Certains disposent d’une faculté extraordinaire pour se mettre dans le trouble jusque-là. Pensez à la conjointe de Stéphane Dion. Ou alors à la femme désormais non-indemnisée par sa compagnie d’assurances, celle qui a montré ses photos «sur le party» alors qu’elle était en arrêt de travail à la suite d’une dépression. Deux beaux cas de drames typiquement «Facebookiens». Un bon jour, j’aimerais donc comprendre pourquoi il y en a qui éprouvent cet irrépressible besoin d’en donner un peu plus que ce que la peuplade n’en demande…
Et ce n’est pas parce que ces extrovertis n’ont pas été avertis : un coup sur le web, plus moyen de ne rien supprimer. Jamais, fini, pu! Les gommes à effacer et le Liquid-Paper ont peut-être pris le bord mais, comme jamais auparavant, les écrits restent. Certains semblent également croire que toutes les règles sont suspendues dans le cyberespace. L’autre jour, je suivais une séquence de messages envoyés sur une page Facebook. Le gars était tanné de sa voisine qui répétait inlassablement ses gammes au piano. Ça peut arriver. À la blague, enfin on le présume, il racontait comment il allait s’y prendre pour faire stopper le vacarme. Ça allait de l’incendie au meurtre à grands coups de carabine. Des jokes, juste des jokes, on le rappelle. Mais sortez ces phrases-là de leur contexte original et imaginez comment on pourrait les interpréter. Et, tant qu’à y être, imaginez donc comment vous pourriez expliquer ça au juge ensuite…
Ce que la conjointe de Stéphane Dion a écrit sur Facebook à propos du parti qui a si bien malmené son mari n’a rien de bien choquant. On imagine d’ailleurs qu’en famille lors de quelques soupers du samedi soir, il s’est dit des choses encore bien pires à micros fermés et à bouteilles ouvertes. L’échappatoire par le web était-elle à ce point nécessaire? Non.
Même chose pour celle qui était en congé de maladie. Personne ne s’intéresse à ses photos de party. Personne, sauf peut-être une taupe œuvrant pour un assureur. Devrions-nous empêcher un malade de se divertir pendant un congé? Bien sûr que non. Mais, s’il n’y a qu’une chose qui devrait être interdite aux dépressifs, c’est de fréquenter Facebook. C’est souvent d’un déprimant…



