canada qui, depuis, nous escroque, dixit Stephen Harper; celle du CN, un monopole privé avec CP, qui appartient dorénavant à 70 % aux Américains; celle de Téléglobe, détenue aujourd’hui par une firme indienne; celle de Biochem Pharma, un immense succès collectif vendu à des Anglais, et enfin celle d’Air Canada et des aéroports, avec leur service immensément pourri.<br /><br />Ils ne lâcheront pas tant que l’on n’aura pas privatisé tous nos instruments collectifs dont ils cultivent continuellement la haine. Ceux qui réclament la privatisation d’Hydro, de l’eau et de la SAQ veulent aussi scinder la Caisse de dépôt. Toujours la même cassette. Beaucoup trop grosse, qu’ils prétendent. <br /><br />La Caisse de dépôt a un actif total de 200 G$, alors que la Banque Royale a un actif de 724 G$, la TD, de 563 G$ et la Banque de Montréal, de 416 G$. Suivant leur logique tordue, faudrait scinder ces banques. Mais non, elles se trouvent trop petites et veulent, au contraire, fusionner! Cherchez l’erreur! <br /><br />La Caisse de dépôt en France est plus imposante que la nôtre et intervient massivement dans l’économie française. Qu’à cela ne tienne, Nicolas Sarkozy vient de créer une autre société d’investissement étatique dotée d’un capital de 160 G$. Saviez-vous que le gouvernement français est le principal actionnaire de Renault, de France Télécom, de Gaz de France-Suez, d’Airbus, d’Électricité de France, etc. Voici d’autres exemples de fonds étatiques qu’il n’est pas question de scinder ou de privatiser : le fonds étatique norvégien, qui a 400 G$ d’actifs, le fonds gouvernemental des Émirats arabes, 875 G$, celui de Singapour, 330 G$, et, enfin, trois fonds de Chine, qui comptent 700 G$ d’actifs.<br /><br />Pour ces ténors, le public sera toujours trop gros, et le privé, toujours trop petit. Wal-Mart, détenue par la famille Walton des States, et Exxon Mobil sont environ 10 fois plus grosses que le Québec, mais pour elles, c’est correct. La famille Walton peut gérer une compagnie présente partout dans le monde avec cent fois plus d’employés et de revenus que le Québec, mais nous, collectivement, on ne peut pas. Au nom de quel a priori? La marche de la société dans tous les domaines doit, selon eux, passer strictement par des intérêts privés capitalistes. Vraiment emballant comme projet de société!<br />
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[économie, Léo-Paul Lauzon]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 30 Apr 2009 06:00:52 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon</author>
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                  <item>
                      <title><![CDATA[Les paradis fiscaux]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Les paradis fiscaux, c’est criminel. Il y a, actuellement, environ, 100 G$ d’investissements que les compagnies canadiennes y ont détournés contre 11 G$ en 1990, selon Statistique Canada. Ces montants excluent l’évasion fiscale des individus fortunés. Par l’importance des sommes impliquées, l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux crée au Canada et ailleurs de la misère et de la mort en privant l’État de milliards en revenus pour financer ses programmes sociaux. Les politiciens sont complices de cette fraude. Les banques canadiennes, celles qui dictent l’agenda politique, ont détourné pour 10 G$ de 1991 à 2003. C’est écrit dans leurs états financiers. Cela omet les milliards qu’elles font transiger à leurs clients. <br /><br />Ces activités révoltantes sont dénoncées chaque année par le vérificateur général. Voici des articles faisant référence à ses déclarations : «Des millions perdus dans les paradis fiscaux» et «Les contrôleurs du fisc seraient peu rigoureux envers les grandes entreprises». En 2003, le ministre libéral des finances, Yves Séguin, voulait lancer une offensive majeure contre ce fléau. Le patronat n’a pas aimé et Charest l’a viré.