Vendredi, on va enfin classer le dossier des fêtes du centenaire du Canadien. Je dis enfin parce que là, on commençait à en avoir jusque-là du crémage et du fla-fla qu’on nous a servis ad nauseam au cours des derniers mois. Pour moi et pour tant d’autres, le Canadien représente tellement plus qu’un enchaînement d’événements imaginés par les bonzes du marketing qui sévissent maintenant sur l’ensemble du sport professionnel...
J’ai commencé à suivre cette équipe alors qu’elle était à peine âgée de 58 ans. Ça vous donne une bonne idée de mon âge mais surtout de mon engagement indéfectible envers elle. Tout jeune, je vivais en fonction du hockey du samedi à la télé. Plus tard, j’ai été à même de constater à quel point une victoire ou une défaite du Canadien pouvait influencer l’humeur collective des Montréalais. Je ne suis donc pas seul à vivre la même passion.
Ça me brise le cœur d’entendre dire depuis quelques années que la ville de Montréal est devenue un enfer pour quiconque risquera de venir jouer pour mon – oups, s’cusez – pour notre Canadien. Comme si jouer dans un environnement animé par une telle ferveur était devenu ni plus ni moins qu’une punition pour les joueurs de l’ère moderne. Franchement…
Lâchez-moi avec le dangereux mix composé de jeunesse, de gloire et d’argent pour justifier les dérapages auxquels on a été exposés au cours des dernières années. Quand on a le talent pour se rendre à ce niveau et que l’on est choisi par une équipe de prestige, c’est une honte de ne pas s’investir totalement dans son métier et dans sa mission. Quand on se comporte ainsi, on n’agit pas en athlète gâté, on est seulement un bum et un inconscient. Ceux qui n’ont pas compris la chance qu’ils avaient de jouer à Montréal manquent horriblement de vision. Parlez-en à Kovalev. Maintenant qu’il est parti, il sait ce que c’est d’être admiré et acclamé dans une vraie ville sportive. Il sait ce que ça représente de faire partie d’une équipe qui a aussi aligné Béliveau, le Rocket, Lafleur, Cournoyer, Doug Harvey, Robinson, Boum-Boum, Lemaire et tant d’autres… Des hommes que l’on a tant aimés.
Cent ans déjà. Merci messieurs. Dans mon cœur, vous ne faites décidément pas votre âge…



