Quand j’ai lu les propos de M. Fede Sanchez dans le numéro du week-end, je n’ai pu contrôler mon dégoût. Tout d’abord, M. Sanchez se méprend lorsqu’il présume que le français ne s’adresse qu’aux francophones et que les étudiants de Concordia et de McGill ne comprennent pas cette langue. Dire que les annonces exclusivement en français sont «pour francophones seulement» me dérange énormément.
Je suis américaine, anglophone, et je n’ai aucune difficulté à comprendre ces annonces. Le métro de New York, qui est une ville diversifiée, fait ses annonces exclusivement en anglais et personne ne s’en offense. Ni touriste, ni résidant, ni étudiant étranger. Et pourquoi? Quand on est dans une ville, on s’attend à ce que les services soient offerts dans la langue commune. Et, à Montréal, je suis désolée d’être la personne à vous en informer cher M. Sanchez, cette langue est encore le français. Si nos amis unilingues (d’une langue autre que le français) ne comprennent pas ce qui se passe, ils peuvent poser la question à un employé de la STM, tout simplement.
Emily Koehler, Montréal
En réponse à la lettre de M. Sanchez publiée dans cette page vendredi.
M. Sanchez, vous semblez ignorer volontairement que la langue officielle du Québec est le français, n’en déplaise aux touristes ou aux étudiants étrangers de passage à Montréal. L’usage de la langue officielle signifie qu’il s’agit de la langue commune en usage par la population (langue de travail), son gouvernement, ses institutions (publiques et parapubliques). Cela s’applique également à la STM. Je ne vois pas en quoi les messages de la STM devraient être multilingues pour accommoder des étrangers de passage.
J’ai voyagé à plusieurs endroits dans le monde et j’ai utilisé leurs systèmes de métro. Toutes les indications ainsi que les messages vocaux sont effectués dans la langue officielle locale. Rien de plus normal. Très sincèrement M. Sanchez, oseriez-vous critiquer comme vous le faite les messages vocaux dans le métro de New-York, Barcelone, Rome, Prague, Moscou ou bien Londres et Paris (villes plus cosmopolites que Montréal)? Je crains que non.
Je suis tout simplement outré de cette attitude francophobe et du ressentiment anti-francophone qui sévit à Montréal depuis quelques années. La montée de l’intolérance et de l’hostilité à l’égard de la langue française à Montréal me glace le dos.
Christian Beauchemin, Montréal
Depuis trois ou quatre années, il est devenu courant de lire et d’entendre des opinions qui prennent ouvertement parti contre le principe de laïcité au Québec.
Un nombre d’individus particulièrement actifs et féroces tentent de saper les fondements de la neutralité religieuse de l’État québécois en tentant d’y substituer le principe de l’activisme athée : ce sont les intégristes de la laïcité.
Les intégristes de la laïcité ne considèrent pas qu’un juif servant dans la police et portant une kippa ou qu’un hindou enturbanné sont des symboles plus que réussis d’intégration et la marque suprême du service envers leurs concitoyens.
Non, pour les intégristes laïcs, c’est du prosélytisme. Bien que ces gens soient prêts à donner leur vie pour leur pays, les intégristes laïcs nous racontent que ces concitoyens aux croyances différentes des leurs constituent une menace pour notre société.
Les intégristes laïcs préfèrent croire qu’une femme portant le hijab se servira de son poste dans un emploi dans l’administration publique pour
«islamiser» le pays que de faire face à la réalité : une telle femme servira son pays et contribuera au bien-être économique de sa famille, un point c’est tout.
La solution des intégristes laïcs pour intégrer les croyants dans la société québécoise est de les exclure volontairement et systématiquement s’ils ne veulent pas abandonner des facettes de leur religion qu’ils considèrent fondamentales et qui ne causent aucun problème réel autre que de créer de la paranoïa chez nos intégristes laïcs.
Ainsi, les intégristes laïcs veulent modifier le principe de laïcité au Québec, et derrière leur agenda moral de protection de la société et de nos institutions se cache le projet de faire disparaître toute trace de christianisme, de judaïsme, d’islamisme, de bouddhisme ou d’hindouisme pour que règne l’athéisme.
