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Courrier des lecteurs

La naïveté du Dr Julien

2010-07-30 00:00:00.000

«J’ai été naïf, j’ai dépensé de l’argent qui m’avait été promis et non remis», tels sont les propos tenus par le célèbre Dr Gilles Julien.

Effectivement, cher Dr Julien, vous avez été naïf,  très naïf de faire confiance à notre gouvernement. Vous avez été naïf, mais je crois justement que c’est cette très belle naïveté qui a fait de vous l’homme, le père et le praticien que vous êtes. Sans cette grande sensibilité, sans cette passion qui vous dévore, sans cette façon de regarder un enfant comme s’il était le centre de l’univers, je suis sincèrement convaincue que votre œuvre n’aurait pu voir le jour.

J’aime imaginer l’espace d’un instant ce que serait notre société si nous étions dirigés par des gens naïfs, nourris par l’amour inconditionnel des enfants!

Les dirigeants nous ont encore une fois prouvé que le bien-être des enfants n’était pas au centre de leurs préoccupations. Il faut donc, en tant que société, prendre la relève, être aux aguets, écouter notre petit voisin, tendre la main à l’ami de l’ami de notre enfant, offrir un sourire, et, surtout, réoéter à qui veut l’entendre que ce sera tolérance zéro : on ne touche pas à nos enfants, qu’ils viennent de Hochelaga-Maisonneuve ou de Westmount!

– Francine Laplante

Question de priorité

2010-07-30 00:00:00.000

Selon un guide touristique, Montréal est deuxième au classement des endroits les plus heureux du monde. L’an prochain, Montréal pourrait être en première place, si les citoyens pouvaient, en toute légalité, avoir des poules chez eux.

Pour plusieurs, cette législation municipale est en fait une forme de revendication environnemen­tale, écologique, biologique ou simplement comique. Ces personnes vantent toute la panoplie des avantages qu’il y a pour l’environnement dans le simple fait d’avoir une poule dans sa cour! Fascinant.

Il est toujours intéressant de voir où vont les priorités des élus dans des cas comme celui-ci. Après, on se demande pourquoi la politique devient un spectacle de baladins sans convictions.

N’ayez aucun souci, chers citoyens, car malgré les crises économiques, les «vraies» crises environnementales et les problè­mes de pauvreté, vous pourrez toujours vous réconforter à l’idée d’avoir votre poule, et des œufs frais, dans votre cour arrière. Et tout cela grâce à l’esprit visionnaire de citoyens et d’élus qui ont les priorités à la bonne place.

– Pierre Mac Nicoll, Montréal

La Grande Noirceur

2010-07-29 00:00:00.000

La furie idéo­logique des conservateurs s’est particulièrement distinguée dans l’attaque du sénateur Pierre-Hugues Boisvenu contre le rapport de Statistique Canada établissant que le taux de criminalité est à la baisse au pays. Il a accusé l’agence de fraude et de manipu­lation des chiffres, mais les arguments, que j’ai entendus de sa part, à l’émission La Tribune de Radio-Canada, étaient aussi tordus et loufo­ques que ceux d’un création­niste mettant en doute la théorie de l’évolution.

C’est sûr qu’une statistique comme celle-là est gênante pour un gouvernement qui veut juger les jeunes délinquants comme des adultes criminels, construire des prisons à tour de bras et asseoir son autorité sur la peur et la répression. À mon sens, tout est lié : l’abandon du question­naire obligatoire
du recensement, le laisser-faire en matière d’environnement, l’étranglement de la recherche scientifique, l’armement offensif à outrance, la mise au silence des groupes commu­nautaires, l’évangile brutal de la-loi-et-l’ordre contre toute contestation populaire comme on a pu en voir un échantillon au G 20, etc.

Si la population ne se réveille pas et réelit, peut-être de façon majoritaire, ces intégristes au pouvoir aux prochaines élections, c’est le retour garanti de la Grande Noirceur, d’un océan à l’autre.

– Christian Feuillette, Montréal

Eau et vie, eau de vie

2010-07-28 00:00:00.000

La privatisation de l’eau a provoqué des manifestations importantes dont l’une a fait un mort (un jeune de 17 ans) à Cochabamba, en Bolivie, en 2000. Là comme ailleurs, les populations du Sud continuent de se battre pour que l’eau, cet élément essentiel à la vie, ne devienne pas une marchandise comme tout autre bien alimentaire ou utilitaire.

