En 2006, un sondage international Gallup signalait que seulement 3 personnes sur 10 (36 % au Canada) croyaient que leur pays était gouverné selon la volonté de la population. Puis, dans un sondage international d’Ipsos, 74 % des individus (80 % au Canada) jugeaient que les grandes entreprises avaient trop d’influence sur les États, voire plus de pouvoir que les gouvernements. Une majorité était favorable au contrôle de la grande industrie par l’État.
Voici des exemples canadiens. En 2007, à une conférence de l’ONU, notre ministre de l’Environnement était accompagné par un représentant des pétrolières au lieu de députés et d’environnementalistes. Quoi d’autre! La Presse du 26 septembre 2008 signalait : «Le lobby du pétrole assiège Ottawa. De grandes pétrolières ont monopolisé plus de la moitié de toutes les réunions de ministres influents du cabinet Harper.» Et Le Devoir du 27 juin 2008 mentionnait qu’elles lançaient une campagne de «sensibilisation» : «L’industrie pétrolière veut équilibrer le débat.»
En 2008, à la Table ronde nationale sur l’environnement et l’économie, Harper a engagé un dirigeant de l’industrie du charbon pour le conseiller. Et, en pleine crise de la listériose, on apprenait qu’Ottawa céderait à l’industrie l’inspection des aliments. La déification du privé, quoi! Idem pour la fiscalité, ce que signalait La Presse du 26 février 2007 : «Rapport de l’Agence du revenu : Le fisc hésite devant les grandes entreprises.» Ils sont plus fringants avec d’autres. L’ancien vérificateur général du Canada, Denis Desautels, a dit en 1996 : «Les grandes entreprises sont à l’abri des contrôles.» Les contrôleurs sont probablement occupés ailleurs. L’emploi abusif d’abris fiscaux quasi- frauduleux fait perdre des revenus importants au gouvernement, et les subventions aux entreprises sont des bars ouverts, avait-t-il aussi signalé.
Les milliards engloutis dans les paradis fiscaux et les fraudes fiscales nous permettraient de financier nos services publics. Mais les élus préfèrent fermer les yeux sur ces crimes ignobles afin d’affamer nos services publics et prétendre que l’État est fauché. Ces malfrats ont ensuite le culot de réclamer la privatisation et la tarification des services publics. À les écouter, ils fraudent pour le bien des générations futures et par solidarité. Rien ne changera, les ignares et les franchisés continueront à clamer que ce sont les écologistes et les syndicats qui mènent.