Trois mois après son entrée en ondes, il y a déjà des rumeurs assez moches qui circulent à propos de V télé. Les plus pessimistes craignent que la machette à budgets ne s’abatte sous peu sur la chaîne, alors que les patrons demandent déjà aux syndicats de la boîte d’amorcer «un dialogue constructif». Tout cela sent le wouache…
On devinait tous que V ne l’aurait pas facile. Après un seul trimestre, même si on est encore loin des préarrangements funéraires, on remarque que le vent de nouveauté n’en décoiffe pas des masses. En fait, il n’y a que des émissions éprouvées comme celles de La guerre des clans et du Show du matin avec Gildor qui s’en tirent relativement bien. Pour le reste, ouf… Entre les conneries de Distraction et la machine à punch de Wipeout, le génie ne passe pas souvent, disons…
Quand on repensera au départ ardu de V, on devra aussi se souvenir qu’on a beaucoup misé sur Mario Dumont. Beaucoup trop en fait. Et deux fois plutôt qu’une. Premièrement, en l’engageant en tant que porte-parole. À l’époque, ils avaient appelé ça «conseiller stratégique». Moi, quand ce conseiller stratégique – et ex-chef d’un parti de droite – venait me vanter les mérites d’une programmation axée sur les plaisirs coupables (sic), j’avais déjà un gros problème. Avez-vous déjà vu un jésuite faire la promotion d’une compétition de skate extrême?
Ensuite, il suffit de regarder Dumont 360º, présentée comme étant l’émission phare de cette chaîne, pour comprendre toute l’ampleur de la gaffe. Pas que le gars soit dépourvu de talent. Si on l’avait mis en équipe avec un vrai professionnel de l’information, il aurait probablement tiré son épingle du jeu en tenant le rôle d’un joueur de pointe. Mais parce qu’on n’avait pas les moyens nécessaires pour défrayer un deuxième gros cachet et surtout parce qu’on a bêtement cru qu’un gars qui a répondu à 100 000 questions était sûrement capable d’en poser 2 ou 3, on a confié à Dumont une tâche impossible à remplir pour un débutant. Dans le métier, tout le monde sait ça.
Tout le monde sauf ceux qui s’improvisent professionnels des communications parce qu’ils ont assez de fric pour s’offrir un poste de télé. Dans ce temps-là, ça coûte encore plus cher…



