Durant tout le mois de février, les fédérations étudiantes collégiales et universitaires tenteront d’exprimer leur mécontentement face à la hausse des frais de scolarité annoncée par le gouvernement actuel. D’autres moyens de pression suivront si les résultats escomptés ne sont pas atteints.
Qu’on soit pour ou contre la hausse, on ne peut être insensible à l’indifférence du gouvernement à l’égard de la grande détermination dont les étudiants ont fait preuve pour conserver leurs acquis. Face à cette élite politique qui fait la sourde oreille, comment pouvons-nous encourager les jeunes à voter et à s’engager en politique?
Le cynisme qu’on vit présentement à l’égard des politiciens s’explique en grande partie par le manque de réciprocité entre les citoyens et les membres
de l’Assemblée nationale. Et si les élus sont catégoriques sur la hausse des frais, pourquoi ne pas organiser des conférences dans les établissements scolaires pour la justifier, au lieu de regarder les étudiants avec hauteur sans leur donner la moindre réponse éclairée?
– Jean-Michaël Bissada
Cette lettre répond à d’autres publiées cette semaine dans cette page.
Le transport en commun comporte certains désavantages par rapport à l’automobile, bien sûr, et il faut les assumer, d’autant qu’en l’empruntant, nous économisons plusieurs milliers de dollars par année en essence, réparations, assurances, entretien, parcomètres, et bien entendu, en achat du véhicule. Puis, nous pouvons être fiers de ne pas contribuer à empoisonner l’environnement. De leur côté, outre la douloureuse ponction pécuniaire, les automobilistes doivent composer avec les aléas de la route (embouteillages, stress, accidents...). Je crois que Sophie a bien compris cela et c’est la raison pour laquelle elle continue de choisir le transport collectif comme mode de transport.
Mais le problème, c’est qu’elle voudrait avoir uniquement les avantages. Si la STM a été consacrée meilleure société de transport en Amérique du Nord, c’est peut-être qu’elle n’est pas si mauvaise qu’on le dit. Eh oui, il y a parfois des délais, mais pas aussi longs et nombreux que Sophie le laisse entendre. D’ailleurs, selon des statistiques publiées hier, à peu près la moitié de ces arrêts et ralentissements seraient dus aux usagers eux-mêmes. Quant aux coûts,
à titre de comparaison, la carte mensuelle coûte 126 $ à Toronto. La différence est énorme. Et n’oublions pas que, là-bas aussi, il y a des interruptions de service, du moins la dernière fois que j’y ai pris le métro.
Mais au Québec, c’est toujours comme cela. Les étudiants jouissent des droits de scolarité parmi les moins onéreux en Occident et menacent de faire la révolution. Nous avons les tarifs d’électricité parmi les plus bas au monde et nous nous plaignons à la moindre augmentation. Même chose pour les services de garde, etc. Cessons de nous plaindre constamment et essayons donc de contribuer à une société meilleure. Surtout, ayons un minimum de gratitude pour la qualité de vie qui est la nôtre!
– Paul-André Allard, Montréal
À la suite de la lecture des lettres de Sophie Artigues et de Kevin C., je ne peux m’empêcher de mettre les pendules à l’heure.
Il faut arrêter de généraliser et de toujours blâmer la STM pour tout. Prenez un peu de recul. Premièrement, le service du métro n’est pas «tout le temps» en panne. Je le prends religieusement matin et soir depuis 11 ans, à l’heure de pointe, et bien que des pannes ou de ralentissements arrivent, c’est loin d’être tout le temps.
De plus, si vous devez souvent laisser passer trois ou quatre métros avant d’embarquer, ce n’est pas la faute de la STM. Les métros peuvent accueillir tous les gens à l’heure de pointe. La prochaine fois que vous prendrez le métro, regardez autour de vous et vous verrez que de la place, y en a. Malheureusement, des gens avec des sacs à dos, c’est régulier. Des gens qui tiennent absolument à lire leur livre ou leur journal en prenant plus de place, c’est très fréquent. Et, mesdames, ce n’est pas parce que vous appelez ça une «bourse» que ce n’est pas aussi encombrant qu’un sac à dos.