Quant à eux, les embouteilleurs d’eau se sont fait reprocher l’empreinte écologique inacceptable qu’ils produisent en utilisant des bouteilles de plastique dont la dissolution peut prendre jusqu’à mille ans.

En réaction, Naya franchit un nouveau pas en proposant, moyennant paiement, un remplissage de «son eau de source» à partir de ses citernes présentes dans les lieux où se déroulent les activités de Montréal complètement cirque, y compris à la TOHU, le temple-école du Cirque du Soleil.

Le Cirque, entreprise milliardaire, finance les écoles de Cirque du Monde dans les pays du Sud, écoles où des jeunes de la rue retrouvent foyer, équilibre de vie et estime de soi. Que ce soit à Ouagadougou, à Rio ou ailleurs dans le monde, ces jeunes et leur famille doivent pouvoir boire de l’eau, droit fondamental menacé par les compag­nies et les grandes institutions internationales. Le Cirque du Soleil devrait renouveler sa réflexion sur sa responsabilité en ce domaine.

Dans sa réponse au représentant de l’Institut Polaris (La Presse, 23 juillet), Denis Cotte, président de Naya, défend les changements écologi­ques apportés à son commerce. Malheureusement – et le contraire serait surprenant –, il ne touche pas au problème fondamental : l’eau n’est pas une marchandise, l’accès à l’eau est un droit dont les municipalités et les gouvernements doivent assurer le respect pour tous leurs citoyens et citoyennes quel que soit leur revenu.

Il est malheureux que la ville de Montréal et le gouvernement du Québec se rendent complices d’un commerce qui, en plus de rapporter presque rien en redevance, contribue à mettre en péril l’accès gratuit, ici et au Sud, à cette denrée célébrée par St-Exupéry qui en a dit : «L'eau n'est pas nécessaire à la vie, elle est la vie.»

– Normand Breault

Pas très cohérent

2010-07-27 00:56:12.000

Le service de vélos libre-service BIXI est rapidement devenu une marque de commerce de Montréal en plus d’offrir une alternative de transport verte. En effet, lorsque nous nous abonnons à BIXI, on nous remercie pour les «millions de kilos de CO2 et les millions de litres d’essence» économisés.

Je suis un des membres «fondateurs» du service BIXI. Je n’ai, en temps normal, absolument rien à reprocher à l’organisation ce service de vélos en libre-service que je trouve à la fois proactif, ingénieux et intelligent.

Mais voilà que pour me récompenser d’être l’un des premiers utilisateurs à m’être inscrit à BIXI, on m’offre un cadeau. Un sac réutilisable. Jusque-là tout est cohérent. Transport actif, économie d’énergie, comportement écoresponsable.  

Seul hic, ce sac est fabriqué en Chine. Pas très écoresponsable comme choix… Et surtout, pas très cohérent.

Il me semble que cette initiative va à l’encontre de tout ce dont BIXI fait la promotion. Et de
surcroît, la petite carte qui accompagne mon «sac-cadeau» n’est qu’en anglais…

Comment expliquez-vous ce choix? N’y a-t-il pas des entreprises locales capables de
fabriquer ces sacs?

- Nicolas Chikhani

Débat biaisé

2010-07-27 00:52:29.000

Je trouve le commentaire de Gérard Laverdure du 22 juillet très accusateur, à la limite raciste. Je m’attends à mieux de vous. «On ne sent vraiment pas le même effort chez nos concitoyens anglophones et immigrants.» Mesurez le poids de cette phrase, profondément xénophobe.

Je traduis ce qu’il n’ose pas dire : «Tous mauvais sauf mon ethnie à moi.» Même pas un clin d’œil aux dizaines de milliers d’immigrants d’origine francophone ni à leurs enfants qui fréquentent des écoles françaises.

Donner la parole à des personnes comme M. Laverdure, c’est influencer le débat. Ce dernier n’apporte rien, ne se base que sur son émotion personnelle, de toute évidence hyper biaisée. De plus, il insulte les gens qui veulent s’intégrer du mieux qu’ils le peuvent et qui, en venant ici, ont tous accepté de laisser le français devenir langue de l’éducation de leurs enfants.

S’il vous plaît, donnez la parole à ceux qui sont constructifs et basent leurs discours sur des faits, pas sur un repli primaire.

- Philippe Bechamp

Et les sous-titres?

