L’Université de Montréal, mon alma mater, s’apprête à revendre à un promoteur privé, présentement sous enquête administrative et policière, un immeuble patrimonial qu’elle a acquis à très bon compte de la Congrégation des sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie qui avait cru, sans doute à tort, que la vocation éducative de l’institution serait ainsi préservée. La vocation verte et la gestion écologique du flanc nord du mont Royal seraient compromises par une telle vente.
Pour une affaire de gros sous et sous prétexte de développement, l’Université, ou du moins ses administrateurs actuels, cherche à se dérober à ses obligations sociales envers la population et à ses dettes morales envers ses donateurs, autant ceux qui ont financé l’acquisition de l’actuel campus par leurs impôts et les souscriptions publiques de 1920 et de 1947, que les religieuses qui lui ont légué une propriété et un édifice acquis et entretenus grâce aux sacrifices des membres de la Congrégation et à la générosité de ses milliers de bienfaiteurs.
Pour boucler cette transaction qui confine au gangstérisme immobilier et financier, l’Université demande à la Ville de s’y associer par un changement de zonage, et donc de destination de ces immeubles. Déjà, par leur opposition ou leur abstention, une majorité d’élus au conseil municipal ont réussi à reporter cette autorisation éminemment contestable. Souhaitons que l’opinion publique s’émeuve et condamne cette opération indécente, et que nos élus y résistent, puisque l’Université persiste à foncer sans se soucier de son honneur, de sa réputation et de ses obligations fiduciaires envers le bien public.
– René Laperrière
Les infirmières et les médecins spécialistes occupent l’espace médiatique, et avec raison. Je travaille dans le milieu hospitalier en tant que technologue en imagerie médicale. Croyez-moi, il y a une foule de professions qui vivent de grandes difficultés également.
Nous composons avec une clientèle de plus en plus lourde, plus complexe et plus âgée. Je côtoie des psychologues à bout de souffle, car la relève aime mieux pratiquer dans le privé, étant donné que notre gouvernement ne reconnait pas leur doctorat; des techniciens en génie biomédical qui sont embauchés par des compagnies, où ils ont une meilleure rémunération; des diététistes qui se battent pour l’équité salariale; des technologistes de laboratoire qui détectent des cancers avec des effectifs réduits, des archivistes médicales qui espèrent avoir le dossier-patient électronique; et des travailleuses sociales qui se déplacent à domicile et qui complètent les dossiers de façon bénévole.
Il y a plus de 100 métiers différents, ayant une importance capitale, dont les praticiens dénoncent l’état du système de santé. Je déclare haut et fort, en mon nom et au nom de mes collègues, que nous voulons que notre employeur, le conseil du Trésor, négocie avec nous. Nous voulons qu’il nous écoute et nous entende. Rien ne se passe aux tables de négociations. M. Charest, aidez-nous à offrir de meilleurs services à la population, car nous sommes sur le point de ne plus pouvoir le faire.
– Robert Comeau, Technologue en imagerie médicale
Dr Gaétan Barrette, président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, demande que les infirmières soient payées le même salaire qu’un monteur de ligne d’Hydro-Québec. L’Alliance des professeurs de Montréal tient une assemblée pour un vote de grève. Les cols bleus étudient la grève. Qui va payer pour ces augmentations de salaire? Moi?
J’ai fait l’erreur de travailler pour une entreprise privée, non syndiquée. Je fais le salaire d’une infirmière malgré une formation scolaire supérieure. J’ai obtenu 1 % d’augmentation et j’ai le choix de dire merci ou de partir. Je n’ai plus les moyens de payer pour ces fonctionnaires. Non, mais un peu de bon sens s.v.p.
– Diane Chénier, Montréal
Le groupe d’action sur le poids ÉquiLibre aimerait nuancer l’article Hommes ayant un surpoids : pourquoi ne pas maigrir en groupe?, paru dans Métro mardi. On y faisait état des défis de communiquer avec les hommes au sujet des habitudes de vie.