Les intégristes laïcs ne sont pas satisfaits de la liberté de croire ou de ne pas croire. Ils veulent que l’État québécois devienne un instrument d’exclusion d’autrui au service de leur volonté d’annihiler toute trace de religion de notre société. «Que les croyants se cachent» est leur devise.
Ces gens intolérants et ignorants constituent le réel danger pour notre laïcité et pour le bon vivre ensemble, et non les juifs, les musulmans, les chrétiens ou les hindous qui veulent servir leur pays et continuer de vivre leur religion dans la paix.
À l’intolérance et au fanatisme des intégristes laïcs, il faut répondre par le droit et la raison.
Karim Boujrada, Montréal
En réponse à la lettre de M. Sanchez publiée dans cette page vendredi.
La loi 101 a établi, depuis 1977, que le français est la langue officielle du Québec. Aux dernières nouvelles, Montréal n’était pas séparé du Québec, alors la loi 101 devrait s’y appliquer.
Lorsque le métro est en panne à Londres ou à New York, est-ce qu’on se donne la peine d’aviser les usagers dans une multitude de langues? Poser la question, c’est y répondre.
La loi 101 vise à protéger le caractère français du Québec, et on y trouve plusieurs règlements qui permettent l’utilisation d’autres langues, dont l’anglais, dans des situations bien précises.
Les citoyens sont libres de parler autant de langues qu’ils le désirent, c’est bien pour leur culture personnelle. Mais les institutions locales ne doivent pas céder au désir de bilinguisation. C’est le français qui est en recul constant au Canada (du quart de la population dans les années 1960, à environ un cinquième au dernier recensement).
André Gagné, Montréal
Je réagis ici au texte de Fede Sanchez (Métro, édition du 5-7 février), qui se plaint des messages diffusés uniquement en français lors des dernières pannes survenues dans le métro de Montréal.
Incroyable! On brandit la menace d’une tragédie à cause d’une possible incompréhension de certains.
Le charme d’une ville pour les étudiants étrangers et les touristes se manifeste lorsqu’elle se respecte; quoi de plus normal, donc, de s’adresser aux usagers de son métro dans sa langue officielle, le français, qu’importe la fréquence des annonces?
Toutes les grandes villes du monde fonctionnent ainsi, pourquoi ne pouvons-nous pas le faire sans nous faire sermonner? Si les étudiants anglophones de McGill et de Concordia ne se rendent pas compte qu’à Montréal, cela se passe en français, il y a un méchant problème!
Quant aux touristes américains, ils peuvent gentiment demander à leur voisin la signification du message diffusé à l’interphone s’ils ne le comprennent pas.
Je félicite donc la STM qui agit de manière tout à fait responsable, contrairement à ce que pensent certains.
Simon Dansereau, étudiant au collégial, Montréal
J’aimerais remercier M. Lauzon pour sa chronique «Banque à charge» publiée jeudi dernier et qui traite de quelques vérités choquantes, le tout accompagné de faits intéressants.
Je considère que les entreprises devraient être plus fortement incitées à être socialement responsables sur le plan de l’environnement, de la redistribution des ressources et du bien-être de leurs employés.
Le gouvernement plie trop souvent devant les lobbyistes de ce monde. Qui a dit que l’État ne devrait pas essayer d’être financièrement rentable pour mieux redistribuer les richesses, relancer les marchés ou s’occuper des problèmes?
Il faut changer de paradigme, cesser de miser sur des causes perdues et de déléguer les responsabilités financièrement rentables au privé, et être proactif pour s’assurer que nos valeurs sont bien servies.
L’État doit s’impliquer davantage et mieux encadrer la préservation de nos richesses (argent, eau, vent, professionnels...).
Assurons-nous de ne plus être des victimes!
Micaël Masse, Montréal
En réponse à la chronique de Léo-Paul Lauzon de jeudi dernier.
Tout au long de la crise économique mondiale, les banques du Canada ont maintenu leur attitude prudente et leur position solide. Aucune d’elles n’a fait faillite. Contrairement aux dires de M. Lauzon, les contribuables canadiens n’ont pas versé un seul sou noir pour renflouer les banques.
Bien gérées, nos banques poursuivent leur contribution à la relance économique. En effet, au plus fort de la crise, elles ont augmenté le niveau de crédit accordé afin de combler les lacunes laissées par les prêteurs sur le marché local qui ont ralenti ou complètement arrêté leurs activités.