2010-07-26 00:00:00.000

Dans sa lettre publiée mercredi dernier, M. Leblanc conclut, en voyant le film Inception à l’affiche du Cinéma du Parc, que le propriétaire de ce cinéma travaille surtout pour les cinéphiles anglophiles. Ce qu’il omet de mentionner toutefois, c’est que le Cinéma du Parc est le seul à Montréal à présenter ce film exceptionnel avec sous-titres français.

Alors qu’on déplore le manque d’écrans montréalais consacrés au cinéma d’auteur, on peut se questionner sur la présentation de ce film hollywoodien au Cinéma du Parc, et M. Leblanc a raison de souligner la contradiction de M. Smith. Mais au lieu de critiquer ce choix de programmation, ne devrait-on pas plutôt dénoncer le fait qu’il est impossible de voir des films américains à succès avec sous-titres français à Montréal? Pourquoi le seul cinéma du centre-ville (Banque Scotia) ne pourrait-il pas présenter des films avec sous-titres au lieu des versions unilingues anglaises?    

– Marc Bisson, Montréal

La police et le casque à vélo

2010-07-26 00:00:00.000

Avec leur dernière opération policière visant à promouvoir le port du casque à vélo, nos services de police montrent une fois de plus qu’ils sont incapables de bien cerner les causes d’un problème.

Le problème des accidents de la route impliquant des cyclistes n’a aucun rapport avec le port du casque (qui est d’ailleurs un choix personnel). Il a plutôt rapport avec le manque de respect mutuel entre les différents usagers de la route et avec la témérité de certains cyclistes. Si un cycliste ne s’arrête pas aux panneaux d’arrêt et ne respecte pas les feux de signalisation, il peut se faire heurter, qu’il porte un casque ou non. Il me semble qu’il serait plus important de prévenir le problème que d’essayer d’en diminuer les conséquences.

Pourtant, sauf pour quelques opérations ponctuelles, on ne voit pas souvent les policiers sur les pistes cyclables. J’ai souvent vu des cyclistes omettre de s’arrêter à un panneau d’arrêt ou à un feu rouge, même si des policiers étaient présents. Pourtant, rien n’a été fait. Je n’ai par contre jamais vu de policiers sensibiliser les piétons aux pistes cyclables (je pense aux piétons du centre-ville ou de la rue Rachel qui attendent l’autobus en plein milieu de la piste cyclable). Mais certains cyclistes sont tout aussi irresponsables. L’autre matin, sur la rue Rachel, nous étions quelques cyclistes arrêtés à un feu rouge. Une dame arrive à vélo derrière la file, dépasse tout le monde et s’arrête en avant de la file. Quand je lui ai demandé si elle conduisait sa voiture de la même façon, elle m’a ignoré. Je trouve désolant qu’au lieu de s’attaquer à ce genre de problèmes, les policiers préfèrent perdre du temps pour des éléments qui ne sont même pas obligatoires. Après ça, ils viendront dire qu’ils manquent de res­sources, alors qu’elles sont simplement mal utilisées.   

– Marc Genest, Montréal

Des racines et des ailes

2010-07-23 04:56:56.000

L’identité québécoise n’a jamais été aussi incertaine qu’aujourd’hui. Si j’étais présent lors de la «crise» des accommodements raisonnables, j’ai depuis lors quitté le territoire québécois pour aller étudier à Genève, en Suisse. Ce retrait m’a permis de prendre le recul nécessaire pour bien saisir le malaise collectif du peuple québécois.

Deux visions jusqu’ici opposées s’affrontent. D’une part, un patriotisme profondément ancré dans le cœur des Québécois, porté par la langue française qu’on chérit et qu’on protège avec raison, par une culture vibrante et dynamique, par une société civile active et alerte. Mais ce nationalisme dérive trop souvent vers l’exclusion, vers un «Nous» qui, malgré ce qu’on veut se faire croire, ne tolère pas vraiment la diversité. En conséquence, le peuple québécois a tendance à se replier sur lui-même, à se fermer à l’autre, au monde. La fierté d’être Québécois, bien sûr, mais surtout entre nous.

De l’autre côté, les jeunes générations en tête, on devient des citoyens du monde : on apprend des langues étrangères, on voyage, on s’intéresse à la politique et à la culture de toutes les nations. On est écologiste, équitable, solidaire. Pour les tenants de cette vision, la diversité est une richesse pour le Québec.