Environ 55 % des hommes présentent un surplus de poids, selon l’Enquête de santé dans les collectivités canadiennes. Les hommes sont plus nombreux que les femmes à souffrir de surpoids et contrairement à celles-ci, ils tendent à sous-estimer leur poids. Or, la localisation abdominale de la graisse généralement observée chez les hommes les rend plus susceptibles de développer des maladies chroniques. D’où l’importance de les sensibiliser.
ÉquiLibre développe actuellement un programme en milieu de travail qui vise une saine gestion du poids chez des hommes susceptibles de développer des problèmes de santé. Ce programme est bâti autour de trois thématiques : saines pratiques alimentaires, mode de vie physiquement actif et équilibre de vie.
Les hommes seraient plus enclins à d’utiliser les services de santé lorsqu’ils sont offerts en milieu de travail. Les interventions de groupe qui préconisent l’action et des contenus concrets seraient des stratégies gagnantes auprès d’eux. Sachant qu’ils ont tendance à être compétitifs, des défis portant sur l’acquisition de saines habitudes de vie leur seront aussi proposés. Cette démarche ne se centre pas sur la perte de poids, mais sur la modification d’habitudes de vie qui nous permettent tous d’améliorer notre santé, peu importe notre poids. Maigrir sans modifier les comportements liés aux habitudes de vie n’est pas durable, car il y a souvent une reprise de poids.
– Martine Fortier, directrice par intérim ÉquiLibre, Groupe d’action sur le poids
À ma première grossesse, je n’ai pas souvent eu l’occasion de me voir offrir un siège dans les transports en commun. Il m’est même arrivé, enceinte de huit mois, qu’une personne âgée me demande ma place sans que les dix autres personnes assises autour de moi réagissent.
Il ne faut pas se leurrer. Du manque de civisme, il y a en a tout le temps. Des gens se jettent sur les places, bousculent les autres, rentrent à reculons dans un wagon déjà bondé de monde sans se soucier de ceux qu’ils écrasent.
Enceinte de cinq mois aujourd’hui, je n’ai qu’une chose à demander. S.V.P., faites attention aux gens autour de vous! Votre place, vous pouvez la garder, je n’en ai pas besoin, je suis encore capable de rester debout. Mais laissez-moi un peu d’espace pour respirer et, de grâce, évitez de me donner des coups de coude dans la bedaine. Il suffit de regarder autour de vous. Ouvrez les yeux!
Aux femmes enceintes, je dis ceci : j’ai compris, avec le temps, que l’hiver, avec nos manteaux, ce n’est pas toujours évident pour les autres de remarquer que l’on est enceinte. Il ne faut donc pas grimper dans les rideaux à la première occasion.
– Marie-Christine Ducros, Montréal
Que les libéraux ne viennent pas dire que Pauline Marois salit la classe politique.
Mme Marois, tout au contraire, en continuant son crescendo de pression sur les libéraux pour que ceux-ci rendent des comptes sur la question de la corruption dans la construction lors d’une éventuelle commission d’enquête publique (qu’on finira par avoir!), donne espoir que le rôle de chien de garde du parti d’opposition ne soit pas complètement anéanti.
Mme Marois, en ayant le courage de poser les questions qui s’imposent sur l’intégrité de M. Charest, m’amène à diminuer un peu mon cynisme face à la classe politique. Mme Marois : merci. M. Charest : vous devez rendre des comptes, nous sommes encore une démocratie.
– Laurent Chouinard
Alors que le Parti libéral vit des heures sombres et que plusieurs de ses sympathisants s’interrogent sur son avenir, voilà que sous «l’habile» direction de Pauline Marois, le Parti québécois est à lentement creuser sa propre tombe.
En tenant ce colloque sur «la création de la richesse» aussi vague que farfelu et en expulsant manu militari les membres du SPQ Libre des délibérations, il nous donne l’étonnante impression d’être une formation en train de mourir par faute d’ouverture sur la vie réelle de tant de citoyens d’ici.
À ce niveau d’incohérence, pourquoi ne pas souhaiter une union ADQ et PQ? Alors que la population du Québec est à profondément se transformer et que le débat sur la souveraineté devient presque une histoire ancienne, Marois et compagnie ne trouvent rien de mieux à faire qu’imposer le silence à ceux qui étaient un nécessaire questionnement au sein d’un parti à la dérive.
