Il Cavaliere ne va pas au petit trot quand il s’agit de femmes. Il fonce même au grand galop dans leur direction, surtout lorsqu’elles sont jeunes. Des grelots au cou, Silvio Berlusconi en a beaucoup. Mais son image de coureur de jupons est en train de se transformer en celle de vieux satyre.
Le premier ministre italien, qui est âgé de 72 ans, ne sait visiblement plus à quel saint se vouer pour clamer son innocence dans toutes les histoires de mœurs qui l’accablent depuis le début de son troisième mandat. Sur la tête de ses enfants – il en a cinq –, il jure n’avoir jamais fréquenté de mineures. L’une d’entre elles, Noemi Letizia, le connaît pourtant assez pour l’appeler «papounet».
La première fortune d’Italie est également dans de beaux draps, car il se serait payé tout un réseau de prostitution. Tandis qu’éclatait la crise iranienne, une escorte a dégoupillé une grenade. Elle a fait couler beaucoup d’encre dans tous les médias italiens. Patrizia D’Addario se plaint de n’avoir reçu que la moitié de ses émoluments. Avare, Berlusconi? Non, il est connu pour sa grande générosité. Gros mensonge, alors? «Foutaises oui!» clame le coloré chef de gouvernement.
À deux semaines du G8, qui se tiendra en Italie, toutes ces «foutaises» commencent à faire mal. Sans piquer franchement du nez, la cote de popularité du don Juan de la politique italienne baisse. Les Italiens, habitués à ses frasques, s’interrogent. Trop, c’est trop. C’est l’image de tout le pays qui en prend un coup. Il n’y a pas seulement une vie privée pas très catholique – Veronica, l’épouse de «Berlu» a demandé le divorce –, il y a aussi tout un chapelet d’accusations de corruption.
Poursuivi, puis blanchi dans une dizaine d’affaires, Berlusconi a fait voter une loi lui accordant l’immunité judiciaire pendant toute la durée de son mandat. Il n’a donc pas intérêt à démissionner, même s’il répète qu’il le ferait s’il y avait la moindre preuve sur ses nuits festives avec des mineures ou des péripatéticiennes.
Pour l’instant, les Italiens ne tiennent pas à voir partir leur président du Conseil. L’opposition de gauche et de centre-droit est désunie. Seuls les médias n’appartenant pas à Berlusconi l’invitent à jeter l’éponge. Pour reprendre un cliché éculé, tout finit peut-être par une chanson en Italie, mais Il Cavaliere devra à tout prix ménager sa monture s’il veut aller encore loin en politique.