Les paradis fiscaux, c’est criminel. Il y a, actuellement, environ, 100 G$ d’investissements que les compagnies canadiennes y ont détournés contre 11 G$ en 1990, selon Statistique Canada. Ces montants excluent l’évasion fiscale des individus fortunés. Par l’importance des sommes impliquées, l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux crée au Canada et ailleurs de la misère et de la mort en privant l’État de milliards en revenus pour financer ses programmes sociaux. Les politiciens sont complices de cette fraude. Les banques canadiennes, celles qui dictent l’agenda politique, ont détourné pour 10 G$ de 1991 à 2003. C’est écrit dans leurs états financiers. Cela omet les milliards qu’elles font transiger à leurs clients.
Ces activités révoltantes sont dénoncées chaque année par le vérificateur général. Voici des articles faisant référence à ses déclarations : «Des millions perdus dans les paradis fiscaux» et «Les contrôleurs du fisc seraient peu rigoureux envers les grandes entreprises». En 2003, le ministre libéral des finances, Yves Séguin, voulait lancer une offensive majeure contre ce fléau. Le patronat n’a pas aimé et Charest l’a viré.
Prétendre que le Canada doit respecter la souveraineté de ces pseudopays à impôt zéro relève du mépris. Voici la population totale, incluant les étrangers, de certains paradis fiscaux : Niue, 1 400 habitants; Anguilla, 12 000; Nauru, 13 000; îles Turques, 19 000; îles Caïmans, 42 000. Les îles Caïmans sont le 4e centre bancaire et le 6e centre d’assurances au monde et comptent plus de 50 000 compagnies.
Ces «villages» ou refuges de mercenaires économiques sont moins gros que Pointe-Calumet et sont contrôlés et gouvernés par le gratin occidental. Avec un minimum de volonté politique, on pourrait tous les éliminer en moins d’une heure en décrétant un petit embargo politique et économique.
Mais non, dans le dernier budget, Harper a pris les jeunes cinéastes en otages en subventionnant les vidéosclips dénonçant le travail au noir, mais pas les paradis fiscaux. Au moins, l’argent de l’économie clandestine demeure au pays et est éventuellement taxé. Le travail au noir est au monde ordinaire ce que les paradis fiscaux sont au monde extraordinaire. Dans la revue des comptables agréés, un article s’intitulait : «Pour une fortune bien bronzée. Les comptables peuvent aider leurs clients fortunés à protéger leurs actifs grâce aux sociétés extraterritoriales (paradis fiscaux)». On ne s’en cache même pas. Et nos élus parlent de solidarité pour contrer la crise.