<br /><br />Prétendre que le Canada doit respecter la souveraineté de ces pseudopays à impôt zéro relève du mépris. Voici la population totale, incluant les étrangers, de certains paradis fiscaux : Niue, 1 400 habitants; Anguilla, 12 000; Nauru, 13 000; îles Turques, 19 000; îles Caïmans, 42 000. Les îles Caïmans sont le 4e centre bancaire et le 6e centre d’assurances au monde et comptent plus de 50 000 compagnies. <br /><br />Ces «villages» ou refuges de mercenaires économiques sont moins gros que Pointe-Calumet et sont contrôlés et gouvernés par le gratin occidental. Avec un minimum de volonté politique, on pourrait tous les éliminer en moins d’une heure en décrétant un petit embargo politique et économique. <br /><br />Mais non, dans le dernier budget, Harper a pris les jeunes cinéastes en otages en subventionnant les vidéosclips dénonçant le travail au noir, mais pas les paradis fiscaux. Au moins, l’argent de l’économie clandestine demeure au pays et est éventuellement taxé. Le travail au noir est au monde ordinaire ce que les paradis fiscaux sont au monde extraordinaire. Dans la revue des comptables agréés, un article s’intitulait : «Pour une fortune bien bronzée. Les comptables peuvent aider leurs clients fortunés à protéger leurs actifs grâce aux sociétés extraterritoriales (paradis fiscaux)». On ne s’en cache même pas. Et nos élus parlent de solidarité pour contrer la crise.<br />
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 16 Apr 2009 06:00:52 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon</author>
                      <guid isPermaLink="true">http://www.journalmetro.com/paroles/article/213985</guid>
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                  <item>
                      <title><![CDATA[Ski subventionné]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[«56 M$ sur 3 ans : Bouffée d’air frais pour l’industrie du ski», titrait un quotidien. Tarification et régime sec pour les services publics, et généreuses subventions du PLQ pour le ski. Le principe de l’utilisateur-payeur s’applique uniquement aux services publics «secondaires», comme la santé et l’éducation, pas aux services essentiels comme le ski! Pour financer les subventions de 1 G$ au ski, à l’Orchestre symphonique et aux condos à Tremblant, faut que le peuple fasse preuve de «solidarité» et accepte sans rechigner des hausses de tarifs dans les services publics.<br /><br />Puis, en 2005, Hydro-Québec a octroyé des tarifs d’électricité réduits afin d’aider, elle aussi, les stations à réduire le coût de fabrication de leur neige artificielle. Pour financer ces priorités, le gouvernement augmentera les tarifs d’électricité résidentiels. Les tarifs bonbons d’Hydro au privé sont inutiles, car «Beau­coup d’entreprises font preuve d’opportunisme», titrait La Presse.<br /><br />Quoi d’autre? Même si tous les ministères concernés s’y opposaient, les gouvernements ont allongé 325 M$ en subventions à la firme étrangère Intrawest pour la construction de condos de luxe à Tremblant. Les études ministérielles démontraient que le projet serait profitable sans subventions et Yves Séguin avait dit : «À ce moment-ci, mettre des millions de fonds publics dans ce projet rentable n’a pas de bon sens.» Le PLQ a viré le ministre récalcitrant et a gavé Intrawest de fonds publics afin de «moderniser» le Québec.<br /><br />Naturellement, les laquais d’Intrawest ont publié plusieurs opinions dans les journaux afin de nous enquiquiner, comme «L’investissement des gouvernements à Tremblant est justifié» et «Les gouvernements sont justifiés d’investir dans Tremblant». Qu’on se le dise : les milliards de subventions versées au privé sont des «investissements» de l’État, tandis que la santé et l’éducation représentent de vulgaires «dépenses d’épicerie». Pendant qu’ils reçoivent des milliards en subventions, et promettent des investissements, dans les faits, ils rachètent leurs actions et versent de juteux dividendes aux actionnaires. <br /><br />Et «L’ONU qui sermonne le Québec pour sa mollesse à contrer la pauvreté». L’aide publique au ski, à l’Orchestre symphonique et aux condos luxueux d’abord, puis la dette et les baisses d’impôts aux compagnies, et la pauvreté et les programmes sociaux ensuite, s’il en reste, évidemment. Oh, il faut aussi subventionner les chevaux : «Un milliard à un sénateur libéral pour les hippodromes», titrait Le Devoir.<br />
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 02 Apr 2009 06:00:52 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon</author>
