Dix-neuf ans après la réunification allemande, de profondes différences culturelles divisent toujours les Allemands de l’Est et ceux de l’Ouest.
«Des mentalités ont été formées par des décennies de séparation, explique Pierre Veluise, auteur du livre 20 ans après la chute du mur, l’Europe recomposée. Les Allemands de l’Est étaient identifiés comme paresseux, et les Allemands de l’Ouest comme arrogants, et ayant une solution à tout.»
Originaire d’ex-RDA, l’historien Stefan Wolle croit que ce clivage est surtout présent dans les relations interpersonnelles. Il raconte qu’en public, les Allemands de l’Ouest sont «très professionnels, perfectionnistes», des caractéristiques perçues comme «un brin froides» à l’Est. En revanche, M. Wolle considère que les ressortissants de l’ex-RDA «arrivent mieux à s’adresser à l’aspect humain», ce qui est interprété comme un manque de professionnalisme à l’Ouest.
Il s’agit là d’une question de génération, croit pour sa part la directrice du Goethe-Institut de Montréal, Mechtild Manus. «Avec les jeunes d’aujourd’hui, je ne vois plus de distinctions. C’est la première fois que ça m’arrive.»
- avec Catherine girard



