La victoire de Mahmoud Ahmadinejad donne des munitions à Israël dans le dossier nucléaire iranien et désarme Barack Obama dans sa politique de rapprochement avec la République islamique. Le compte à rebours a désormais commencé pour désamorcer d’une manière ou d’une autre la poudrière iranienne.
L’option militaire pour en finir une fois pour toutes avec une quelconque menace nucléaire iranienne va gagner du terrain sur le dialogue diplomatique. Comment, après tout, parler à un président qui pendant quatre ans n’a cessé de crier sur tous les toits qu’Israël était voué à «disparaître de la carte», que l’Holocauste était une «grosse tromperie»?
Pour les faucons de Jérusalem, l’«angélisme» d’Obama ne mène à rien au Proche-Orient où plus que partout ailleurs dans le monde, «la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens». Ce célèbre axiome de Carl von Clausewitz, théoricien militaire prussien du XIXe siècle, est bien ancré dans leur tête. Dans celle des colombes, c’est plutôt le désarroi. La victoire d’Ahmadinejad aux présidentielles de vendredi leur a fait perdre des plumes.
Mais si Mir Hussein Moussavi l’avait emporté – comme le souhaitait l’Occident –, l’Iran n’aurait pas changé son fusil d’épaule dans sa course à l’énergie nucléaire et peut-être à l’arsenal atomique. Après tout, ce sont toujours les mollahs qui tirent les ficelles du pouvoir et en premier lieu le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.
Le chef spirituel, chef de l’État et chef des armées, souhaitait-il la victoire de Moussavi, moins dogmatique et plus ouvert au dialogue avec les États-Unis que le président sortant? Si la réponse est non, les partisans de l’ex-premier ministre, qui protestent depuis 48 heures dans la rue, ont sans doute raison de parler de fraude. D’autant qu’il n’y a pas de liste électorale.
Un simple extrait de naissance suffit pour faire son devoir de citoyen. Les analphabètes (20 % des 72 millions d’Iraniens) votent avec l’aide des Gardiens de la révolution.
Dans tous les cas, si Ahmadinejad a été élu «à la surprise générale», comme en 2005, c’est peut-être parce que l’Occident voulait à tout prix croire en la victoire d’un «modéré» à Téhéran. C’est là une première douche froide pour Barack Obama et sa diplomatie d’ouverture à l’égard des ayatollahs.