En vérité, nous avons le système bancaire le plus efficace, le plus solide et le moins coûteux au monde, qui contribue de façon notable à maintenir notre économie en bonne santé. À preuve, en 2008 seulement, l’industrie bancaire, qui compte 42 000 employés au Québec, y a versé 421 M$ en impôts. Cet argent contribue à financer les programmes sociaux dans la province.
Jacques Hébert, directeur, Direction du Québec, de l’Association des banquiers canadiens
L’utilisation des nouvelles technologies n’apporte pas que du positif, cela engendre aussi son lot de problématiques. Nous en avons eu un exemple cette semaine, lorsque Loto-Québec a présenté son projet d’ouvrir un site internet dédié au poker en ligne.
Objectif de rentabilité et concurrence obligent une dérive vers l’internet.
Force est d’admettre que l’ère du papier tire inévitablement à sa fin, ce qui inclut aussi évidemment les produits de loterie. Cependant, il faut aussi être conscient qu’une accessibilité accrue va assurément éveiller chez plusieurs le goût du jeu, ce qui dégénérera pour certains en dépendance maladive.
À mon sens, il est impossible de renverser la vapeur. Notre société devra accepter d’évoluer en acceptant que le réseau internet occupe une place grandissante dans notre quotidien, et ce, pour le meilleur et pour le pire…
Yannick Guégano
La panne qui a causé hier une interruption du service de deux heures sur les lignes orange et bleue du métro vient se rajouter au nombre incroyable de pannes et d’interruptions dont le système souffre quotidiennement.
Étant donné l’énorme fréquence des annonces d’urgence dans les interphones des stations, il est choquant de constater que ces annonces ne sont faites qu’en français dans une ville qui se veut cosmopolite et attrayante pour les touristes et les étudiants étrangers.
Les universités Concordia et McGill, à elles seules, comptent des dizaines de milliers d’étudiants qui prennent le métro tous les jours. Montréal accueille
des milliers de touristes américains chaque jour. La protection de la langue ne justifie pas qu’on annonce les urgences uniquement en français. Il faut corriger cela tout de suite avant qu’il n’arrive une tragédie à cause d’un manque de compréhension. Ceci est une invitation à agir de manière responsable.
Fede Sanchez
Les images du cataclysme qui nous arrivent de Port-au-Prince commencent à disparaître petit à petit de nos écrans de télévision.
À quelques jours du coup d’envoi de la plus grande compétition sportive hivernale, le drame haïtien ne préoccupe guère les médias. On peut imaginer déjà
l’intérêt que suscitera le dénuement indicible de ce peuple une fois les jeux de Vancouver commencés.
Même son de cloche dans l’opinion publique montréalaise, où on sent une certaine lassitude. Pourtant, cette même population s’est montrée des plus généreuses au lendemain du drame, ce qui lui a d’ailleurs valu les éloges de Bill Clinton.
Cette réalité lugubre confirme, pour paraphraser Albert Camus, que même si la charité n’est pas un sentiment inutile, ses résultats dans le cas d’Haïti et dans le cas de beaucoup d’autres pays africains le sont malheureusement.
Des centaines de millions de dollars ont été dépensés depuis des dizaines d’années, mais ces millions sont improductifs, à cause notamment du climat politique et social délétère qui règne dans ces pays.
La catastrophe naturelle du 12 janvier dernier a montré au grand jour les conséquences néfastes d’une dictature militaire et d’une élite corrompue sur une population réduite à la mendicité et à la victimisation. Sinon, comment expliquer l’appréciation du niveau de vie des Dominicains, dans l’autre partie de cette même île des Caraïbes, depuis le début du processus de démocratisation du pays durant les années 1990?
Aujourd’hui, Haïti a non seulement besoin d’une autre attention éphémère par l’adaptation de la chanson de Michel Jackson We are the World avant de demeurer par la suite dans la charité éternelle, mais se trouve aussi devant une nécessité, celle de la construction de véritables institutions. Cela permettra à ce pays de passer d’une «économie de bienfaisance» – basée sur l’aide internationale pour couvrir des besoins d’urgence – à une situation caractéristique d’une économie fiable et compétitive. L’implication de l’ensemble de la société haïtienne est exigée en conséquence.
