En 2004, Matthew Morgan-Jones n’était qu’un célibataire britannique parmi tant d’autres. Cinq ans plus tard, il est toujours célibataire, mais il n’est plus seul, puisqu’il est devenu le père de quatre enfants en santé. «Mes enfants sont beaux, charmants et inspirants, déclare le papa de 38 ans. Ils me comblent de bonheur en tout. Enfin… en presque tout.»
Les choses n’ont cependant pas toujours été aussi réjouissantes. Plusieurs séjours
professionnels effectués en Afrique dans des établissements accueillant des orphelins du sida ont ouvert les yeux de M. Morgan-Jones sur la réalité de la Sierra Leone, pays où une mère sur huit court le risque de mourir durant une grossesse ou au cours d’un accouchement et où 28 % des enfants meurent avant l’âge de cinq ans.
M. Morgan-Jones, qui a toujours voulu avoir des enfants, a un jour décidé d’en adopter. Après avoir participé à des ateliers de préadoption, avoir rempli des tas de documents et avoir accumulé des dizaines de lettres de recommandation, il est allé chercher à Freetown, la capitale de la Sierra Leone, son fils, Dauda, alors âgé de deux ans et demi, et sa fille, Magda, âgée d’un an. Et comme Dauda ne voulait pas être séparé de son ami David, âgé lui aussi de deux ans et demi, M. Morgan-Jones a également adopté ce dernier.
Jolie rencontre
À l’hôtel de Freetown où il est descendu, il a rencontré une autre personne célibataire qui avait adopté des enfants de différentes familles : Angelina Jolie. «Elle rentrait tout juste d’Éthiopie, où elle avait vu la petite fille qu’elle allait adopter quelque temps plus tard, se rappelle-t-il. Nous avons parlé de notre excitation et des difficultés de la vie monoparentale. Je l’ai trouvée très gentille et attachante.»
Angelina Jolie, on le sait, n’est plus une mère monoparentale. M. Morgan-Jones, lui, a élargi sa famille en accueillant un quatrième enfant, Mariama, qui a aujourd’hui trois ans. La petite est née avec un bec-de-lièvre (palais et lèvre supérieure fendus), ce qui aurait signifié une mort certaine si elle était restée en Sierra Leone.
«Mes enfants n’ont aucune réticence à parler de leurs origines, constate le père. Ce qui m’irrite le plus, c’est de me faire poser des questions pleines de sous-entendus, du style : “Est-ce que ce sont les enfants de votre femme?”»




