Frank Godniak connaît le mur de Berlin mieux que quiconque. Pendant plusieurs années, il l’a surveillé.
«Lorsque des gens tentaient de traverser en Allemagne de l’Ouest, je réagissais selon l’enseignement qu’on m’avait prodigué», dit M. Godniak.
«D’abord, nous criions : “Stop! Gardes-frontières! Cessez de bouger! Si les gens n’obéissaient pas, il y avait un tir de semonce.» Si ces candidats à l’exil étaient continuaient de bouger, Godniak et ses semblables avaient ordre de tirer en leur direction. Les gardes-frontières étaient formés pour éviter les pertes humaines.
Godniak faisait partie de la Grenztruppen, l’unité militaire responsable de la surveillance du mur de Berlin.
«Nous avion un fort sentiment de camaraderie, explique M. Godniak. Travailler au mur de Berlin pouvait s’avérer très dangereux. Des gens lançaient des pierres en notre direction, et les soldats qui servaient du côté ouest-allemand se servaient de nous comme cibles pour leurs exercices de tir.»
Les membres de la Grenztruppen vivaient dans des casernes, Mais cela n’avait aucune incidence sur la fierté, le sentiment du devoir accompli, qu’ils retiraient de leur travail et de leur statut militaire.
«Ce déploiement à la frontière dépendait de plusieurs facteurs, explique M. Godniak, comme d’avoir de la famille en Allemagne de l’Ouest. Et, bien sûr, l’adhésion au Parti socialiste unifié (SED, parti communiste) était un facteur important, bien que non obligatoire. Mais 90 % des soldats déployés au mur étaient membres du SED.»
Critiques
Après le 9 novembre 1989, le militaire Godniak est devenu l’objet de sévères critiques quant au rôle qu’il assumait à la frontière.
«Après 1990, il y a eu tellement de mensonges sur les gardes-frontières, raconte M. Godniak. Certains de mes collègues ont même dû faire face à la justice, même s’ils n’avaient fait que leur travail.»
«Dans aucun autre paysil n’est permis de traverser des frontières illégalement. Tous les pays du monde ont des policiers ou des soldats armés à leurs frontières pour les sécuriser. Et plusieurs pays ont des parois à leurs frontières, semblables à celle qu’il y avait à la frontière de l’Allemagne de l’Est et de l’Allemagne de l’Ouest.