C’est le combat classique entre le nationalisme et le cosmopolitisme, entre le patriotisme et l’universalisme. On est soit fier citoyen de chez soi, soit citoyen du monde; pas les deux à la fois, semble-t-il. Et la société québécoise n’échappe pas à cette opposition… pourtant artificielle! Il est maintenant temps de changer de perspective et de réunir fierté d’être
Québécois et ouverture.

Et si être fier d’être Québécois signifiait désormais intrinsèquement être ouvert sur le monde et apprécier la richesse de sa diversité? Et si une société québécoise fière de ses citoyens voulait fondamentalement dire que, peu importe d’où nous et nos parents venons, peu importe nos croyances personnelles, nous faisons tous partie de la nation québécoise, rassemblés autour d’une langue riche et magnifique, d’une culture vibrante et d’institutions laïques qui nous représentent tous dignement et équitablement? Et si les termes «citoyen québécois» devenaient dans leur essence même synonymes de «citoyen du monde»? Et si nous décidions de réhabiliter
la fierté d’être québécois parce que cela signifierait ouverture, diversité et solidarité?

Je rêve d’une société où les Québécois seraint fiers à la fois de leurs racines et de leurs ailes.

- Alexandre Warnet, Genève, Suisse

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La noyade du français

2010-07-22 00:07:06.000

Ces temps-ci, ça brasse autour de la défense du français au Nouveau-Brunswick. Au Québec aussi, surtout à Montréal, il faut demeurer vigilant.

Je vis dans le secteur le plus francophone de Montréal, dans Centre-Sud, près de Radio-Canada. Il m’est arrivé plusieurs fois, dans mon quartier, de devoir insister pour me faire servir en français dans des commerces comme American Apparel, Second Cup, etc. Et ce ne fut pas toujours possible, mon interlocuteur étant unilingue anglais. Toutefois, certains commerces s’ajustent. Et je ne parle pas de l’ouest de la ville, où les anglophones n’ont même pas besoin d’être bilingues pour y vivre et travailler.

À Montréal, on est noyé au milieu des affiches et de raisons sociales anglophones, en plus des films et de la télé qui en rajoutent. Les francophones sont en général bilingues par nécessité géographique, car ils voyagent beaucoup, mais aussi pour avoir accès à plus de ressour­ces culturelles et scientifiques. Alors qu’on nous dit refermés sur nous-mêmes… On ne sent vraiment pas le même effort chez nos con­citoyens anglo­phones et immigrants.

Certains, comme l’Anglo Society, au Nouveau-Brunswick, cultivent plutôt le mépris des francophones et cherchent à limiter leurs droits et leur influence, comme les orangistes en Irlande du Nord jadis.

La variété des cultures portées par une langue est une richesse inestimable pour l’humanité, alors que l’uniformité ou le monopole, quel qu’il soit, est un appauvrissement de l’intelligence et du cœur. Finalement, c’est à nous de nous faire respecter, d’être fiers de notre culture. Il n’en tient qu’à nous d’exiger un service en français et que notre gouvernement du Québec s’occupe davantage de la formation linguistique et de l’intégration des immigrants. Pas évident avec un premier ministre qui s’appelle John James Charest et qui a les priorités et la base politique qu’il a.

– Gérard Laverdure, Montréal

Régler d’abord

2010-07-21 00:22:38.000

Je trouve suspecte l’annonce, à ce moment précis, de la venue éventuelle des superin­firmières, avec ce que cela comporte d’engagement financier de la part du gouvernement. Il ne s’agit aucunement de bouder l’arrivée de telles spécialistes pouvant grandement soulager notre système de santé public.

Ce dernier a cependant d’abord besoin des 58 000 infirmières et infirmiers actuellement en poste, quand ces personnes ne sont pas épuisées à cause des conditions de travail qui leur sont faites. Le recours grandis­sant aux agences privées n’est d’ailleurs pas étranger à cette situation inacceptable. Le gouvernement doit d’abord soulager le personnel infirmier actuel et répondre et rapidement aux justes demandes exposées. Le dicton dit : un tiens vaut mieux que deux tu l’auras. Les infirmières et infirmiers de maintenant sont prioritaires par rapport aux «super» qui sont par ailleurs les bienve­nues.   

– Normand Breault

Que fait Inception au Cinéma du Parc?

2010-07-21 00:20:29.000

Dans une lettre publiée le 30 juin dans Le Devoir, le propriétaire et programmateur du Cinéma du Parc, Roland Smith, écrivait ceci : «Que vient (…) faire le film actuel Mademoiselle Chambon au [cinéma] Parallèle? Beaucoup trop commercial, ce film ne correspond pas au mandat du Parallèle... Mais ils veulent des spectateurs pour payer le loyer!»