J’embarque à la station Beaudry, direction ouest, la dernière avant Berri-UQAM, à l’heure de pointe, et laissez-moi vous dire que les voitures sont assez pleines merci.
En 11 ans, j’ai très rarement dû attendre une autre rame, à moins qu’il y ait eu une panne majeure plus tôt le matin. Je prends ma place, les gens se tassent, et tout le monde est heureux.
La passe mensuelle à 75 $, trajets illimités, avec le service d’autobus et métro qui peut nous mener partout sur l’île de Montréal, c’est très peu. Oui, il y a des fois où on a hâte d’arriver chez soi. Oui, des pannes, il en existe. Toutefois, il faut arrêter de blâmer le service et se regarder le nombril des fois.
– René D.
Je ne prends pas souvent le temps d’écrire mes opinions, mais je prends le temps pour vous dire que je trouve la lettre signée Sophie Artiges ô combien pertinente!
Je n’en peux plus du métro qui est toujours arrêté, bondé et où on a retiré quelques sièges pour pouvoir parquer davantage de gens, comme des bêtes. Cela a comme conséquence que j’ai beau monter presque au début de la ligne (station Langelier), je n’ai jamais de place pour m’asseoir le matin. Et je ne parle pas du retour où, là encore, quelques rares élus parviennent à trouver une place assise.
Et vous savez quoi? Les places retirées ne donnent absolument rien de plus. Là où on a enlevé un siège, une seule personne peut se tenir debout! Je sais, je l’ai vérifié plusieurs fois. À tout coup, là où il y avait une personne assise, il n’y a qu’une seule personne debout. Cherchez l’erreur. Je soupçonne qu’ils ont fait ça que pour nous faire râler davantage...
– Jocelyne Dorris
Mardi, j’ai été ébahi par l’opinion d’une dame qui critiquait les hausses de tarifs à la STM ainsi que ses dépenses.
Premièrement, sachez que vous payez le transport collectif le moins cher au pays!
De plus, sachez que les dépenses sont toujours dans un but d’améliorer le service de transport, qui inclut l’achalandage, la fréquence des déplacements et bien d’autres dans le but de satisfaire sa clientèle.
Ensuite, sachez aussi que l’argent injecté visant l’amélioration des services se fait par les paliers gouvernementaux ainsi que par la Ville de Montréal. Il est clair que si les gouvernements n’injectent pas assez d’argent dans le transport collectif, les résultats se feront sentir dans les services offerts.
Vous dites avoir eu des problèmes pendant une tempête et que l’autobus a été bloqué par les intempéries... Et que la STM devrait s’équiper de pneus adéquats. Sachez que la STM s’équipe des meilleurs équipements possible. Cette situation est unique en son genre, et aucune autre société de transport n’aurait pu prévenir un tel incident. Nous sommes au Québec, et il se peut que parfois, dame Nature fasse des siennes.
– Martin Laverdure
J’étais à Cuba la semaine dernière, à l’hôtel Rancho Luna de Cienfuegos, endroit où le rapport qualité-prix est imbattable, et j’ai été intrigué de voir là une trentaine de jeunes, en pleine période scolaire, en train de jouer au volley-ball dans la piscine.
Après avoir parlé avec certains d’entre eux et avec deux adultes les accompagnant, j’ai appris qu’il s’agissait d’élèves de 5e année de la polyvalente Hyacinthe-Delorme de Saint-Hyacinthe. Ils voyageaient dans le cadre d’une activité de cours de plein air organisée par un professeur depuis quelques années.
Étant moi-même le parent d’un garçon de 18 ans, je sais d’expérience qu’il n’est pas toujours facile de gérer ces délicates – et parfois explosives – mécani-ques que sont les adolescents de cet âge. Je tiens donc à rendre hommage à cette école, à ces professeurs ainsi qu’aux parents qui ont permis que ces jeunes vivent cette belle expérience, loin de la télé, des ordinateurs et des jeux vidéo.
Ces jeunes, dont la majorité n’avait sûrement jamais pris l’avion, ont pu vivre cette semaine-là des expériences extraordinaires : nager avec les dauphins, se baigner dans de merveilleuses cascades dans la montagne, faire de la plongée sous-marine, visiter des lieux historiques et pittoresques et découvrir et côtoyer un autre peuple.