– Jacques Léger, Montréal
«La langue française a fait son temps
Paraît qu’on n’arrête pas l’progrès
Que pour être vedette à présent
Il vaut mieux chanter en anglais
Pour être encore en haut d’l’affiche
Faudrait qu’je susure en angliche
Si j’veux coller à mon époque
Il me faut braire en amerloque…»
Ces mots tragicomiques, tirés d’une chanson prémonitoire qui date de 1980, me sont revenus quand j’ai appris la mort de leur auteur, Jean Ferrat. Ce même Ferrat dont je fredonnais encore des passages de C’est beau la vie, vendredi matin, en traversant un parc où les bourgeons s’impatientent déjà. La vie, l’amour, mais aussi les injustices de tout poil, voilà ce qui inspirait un des derniers grands de la chanson française. Les vers cités plus haut, d’une cinglante ironie, devraient faire réfléchir les nouveaux artistes hexagonaux adeptes de la langue de Michael Jackson. Ceux-là mêmes qui ont brait sans vergogne lors de la toute récente soirée des Victoires de la musique, à Paris. Au fait, que Ferrat passe l’arme à gauche (!) quelques jours après ce sinistre événement prend une valeur symbolique certaine qui n’a rien, hélas, pour nous rassurer quant à l’avenir de la chanson, voire de la langue française...
– Denis Desjardins, Montréal
On lisait cette semaine dans les journaux que le thème de la cérémonie d’ouverture des Jeux paralympiques de Vancouver était One inspires many. On pourrait traduire cela librement par «Il ne faut qu’une personne pour en inspirer plusieurs». C’est très louable comme thème, mais encore faut-il que nous la voyions, cette personne. Quand on consulte l’horaire télé de la semaine qui vient, on constate que la couverture des Jeux paralympiques fait pitié. Je parlerais même plutôt d’absence de couverture. Quand on pense à tout le travail qui se fait pour l’intégration des personnes handicapées, il me semble que ces Jeux constitueraient
une tribune incroyable.
Alors que les stations de télévision couvraient les Olympiques presque 24 heures sur 24 (si on peut appeler ça une couverture quand on voit et entend plus souvent des commentateurs analyser les performances des athlètes que les compétitions elles-mêmes), on ne verra les Jeux paralympiques qu’au compte-gouttes. Par exemple, CTV a diffusé les cérémonies d’ouverture samedi au lieu de les présenter en direct vendredi soir et ne diffuse des reportages que la fin de semaine. Quant à V, rien du tout. Même à TSN, il n’y a que des émissions d’une heure 30 ou de deux heures par jour. Pourtant, il me semble que ces chaînes de télévision affirment toujours qu’elles appuient toutes sortes de causes, dont celle des athlètes handicapés. Elles manquent ici une belle occasion de le prouver.
Ça montre bien que, lorsqu’elles disent appuyer les athlètes handicapés, elles pensent beaucoup plus à leur propre visibilité qu’à celle des athlètes. Les athlètes paralympiques méritent notre respect et nos encouragements tout autant que les athlètes olympiques. Alors, pourquoi leur accorder si peu de visibilité.
– Marc Genest, Montréal
«Agropur coopérative répond à l’appel de quelque 3 533 producteurs laitiers qui s’en remettent à cette entreprise dont ils se partagent la propriété pour bonifier le fruit de leur travail.» (site internet)
Ce sont donc ces membres qui laissent leur coopérative produire Natrel et son lait enrichi d’omega-3? Cela prend 107 verres de ce lait enrichi pour équivaloir aux omega-3 naturellement présents dans 100 g de saumon. La responsable à la communication ne nie pas l’inutilité de l’ajout; elle avoue candidement qu’il s’agit là d’un marketing rentable. (J.E., TVA, 12 mars)
On sait qu’au Québec, on paie déjà le lait plus cher qu’ailleurs, question de soutenir la production laitière d’ici. Ainsi, les producteurs laitiers reçoivent deux fois l’appui (inconscient) de la population : le coût de la stabilisation des prix, et la vente d’un lait supposément amélioré
qui coûte quelque 25 % plus cher et qui occupe une part non négligeable du marché.