Après avoir lu cela, on ne peut être qu’étonné de la présence du film Inception (Origine), de Christopher Nolan, avec la méga-vedette Leonardo DiCaprio, à l’affiche du Cinéma du Parc. Le dernier Nolan à côté du premier Truffaut, c’est quand même inusité. Inception, qui pourrait rapporter un milliard de dollars, correspond-il au mandat du Cinéma du Parc, qui s’occupe de répertoire? Voulez-vous avoir des spectateurs pour payer le loyer, vous aussi, M. Smith?

Cela dit, il fut un temps où M. Smith travaillait pour les cinéphiles franco­phones. Cette époque est malheureusement révolue. Aujourd’hui, à voir sa programmation, force est de constater qu’il travaille surtout pour les cinéphiles anglophones.

– Sylvio Le Blanc, Montréal

Lettre à Julie Snyder

2010-07-20 00:00:00.000

Chère Julie, J’ai toujours admiré ta détermination, ta fougue, tes yeux perçants qui permettent, j’en suis certaine, de déplacer par un seul regard des montagnes. Encore une fois cette semaine, tu nous as permis de réaliser à quel point tu pouvais être puissante.

Dis-moi, Julie, comment as-tu fait pour convaincre tous les paliers du gouvernement de se rallier à ton projet?

J’en conviens, ta cause est noble. Qu’est-ce qu’il y a de plus beau que de permettre à tous les couples infertiles de mettre au monde un enfant si chèrement désiré? Notre Québec doit se renouveler, il nous faut procréer. Bravo Julie! Mais, je t’en prie, donne-moi ta recette, car moi, je commence à désespérer!

Vendredi dernier, j’étais dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve avec mon ami le Dr Julien. Nous essayions par tous les moyens de trouver des solutions au manque à gagner de 1 M$ pour mettre en place les structures qui permettraient aux enfants défavorisés de recevoir des services adéquats autant au niveau médical que social. Ce petit million, pourtant promis des dizaines de fois par nos grands ministres influents et approuvé par des hommes d’affaires déterminants dans l’économie du Québec, n’arrive pas et, j’en suis convaincue, n’arrivera jamais…

Je rêve d’avoir autant de pouvoir que toi, je rêve d’une conférence de presse accompagnée du ministre Bachand pour annoncer un fonds dédié aux enfants défavorisés. Je te jure que moi aussi j’aurais les larmes aux yeux en témoignant devant le ministre que plus de 80 % des enfants dans certains quartiers de Montréal sont victimes de violence physique et psychologique, d’abus sexuels, que 80 % des enfants ne mangent pas à leur faim, que 80 % des enfants seront hyper hypothéqués dans leur vie et que ces mêmes enfants formeront l’avenir de notre société...

• Francine Laplante

La chanson française a-t-elle un avenir?

2010-07-18 22:54:36.000

«La chanson française a peu d’avenir», dixit la programmatrice du Festival d’été de Québec!? La chanson continue plutôt à définir notre ADN collectif et à nous distinguer. Le fait demeure que la chanson s’avère, plus qu’une carte de visite, une clé qui ouvre des chemins aux Québécois de par le monde.

Le 8 juillet dernier dans le journal Le Devoir, Dominique Goulet affirmait pourtant que «les jeunes, peu importe le style musical, chantent en anglais».

La Société profession­nelle des auteurs et des compositeurs du Québec (SPACQ), qui représente les auteurs et compo­siteurs francophones depuis maintenant 30 ans, pense autrement et considère que cette affirmation est réductrice et erronée.

Parlez-en à Cœur de pirate, qui cartonne en France, à Andrea Lindsay, Jim Corcoran ou Zachary Richard, qui ont littéralement épousé la langue française. Est-ce que la langue de Molière a freiné l’essor – international – des Pierre Lapointe, Ariane Moffatt, Richard Desjardins, Lynda Lemay, Malajube, Les Cowboys Fringants ou K.Maro? Poser la question, c’est y répondre.

Certes, la situation du français est vulnérable et requiert quelques remparts. Quotidiennement, on sauvegarde sa présence dans les tours à bureaux de Montréal, dans nos écoles et nos commerces. L’industrie du disque et du spectacle n’échappe pas à cette réalité. Pour survivre, il lui faut un marché économiquement viable. Or, du fait qu’ils sont menacés, nos créateurs et notre industrie comptent parmi les plus dynamiques du monde.