J’ai pu constater à quel point ces jeunes étaient ravis. Je suis certain que ce voyage les aura marqués dans leur formation, sûrement davantage que plusieurs mois passés sur les bancs de l’école.
Je souhaiterais qu’une expérience aussi audacieuse soit mise à la portée de tous les jeunes et soit offertes dans toutes les écoles du Québec.
– Christian Feuillette, Montréal
Après avoir lu le coup de gueule de Sophie Artigues paru dans Métro hier, je viens lui offrir mon soutien et lui dire que je suis totalement d’accord avec elle.
La STM n’a de cesse d’augmenter ses prix sans améliorations significatives de ses services. J’habite sur une rue achalandée (Ontario) et je dois me contenter d’un bus toutes les 30 minutes, quand celui-ci passe ou n’est pas en retard. Point de vue métro, je dois souvent attendre trois ou quatre trains avant de pouvoir embarquer aux heures de pointe. Ne faudrait-il pas augmenter le service?
La STM se défendra en affichant joyeusement sur ses voitures (ce qui doit avoir un coût non négligeable) qu’elle a été élue la meilleure société de transport en Amérique du Nord. Wow, super! Mais être la meilleure ne signifie pas que le service est efficace. On se compare à qui on veut parce que ça nous arrange. Ainsi, ai on compare la STM et la RATP (à Paris, où je suis récemment allé), la STM est alors largement détrônée, car les coûts d’usage sont moins élevés à Paris, la fréquence du service y est plus élevée et, on s’entend, il n’y a pas quatre lignes à Paris...
Bref, arrêtez de vous contenter des chiffres qui vous arrangent et bougez au nom de l’efficacité du service.
– Kevin C., Montréal
En 10 ans, la STM, appuyée par l’administration Tremblay, aura haussé le prix de la carte mensuelle régulière (CAM) de 51 %, soit de 50 $ à 75,50 $, et la carte mensuel-le tarif réduit de 75 %, soit de 25 $ à 43,75 $. Bien sûr, la STM promettait en échange une amélioration des services. Or, bien des usagers ont de la difficulté à voir ces améliorations.
En effet, le service d’autobus est déficient, et les nombreuses pannes de métro mettent les usagers à bout. Nous avons eu droit à une carte à puce, à des autobus plus grands et à un joli nouveau logo, mais la STM n’a-t-elle pas des choses plus importantes à régler?
Par exemple, le vendredi 27 janvier vers 17 h, une petite neige (précédée de pluie) tombe sur Montréal.
Le temps est vraiment désagréable, on marche dans la slush et on veut rentrer chez soi pour entamer la fin de semaine. J’embarque dans l’autobus 165 (435 Express). Dès le second arrêt, le chauffeur ne peut plus démarrer, les roues patinent sur la neige. Il insiste. Longtemps. Les gens commencent à débarquer. Moi aussi. Je prends un autre autobus, non sans inquiétude... celui-là m’amène à destination. Ouf! Une chose semblable m’était arrivée l’année passée. Sauf que, cette fois, le chauffeur nous avait carrément ordonné de descendre et avait annoncé qu’il n’y aurait pas d’autre autobus. J’étais arrivée au travail avec une heure et demie de retard.
Ma question est donc celle-ci : au Québec, est-ce normal que les autobus du transport public ne soient pas équipés pour rouler dans un peu de neige? La STM ne pourrait-elle pas investir une part de son budget (1,8 G$ de 2012 à 2014) dans de super pneus d’hiver?
Par ailleurs, il y a des ralentissements et des inte rruptions de service dans le métro TOUS LES JOURS. Et ce qui est inquiétant, c’est que ça n’a pas l’air de s’améliorer avec le temps. Cela crée de la frustration justifiéw. Pourtant, le budget de la STM est censé être destiné à bonifier les services et à moderniser son équipement. Je n’y connais rien en ingénierie, mais il me semble qu’il y aurait quelque chose à faire pour éviter les pannes constantes, et cela devrait être la priorité absolue dans le budget de la STM.