Syphax Dehilès, Montréal
Loto-Québec offrira bientôt des jeux en ligne. Et le gouvernement appuie le projet parce que le problème du jeu en ligne existe déjà.
Et qu’il vaut mieux offrir aux joueurs «un environnement sécuritaire» et récupérer un peu de l’argent qui finance présentement le crime organisé.
Avec une telle logique, je propose à notre gouvernement, qui cherche justement des moyens de lutter contre le déficit, de se lancer également dans l’offre de prostitution et de drogue.
Deux autres milieux qui existent déjà, qui auraient grand besoin d’un «environnement sécuritaire» et qui sont extrêmement lucratifs pour le crime organisé!
Dominique Boisvert
Je traverse le boulevard Henri-Bourassa tous les matins un peu avant 7 h pour me rendre à mon arrêt au coin de Francis et... bon Dieu, que la lumière est longue! Surtout lorsque l’autobus 69 est à l’arrêt et qu’il fait froid. Encore une fois, je vais manquer ce bus et ce chauffeur qui n’attend jamais. En plus, celui-ci fait semblant de ne pas me (nous) voir.
Depuis deux semaines, surprise, ce jeune Sylvain, qui semble nouveau sur cette ligne, attend et, en plus, nous dit bonjour. Ce geste, qui semble anodin, débute tellement bien ma journée et, croyez-moi, est très apprécié. Cela mérite que je prenne le temps pour lui écrire ma gratitude.
Finalement, ce geste de civisme de Sylvain me porte à penser que certains chauffeurs plus âgés et blasés devraient l’imiter.
Diane Chénier, Montréal
Je voulais prendre le temps de vous remercier pour votre belle initiative qu’était le Spécial bonheur d’hier. Le bonhomme sourire jaune sur la page couverture en a fait sourire plusieurs.
J’observais les gens dans le métro avec leur copie dans les mains et je ne pouvais m’empêcher de sourire. C’est comme si tout le monde tenait des pancartes «pro-bonheur». Ce bonhomme jaune était vraiment partout et je ne suis pas la seule qui trouvait son sourire plutôt contagieux. Ce genre d’enthousiasme est rarement ressenti dans le métro (surtout le matin), donc cela m’a vraiment fait du bien.
Les articles sur le thème du bonheur étaient super intéressants et agréables à lire. Je me disais : «Enfin quelqu’un quelque part a réalisé qu’on ne parle pas assez souvent de choses positives comme le bonheur!» Quelle belle initiative de se soucier du bonheur des gens, surtout en période hivernale alors que la déprime semble prendre sa place.
Aileen Ziga-Kearney
Compte tenu des pannes de métro et en attendant le remplacement des voitures et le retour du tramway, je propose la mise en service de trolleybus sur voies réservées avec feux prioritaires qui desserviraient toute la ville et dont la fréquence serait élevée toute la journée.
Non seulement ces bus compenseraient la capacité limitée et les pannes du métro, mais si on les électrifie, ils élimineraient les émissions polluantes. Je propose donc l’électrification des principales lignes, dont la 535 (où le tramway ne roule toujours pas), afin d’offrir une solution de rechange au métro.
Les trolleybus, qui ne comportent pas de rails et peuvent se débrancher des câbles, ont l’avantage de ne pas bloquer la ligne en cas d’incident. Leur alimentation électrique permet de les climatiser sans augmenter les émissions polluantes. Bref, l’autobus possède une souplesse telle qu’il doit être considéré comme un mode de transport à part entière.
Hugo Lamoureux, Montréal
En réponse à la lettre «Un peu de courtoise» parue hier dans Métro.
Mme Lapointe, du haut de mes 79 ans et 7 grossesses derrière moi, je tenais à répondre à vos propos. Je ne peux malheureusement qu’apercevoir une hausse de la victimisation, et vous avez un des meilleurs exemples. Comment demander à un groupe de gens lisant, finalisant leurs
travaux dans le transport d’être constamment à l’affût afin de céder leur siège? N’y aurait-il pas une certaine responsabilité de chacun, on pourrait dire un effort collectif à faire?
