Aujourd’hui, nous avons passé la journée à bord du bateau, la mer était agitée et les bourrasques de vent nous empêchaient toutes sorties. Rester bloqués sur un bateau pendant toute une journée donne le temps de penser et de digérer un petit morceau de tout ce qu’on a vécu.
Nous nous retrouvons déjà à quelques jours de la fin de l’expédition, sans trop savoir vraiment comment les semaines sont passées. Alors nous profitons du mieux que nous pouvons, des gens que nous avons appris à aimer, de ces moments si uniques, si spéciaux que nous avons vécus ensemble.
Benjamin Tur – 17 ans, France
J’ai eu l’honneur de figurer parmi les étudiants qui ont eu la chance de participer au programme de Students On Ice. Nous avons voyagé pendant près de 14 jours dans l’Arctique et, tout au long de notre périple, nous avons admiré les splendeurs qui nous entouraient et continuellement appris dans tous les domaines qui touchent à la vie de cette région et au réchauffement climatique.
Nous avons contemplé des baleines et des ours polaires, nous nous sommes baignés dans l’eau glacée de l’Océan et avons bu l’eau d’un glacier. Nous nous sommes livrés à des discussions passionnées, entre élèves et avec nos éducateurs, qui ont enrichi nos points de vue et nos connaissances. Nous sommes restés éveillés des nuits entières, épuisés mais trop excités des aventures de la journée passée, et les journées à bord nous ont semblé passer à toute vitesse. Je suis tellement heureux d’avoir eu la chance de rejoindre et de vivre avec cette communauté, avec laquelle j’ai noué une amitié qui va durer.
Chacun de nous est maintenant inspiré : nous rentrerons chez nous, probablement sans changer entièrement le monde, mais en faisant des changements dans notre vie quotidienne. Et peut-être que certains vont tout faire pour que se produisent de grands changements. En tous cas, chacun à notre manière, nous allons faire quelque chose. Nous partageons tous cette passion que nous avons ressentie au cours de cette aventure, et nous la garderons ancrée dans notre cœur.
Rien n’est simple, chaque action a des conséquences, et c’est maintenant c’est à nous de faire des choix, et les bons choix. Allons-y et persévérons !
Louis-Philippe Dury – 16 ans, Sainte-Angèle-de-Monnoir, Québec
Pour la plupart des étudiants à bord de l’expédition, voir des icebergs, des baleines et des ours polaires a constitué une grande première. C’est aussi la première fois qu’ils voyaient les formidables petites plantes qui forment la flore de cette région extrêmement froide et difficile. Ils ont mieux compris, à travers les conférences scientifiques, comment le réchauffement climatique peut mettre ces organismes, si bien adaptés à leurs habitats extrêmes, en voie de disparition ou même d’extinction.
De plus, à travers les connaissances de Mme Hansen, commissaire du nouveau territoire de Nunavut, l’art de Jolly, un artiste doué de notre équipe, et la fréquentation de leurs jeunes amis Inuits qui forment une partie de notre groupe, ils ont bien vu l’importance des animaux et des plantes pour les Inuits, et comment notre vie quotidienne est en train d’affecter cet endroit pourtant si éloigné des centres fortement peuplés.
D’un point de vue scientifique, notre expédition a été un grand succès pour ma recherche. J’ai récolté plusieurs plantes essentielles pour mieux comprendre l’effet de l’âge des glaces sur la répartition des plantes en Amérique du Nord et l’effet du réchauffement climatique sur la diversité de la flore. J’ai découvert plusieurs plantes à la limite septentrionale de leur répartition, et même une plante qui n’a jamais été vue sur la cote nord-est de l’Île de Baffin : une importante découverte pour la conservation et la compréhension de l’histoire naturelle de cette flore fascinante.
On approche maintenant de la fin de notre voyage et je commence à repenser à tout ce que j’ai vécu et appris de nos étudiants. Leur incroyable appétit d’apprendre est contagieux et leur passion pour cette place aussi belle que fragile est inspirante.
J’espère que les expériences que nous avons vécues tous ensemble et le savoir que nos experts leur ont transmis vont les inciter à se battre pour cette région si précieuse pour l’avenir de notre pays et de notre planète. Ce que j’ai vu dans ces jeunes me donne beaucoup d’espoir pour l’avenir.
Julian Starr – Botaniste au Musée canadien de la nature, Gatineau, Québec