De plus, les asso­ciations professionnelles comme la SPACQ veillent à ce que les conditions d’octroi de subventions priorisent la création et la production de contenu québécois et à ce que les politiques culturelles assurent une présence significative de contenu québécois sur les ondes et dans les programmations.

Les quotas de contenu francophone sur les ondes radiophoniques et la Coalition pour la diversité culturelle sont de probantes illustrations des efforts consacrés à préserver et à promouvoir notre patrimoine vivant.

En somme, le fait qu’un festival qui se présente comme une fenêtre sur le monde choisisse d’octroyer une large fenêtre de diffusion aux créateurs venus d’ailleurs est certainement légitime, ainsi qu’en témoigne l’engouement populaire. L’enjeu, au vu des opinions de Mme Goulet, n’est pas de savoir si la chanson a un avenir, mais de question­ner l’avenir de la chanson française au Festival d’été de Québec sous sa gouverne.    

– Mario Chenart, président de la SPACQ

Peut-être future maman

2010-07-16 03:22:37.000

En réponse à la lettre de M. Breault publiée mercredi, je suis outrée de voir que plusieurs personnes sont contre le projet de loi du gouvernement concer­nant la gratuité des traitements de fécondation.

Avec une population vieillissante, il était temps qu’un gouverne­ment dépense les deniers publics pour une cause qui fera avancer notre pays.

Ayant moi-même des difficultés à concevoir naturellement, je suis soulagée de l’aide offerte
 par mon gouvernement. Depuis plusieurs années, l’avortement est légal au Québec et financé à même mes impôts, alors je ne vois pas pourquoi on n’aiderait pas les couples qui, eux, en veulent des enfants. Contrairement à ce que vous pensez, les cliniques privées qui offrent ces services sont très chères.

– Isabelle Poirier, Montréal

Que de bonnes nouvelles!

2010-07-15 00:33:00.000

Le ministre Bolduc a annoncé le début de la gratuité de la procréation assistée. Ce programme coûtera 35 M$ par année et permettra la naissance de plus de 1 400 petits Québécois de plus par année.

Au G8, le Canada a promis d’investir 1, 1 G$ pour les femmes et les enfants les plus pauvres de la planète. Cet argent permettra à 1,3 million d’enfants d’atteindre leur cinquième anniversaire de naissance, à 64 000 femmes de survivre à leur grossesse et à leur accouchement et à 12 millions de couples d’avoir accès à des conseils de planning familial. 

Voilà donc de bonnes nouvelles pour les familles d’ici et pour celles des pays pauvres.

Les gouverne­ments québécois et canadien méritent une belle salve d’applaudissements pour leur leadership : le programme de Québec fait l’objet de félicitations, il s’agit d’une première en Amérique du Nord. L’Importance de l’engagement du gouvernement canadien envers les familles les plus pauvres suscite, quant à lui, l’enthousiasme.

Cependant, nous devons demeurer vigilants face à ces percées. Les défis sont les suivants : pour le Québec, répondre adéquate­ment à la demande accrue; pour le Canada, soutenir par ces fonds supplémen­taires les gens qui combattent la misère dans les pays pauvres.

– Ginette Beauséjour, Laval

Causes et choix de société

2010-07-15 00:30:38.000

Trente-deux mil­lions de dollars par année pour tenter de rendre des couples infertiles heureux. À combien de millions s’élève (s’élèvera?) l’engagement du gouvernement en réponse aux demandes de notre Chloé nationale en faveur des aidantes et aidants naturels.

Serait-ce que la porte-parole des couples infertiles est plus influente que celle des personnes handicapées? À moins que la situation des couples infertiles soit plus difficile à vivre que celle des aidantes et aidants naturels?

C’est quoi, les choix prioritaires de notre société? Doit-on défendre d’abord le droit de procréer ou le droit de vivre dans la dignité?   

– Normand Breault

Ventiler les rames de métro

2010-07-14 01:54:05.000

Peut-on espérer, une fois la saga du contrat des futures voitures du métro de Montréal terminée, que nous, les usagers, aurons enfin des wagons avec une ventilation et une climatisation adéquates.

Cette semaine de canicule qui s’achève aura encore une fois mis en évidence les lacunes de notre métro en matière de confort. Insupportable, et tout simplement inacceptable.

