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Rapacité des pharmaceutiques


Publié: 25 juin 2009 00:44
Mis à jour: 25 juin 2009 00:49
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Le Devoir du 9 juin indiquait que Pfizer Canada demande que les gouvernements subventionnent davantage l’industrie pharmaceutique. Les minières, les pétrolières, les banques et les pharmaceutiques engrangent des milliards en profits et quémandent continuellement des fonds publics, elles qui sont pour le libre marché.

Dans La Presse, on a appris que c’est au Québec que les subventions aux pharmaceutiques sont «les plus favorables en Amérique du Nord et l’une des meilleures au monde», et un autre article signalait que «Le Canada offre les meilleures mesures fiscales au monde pour encourager la recherche». Mais, ce n’est pas suffisant pour ces pharmaceutiques milliardaires, que The Eco­nomist a traitées de profiteuses en raison des «coûts exagérés de leurs médicaments», que Bill Clinton a accusées de «gonfler artificiellement leurs prix et [dont il a ] dénoncé les publicités mensongères» et que le pape a accusé de génocide.

La recherche coûte cher et est risquée, qu’ils serinent. Faux : le gros de la recherche pharmaceutique est financé par des fonds publics. Faut pas chercher loin pour les contredire. Dans un article intitulé «Comment l’industrie pharmaceutique a perdu son titre de championne de l’innovation», de Les Affaires de juin, on signale que, de 1991 à 2002, cette industrie a versé 440 G$ en dividendes aux actionnaires, a dépensé 115 G$ en marketing et a investi 110 G$ en recherche. Après impôts et subventions, le 110 G$ totalise moins de 50 G$. L’aide gouvernementale va donc directement dans les poches des actionnaires, dans l’achat de concurrents, comme l’acquisition en 2009 de Wyeth par Pfizer pour 68 G$, de Schering-Plough par Merck pour 41 G$ et de Genentech par Roche pour 47 G$, et dans les paradis fiscaux.

Business Week et le New York Times affirment que l’effet de ces fusions signifie encore moins de concurrence, moins de R et D et plus d’argent pour les actionnaires. À propos de l’américaine Pfizer, la plus importante pharmaceutique au monde, Business Week nous signalait en 2003 que son médicament vedette, Lipitor, se vendait, pour 30 comprimés, 94 $ aux États-Unis, 71 $ au Canada et 54 $ en France. Allô, marché!

Pour se libérer du joug de ces transnationales, il faudrait s’assurer que la recherche pharmaceutique relève de l’État. Faut s’attaquer à ces grosses vaches sacrées en arrêtant de leur verser des milliards en subventions. En passant, le Canada n’a pas encore recouvré les 2 G$ que lui doit Merck pour des revenus détournés dans les paradis fiscaux…


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