Pourquoi faudrait-il défendre nos terres agricoles contre la convoitise des «méchants» Chinois spéculateurs (Une heure sur terre, SRC, 12 mars) alors que des gens de chez nous sont déjà fort capables de profiter de la population qu’ils ont d’abord pour mission de nourrir?
– Normand Breault
J’écris en réponse aux nombreux messages concernant les places réservées aux femmes enceintes dans les transports en commun. Étant moi-même une jeune maman, je me désole de l’attitude déplorable de nombreux passagers à notre égard. Et pour ceux qui répondent que c’est à nous de demander, je dis que ce n’est pas parce qu’on demande que ça se fait! Voici quelques réponses que j’ai eues, enceinte de neuf mois, alors que je demandais POLIMENT qu’on me cède une place.
«Pourquoi je te laisserais ma place? Je paye ma passe comme tout le monde!»
«Hey! C’est pas parce que tu es grosse que t’as des privilèges!»
«Si tu veux rester assise sur ton cul, t’as juste à rester à la maison!» Et je ne vous conte pas les pires! Ce qui me fait rager, c’est que contrairement à ce qui se dit souvent, ce ne sont pas des adolescents qui m’ont dit ça, mais des gens dans la trentaine! Souvent, la personne qui m’offrait sa place était une personne âgée, et je refusais, sachant qu’elle avait encore plus de risque de se blesser que moi!
En même temps, je me demande à quoi servent les chauffeurs dans ces cas-là. JAMAIS, à aucun moment, ils ne sont intervenus pour prendre ma défense, et ce, malgré un règlement clair de la STM. Les chauffeurs à qui j’ai demandé de l’aide m’ont répondu : «Madame, qu’est-ce que vous voulez que je fasse? Que j’arrête l’autobus et que je retarde tout le monde à cause de vous?» Chaque fois, je reste sans voix devant tant d’inaction et je me dis que je ferai tout pour éduquer mon enfant pour que jamais il ne me fasse honte à ce point!
– Sandra Chartier, Montréal
Tous les paliers de gouvernement vivent un mal du siècle incurable : le déficit budgétaire. À Montréal, la Ville entend hausser le prix des stationnements non résidentiels et de la carte de la STM, alors que le gouvernement du Québec pense hausser les frais de scolarité. Pourquoi la solution «hausse des tarifs» prime-t-elle constamment sur la solution de «régime minceur».
Les différents dirigeants pourraient, de prime abord, voir à l’aménagement de la fonction publiqueet à la réduction du nombre de cadres de direction aux salaires exorbitants. En second lieu, l’abolition de postes de cadre ou de professionnel VACANTS serait à considérer (de sorte à limiter les mises à pied) et, finalement, il faudrait appliquer une hausse de tarifs sur les diverses amendes afin d’éviter de toucher la population au complet. Solutions envisageables puisque l’étudiant et la famille moyenne n’ont pas à payer pour une mauvaise administration.
– Albert Phung
Ce texte est en réponse à la lettre d’Anais Détolle sur la place des femmes enceintes dans le transport en commun.
Je suis un étudiant, et à la fin d’une longue journée de travail j’aime avoir une place assise dans le transport en commun. Il m’arrive souvent de somnoler ou de lire le journal pendant le trajet, de sorte que je ne fais pas attention aux passagers qui montent.
Bien que je cède volontiers ma place aux personnes âgées ou aux femmes enceintes, il m’arrive parfois de ne pas les remarquer. Ainsi, d’après l’opinion de certains, je suis dans la catégorie des jeunes qui «font semblant de dormir» ou qui «plongent leur tête dans le journal» dès qu’une personne avec un handicap passe.
Je veux simplement faire remarquer qu’il est du DEVOIR des personnes avec un handicap de demander une place. Si vous ne le faites pas, alors cessez d’accuser les autres personnes.
Alors, mesdames, si vous me demandez une place dans le transport alors que je ne vous ai pas remarquées, je vous la cèderai avec les meilleures intentions et avec un gros sourire en prime.
– K. Esfahani
Ce texte répond à Jean Tremblay, qui affirme que la police s’en prend encore aux plus faibles (en l’occurrence les piétons).
Je dirais plutôt qu’elle s’en prend aux fautifs!
