Cette fois les tueurs n’ont pas utilisé des passeports canadiens comme en 1997 pour entrer en Jordanie et piquer avec une seringue remplie de poison un dirigeant du Hamas. Non, ils ont eu recours à des documents de quatre pays européens afin de passer incognito et de liquider un cadre du mouvement islamiste palestinien à Dubaï.
Si Khaled Mechaal s’en est sorti vivant, Mahmoud al-Mabhouh a eu moins de chance. Il a été retrouvé mort le 20 janvier dans sa chambre d’hôtel, non loin du Burj Dubai, le plus haut gratte-ciel du monde. Israël a aussitôt tout réfuté : le Mossad, son service secret, n’est pour rien dans l’assassinat de celui qui se vantait d’avoir tué deux soldats de l’État hébreu.
Qui alors aurait abattu Mabhouh, suspecté de contrebande d’armes avec l’Iran? Pour fouler le sol de 11 tueurs présumés du commando, filmés sur vidéo mais toujours au large, ont montré patte blanche en usurpant des noms d’Israéliens ayant la citoyenneté britannique, irlandaise, française et allemande. Ces honnêtes citoyens rasent désormais les murs, inquiets pour leur vie.
Le gouvernement israélien, lui, se fait tout petit en attendant que la tempête diplomatique avec Londres, Dublin, Paris et Berlin se calme. Comme l’avait fait Ottawa avec les faux passeports canadiens, des explications sont demandées. Pour la forme. Dans quelques jours, la page sera définitivement tournée. Il ne peut y avoir de crise dans les relations avec Israël.
À Jérusalem, Haaretz, le quotidien de centre-gauche, réclame la tête de Meïr Dagan, le patron du Mossad, mais le «Superman d’Israël», comme le qualifie son homologue égyptien Al-Ahram, n’est pas sur le point de prendre sa retraite : il travaillerait d’arrache-pied pour localiser les sites nucléaires iraniens en vue d’un éventuel raid aérien. La guerre de l’ombre se mène sur tous les fronts.



