Bino cherche de l’or. Le garçon de 15 ans – ses parents disent qu’il en a 13 – n’a jamais reçu d’éducation. Pourtant, l’école n’est qu’à quelques minutes de chez lui. Huitième d’une famille de dix, il est le seul à ne pas avoir fréquenté l’école. «Ça ne m’intéresse pas, résume Bino. Je trouverais ça intimidant.»
Le problème, c’est que Bino n’a pas beaucoup de pouvoir sur son éducation. «Mes parents ne veulent pas que j’aille en classe», dit-il. Pourquoi? Il n’en a pas la moindre idée. Il ne le leur a jamais demandé. L’autre chose qu’il ignore, c’est que l’éducation est un droit, son droit. «C’est quoi, un droit?» demande-t-il.
«Travailler n’est pas difficile», affirme le jeune homme. Le matin de notre passage, il est allé à la recherche d’or avec d’autres enfants du village. Bino descend dans un trou profond et creuse avec une barre. Il doit ensuite «filtrer» 25 kilos de pierres pour trouver de l’or. S’il est chanceux, il pourra en trouver et se faire un peu de sous, qu’il partagera avec ses parents. S’il en reste, il s’achètera des vêtements.
Il ne peut compter au-delà de 40, mais il connaît bien la valeur des ariarys (la devise de Madagascar), qui varie selon la couleur. En écoutant le garçon, on sent qu’il aimerait bien, au fond, aller à l’école. Et quand on lui demande quel est son rêve, il répond ceci : «J’aimerais devenir enseignant…»