Car des piétons qui ne respectent pas la signalisation routière, il y en a des masses. Oui, c’est choquant de voir des automobilistes faire les délinquants devant des passages piétonniers, mais c’est aussi choquant de voir des piétons traverser où bon leur semble sans se soucier du danger.
Bref, c’est un problème de société, un problème pour lequel piétons et automobilistes sont à blâmer. Les policiers sont là pour ramener à l’ordre les fautifs; les piétons ont été trop «gâtés» pendant plusieurs années et ont acquis de mauvaises habitudes. Maintenant qu’un «danger» de contravention les guette, peut-être qu’ils changeront leurs comportements.
Mais dans tous les cas, la police n’est pas à blâmer; elle essaie juste de faire un peu d’ordre dans cette société paradoxale qui veut avoir le meilleur des mondes, mais qui proteste quand l’autorité s’en mêle...
– Catherine Lacoste
Dans l’actualité cette semaine, on parle d’hôpitaux qui manquent de lits, d’infirmières et de médecins. Le Parti libéral, qui s’était fait élire grâce à sa priorité numéro 1, se fait accuser par le Parti québécois et lui renvoient le problème en disant qu’il a mis les gens à la retraite trop tôt.
Voyons plus loin, ou plutôt plus bas, à la source du problème. Si les urgences débordent en hiver, c’est parce qu’il y a un manque d’éducation en matière d’hygiène de la santé.
Bravo au ministère de l’Éducation, qui a intégré les cours d’éducation à la santé à ceux d’éducation physique au cégep.
Malheureusement, ce n’est pas tout le monde qui a un régime de vie sain. Oui, vous avez sûrement tous entendu les trois règles à respecter : bien manger, bouger et ne pas consommer de substances nocives comme la cigarette et l’alcool. Il y a dans ces trois règles des trésors à découvrir. Et je vous le souhaite!
Je l’ai personnellement expérimenté. Depuis que je ne fume plus et que je m’entraîne deux fois par semaine, les mots «bronchite», «sinusite», «conjonctivite»,«amygdalite» et «grippe» ont disparu de mon vocabulaire. Je n’ai plus à subir les attentes déprimantes et pénibles aux urgences devant des murs blanc beige.
À cela s’ajoute la réduction du stress et une meilleure qualité du sommeil, éléments essentiels pour passer une bonne journée. Bien sûr, on ajoute les cours de massage, de yoga, de relaxation et de méditation, qui remettent les pendules à l’heure et nous rappellent qu’on oublie parfois de respirer.
Merci de dire aux politiciens qu’au lieu de chercher un coupable ils devraient chercher la solution parce que le problème existe.
– Marie-Pier Marceau
Pour contribuer un peu au débat qui anime la société en ce moment concernant la liberté religieuse, j’aimerais apporter mon point de vue d’immigrant.
Arrivé au Québec il y a un peu moins d’un an. J’ai constaté avec joie toute cette mixité raciale et ethnique. À peine installé, des doutes et des appréhensions m’ont envahi quant au modèle d’intégration canadien, en regardant toutes ces femmes couvertes intégralement ou ces enfants qui sortent des écoles en récitant les versets coraniques.
S’il y a quelque idée sur laquelle tout le monde est d’accord, c’est qu’un projet d’immigration est un choix personnel que nul ne peut nous imposer. Il est donc incompréhensible, si ce n’est inexplicable, qu’une certaine catégorie d’immigrants tente d’imposer au pays d’accueil ce qu’elle a fui dans son pays d’origine.
À entendre les adeptes du nouvel islam, on dirait qu’on leur impose de vivre dans ce pays. Or les règles et les lois sont assez claires, du moins concernant le vivre ensemble, le respect de la différence et les droits élémentaires. À l’instar de beaucoup de pays, le Canada garantit des droits et des libertés, notamment la liberté religieuse, qui n’est surtout pas la liberté d’imposer une religion.