Lorsque la STM annoncera cet automne son augmentation du prix de la CAM pour 2011, serat-il trop lui demander d’investir dans la ventilation et la climatisation de nos stations et voitures? J’ai l’impression de vivre dans le Tiers Monde par un temps de mousson.

– Michael Sévigny

D’enfants et d’argent

2010-07-14 01:50:35.000

Le gouvernement (donc la population) va prendre à sa charge trois essais pour permettre aux couples infertiles d’avoir la joie d’avoir un enfant.

Je ne peux partager complètement la joie de ces couples qui, dans la plupart des cas, jouissent aussi de revenus assez substantiels. Permettre à ces couples infertiles d’avoir un enfant, une priorité pour le Québec et le renouvellement de sa population? Pas pour moi! Je pense davantage aux trop nombreux couples fertiles qui n’ont pas les moyens d’avoir un enfant.

Le ministre de la Santé aurait dit qu’il s’agit là d’un «choix de société».

À mon tour, je veux dire, en recourant au slogan bien connu : «Je n’ai pas voté pour ça».

– Normand Breault, Montréal

Environnement et habitation

2010-07-13 00:12:48.000

D’ici 2050, un nombre vertigineux de personnes auront été contraintes de quitter leur lieu de vie à cause de graves dégradations de leur environnement, dégradations provoquées essentiellement par les changements climatiques. L’IOM, l’organisme de surveil­lance des migrations de l’ONU, évoque des esti­mations allant de 25 millions à 1 milliard, le chiffre le plus largement cité étant 200 millions.

Cela nous rappelle que, au-delà des ours polaires et de la fonte de la calotte glaciaire, les changements climatiques auront un impact catastrophique sur les droits humains dans le monde entier.

Des millions de personnes seront contraintes de migrer, notamment vers le Canada, dans l’espoir de trouver un toit, un environnement sain et un milieu de vie où leurs droits humains seront respectés.

Les changements climatiques constituent une douloureuse double injustice : ce sont les populations les moins responsables du problème qui seront les plus touchées. Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), «ce sont les pays les moins avancés, les pays les plus vulnérables et les petits États insulaires en développement qui subiront le plus durement les effets des changements climatiques».

En ce 11 juillet, Journée mondiale des populations, Amnistie internationale veut savoir ce que le Canada compte faire pour faire face à ce problème : pas tant face aux changements climatiques en eux-mêmes, à propos desquels les débats ont déjà lieu, mais sur le rôle que notre pays devrait jouer face à cette explosion programmée du nombre de migrants.

Devrions-nous ouvrir plus largement nos frontières afin de faire face à cette nouvelle réalité? Le Canada doit-il se préparer à augmenter significativement son budget au développement pour soutenir les pays déjà pauvres qui feront face en premier aux conséquences des changements climatiques? Le Canada doit-il intervenir dans le débat naissant sur la création d’un statut spécifique pour les migrants environnementaux et, le cas échéant, de quelle manière? Devons-nous investir plus de ressources dans la recherche?

– Bertrand Fouss, Bénévole pour Amnistie internationale, Responsable de la coordination Environnement et Droits humains

Un clown à l’hôtel de ville

2010-07-12 00:00:00.000

Je ne sais pas si sa possible décision de se présenter à la mairie de Montréal est une blague pour animer le festival Juste pour rire, mais si c’est sérieux, ça devient plus que questionnable.

Le pauvre Gilbert Rozon devrait alors trouver un remplaçant, assurer sa sécurité financière et préparer une équipe... Peut-être trouve-t-il que les élus actuels sont tristes à pleurer, sorte de bouffons de seconde zone?

Quoi qu’il en soit, ça n’annonce rien de bon pour relever le moral des citoyens. L’ego de Rozon lui fait sans doute miroiter l’espoir d’être le nouveau Roi-Soleil qui fera fondre la turpitude et la grisaille montréalaise. Que Dieu lui vienne en aide!   

– Jacques Léger, Montréal

Peu d’avenir?

2010-07-12 00:00:00.000

La directrice de la programmation du Festival d’été de Québec (FEQ), Dominique Goulet, aurait mieux fait de se taire au lieu de dire une ânerie en déclarant au journal Le Devoir que la chanson française a peu d’avenir.

Peu d’avenir pour qui ou pour quoi? Peu d’avenir pour attirer du monde à des festivals comme le FEQ? Peu d’avenir pour remplir les fameuses plaines d’Abraham et remplir du même coup les coffres d’un festival? La chanson d’expression française est bel et bien vivante et se porte fort bien, vous savez.