Finalement, la STM semble ne pas savoir où sont les priorités. Pour le savoir, il faudrait qu’elle pense d’abord aux usagers, pas à son rendement ni à son image. La carte OPUS et le changement de logo, notamment, sont des dépenses qui m’apparaissent tout à fait superficielles. Cela ne fait que donner une meilleure image à la STM. Toutefois, étant donné la piètre qualité des services, ce n’est qu’illusoire. Imaginez l’argent dépensé pour mettre de nouveaux logos sur 506 voitures de métro et 5 275 autobus... Mais pendant ce temps, les autobus ne sont pas à l’heure, et je risque de rester coincée dans le métro chaque fois que je le prends...
Bref, il est normal que les usagers soient mécontents quand il y a des hausses de tarifs. Surtout que celles-ci sont régulières et plutôt élevées. S’ils voyaient des améliorations notoires dans le service, les augmentations passeraient sans doute mieux. Mais pour une grande majorité d’entre eux, ce n’est pas le cas, et ils auraient probablement des suggestions de dépenses à faire à la STM.
– Sophie Artiges
Métro a demandé à ses lecteurs de raconter une chose qu’ils ont faite pour rendre quelqu’un heureux.
Que faire pour rendre quelqu’un heureux? Rester disponible aux besoins des amis, car à tout moment ils peuvent venir nous demander notre aide. Et rendre service aux gens, ça les rend heureux. Ou alors faire de gros câlins à son amoureuse, lui faire sentir que sa présence nous rend heureux, lui montrer à quel point on l’aime. Je vous le dis : ÇA, ÇA REND HEUREUX.
– Cedric Wu Tchan Ki
Métro a demandé à ses lecteurs de raconter une chose qu’ils ont faite pour rendre quelqu’un heureux.
J’ai écrit ma biographie... un projet qui m’a pris six ans.
– Lise Roy
Métro a demandé à ses lecteurs de raconter une chose qu’ils ont faite pour rendre quelqu’un heureux.
Moi, pour rendre les membres d’une famille heureux, je les ai amenés une semaine à Punta Cana, car ils rêvaient depuis longtemps de faire un voyage dans le Sud. Leur rêve s’est réalisé.
– Armande Dupuis
Métro a demandé à ses lecteurs de raconter une chose qu’ils ont faite pour rendre quelqu’un heureux.
Pendant deux ans, j’ai envoyé chaque jour au moins un courriel pour soutenir une amie dont le mari était très malade. Elle ne souhaitait pas qu’on lui téléphone pour éviter de ressasser des idées négatives.
– Lise Nanteuil
Métro a demandé à ses lecteurs de raconter une chose qu’ils ont faite pour rendre quelqu’un heureux.
Pour l’anniversaire de ma blonde, qui ne voulait pas célébrer parce qu’elle était trop triste d’être éloignée de sa famille et de ses filles (on est des immigrants), j’ai demandé à sa famille et à tous nos amis de faire une petite vidéo avec un message. Ensuite, j’ai fait l’édition et j’ai mis la vidéo sur son mur Facebook le jour de son anniversaire. Elle était vraiment vraiment contente. J’ai aimé pouvoir lui donner un peu de soleil ce jour-là.
– Tamara Tepox
Tout indique que le choix de Monsieur Lazhar pour représenter le Canada dans la course à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère est tout à fait approprié. Le film est pertinent de par ses pistes de réflexion (sur le deuil, le milieu de l’éducation, l’immigration, notre rapport à l’autre), son «fond idéologique» empreint d’humanisme et ses accents pédagogiques. Ceux-ci, et ce n’est pas un hasard, sont merveilleusement en phase avec les préférences de l’Académie en matière de films étrangers.
Sorte de tribune politique, l’Oscar du meilleur film étranger est l’occasion pour les académiciens de montrer leur sensibilité à l’égard des aspirations sociales, morales et politiques de films venant d’ailleurs. Une façon d’être tourné vers les autres cultures en quelque sorte. D’ailleurs, Une séparation, le film qui risque de l’emporter cette année, qui tient à la fois de la chronique sociologique et politique dans l’Iran d’aujourd’hui, promet assurément de flatter la bonne conscience humanitaire des académiciens.
