En 2006, privilégiant les PPP afin de ratatiner l’État, la ministre libérale Monique Jérôme-Forget promettait la fin des dépassements de coûts. En PPP, tout est secret. Aucune transparence!
Prenons la nouvelle salle, totalement superflue, de l’Orchestre symphonique de Montréal, réalisée en PPP. En 2006, on prévoyait des coûts de 105 M$… rendus à 266 M$ en 2007. Comme les coûts augmentent encore, la dame vient de décider que «le budget de construction de la salle de l’OSM n’a plus de plafond». Voilà! Fini les dépassements de coûts! Fallait y penser! Si la santé est la priorité des Québécois, pour Jean Charest, la salle de l’OSM est «une priorité pour nous», qu’il a souvent dit.
La Presse du 13 décembre 2008 titrait : «Alston-Bombardier : Le prix des nouvelles voitures du métro explose». Une petite augmentation imprévue de 400 M$ du fournisseur. Faut pas s’énerver. Puis : «100 M$ de plus pour l’autoroute 30», à payer aux entrepreneurs privés, et 27 M$ additionnels versés aux consultants, selon Le Devoir. Une autoroute qui n’aura de privé que le nom. Pour rire de nous, l’Agence des PPP a dit : «Ce n’est pas une augmentation, c’est une mise à jour de l’estimation initiale.» On te croit, menteur.
Enfin, on apprend que Maple Leaf, responsable de la listériose qui a tué 20 personnes et qui a coûté des millions en fonds publics, veut redorer son «image». On repart à neuf comme si de rien n’était. Idem pour les milliards engloutis par nos banques dans les hypothèques pourries et renflouées pour 120 G$ par l’État sans aucune condition. Par contre, pour les impairs commis dans le public, on est intraitable. Le patronat et ses majorettes exigent alors la privatisation.
Pensons aux cas de l’Îlot voyageur de l’UQAM, dont la firme privée Busac est aussi responsable, et de la Gaspésia, où la firme privée Tembec est également impliquée; là, les affairistes et les éditorialistes se sont déchaînés contre l’incompétence du public. Aucun blâme toutefois à Busac et à Tembec. Tolérance zéro pour le public et indulgence infinie pour le privé. Et Stephen Harper qui dit : «8 G$ ou 18 G$, peu importe ce que ça coûtera pour mener à terme la guerre canadienne en Afghanistan». Pas de problème, on n’aura qu’à couper 10 G$ dans les services publics. C’est tellement simple! Si la priorité des Canadiens est aussi la santé, pour Harper, c’est la guerre…