WASHINGTON (AP) — La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a
officiellement ouvert jeudi à Washington les premiers pourparlers
directs entre Israéliens et Palestiniens depuis près de deux ans,
appelant les deux parties à faire les compromis nécessaires pour
parvenir à un accord de paix.
L’entrevue entre le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et le
président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, en présence de Mme
Clinton, a commencé vers 10h heure locale (14hGMT) au département
d’Etat.
Lors d’une cérémonie, Mme Clinton a souligné que l’administration Obama,
qui supervise les négociations, espérait la conclusion d’un accord
d’ici à un an. Mais elle a souligné que le gros du travail incombait à
Benyamin Nétanyahou et Mahmoud Abbas.
Les Etats-Unis seront “un partenaire actif et assidu”, a promis la chef
de la diplomatie américaine. “Mais nous ne pouvons pas imposer et
n’imposerons pas une solution. Vous seuls pouvez prendre les décisions
nécessaires pour parvenir à un règlement et assurer un avenir paisible
aux peuples israélien et palestinien."
Benyamin Nétanyahou et Mahmoud Abbas ont promis de s’engager
sérieusement à rechercher un accord de paix et à tenter de surmonter des
décennies d’hostilité et suspicions mutuelles. “Ce ne sera pas facile”,
a reconnu M. Nétanyahou. “La paix véritable, une paix durable, ne sera
obtenue que par des concessions mutuelles et douloureuses des deux
côtés.” Le Premier ministre israélien a également assuré qu’il
considérait Mahmoud Abbas comme un “partenaire pour la paix”.
M. Abbas a pour sa part déclaré: “Nous savons combien les obstacles
auxquels nous serons confrontés durant ces négociations sont difficiles,
des négociations qui d’ici un an doivent aboutir à un accord pour
apporter la paix."
Le président palestinien a appelé Israël à mettre fin à la colonisation
juive en Cisjordanie et dans d’autres zones revendiquées par les
Palestiniens pour leur futur Etat. M. Nétanyahou a de son côté souligné
que tout accord devait assurer la sécurité d’Israël.
Hillary Clinton a félicité Benyamin Nétanyahou et Mahmoud Abbas d’avoir
accepté de reprendre les négociations. “Je sais que la décision de
s’asseoir à cette table n’a pas été facile”, a-t-elle déclaré. “Nous
comprenons la suspicion et le scepticisme que beaucoup ressentent après
des années de conflit et d’espoirs déçus."
Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon s’est déclaré “très
encouragé” par la reprise des pourparlers, tout en reconnaissant que le
processus de paix pourrait s’avérer “très difficile”. Il a appelé les
deux parties à “travailler sincèrement” en faisant preuve de
“flexibilité” et de “pragmatisme”.
De son côté, la Haute Représentante de l’Union européenne pour la
politique étrangère, Catherine Ashton, a salué les efforts des
Etats-Unis pour relancer le processus de paix au Proche-Orient et a
appelé les “partisans de la paix” à “persévérer”.
Les négociations ont pour objectif de conclure un accord d’ici un an sur
une solution à deux Etats: une Palestine souveraine à côté d’un Etat
israélien en sécurité. Il s’agit des premiers pourparlers directs entre
Israéliens et Palestiniens depuis décembre 2008.
Mais les attentes sont faibles en raison de la persistance de nombreuses
divergences et de tensions entre les deux parties, notamment suite à la
mort mardi de quatre Israéliens dans une fusillade en Cisjordanie
revendiquée par le Hamas. Côté américain, on espère la tenue d’une
deuxième rencontre le 15 septembre à Charm el-Cheikh en Egypte.
Le processus de paix sera confronté à un premier test important fin
septembre lorsque le gel partiel israélien sur la construction des
colonies arrivera à expiration. Les Palestiniens considèrent qu’une
relance des constructions reviendrait à torpiller les négociations, mais
le gouvernement israélien est divisé sur une éventuelle prorogation du
gel.
Le Hamas, qui contrôle la Bande de Gaza et est opposé aux pourparlers, a
revendiqué l’attaque qui a coûté la vie à quatre Israéliens mardi près
d’Hébron, et une autre attaque en Cisjordanie dans laquelle deux
Israéliens ont été blessés mercredi. Des responsables israéliens ont
estimé que l’attaque de mardi était une tentative de sabotage des
discussions.
Mercredi, Barack Obama a eu des entretiens séparés avec MM. Nétanyahou
et Abbas, mais aussi avec le président égyptien Hosni Moubarak et le roi
Abdallah II de Jordanie, avant un dîner dans la soirée qui a réuni les
cinq dirigeants à la Maison Blanche. Le président américain a condamné
l’attaque “gratuite” de mardi en Cisjordanie, précisant que ce crime
n’arrêterait pas les Etats-Unis dans leur quête de la paix au
Proche-Orient.