– Étienne Boudou-Laforce, Québec
Je me pose cette question étrange ces temps-ci : nos enfants sont-ils orphelins?
Pourtant, elle est réelle, sensée et légitime devant ce que nos enfants, étudiants universitaires, vivent sous le joug de M. Charest et de sa bande. Line Beauchamp, ministre de l’Éducation, a ouvertement osé voler nos enfants en prétextant leur offrir une meilleure qualité d’enseignement... Une traître hausse des frais de scolarité qui pousse inéluctablement les étudiants à travailler plus afin de s’en acquitter... et par là, logiquement, à augmenter leurs chances d’échec. C’est cela la qualité de l’enseignement, selon la doctrine Charest!
Mais dans toute cette histoire, ce qui m’inquiète le plus et me déçoit en même temps, c’est l’immobilité des parents, leur indifférence et leur inexistence. On dirait que leurs enfants leur sont totalement étrangers. On dirait que nos enfants sont orphelins...
Parents, soyez présents avec vos enfants et soyez sensibles aux problèmes qu’ils endurent. Ne sont-ils pas votre continuité et votre prolongement? Grossissez les rangs des mécontents, haussez le ton face à un régime qui s’attaque aux plus démunis, impose des lois sans consulter ceux qui lui ont fait confiance, et n’oubliez pas que ce n’est pas pour rien que vous êtes parents.
– Najib Amine, Un citoyen indigné et un père désillusionné
Les divisions internes et les contestations du leadership de Pauline Marois ont beaucoup plus d’impact négatif sur la popularité du PQ que la gouvernance souverainiste. Il y a l’idéal d’indépendance que Bernard Landry partage avec des millions de personnes, il y a les stratégies déterminées par les instances actuelles du parti qui porte cet idéal. On est sur deux niveaux fort distincts : l’un est rassembleur, l’autre occasionne souvent des divisions.
Depuis 1956, je suis fermement convaincu que le destin du Québec n’est pas dans l’ensemble canadien. Cependant, les Québécois se sont dit non à deux reprises. Depuis lors, les instances du PQ ont donc essayé de peaufiner des stratégies aptes à «vendre» la nécessi-té de l’indépendance dans un éventuel référendum gagnant. À part Johnson et Boisclair, tous les chefs du PQ, y compris Mme Marois, ont visé et visent réellement l’accession du Québec au statut de pays, chacun y allant de ses propres stratégies.
En cette année électorale, Mme Marois (et le PQ) a surtout grand besoin de l’appui de tous ceux et celles qui croient au destin d’un Québec indépendant (la fin). Sans oublier que les stratégies actuelles (les moyens), faut-il le rappeler, ont été adoptées majoritairement dans une instance tout à fait démocratique du PQ.
Sans vouloir calquer les membres et députés libéraux, contraints au silence sur tout ce qui se passe à l’intérieur de leur parti, les gens du PQ auraient grand intérêt à serrer les rangs autour de leur chef. Et, adaptation d’un slogan populaire, un parti uni ne sera jamais vaincu.
– Normand Breault, Montréal
«Si ça vous coûte quelque chose d’aller à l’université, c’est un bon investissement, c’est un placement.» C’est ce qu’affirme la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, dans des vidéos d’information diffusées par son ministère. Cependant, investir dans un baccalauréat ne veut pas dire réussir, et donc, cet investissement peut se transformer en endettement pour rien. Les étudiants ne sont pas prêts à inscrire leur avenir en Bourse!
Personnellement, je suis étudiant au baccalauréat en physique, un programme particulièrement difficile que peu d’étudiants réussissent à finir. Entamer ce type d’études devient alors un «investissement» à haut risque, et plusieurs étudiants seront portés à opter pour un programme offrant de meilleures chances de réussite. De plus, le bac en physique n’est pas le plus rentable qui soit. En fait, il est pratiquement nécessaire de terminer une maîtrise pour avoir des perspectives d’emploi raisonnables. Il faut donc y être admis. L’endettement devient alors un poids plus lourd à porter. Si on suit le raisonnement de la ministre, ce type d’études peut être décrit comme un investissement qui a de faibles chances de fructifier et ne vaut donc pas le risque. D’ailleurs, je pense que ce problème touche aussi la plupart des sciences fondamentales, des arts et certaines branches des sciences humaines. Ainsi, en suivant la logique de la ministre, étudier la physique à l’université n’aurait pas de sens?