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                      <title><![CDATA[Pauvre classe moyenne américaine]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Seuls les esprits tordus continuent de clamer que baisser les impôts sur le revenu des compagnies et des nantis, privatiser, tarifier davantage les services publics et ratatiner l’État vont créer de la richesse pour tous. Vraiment honteux de tenir ce discours, alors que les preuves empiriques démontrent le contraire. Aux États-Unis, où l’on a appliqué allègrement depuis 30 ans des politiques économiques et fiscales de droite, c’est le désastre pour la majorité, et le Klondike pour le gratin. Même Bush l’a reconnu : «Le fait est que les inégalités de revenus sont réelles. Elles augmentent depuis plus de 25 ans.» Alan Greenspan, l’ancien président de la Réserve américaine, a aussi admis que les politiques appliquées au cours des 25 dernières années ont appauvri la classe moyenne et accru le nombre de pauvres.<br /><br />«Pauvre classe moyenne américaine», titrait La Presse du 28 juillet 2008, avant de signaler que «le revenu annuel des Américains a diminué de 1 175 $US en termes réels depuis 2000, alors que leurs dépenses courantes ont grimpé de 4 655 $». Dans un autre article de La Presse intitulé «Travaillez plus, gagnez moins», on lisait : «L’économie américaine a crû de 18 % depuis 2000, mais les revenus réels ont diminué de 1,1 %.» Toute cette richesse collective fut évidemment accaparée par une minorité. Aujourd’hui, 1 % des Américains riches détiennent 23 % de la richesse nationale, contre 10 % en 1980. La revue américaine Business Week disait, dans son numéro du 25 août dernier, qu’en trois heures, un dirigeant gagne le salaire annuel d’un ouvrier travaillant au salaire minimum. <br /><br />Comme les salaires réels diminuent et que le coût des services publics «privatisés» là-bas explose, les Américains sont «endettés jusqu’aux yeux», titrait La Presse. Aux States, la principale cause de faillite personnelle est la santé privée, et plus de 4 personnes sur 10 sont incapables de payer leurs fabuleuses primes d’assurance privée. <br /><br />En plus de leurs impôts, les Américains doivent payer de leurs poches plusieurs milliers de dollars par année pour les services publics, tous «privatisés». Baisses d’impôts rime avec moins d’État et moins de services publics. Même les plus riches Américains, comme Gates et Buffett, s’y sont opposés. Arrêtez de vous faire enquiquiner par ceux qui prétendent que les baisses d’impôts et les abris fiscaux vont profiter à la classe moyenne. C’est un leurre, comme le démontre éloquemment le modèle étasunien.<br />
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 19 Mar 2009 05:15:52 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon</author>
                      <guid isPermaLink="true">http://www.journalmetro.com/paroles/article/199167</guid>
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                  <item>
                      <title><![CDATA[La déchéance de l’Irlande]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[Les lucides autoproclamés sont déprimés. Un de leurs fantasmes fondés sur le miracle des baisses d’impôt aux compagnies et aux nantis, des privatisations, de la tarification accrue des services publics et de l’État minimal, vient abruptement de prendre fin. L’Irlande, leur amour, fut le premier pays européen à avoir l’insigne honneur d’entrer en récession sévère. Un autre flop des recettes économiques et fiscales primaires qu’ils préconisent. Tous leurs beaux modèles néolibéraux sont tombés, de la Nouvelle-Zélande à l’Argentine, à la Grèce, et à l’Islande, qui est carrément en faillite.<br /><br />L’Irlande, ce pays de quatre millions d’habitants, a carburé aux milliards en subventions reçus de l’Europe qui lui ont permis de baisser les impôts du gratin, jusqu’à devenir un paradis fiscal. <br /><br />Les bas impôts et les salaires dérisoires ont évidemment attiré les profiteurs, ce qui a exacerbé la spéculation, et vlan, tout s’est écroulé. Afin de rattraper le coût de la vie, les travailleurs irlandais ont osé demander des augmentations, ce qui a irrité les affairistes, qui ont déménagé. Pour financer ses services publics décrépis, l’Irlande a augmenté modestement ses impôts, ce qui a enragé les opportunistes. Ils ont déguerpi. «L’Irlande pleure la mort du Tigre celtique», titrait La Presse.