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Rions beaucoup: Québec et les pharmaceutiques


Publié: 11 mars 2010 05:00
Mis à jour: 10 mars 2010 16:13
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Selon l’Institut patronal Fraser, le prix des médicaments a augmenté de 1267 % en 25 ans. Au Québec, le coût des pilules représentait 8,5 % en 1975 contre 19,7 % en 2003 du budget total de la santé, selon l’Institut canadien d’information sur la santé. Attention, ces pourcentages ne tiennent pas compte des médicaments fournis dans les hôpitaux.

C’est au Québec que les pharmaceutiques sont les plus subventionnées et que les médicaments sont les plus chers au Canada. Pour les pharmaceutiques, ce n’est pas suffisant et Québec vient de leur allonger 123 M$ de plus en fonds publics et a déplafonné le prix des médicaments il y a deux ans, empirant la situation. Je le répète, c’est au Québec que l’industrie pharmaceutique est le plus subventionnée, pas seulement au Canada mais en Amérique du Nord et l’une des plus aidée au monde. C’est drôle, les lucides et d’autres remettent bien des «vaches sacrées» du fameux modèle québécois en question, mais pas celle-là, car ce serait un sacrilège que de s’attaquer aux «droits acquis» de ces puissants.

Les partisans du privé prétextent le coût de la santé publique qui explose mais omettent de mentionner les causes véritables de ces hausses que sont le prix des médicaments et la rémunération des médecins. Vous le savez, nos gouvernements préfèrent s’attaquer à la population en coupant les services, n’ayant pas le courage de s’attaquer à ces puissants «taureaux sacrés». Plus facile de s’en prendre au monde ordinaire.

Passons aux drôleries par le titre de certains articles concernant le prix exorbitant des médicaments au Québec. «Prix des médicaments : Québec (et Philippe Couillard, alors ministre de la santé) tiendra tête aux pharmaceutiques», signalait un quotidien. Elles ont fait dans leurs culottes en répliquant : «L’industrie pharmaceutique rejette tout partenariat avec Québec». Tiens toé! Pour aider Québec à venir à bout des pharmaceutiques, «le député libéral au Québec, Russell Williams démissionne pour un poste de lobbyiste»… dans l’industrie pharmaceutique. Hilarant! Et puis, Québec a encore cédé face aux transnationales et aux nantis : «Médicaments : Québec abolira le gel des prix.» Pourquoi s’entêter? Ce qui devait arriver arriva : «Certains médicaments pourront coûter jusqu’à 140 % de plus», «754 médicaments coûtent maintenant plus chers» et «Prix des médicaments : plusieurs demandes supérieures à l’inflation».

La conséquence de cette arnaque est que plusieurs Québécois n’ont plus les moyens de se procurer leurs médicaments : «Cancer : la bourse ou la vie! Au Canada, des malades renoncent à se faire soigner parce qu’ils n’ont pas les moyens d’acheter les médicaments.» C’est pire au Québec. On parle ici de cancer qui mène à la mort. Par lâcheté et par intérêt, les élus, préférant servir encore une fois les intérêts supérieurs des puissants, ont trouvé la plus insignifiante et pathétique des solutions pour contrer le prix astronomique des médicaments : «Québec veut sensibiliser la population au coût des médicaments.» Où encore cette recommandation loufoque d’un organisme international : «Hausse du coût des soins de santé : Mieux vaudrait modifier nos habitudes de vie.» Mettez-vous à la luzerne! En anglais, la maxime dit : «If you can’t beat them, join them.» N’est-ce pas ce qu’a fait l’ex-ministre libéral de la Santé, Philippe Couillard, qui s’est trouvé un emploi lucratif dans la santé privée?

Nos élus ne sont pas rancuniers envers les gros. Même s’ils venaient de se faire rire en pleine face par les pharmaceutiques et même si Québec est l’endroit qui subventionne le plus cette industrie en Amérique du Nord et où les médicaments sont les plus chers au Canada, Charest a cru bon de leur accorder 123 M$ additionnels en fonds publics, en pleine période de crise, au moment même où il demande aux Québécois d’être solidaires et d’accepter sans rechigner des hausses de tarification des services publics, et de la santé en particulier, et de la TVQ. En somme, la population doit payer pour les privilèges consentis aux transnationales pharmaceutiques qui se paient joyeusement la traite à nos dépens. Après, on se demande pourquoi les gens ne vont plus voter. Allô démocratie!

En terminant, Les Affaires signalait que de 1991 à 2002, l’industrie pharmaceutique a versé 440 G$ en dividendes à ses actionnaires, a dépensé 115 G$ en publicité et marketing et investi 110 G$ en recherche et développement. 110 G$ en R+D, dont une bonne partie subventionnée par l’État. Plus drôle que ça, tu meurs! L’important est de «soigner» les actionnaires et les dirigeants des compagnies pharmaceutiques. 


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