Il ne faut pas considérer uniquement le côté monétaire de la chose. Le savoir doit aussi être pris en compte. C’est la soif de connaissances, et non le désir d’un salaire considérable, qui incite à étudier une science comme la physique. Au final, c’est la société qui en bénéficie. Est-il vraiment nécessaire de montrer l’impact que la science fondamentale a eu sur la société actuelle? C’est pourquoi l’éducation postsecondaire devrait être perçue comme un bénéfice pour la société et non comme un investissement. Au Québec, on valorise cette culture de la connaissance en garantissant à tous une accessibilité aux études. On parle d’un choix qui a été fait par les Québécois lors de la Révolution tranquille et qui est en train de disparaître graduellement. Avec la hausse des droits de scolarité, ce sont les domaines avec des perspectives d’emploi bien rémunérés qui sont valorisés, au détriment des autres. Pourquoi ne pas encourager le savoir en garantissant une accessibilité universelle aux études?
– Antoine Darveau-Bernier, Étudiant au bac en physique à l’Université de Montréal
Cette lettre est une réponse à une autre intitulée «Le Canada, une terre hostile?» publiée dans cette page hier.
Je voudrais informer M. Vachon que le Canada reste, même avec un gouvernement conservateur, le pays (avec l’Australie et les États-Unis) qui reçoit le plus d’immigrants et de réfugiés au monde. Nous n’avons de leçons d’accueil recevoir de personne.
Au fil des années, le Canada est devenu un refuge international pour criminels, terroristes et faux réfugiés : IRA, ETA, Al-Qaïda, criminels de guerre… Bref, il était grand temps que le Canada et sa loi C-4 mettent fin au laxisme de ces dernières années, qui a vu trop de gens forcer le passage pour entrer chez nous.
Une DEMANDE d’asile n’est pas forcément acceptée. C’est pour ça qu’il faut demander!
– Johann O’Neill
Il fut un temps où les gens ne payaient pas leur passage dans l’autobus le premier du mois parce qu’ils avaient oublié de renouveler leur abonnement. Maintenant, ce sont tous ceux qui montent aux abords des stations de métro qui ne présentent pas leur titre de transport.
Qu’attendons-nous? Les passagers seront très choqués le jour où un inspecteur viendra visiter l’autobus et que les payeurs devront attendre que les non payeurs fassent leur show pour expliquer pourquoi ils n’ont rien présenté.
De plus, quand, en bon Samaritain, on leur fait part de la possibilité, on se fait regarder comme si on descendait de la planète Mars. Faut payer, joualvert, c’est clair, net et précis. Alors, faites-le donc!
– Rolande Ste-Marie, Montréal
Le ROC («Rest of Canada») s’en est pris hier au candidat à la chefferie du NPD Thomas Mulcair parce qu’il possède la double nationalité canadienne et française, comme il s’en prenait il y a quelques années à Stéphane Dion et à Michaëlle Jean pour la même raison (celle-ci avait même dû renoncer à la nationalité française en devenant gouverneure générale du Canada). S’ils avaient eu la double nationalité canadienne et néerlandaise, auraient-ils été embêtés?
Aux États-Unis, on a reproché à certains candidats à la Maison-Blanche de parler français. Au Canada, on fait pareil, mais indirectement. Car il ne faut pas s’y tromper : en visant la France, on veut atteindre les Franco-Canadiens et le bilinguisme (seulement dans le ROC, et non au Québec, bien entendu, où la minorité anglophone est on ne peut mieux traitée).
– Sylvio Le Blanc, Montréal
Le Canada, terre de liberté, croient certains demandeurs d’asile avant de mettre les pieds ici. Or, ils ignorent qu’un Parti conservateur majoritaire est en train de transformer ce pays radicalement. Un an de prison minimum pour avoir demandé le statut de réfugié, que diriez-vous de ça? Pour vous-même, votre femme et chacun de vos enfants. Vous fuyez la peste pour attraper le choléra.