Il m’arrive de prendre le métro et, à l’occasion, personne ne me cède son siège. Lorsque mes pauvres pieds n’en peuvent plus, j’aborde une personne avec le sourire et demande gentiment le siège, ce qui m’a toujours été accordé.
De façon générale, je récolte en même temps un généreux sourire et un «Bonne journée». Alors, voilà, nous avons le choix de voir les gens en général comme égoïstes et centrés sur eux-mêmes, ou tout simplement de regarder la vie avec le sourire et de fonctionner collectivement.
Profitez de ce temps, Madame, ces moments sont parmi les plus beaux de notre existence.
Marie-Rose, 79 ans
Hier soir, il y a de nouveau eu panne majeure dans le métro, entre autres sur la ligne citron, euh!... orange.
M. le maire ne le fera pas, mais quelqu’un devrait contacter les Records Guinness pour voir à faire inscrire le record de pannes (nombre et durée) du métro de la STM dans le célèbre livre.
Sylvio Le Blanc, Montréal
Comme si la grisaille de janvier avait le pouvoir de nous faire prendre conscience que nous ne sommes pas heureux, le journal Métro remet encore cette année le sujet à l’honneur.
La frénésie de Noël et du «boxing-month» est maintenant terminée. Nous nous sommes procuré les bebelles que nous croyions capables de nous rendre heureux, et nous voilà face à nous-mêmes, un peu déçus de voir qu’encore une fois nous nous sommes laissé duper.
Questions : Trouvons-nous le bonheur ou sommes-nous trouvés par lui? Y a-t-il quelque chose que «je» peux faire pour le trouver et le garder définitivement?
Pour la plupart d’entre nous, intuitivement, la myriade d’expériences que nous avons vécues nous a amenés au triste constat que notre quête est illusoire et que le «lot» de l’être humain semble être celui de vivre une permanente insatisfaction. Quel cynisme, direz-vous!
À la suite d’un découragement ou d’une de ces déceptions dont se charge inévitablement de nous accabler la vie, presque libérés, nous déclarons parfois : «À quoi bon tout ça, toute cette lutte, toute cette vie?» Ah, enfin de belles questions! Enfin un peu de recul pour voir que le problème réside peut-être justement dans cette course, dans cet acharnement à vouloir un bonheur qui ait une forme, un nom (amour, succès, reconnaissance, santé, maison, enfants, etc.). Mais aussi, quel immense vertige nous saisit si on ose regarder soigneusement ces questions! Une sourde menace plane. Et si «j»’étais à l’origine du «problème»? Quel inconfort!
Alors, on retourne travailler, on ouvre le téléviseur, on prend des comprimés ou on escalade l’Everest. On oublie mais l’insatisfaction demeure. On fait de ces trop pertinentes questions des tabous rangés au plus profond de nos mémoires et on attend la prochaine crise. On retourne s’étourdir dans le monde des expériences pour essayer encore d’ignorer que depuis toujours le bonheur nous a trouvés, qu’il n’y a rien que «je» puisse faire sinon m’ouvrir à cela.
Louis Fugère, Montréal
Dans les pays en développement, 25 000 enfants meurent chaque jour des suites de la pauvreté, et 500 000 femmes par année périssent durant leur grossesse ou leur accouchement.
Heureusement, le premier ministre a annoncé la semaine dernière à Davos que le bien-être des femmes et des enfants du tiers-monde serait sa priorité cette année pour la rencontre du G8. On peut s’en réjouir!
Maintenant il ne reste plus qu’à poser des gestes concrets. Après tout, c’est cela, le vrai leadership!
Eva Tardif-Sanchez, Gatineau
Je suis tout à fait conscient qu’aucun gouvernement n’est parfait. Mais si le Québec veut avancer, évoluer, il ne peut éternellement demeurer dans le statu quo.
À mon avis, la rencontre économique organisée par le gouvernement Charest était nécessaire, sachant que les principaux intervenants sociaux et économiques de la société québécoise se sont tous réunis à la même table pour réfléchir au Québec de demain.
Non, les finances publiques actuelles de notre province ne sont pas roses.
Mais si on se compare avec le reste du Canada et particulièrement avec l’Ontario, je crois que la panique s’est déclenchée un peu trop rapidement... On n’a jamais cessé d’honorer Lucien Bouchard et son objectif à parvenir au déficit zéro.