Pour ceux qui croient que cette équation est insoluble, il existe un droit que la nature nous a garanti bien avant que l’homme le fasse. Un droit garanti bien plus que celui de la vie, que ni une personne ni un gouvernement ni même un dieu ne peut nous ôter : le droit de partir, d’aller ailleurs, de fuir même…
C’est exactement le droit dont chaque citoyen d’un pays quiconque a usé pour devenir un immigrant, et c’est le droit dont chaque citoyen canadien ou immigrant inconfortable dans ce mode de vie libre devra user pour trouver son bonheur ailleurs.
La campagne actuelle de remise de contraventions aux piétons par la police de Montréal est une vraie injustice. Encore une fois, la police s’attaque aux plus faibles.
Si la police voulait vraiment protéger les piétons, elle donnerait des contraventions aux automobilistes qui ne respectent pas les passages piétonniers (je parle des passages piétonniers autour des métros, en face du Stade olympique, etc., sans feux de circulation).
Partout dans Montréal, les passages piétonniers doivent normalement (c’est la loi) donner la priorité aux piétons. Mais les automobilistes foncent sur les piétons qui traversent sur ces passages.
Partout dans le reste du Canada, à Moncton, à Vancouver ou à Toronto, le piéton est respecté. Pas à Montréal. Évidemment, il ne faut pas s’attendre à ce que la police fasse des campagnes pour forcer les automobilistes à respecter la priorité aux piétons sur les passages piétonniers, car la police est composée elle-même d’automobilistes. On ne voit jamais de policiers à pied, comme on nous l’avait promis. Un petit test, messieurs et mesdames les policiers : habillez-vous en civil, et traversez tranquillement sur le passage piétonnier en face du métro Laurier, à l’est de Saint-Denis. Vous verrez les conducteurs venant de Saint-Denis vous foncer dessus et vous faire un bras d’honneur si vous rouspétez.
La SAAQ, de son côté, est encore une organisation d’automobilistes. Elle ne fera sûrement pas de campagne pour informer les automobilistes que les piétons ont priorité sur les passages piétonniers. À quand une association des piétons de Montréal pour faire respecter les droits des piétons, comme on en retrouve en Europe?
– Jean Tremblay, Montréal
Un handicap n’est pas vécu par la personne avec des spécificités physiques à moins que l’environnement ne le lui fasse vivre.
Je vous écris pour vous faire part d’une très grande déception. Depuis que je suis enceinte, je me rends compte que cela me handicape dans les autobus et le métro que je dois prendre chaque jour.
En effet, bien que ma grossesse ne soit pas difficile, j’aimerais pleinement profiter des espaces réservés (ou des autres, puisque ces espaces ne sont pas toujours accessibles), surtout pour assurer ma sécurité en cas d’arrêts subits.
Je me suis rendu compte, et je l’ai aussi constaté en parlant avec d’autres mères et futures mères, que les passagers ne faisaient aucun cas de la priorité des places. Jusqu’à maintenant, je ne m’en doutais pas, cédant moi-même la place aux personnes qui en avaient besoin. Je pensais trouver chez les Montréalais la même amabilité. Autant vous dire que j’ai été amèrement déçue du comportement de la plupart des passagers (en fait, personne, jusqu’à maintenant, ne s’est levé pour me laisser la place.)
Jusqu’à maintenant, je ne considérais pas la grossesse ni la maternité comme un handicap, ce que je commence à sentir. J’en suis rendue à voyager hors de mes heures habituelles pour être certaine de pouvoir m’asseoir. J’ai la chance d’être étudiante et d’avoir cette flexibilité. Mais qu’en est-il des femmes qui ont un horaire régulier? Croyez-moi, les gens ne se lèvent pas plus pour leur faire place, même avec un ventre de 8 mois ou des enfants en bas âge.
C’est la première fois, depuis que je pense avoir des enfants, que j’envisage l’achat d’une voiture. Cela heurte mes valeurs, mais ça serait plus agréable que de devoir entrer en conflit permanent avec les autres passagers pour réclamer la place qui m’est due.
– Anaïs Détolle, Montréal
Le 3 mars dernier, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal s’indignait que Bell Canada ait donné à son nouveau service d’accès internet haute vitesse au Québec l’appellation anglophone «Bell Fibe».
