Obama accuse les banques, les riches et les entreprises de détourner des milliards vers les paradis fiscaux afin de ne payer aucun impôt. Il va légiférer contre ces abus du gratin. Il a fustigé les îles Caïmans, cette colonie britannique de 46 000 habitants, qui représente le 4e centre bancaire mondial et où toutes nos banques canadiennes sont présentes. Il a cité l’exemple où 18 857 entreprises sont enregistrées à la même adresse du bureau d’avocats Maples and Calder.
Vous en voulez une drôle? Maples and Calder des Caïmans s’installe à Montréal. Traqués aux States, les malfrats s’enfuient dans un endroit où la fraude fiscale est facilitée. Maples travaillera de pair avec nos banques afin que nos bonzes en «shippent» davantage aux Caïmans.
Vous voulez rire encore plus? Comme Maples and Calder se qualifie à titre de centre financier international (CFI) au Québec, il aura droit à un congé d’impôts, à une réduction de 75 % de ses cotisations aux services de santé, et ses employés bénéficieront d’allègements fiscaux. Révoltant. Québec subventionne des firmes et des individus, pour qu’ils n’aient pas à payer d’impôts en leur permettant de détourner des milliards vers les paradis fiscaux, ce qui constitue une fraude institutionnalisée.
On compte une centaine de CFI au Québec qui ont coûté plusieurs centaines de millions en fonds publics. En fait, les banques, les sociétés et les nantis en ont profité pour simplement créer une division CFI, y transférer leurs employés existants et encaisser les juteuses subventions. Pour défrayer ces cadeaux princiers, Charest tarifie davantage les services publics et augmente la TVQ dont les compagnies sont exemptées. De plus, à Montréal, il en coûtera 169 $ pour un mégot ou une gomme jetés par terre et 75 $ pour nourrir un écureuil. Tolérance zéro à géométrie variable. Faut être solidaires, les temps sont durs.
Jacques Ménard, de la Banque de Montréal, s’est souvent prononcé sur les tares du modèle québécois et de notre système de santé publique, et sur le décrochage scolaire. J’aimerais avoir son opinion à titre d’expert sur deux récentes déclarations d’Obama. Il a d’abord dit : «Voilà un code des impôts grâce auquel il est beaucoup trop facile pour un petit nombre de particuliers et de sociétés d’abuser des paradis fiscaux afin d’éviter de payer le moindre impôt.» Puis, il a accusé les institutions financières d’arnaquer les consommateurs au moyen des cartes de crédit. Ces propos émanent du président des States, et non d’Hugo Chavez du Venezuela.