Mais la vérité, c’est que nous vivons encore aujourd’hui avec les conséquences de ses décisions. Si le PQ avait pensé à plus long terme (ou du moins à moyen terme) au lieu de chercher à tout prix à atteindre le déficit zéro, il n’aurait pas poussé plusieurs milliers de médecins et d’infirmières à prendre leur retraite prématurément.
Dans cette perspective, l’avenir du Québec doit être mis de l’avant afin de mesurer tout le potentiel et la richesse qu’il peut procurer à nos futures générations.
Éric Daoust
Pendant que vous êtes paisiblement plongé dans les lignes de ce journal, avez-vous pensé à jeter un coup d’œil autour de vous pour savoir si une femme enceinte, une personne âgée ou tout simplement une autre personne avait besoin de s’asseoir?
Je suis une femme enceinte et je remarque que trop souvent les gens ne cèdent pas leur place dans le métro. Ils restent le regard fuyant, comme dans une bulle, écoutent de la musique, ferment les yeux et feignent d’ignorer ce qui se passe autour d’eux.
Être enceinte, vous savez, ce n’est pas toujours de tout repos. À cause de longues journées de travail et de distances importantes en transports en commun, on a logiquement envie de s’asseoir.
Pensez un peu la prochaine fois à regarder autour de vous, pensez à céder votre place et vous verrez que l’on vous appréciera pour votre respect, votre courtoisie. Merci d’avance...
Véronique Lapointe, future maman
Lorsque nous avons emménagé dans notre nouveau logement, nous avons pris possession du vieux bac de récupération tout craqué.
Il y a deux semaines, il a reçu son coup de mort, probablement lorsqu’un véhicule a roulé dessus : nous l’avons retrouvé étendu, aplati, sur le bord du trottoir.
Vaillamment, nous sommes allés en chercher un à notre éco-centre (qui est assez loin). Quelle fierté nous éprouvions en le mettant au bord du trottoir vendredi dernier! Au retour du travail, nous l’avons repris, vide, mais déjà brisé à un coin!
À voir la course que constitue le ramassage des bacs, et les prouesses athlétiques que font les personnes qui en sont chargées, il n’est pas étonnant que ces pauvres petits en ressortent cabossés ou brisés!
Quand on pense au temps, à l’énergie et à la pollution associés à la production et au recyclage de nos bacs, ça fait réfléchir!
Régulièrement, on propose d’ajouter une discipline aux Jeux olympiques. Moi, je propose le lancer du bac! Il y a plusieurs techniques : de face, de dos ou de côté, le «lancer avec loop» et le «glisser-frapper».
Je pense que cette discipline aurait beaucoup d’avenir... et attirerait bien des athlètes!
Diane Poirier
Dans les nombreux récents reportages sur Haïti, on nous montrait une élégante petite maison bicentenaire en bois, complètement intacte au milieu d’un champ de ruines.
Il semble que les constructions en bois, un matériau plus élastique que tout autre, se révèlent les plus appropriées dans les cas de tremblement de terre. Les structures en contreplaqué absorberaient aussi particulièrement bien les secousses sismiques.
Ne serait-ce pas la solution pour Haïti, menacée en permanence de par sa position géographique par d’autres secousses dévastatrices? Ce pays n’a pas de bois, mais le Québec en a beaucoup. N’y aurait-il pas là un partenariat des plus prometteurs?
On pourrait concevoir des modules préfabriqués de maisonnettes simples, mais pourquoi pas intéressantes et jolies. Ils pourraient dans un premier temps être usinés ici, et quand les circonstances le permettront, sur place.
Il faudrait associer à ce projet des architectes et créateurs haïtiens et s’inspirer du style traditionnel du pays. Plusieurs modèles pourraient être proposés pour éviter la monotonie et l’ennui des constructions en série.
Le système devrait être souple et permettre à ceux qui ont plus de moyens de faire des ajouts à l’option de base, qui serait gratuite pour la population.
Il n’y aurait plus de bidonvilles dans le futur, mais des ensembles de petits villages d’habitations dotées chacune d’un jardin. Les bâtiments publics de taille moyenne, tels que les écoles, pourraient aussi être construits en bois.
