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Les soubresauts du yoyo


Publié: 08 février 2010 00:00
Mis à jour: 08 février 2010 07:17
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Thai Shan et Mei Lan sont revenus sur la terre de leurs aïeux vendredi au moment où la Chine et les États-Unis se donnaient des coups de griffes. Les deux pandas, un mâle et une femelle, ne pouvaient heureusement les voir à cause de leur vue médiocre.

S’ils avaient eu de bons yeux, les deux ours herbivores nés en sol américain de parents prêtés par Beijing auraient sorti les crocs pour arrêter le jeu de massacre du couple schizophrénique connu sous le nom de «Chimerica».

D’un côté, il y a la grande inquiétude des États-Unis de ne plus être une hyperpuissance même s’ils sont, comme leurs banques, «too big to fail». De l’autre, il y a la Chine qui se voit déjà au sommet du monde, même si elle n’a pas encore les moyens de ses ambitions.

Les deux géants s’étreignent sans trop s’enlacer. Ils dépendent l’un de l’autre. La Chine tient l’Oncle Sam par la barbichette avec ses achats massifs de bons du Trésor américain permettant à Washington de financer sa dette. Mais elle est trop tributaire de ses exportations : la demande intérieure pour ses produits dépasse à peine 35 % de son PIB.

Il y a entre les deux un «équilibre financier de la terreur», pour reprendre les mots de Lawrence Summers, le principal conseiller économique de Barack Obama. Le couple sino-américain aurait généré pas moins de 40 % de la croissance mondiale ces 10 dernières années. Si son interdépendance est totale, cela n’empêche pas l’un et l’autre de se marcher sur les pieds, comme en ce moment avec le contrat militaire américain de 6,4 G$ pour Taïwan, l’île rebelle toujours considérée par Beijing comme son territoire.

Il y a aussi la controverse avec Google. Le moteur de recherche accuse le pouvoir communiste de récupérer les boîtes de courriel de ses dissidents. La question des droits de l’Homme reste, malgré le partenariat économique, un point d’achoppement majeur, surtout lorsqu’on ajoute le Tibet.

Tous ces différends refont brutalement surface, et la «diplomatie du panda», n’en déplaise à Thai Shan et Mei Lan, ne peut rien contre les soubresauts du yoyo sino-américain.

Tags : Antoine Char

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