Un porte-parole de l’entreprise s’est défendu en disant que Fibe est un mot qui a été créé de toutes pièces par Bell et il n’a pas de consonance anglophone particulière. Les choses se sont toutefois gâtées lorsqu’il ajouta que le mot Fibe faisait référence à l’expression anglaise fiber optic dont Bell n’aurait qu’enlevé la lettre «r» pour ainsi baptiser son nouveau service. Fort bien. Si les gourous du marketing de Bell Canada veulent nous prendre pour des cloches, alors prenons-les au mot, dictionnaire Robert & Collins en main.
Si le mot «Fibe» est tout aussi français qu’anglais, alors les francophones du Québec prononceront «Bell Fib», ce que leurs concitoyens anglophones traduiront par «le mensonge de Bell», et il n’y aura plus rien à ajouter.
– Christian Gagnon, Montréal
Depuis presque neuf ans, les pratiques musulmanes sont au centre d’une polémique, surmédiatisées et bombardées de critiques dégoulinantes de préjugés et d’ignorance.
Tel est présentement le cas du niqab, ce voile intégral porté par une certaine quantité de femmes soumises (à l’Islam, voyons!) et qui luttent pour leur liberté de religion. Il serait important que quelqu’un s’interpose dans leur discours pour dire : le niqab est aux antipodes de ce que le Coran a toujours enseigné aux hommes.
Que ces femmes aient choisi de porter ce vêtement et qu’elles s’y sentent à l’aise, je ne crois pas que ceci aurait dû créer un tel tollé. Mais que ces femmes cessent de clamer haut et fort que c’est au nom de l’Islam qu’elles le font.
C’est tout clair : dans les deux versets coraniques qui traitent du voile, il n’est question que d’une protection et d’un moyen de reconnaître la femme musulmane, non pas d’un moyen d’enterrer son identité.
– Amine Baouche
Les journalistes de Radio-Canada étaient à Berthierville, aux obsèques de la mère de Joannie Rochette. Pourtant, elle avait demandé à tous ceux qui l’attendaient à Dorval lundi soir, dont Radio- Canada, de la laisser vivre son deuil en privé.
Pourquoi n’a-t-on pas respecté son souhait? C’est inexcusable de la part de la télévision d’État d’agir comme des paparazzis. Des excuses s’imposent, mais je doute qu’elle les fasse. Et si on essayait de donner l’exemple ou lieu de faire dans le populisme? Vraiment minable.
– Michael Sévigny. Montréal
Elles sont des centaines de milliers à travailler pour le gouvernement du Québec. Enseignantes, secrétaires, infirmières, elles forment 75 % des 500 000 employés de l’État. Et elles sont en négociation en ce moment pour obtenir un contrat de travail qui rendra justice à leur dévouement.
Ces infirmières qui soignent sans relâche et qui multiplient le temps supplémentaire obligé. Ces enseignantes qui aiment et dorlotent nos enfants. Ces préposées qui bichonnent nos vieux parents et sont parfois les seules à leur sourire. Peut-on imaginer une société fonctionnelle sans les travailleuses des services publics?
Pourtant, lorsqu’il est question de les payer convenablement, tous les gouvernements qu’on a connus à Québec renâclent. Sur d’autres questions, des chroniqueurs de la scène publique nous répètent qu’au Québec, les femmes et les hommes sont égaux et que cela n’est pas négociable.
Fort bien. Mais alors, comment tolérer des écarts salariaux entre infirmières et policiers, entre intervenantes sociales et ingénieurs? Pourquoi les métiers historiquement masculins demeurent-ils souvent mieux payés que les métiers dits «féminins» malgré l’existence d’une loi sur l’équité salariale? Serait-ce qu’au fond, la société considère qu’il est normal que des milliers de femmes sous-payées s’occupent des personnes vulnérables puisque tel est leur rôle «naturel»?
En ce 8 mars 2010, Québec solidaire veut rappeler au gouvernement Charest que les employées des services publics méritent une convention collective juste et équitable.
Où trouver l’argent? Certainement pas dans la poche de la classe moyenne et des travailleurs et travailleuses au salaire minimum. La campagne couragepolitique.org propose plutôt d’autres avenues : des redevances pour les minières, moins d’aide de l’État aux grandes entreprises, un palier additionnel d’imposition pour les très hauts revenus. L’égalité est à ce prix.