Je m’étais fait à l’idée que je passerais l’éponge sur la maigre présence de la chanson francophone à l’édition 2010 du FEQ en me disant que le festival nous reviendrait dans les prochaines années avec une présence plus grande de chanteurs francophones.

Mais avec une déclaration comme celle faite par la directrice de la programmation du Festival d’été, je me dis que ce festival est en manque de vision artistique, point à la ligne. On ne parle plus de direction artistique, on parle de direction comptable.

Si, pour la directrice de la programmation du FEQ, la chanson française n’a pas d’avenir parce qu’à ses yeux on ne remplit pas les plaines d’Abraham avec un chanteur francophone, eh bien je me dis qu’on ne viendra pas me convaincre que sa programmation est faite avec doigté, intégrité et haut professionnalisme. On ne va pas déclarer à la va-vite, haut et fort, que la chanson française a peu d’avenir quand on sait fort bien que le Festival d’été a connu des heures de gloire avec des chanteurs français et québécois dans le passé et il n’y a pas si longtemps que ça en fait.

– Yvan Giguère, Saguenay

Technologie et intégration

2010-07-09 00:00:00.000

Mercredi, j’ai vu le match Allemagne-Espagne à la Brasserie du coin, près du métro Henri-Bourassa, où il y a plusieurs écrans géants.

Dans la section climatisée, la retransmission était assurée par une chaîne de langue anglaise. Dans celle non climatisée, la retransmission était assurée, elle, par une chaîne de langue espagnole (les Latins ont le sang chaud, c’est bien connu, alors que les Anglo-Saxons…).

Pas moyen de voir nulle part le match en français (ce qui aurait pu être possible avec Radio-Canada). Nous n’étions pourtant pas dans l’ouest de l’île de Montréal. On viendra me dire après que le français n’est pas en danger dans la métropole.

La technologie (internet, télé satellitaire, etc.) rappro­che peut-être les peuples, mais à notre détriment. Je connais un Québécois d’origine chinoise qui ne regarde que des émissions de télé chinoises, via internet. Vive l’intégration!

– Élisa Milan, Montréal

Sauvegardons le bois Douglas

2010-07-09 00:00:00.000

À Saint-Jean-sur-Richelieu, le dernier bois d’envergure du centre-ville s’apprête à être éliminé. La Ville ne considère pas important de sauvegarder ce milieu riche d’une faune, d’une flore et de types d’arbres spécifiques à la région, comme le caryer ovale.

Il ne reste que 6,9 % de territoires boisés à Saint-Jean-sur-Richelieu, et 70 % du territoire de la Ville est constitué de terres agricoles.

Le ministère de l’Envi­ron­nement, et plusieurs instances, ont été consultés, mais ne réagissent pas aux demandes de plusieurs citoyens vivant à Saint-Jean-sur-Richelieu demandant d’épargner le bois Douglas. Il serait souhaitable d’en faire un parc nature pour que les familles et quiconque intéressé par
la préservation de l’environnement puissent observer des oiseaux, des petits mammifères au gré des saisons qui changent. Ce parc pourrait accueillir des personnes qui n’auront que cet endroit pour se recueillir et observer les trésors de la nature au fil du temps. Un peu comme le Jardin botanique et le mont Royal pour les habitants et visiteurs de Montréal. Nous vous invitons à visiter le site sosboisdouglas.org. Si la cause vous touche vous pourriez envoyer un message à la ministre Line Beauchamp.

– Francis Dugas et Lucie. S. Messier

Exode de nos infirmières?

2010-07-08 00:00:00.000

À la suite d’une entente tout récemment conclue entre la France et le Québec, les 20 000 infir­mières québécoises détenant un diplôme universitaire verront dorénavant leurs compétences reconnues en France. Si elles se comptent actuellement sur les doigts d’une main en France, cela pourrait changer si les négociations actuelles entre la FIQ et le gouvernement libéral n’aboutissent pas, car, même si les salaires sont légèrement supérieurs au Québec, les conditions de travail en France, elles, sont bien meilleures qu’ici. Et c’est surtout de cela qu’elles se plaignent, nos infirmières, les conditions de travail.

Le gouvernement doit faire un effort pour les garder. En outre, une bonne convention collective fera peut-être en sorte d’attirer chez nous quelques-unes des 440 000 infirmières françaises. N’avonsnous pas une pénurie des nôtres?    

– Sylvio le Blanc, Montréal


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