<br /> <br />La Grèce, un autre success story du néolibéralisme, vient également de s’effondrer. La Grèce a connu une forte croissance économique, mais, comme au Canada, «les inégalités se sont creusées ces 20 dernières années», a rapporté Le Devoir. <br /><br />Voilà quelques échecs retentissants de pays, incluant les States, qui ont appliqué vigoureusement et rigoureusement les recettes néolibérales de la Banque mondiale, du FMI et de nos lumineux lucides qui conduisent toujours à l’appropriation de la richesse collective par une minorité, à l’appauvrissement de la classe moyenne, à la dilapidation des services publics et à l’écroulement de l’économie.<br /><br />Malgré les cuisants revers de leurs politiques conservatrices, ils persisteront toujours, en inventant de faux prétextes au sujet de l’urgence de tarifier davantage les services publics, de baisser les impôts des compagnies et de privatiser. Appauvrir la majorité en taxant les services publics et inonder les nantis et les compagnies de baisses d’impôt et d’abris fiscaux sont censés, selon eux, créer de la richesse collective et démontrer notre solidarité. Bande d’hypocrites! Faites leur confiance pour trouver un autre endroit paradisiaque pour expérimenter leurs dogmes. Hélas, ça tourne toujours vite au vinaigre. <br />
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 05 Mar 2009 05:15:52 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon</author>
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                      <title><![CDATA[Dépassements de coûts]]></title>
      
      
                      <description><![CDATA[En 2006, privilégiant les PPP afin de ratatiner l’État, la ministre libérale Monique Jérôme-Forget promettait la fin des dépassements de coûts. En PPP, tout est secret. Aucune transparence!<br /><br />Prenons la nouvelle salle, totalement superflue, de l’Orchestre symphonique de Montréal, réalisée en PPP. En 2006, on prévoyait des coûts de 105 M$… rendus à 266 M$ en 2007. Comme les coûts augmentent encore, la dame vient de décider que «le budget de construction de la salle de l’OSM n’a plus de plafond». Voilà! Fini les dépassements de coûts! Fallait y penser! Si la santé est la priorité des Québécois, pour Jean Charest, la salle de l’OSM est «une priorité pour nous», qu’il a souvent dit.<br /><br />La Presse du 13 décembre 2008 titrait : «Alston-Bombardier : Le prix des nouvelles voitures du métro explose». Une petite augmentation imprévue de 400 M$ du fournisseur. Faut pas s’énerver. Puis : «100 M$ de plus pour l’autoroute 30», à payer aux entrepreneurs privés, et 27 M$ additionnels versés aux consultants, selon Le Devoir. Une autoroute qui n’aura de privé que le nom. Pour rire de nous, l’Agence des PPP a dit : «Ce n’est pas une augmentation, c’est une mise à jour de l’estimation initiale.» On te croit, menteur.<br /><br />Enfin, on apprend que Maple Leaf, responsable de la listériose qui a tué 20 personnes et qui a coûté des millions en fonds publics, veut redorer son «image». On repart à neuf comme si de rien n’était. Idem pour les milliards engloutis par nos banques dans les hypothèques pourries et renflouées pour 120 G$ par l’État sans aucune condition. Par contre, pour les impairs commis dans le public, on est intraitable. Le patronat et ses majorettes exigent alors la privatisation. <br /><br />Pensons aux cas de l’Îlot voyageur de l’UQAM, dont la firme privée Busac est aussi responsable, et de la Gaspésia, où la firme privée Tembec est également impliquée; là, les affairistes et les éditorialistes se sont déchaînés contre l’incompétence du public. Aucun blâme toutefois à Busac et à Tembec. Tolérance zéro pour le public et indulgence infinie pour le privé. Et Stephen Harper qui dit : «8 G$ ou 18 G$, peu importe ce que ça coûtera pour mener à terme la guerre canadienne en Afghanistan». Pas de problème, on n’aura qu’à couper 10 G$ dans les services publics. C’est tellement simple! Si la priorité des Cana­diens est aussi la santé, pour Harper, c’est la guerre…
                      
                      
                      
            
                      
                      
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                      <category><![CDATA[french/paroles]]></category>
                      <keywords><![CDATA[]]></keywords>
                      <pubDate>Thu, 19 Feb 2009 05:15:52 </pubDate>
                      <author>Léo-Paul Lauzon</author>
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