Faire appel à ses ressources d’outre-mer? GM devrait le faire plus souvent. Ça marche bien avec la petite Saturn Astra, fabriquée par Opel en Belgique, et ça devrait bien marcher avec la nouvelle Pontiac G8, conçue par Holden en Australie.
Mine de rien, la Pontiac G8 2009 est la première application nord-américaine de la plateforme globale à propulsion de GM. De l’essai routier mené il y a quelques semaines, nous en retirons un heureux présage pour le prochain véhicule qui y sera assemblé : la Camaro 2010.
La G8 a été entièrement pensée en Australie, c’est tout juste si on en a retravaillé les éléments suspenseurs pour les adapter à nos routes. Pour le reste, tout tient de la grande berline quatre portes Holden Commodore, qui est la voiture la plus vendue là-bas.
La Pontiac G8 ne se veut pas une remplaçante de feue la Grand Prix. Les deux véhicules diffèrent considérablement, ne serait-ce que par leur architecture : à propulsion pour la première, à traction pour la défunte.
Sauf pour sa calandre, qu’on a «Pontiac-isé» et qui souffre d’un malheureux surplus d’éléments visuels, la G8 est fort élégante. Elle dispose par ailleurs du meilleur habitacle «Pontiac» de la dernière décennie. Si c’est ainsi que les Australiens conçoivent leurs cabines automobiles, on devrait les inviter plus souvent à la discussion.
Les commandes sont faciles à apprivoiser, les matériaux de qualité et bien assemblés, les rangements généreux. Côté espace, rien pour souffrir de claustrophobie, dans cette grande voiture de plus de 5 m : le dégagement aux jambes est excellent, aussi bien à l’arrière qu’à l’avant. Les sièges sont très confortables et profitent, de série, d’ajustements électriques.
Sur la route
Parce que c’est ce qui compte, sur la route, la G8 est bien campée sur ses quatre roues. Lourde, avec ses plus ou moins 1 800 kilos, elle préfère nettement le V8 de 6,0 l et sa boîte séquentielle six rapports (version GT, à partir de 36 995 $). Elle livre alors des accélérations puissantes – on n’en attend pas moins, avec 361 chevaux sous le capot. Bien sûr, on aurait voulu le changement des vitesses au volant – ce que proposait pourtant la Grand Prix. Mais l’Australie ne semble pas être friande de la chose, alors on doit s’en passer. Dommage…
Vous craignez la gloutonnerie du V8? Sachez que sur l’autoroute, le moteur fait presque aussi bien que le V6 de 3,6 l, merci à la désactivation des cylindres. En ville, c’est autre chose cependant : il bouffe au moins deux litres de plus aux 100 km.
J’aimerais pouvoir vous dire que le «petit» moteur V6 fait du bon boulot, mais c’est à moitié vrai : la version de base (31 995 $) fait vite sentir la limite de ses 256 chevaux, peut-être parce que ceux-ci sont jumelés à une séquentielle cinq rapports. Vraiment, on aurait dû lui accorder la boîte à six rapports, à ce V6…
En clair, la Pontiac G8, si vous la voulez, choisissez-la en GT.
Autres reproches
Deux autres petits reproches : Si la voiture est puissante, profite d’une solide tenue de route, d’une distribution de poids presque parfaite et d’une bonne suspension ferme, sa direction manque un brin d’inspiration. Je l’ai sentie plus athlétique pour la GT, mais la chose n’était redevable qu’à la centaine de chevaux additionnels qui dynamisent la voiture.
De plus, la pédale de frein m’est apparue très sèche. À plusieurs reprises lors de notre essai, j’ai manqué ma cible d’arrêt et j’ai dû vite apprendre qu’il faut la malmener, cette pédale.
Sinon, la Pontiac G8 – surtout en variante GT – offre un excellent rapport qualité-prix. Pour ses performances, son grand confort intérieur, son système de stabilité de série (bravo!) et son design extérieur, qui devrait laisser sa marque – pour un temps, du moins.
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