C’est ce qu’on peut conclure d’un dossier paru dans La Presse le samedi 21 janvier. On y traite de mesures actuelles abusives qui prendront encore plus d’ampleur grâce au projet de loi C-4 qui, selon l’expérience, passera comme du beurre dans la poêle.
La mesure d’emprisonnement prolongé ne s’adresse pas à tous, juste aux personnes entrées de façon irrégulière. Mais quand quelqu’un fuit un pays pour sauver sa peau, agira-t-il de façon régulière? Fera-t-il une demande de visa ou d’immigration pour ensuite attendre patiemment la réponse?
Le gouvernement conservateur viole la convention de Genève sur ce sujet, mais ce ne sera pas la première fois qu’on renie des conventions internationales. Avec ce gouvernement, c’est appelé à devenir monnaie courante.
– Jeannot Vachon, Québec
Bien que déplorables et fortement inquiétantes, les prochaines coupures à Radio-Canada auront le mérite de nous éclairer sur les aspirations mandatoires du téléfusseur public. À cet effet, les choix déchirants en matière de programmation télévisuelle auxquels il sera confronté seront plus que révélateurs. Il sera intéressant de voir quel sort sera réservé à des émissions d’une douce médiocrité comme Les enfants de la télé, Privé de sens, 30 vies, Trauma et L’auberge du chien noir. De l’autre côté, qu’adviendra-t-il des émissions d’affaires publiques comme Découverte, Enquête, 24 heures sur Terre, Second regard et La semaine verte? Ces dernières subiront-elles davantage de pertes? On a beau cracher avec vigueur sur Radio-Canada à grands coups de «madamisation» et «d’offre inégale», il demeure qu’elle finance toujours son lot d’émissions tout à fait recommandables. Qui d’autre sinon la société d’État pourrait bien produire une émission de la trempe de Second regard par exemple, qui se fait un devoir chaque dimanche de réfléchir à la quête du sens, la spiritualité et l’éthique? Ce ne sont assurément pas les «téléfusseurs» privés qui y veilleront.
Face aux compressions budgétaires de 10 %, le risque que les programmes de qualité soient amputés au profit de contenus plus faciles se dessine. Déjà en 2009, faisant écho à la société d’État qui était menacée par les premières coupures conservatrices, des personnalités s’écriaient dans une lettre ouverte qu’«à travers elle, c’est l’épanouissement culturel et le droit à une information de qualité qui sont attaqués».
En 2012, leur message est d’autant plus d’actualité. Et même si les premières coupures de 20 % ont été évitées (merci au ministre du Patrimoine, James Moore, d’avoir ramené à la raison ses collègues (et encore)), rien n’augure pour le mieux et la fameuse fin du monde pourrait bien se réaliser, non pas dans la chute de Radio-Canada, mais plutôt dans son préoccupant nivellement par le bas.
– Étienne Boudou-Laforce, Québec
On a appris récemment que deux itinérants retrouvés sans vie le 14 janvier à la Maison du père sont morts de façon naturelle. Je ne suis pas un médecin, mais quand on me parle de mort naturelle, je pense immédiatement à une mort paisible.
Comment parler de mort paisible quand on sait que ces deux personnes, dont on ne mentionne même pas le nom, menaient une existence se résumant à
une quête de tous les instants pour la survie.
Ces deux morts tragiques sont des victimes d’une société anachronique qui refuse de reconnaître que tous les citoyens dans cette société ont des droits du fait de leur humanité.
Aucune société qui se prétend civilisée ne peut permettre cette grave violation des droits humains qui devrait être sanctionnée par la loi.
Honte!
– Serge Lachapelle
En réponse à la lettre «Sardines et tour d’ivoire» de Pierre Anthian publiée hier.
Tout comme vous, je voyage en automobile et je prends le métro (à Montmorency) chaque matin. Par contre, je ne cherche pas de place de stationnement et j’attends patiemment une place assise dans le métro qui est en bout de ligne. Nous sommes quatre à bord d’un seul véhicule et l’AMT met à notre disposition une aire de stationnement réservée pour les covoitureurs. Lorsque je suis seul, je prends l’autobus sans utiliser ma voiture, ce qui est une pratique écoresponsable, économique et non stressante.
