Chaque jour, certains, toujours les mêmes, exigent la privatisation de nos sociétés d’État et de nos services publics. Et lorsqu’ils ne l’obtiennent pas, ils ordonnent de les tarifer davantage afin d’alléger leurs impôts.
Oh, que ce fut merveilleux la privatisation de Petro-Canada qui, depuis, nous escroque, dixit Stephen Harper; celle du CN, un monopole privé avec CP, qui appartient dorénavant à 70 % aux Américains; celle de Téléglobe, détenue aujourd’hui par une firme indienne; celle de Biochem Pharma, un immense succès collectif vendu à des Anglais, et enfin celle d’Air Canada et des aéroports, avec leur service immensément pourri.
Ils ne lâcheront pas tant que l’on n’aura pas privatisé tous nos instruments collectifs dont ils cultivent continuellement la haine. Ceux qui réclament la privatisation d’Hydro, de l’eau et de la SAQ veulent aussi scinder la Caisse de dépôt. Toujours la même cassette. Beaucoup trop grosse, qu’ils prétendent.
La Caisse de dépôt a un actif total de 200 G$, alors que la Banque Royale a un actif de 724 G$, la TD, de 563 G$ et la Banque de Montréal, de 416 G$. Suivant leur logique tordue, faudrait scinder ces banques. Mais non, elles se trouvent trop petites et veulent, au contraire, fusionner! Cherchez l’erreur!
La Caisse de dépôt en France est plus imposante que la nôtre et intervient massivement dans l’économie française. Qu’à cela ne tienne, Nicolas Sarkozy vient de créer une autre société d’investissement étatique dotée d’un capital de 160 G$. Saviez-vous que le gouvernement français est le principal actionnaire de Renault, de France Télécom, de Gaz de France-Suez, d’Airbus, d’Électricité de France, etc. Voici d’autres exemples de fonds étatiques qu’il n’est pas question de scinder ou de privatiser : le fonds étatique norvégien, qui a 400 G$ d’actifs, le fonds gouvernemental des Émirats arabes, 875 G$, celui de Singapour, 330 G$, et, enfin, trois fonds de Chine, qui comptent 700 G$ d’actifs.
Pour ces ténors, le public sera toujours trop gros, et le privé, toujours trop petit. Wal-Mart, détenue par la famille Walton des States, et Exxon Mobil sont environ 10 fois plus grosses que le Québec, mais pour elles, c’est correct. La famille Walton peut gérer une compagnie présente partout dans le monde avec cent fois plus d’employés et de revenus que le Québec, mais nous, collectivement, on ne peut pas. Au nom de quel a priori? La marche de la société dans tous les domaines doit, selon eux, passer strictement par des intérêts privés capitalistes. Vraiment emballant comme projet de société!