Si l’histoire de la mine d’or Osisko s’était déroulée ailleurs, on aurait relevé un exemple flagrant de corruption de politiciens et d’abus de biens publics. Mais ce cas indécent d’usurpation de nos ressources naturelles, de dilapidation de fonds publics, de spoliation de l’environnement et de relations incestueuses a eu lieu au Québec.
Disons d’abord que le ministre du Nord-du-Québec, région riche en mines, est Pierre Corbeil, ancien dirigeant d’une minière; que le député libéral qui a déposé le projet de loi d’Osisko est Daniel Bernard, ancien avocat d’une minière; et que l’entreprise a recruté comme lobbyistes un libéral et une péquiste. Quand l’organisme patronal Fraser Institute indique que le Québec est le meilleur endroit au monde, oui de la terre, pour les compagnies minières et que le gouvernement s’en félicite, faut s’interroger. Pour se classer premier dans le monde, selon leur modèle tordu, il faut qu’il y ait une entière liberté économique consentie aux compagnies, aucune entrave à l’exploitation, pas d’irritants environnementaux et d’impôts. «Au Québec, l’obtention de permis se fait plus rondement qu’ailleurs», a claironné un dirigeant.
Alors que le prix des métaux a explosé ces dernières années, que les compagnies minières ont réalisé des profits records et que tous les pays du monde exigent plus de redevances des minières ou les nationalisent, le Québec fait le contraire. «Le Congo révise ses contrats miniers» et «Équateur : concessions minières retirées», titraient récement deux articles.
Le vérificateur général mentionne qu’entre 2002 et 2008, les producteurs ont extrait pour 17 G$ de minerais au Québec, qu’ils ont payé 259 M$ en droits miniers, alors qu’ils auraient dû débourser 2 G$, ont encaissé 624 M$ en subventions du Québec uniquement et ont versé zéro impôt. Faites le calcul. Puis, les contribuables devront assumer entièrement le coût de décontamination des sites abandonnés, que plusieurs évaluent à 1 G$. Qu’advient-il du principe du pollueur-payeur? Ils préfèrent le concept de l’utilisateur-payeur des services publics.
Voilà un exemple probant du Québec efficace et de création de richesse des lucides. Création de quelques riches opportunistes et de plusieurs pauvres, s’entend. Pour engraisser ces affairistes, chaque Québécois devra accepter docilement des hausses de tarification des services publics et de la TVQ. Soyons solidaires!
Les politiciens mentent lorsqu’ils prétendent adopter ces politiques pour être plus compétitifs, créer de la richesse collective et des emplois. Le vérificateur a signalé qu’entre 1997 et 2007, en période de croissance, les emplois miniers ont diminué de 17 % au Québec.