Au retour de mon boulot (au centre-ville de Montréal), je suis une «sardine heureuse» qui songe à ces automobilistes qui peinent dans le trafic, alors qu’il existe un moyen de se déplacer beaucoup plus rapide, efficace et économique.
Ensuite ne blâmez pas nos élus municipaux qui ne prennent pas le métro, car ils demeurent et travaillent à Laval. À votre place, je les remercierais plutôt d’avoir contribué à amener à nos portes cette importante infrastructure de transport.
Vous avez décidé de voyager seul en automobile et ne souffrez pas d’atten-dre cinq minutes pour avoir une place assise dans le métro aux heures de pointe? C’est votre droit, mais je vous suggère d’être positif et de faire partie de la solution plutôt que du problème.
– Yvan Paquette, Laval
Tous les matins de la semaine, j’attends, avec 70 000 autres usagés du métro qui viennent de Laval, des Basses Laurentides et de Lanaudière, agglutinés sur les quais des stations Montmorency, De la Concorde et Cartier, que deux ou trois rames dans lesquelles nous ne pourrons pas entrer passent sous notre nez en raison du fort achalandage de l’heure de pointe. Après une dizaine de minutes d’attente, nous pouvons enfin trouver une place au beau milieu de 950 autres sardines.
Lundi soir, au conseil municipal de Laval, j’ai demandé aux élus combien d’entre eux sont des usagers réguliers du métro en semaine, aux heures de pointe?
Aucune main ne s’est levée. Le lourd silence qui a suivi s’est chargé de répondre à ma question.
Nous sommes en droit de nous demander comment, du haut de leur tour d’ivoire, des hommes et des femmes élus et payés pour servir nos intérêts peuvent-ils trouver une solution efficace, rapide et durable aux défis liés à l’absence de stationnement incitatif et à la congestion aux heures de pointe, s’ils ne se trouvent pas au milieu des gens ordinaires qui vivent cette accablante réalité.
J’ai ensuite invité notre maire, Gilles Vaillancourt (qui se vante souvent d’avoir amené le métro à Laval, alors qu’il devrait partager davantage les honneurs avec la STM, l’AMT et le PQ), de venir rencontrer quelques-uns des 70 000 futurs électeurs demain matin, pendant l’heure de pointe, à la station Montmorency, afin d’évaluer leur niveau de stress et d’épuisement psychologique et physique, alors qu’ils cherchent, comme tous les jours, une place aux alentours du métro, subissent une attente démesurée sur les quais et effectuent un voyage inconfortable dans des rames bondées.
Pas les rencontrer pour trouver des solutions à ce défi, puisqu’il y a déjà au moins 70 000 solutions (une par usager du métro). Juste pour leur offrir un peu d’empathie et d’écoute. En revanche, puisque j’ai l’impression qu’il n’y a aucun élu qui prend le métro, peut-on solliciter ce qui manque le plus sur ces quais des stations lavalloises : une volonté politique? La même volonté que le maire a démontrée pour faire venir le métro à Laval.
Le maire, en déclinant mon invitation, s’est contenté de me faire savoir qu’en 2014 de nouvelles voitures de métro pourront accueillir davantage de voyageurs : yéé! Toujours des sardines compressées, mais dans de plus grandes boîtes! Tout baigne dans l’huile! Merci!
Je ne sais pas comment il calcule et quelles sont ses sources, mais il nous a affirmé du même souffle que les nouvelles voitures accueilleront 23 % de pas-sagers de plus!
D’après M. Labrecque, président de la STM, les nouvelles voitures pourront accueillir 1 068 passagers, contre 950 actuellement.
Ça, c’est 10 % de plus. Pas 23 %! Et dans huit ans, selon des prévisions démo-graphiques, Laval passera à 500 000 de population (soit une augmentation de 20 %).
Voilà. J’ai fait mes calculs. Maintenant, Monsieur le maire, à votre tour d’y voir (tour d’ivoire).
– Pierre Anthian, Laval-Des-Rapides
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