– Françoise David, présidente et porte-parole, QS Émilie Guimond-Bélanger, responsable commission nationale des femmes, QS
Ceux qui nous connaissent pourront confirmer que nous sommes d’ardents défenseurs du transport public. Nous sommes membres du conseil d’administration de Transport 2000, mais cette lettre exprime nos positions personnelles, et non pas celle de l’association.
Selon les dernières évaluations, le projet de train de l’Est, de Montréal à Mascouche, coûtera 435 M$, pour 5 500 usagers matin et soir. La portion Montréal-Repentigny est justifiée, car elle desservira des quartiers densément peuplés, en valorisant une voie ferrée existante. Par contre, la portion Repentigny-Mascouche nécessite une nouvelle voie ferrée et est impossible à justifier à la lumière des coûts suivants. Scénario «optimiste» des coûts : pour 500 usagers supplémentaires, 5 jours/semaine, $150 M$, à rembourser sur 25 ans, avec un taux d’intérêt de 4 %. Cela revient à une subvention de 79 $ par jour par usager pendant 25 ans.
Scénario «réaliste» : 300 usagers supplémentaires, 200 M$, avec un taux d’intérêt de 6 %. Cela revient à une subvention de 215 $ par jour par usager pendant 25 ans. Il serait 10 fois moins coûteux de payer le taxi à chacun des usagers, pour se rendre à la gare de Repentigny. Ces scénarios ne tiennent pas compte des subventions pour aménager le tronçon Repentigny-Montréal et pour les frais d’exploitation des trains.
Ces coûts exorbitants sont attribuables au problème fondamental du transport public en banlieue : l’étalement urbain de faible densité ne fournit pas assez de clients au transport public, pour le justifier économiquement. De plus, un train jusqu’à Mascouche, avec ses stationnements incitatifs, va encourager l’étalement urbain et aggraver les problèmes de transport.
À l’inverse, un projet facilement justifiable est celui de la voie réservée sur Pie-IX, qui coûtera 150 M$ pour 70 000 passages ou 35 000 usagers aller-retour. Cela représente une subvention d’environ 1 $ par jour par usager (50 ¢ par passage). Le coût réel est probablement moindre puisque la voie réservée permettra de réduire les frais d’opération des autobus, qui ne seront plus ralentis par la congestion automobile.
– Luc Gagnon, Anthony Frayne, citoyens de Montréal
Je vis au Québec depuis 21 ans, mais je suis d’origine chilienne. À la suite de séisme qui a durement frappé mon pays samedi, je suis outrée de constater à quel point les médias mettent l’emphase sur les histoires de pillage dans différents commerces, plutôt que de nous présenter des reportages sur la vraie
souffrance humaine.
Mon pays est en deuil. Pourquoi ne pas écrire ou présenter des images de ces gens qui ont perdu des membres de leur famille ou ces gens qui étaient déjà à la base démunis et qui ont perdu le peu de biens qu’ils possédaient? Pourquoi ne pas écrire sur l’île Juan Fernández, qui s’est vue littéralement avalée par le tsunami post-sismique?
En tant que Chilienne, il me fait beaucoup de peine de constater que les seuls commentaires que j’entende sont ceux de personnes qui commentent ce cirque médiatique des pillages! Cela ne fait que donner une mauvaise image de mon pays et n’aide certainement pas à inciter le peuple québécois à faire des dons pour soigner le mal qu’a fait cette catastrophe naturelle! Je dédie ce court texte à mon beau-père et à sa famille, qui ont perdu un des leurs. Merci de faire des dons à la Croix-Rouge canadienne.
– Karla Sepulveda
Déçu des résultats de son pays aux Jeux de Vancouver, le président Medvedev a demandé la démission des responsables de la préparation de l’équipe russe.
En prévision des Jeux de Sotchi, en 2014, vous pouvez d’ores et déjà être certains que les subsides pour les athlètes russes seront quintuplés, de sorte que les entraîneurs russes ayant déserté rentreront l’un après l’autre au pays. La Russie ne récoltera pas que trois médailles d’or dans quatre ans, je vous en passe un papier.
– Silvio Leblanc
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