«56 M$ sur 3 ans : Bouffée d’air frais pour l’industrie du ski», titrait un quotidien. Tarification et régime sec pour les services publics, et généreuses subventions du PLQ pour le ski. Le principe de l’utilisateur-payeur s’applique uniquement aux services publics «secondaires», comme la santé et l’éducation, pas aux services essentiels comme le ski! Pour financer les subventions de 1 G$ au ski, à l’Orchestre symphonique et aux condos à Tremblant, faut que le peuple fasse preuve de «solidarité» et accepte sans rechigner des hausses de tarifs dans les services publics.
Puis, en 2005, Hydro-Québec a octroyé des tarifs d’électricité réduits afin d’aider, elle aussi, les stations à réduire le coût de fabrication de leur neige artificielle. Pour financer ces priorités, le gouvernement augmentera les tarifs d’électricité résidentiels. Les tarifs bonbons d’Hydro au privé sont inutiles, car «Beaucoup d’entreprises font preuve d’opportunisme», titrait La Presse.
Quoi d’autre? Même si tous les ministères concernés s’y opposaient, les gouvernements ont allongé 325 M$ en subventions à la firme étrangère Intrawest pour la construction de condos de luxe à Tremblant. Les études ministérielles démontraient que le projet serait profitable sans subventions et Yves Séguin avait dit : «À ce moment-ci, mettre des millions de fonds publics dans ce projet rentable n’a pas de bon sens.» Le PLQ a viré le ministre récalcitrant et a gavé Intrawest de fonds publics afin de «moderniser» le Québec.
Naturellement, les laquais d’Intrawest ont publié plusieurs opinions dans les journaux afin de nous enquiquiner, comme «L’investissement des gouvernements à Tremblant est justifié» et «Les gouvernements sont justifiés d’investir dans Tremblant». Qu’on se le dise : les milliards de subventions versées au privé sont des «investissements» de l’État, tandis que la santé et l’éducation représentent de vulgaires «dépenses d’épicerie». Pendant qu’ils reçoivent des milliards en subventions, et promettent des investissements, dans les faits, ils rachètent leurs actions et versent de juteux dividendes aux actionnaires.
Et «L’ONU qui sermonne le Québec pour sa mollesse à contrer la pauvreté». L’aide publique au ski, à l’Orchestre symphonique et aux condos luxueux d’abord, puis la dette et les baisses d’impôts aux compagnies, et la pauvreté et les programmes sociaux ensuite, s’il en reste, évidemment. Oh, il faut aussi subventionner les chevaux : «Un milliard à un sénateur libéral pour les hippodromes», titrait Le Devoir.