On pourrait penser au béton pour les infrastructures et les grands édifices, mais avec des normes de qualité dûment contrôlées.
Est-ce là rêver? Non, car la «table rase» provoquée par le séisme du 12 janvier et l’ampleur des moyens proposés pour la reconstruction permettent un tel espoir et un départ radicalement nouveau pour ce pays.
Christian Feuillette, Montréal
Si le recteur Vaillancourt de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) a le droit strict de résider en Ontario et d’y payer son impôt, il reste que ce comportement n’a rien de glorieux.
Que 60 000 personnes traversent les ponts de l’Outaouais chaque jour ouvrable est une chose. Vous ne trouverez pas parmi ces gens un chef des pompiers, des édiles municipaux, le recteur de Carleton ou celui de l’UO, ou un cadre de la ville d’Ottawa, aussi légal que cela soit.
Nous avons ici l’antithèse du «plaidoyer pour une économie solidaire» que présentait Claude Béland à la Maison du Citoyen de Gatineau ce mercredi.
Notre université est aux mains d’un mécène qui aurait choisi de refaire l’Université du Québec à l’image de l’Ottawa University. Pas étonnant que Jean Charest ait confirmé le renouvellement de son mandat.
Une maison d’éducation comme l’UQO mérite mieux en matière de leadership.
La région aimerait sans doute entendre parler de son université pour d’autres raisons que sa bilinguisation à outrance et l’éthique de sa direction. Disait Gilles Proulx : Lord Durham is alive, et j’ajoute : and lives in Ottawa.
Gérard Laurin, Gatineau
La cour suprême déclare son incapacité à obliger le gouvernement canadien à demander l’extradition d’Omar Khadr.
Elle reconnaît toutefois que le gouvernement devrait réparer les torts causés à ce dernier en le réclamant.
Ne nous attardons pas à ce que ressent cet individu – bien que le sort d’un enfant-soldat soit triste –, plusieurs l’ont déjà évoqué. Il est d’ailleurs coupable et mérite probablement l’incarcération et une réadaptation surtout afin de protéger la population, guerre oblige. Voyons cela d’un point de vue plus global.
Le gouvernement doit être le seul à juger ses citoyens, comme la plupart des gouvernements du monde le font. Un pays ne doit, en aucun cas, laisser un autre pays juger ses nationaux. Un pays doit pouvoir gérer l’ensemble de sa population, les éléments les plus perturbateurs aussi. Cette situation pourrait laisser croire aux gouvernements du monde que le gouvernement canadien n’a pas les ressources diplomatiques nécessaires à cette fin. Ce précédent devrait être évité, cela ne fait que montrer la faiblesse du gouvernement canadien et sa soumission à un autre gouvernement, américain en l’occurrence. En ajoutant l’élément d’interprétation que certains gouvernements étrangers pourraient adopter quant aux comportements des ressortissants canadiens, ce manque de volonté de la part du gouvernement canadien devient inquiétant. Il ne faut pas qu’un gouvernement abandonne sa souveraineté dans ce domaine à un autre gouvernement et cela, sous aucune considération.
Imaginez, un parent qui en laisserait un autre s’occuper de l’un de ses enfants parce que ce dernier a été turbulent. Ce père a un devoir de partialité envers son enfant, comme le gouvernement l’a envers un de ses citoyens turbulents ou criminels. Le Canada doit juger ses citoyens, et non un autre État comme le prescrit, d’ailleurs, le droit international.
Pierre Desjardins
La chronique publiée hier sur le cigarettegate omettait un fait très important : les coûts élevés des soins médicaux prodigués aux fumeurs. Il n’est pas juste que les non fumeurs comme moi payent pour ce que les fumeurs font à leurs corps. Donc, j’appuie les taxes sur les cigarettes.
Je ne sais pas quel montant est versé par la RAMQ chaque année pour guérir les maladies des fumeurs. Donc, je ne sais pas si les taxes sont trop basses ou trop élevées. Par contre, je sais que les jeunes fumeront, avec taxes ou sans taxes, car je suis étudiant au secondaire et je le vois tous les jours. Les lecteurs de Métro aimeraient bien savoir si le montant qu’ils versent au gouvernement quand ils achètent leurs cigarettes est juste.
Joseph Alacchi, Lorraine
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