Je l’aime bien, le nouveau Subaru Forester. Pour son allure passe-partout, sa légendaire traction intégrale, sa simplicité et sa maniabilité. C’est pourquoi j’éprouve un pincement au cœur à décrier sa suspension, son insonorisation et le fait qu’il ne propose pas les derniers gadgets de l’heure.
Par gadgets de l’heure, je parle d’abord de la boîte automatique qui, pour cette troisième génération, ne propose que quatre rapports. Allo, la concurrence : Lexus fait dans les huit rapports, Mercedes dans les sept, même Ford réussit à en proposer six!
Même si elle offre le mode séquentiel, cette boîte automatique souffre de l’absence d’un cinquième rapport et ne se conjugue pas aussi bien avec le moteur quatre cylindres boxer (2,5 l) de 170 chevaux que la boîte manuelle. Cette dernière, au contraire, est plaisante et donne aux reprises une souplesse, un second souffle inattendu.
Pas de clé intelligente
Par gadget, je parle aussi de cette clé intelligente qui est de plus en plus la norme – vous savez, celle qui permet le démarrage alors que le trousseau de clés est resté au fond des poches? Eh bien, pas de ça pour le nouveau Forester. Et pas de système de navigation non plus, alors que celui-ci est pourtant offert dans l’utilitaire au sud de nos frontières.
Assemblé sur la plateforme de l’Impreza, le Forester a gagné en équilibre de comportement – rehaussé par l’infaillible traction intégrale de Subaru. La direction est de bonne résistance et le court rayon de braquage (10,5 m) permet une belle agilité.
Par contre, il délaisse la suspension à jambe de force au profit d’une suspension à triangulation. Dommage. Si l’architecture plus compacte à l’arrière libère de l’espace cargo – pour 949 litres! – banquette relevée, sur la route, elle cogne et résonne bruyamment sur les cahots – comme si, soudain, nos chemins étaient plus défoncés qu’à l’habitude. Voilà qui n’est pas de tout repos, d’autant plus que l’insonorisation, très moyenne, laisse passer beaucoup de bruits de route.
Habitacle rudimentaire
L’habitacle laisse aussi sur sa faim. S’il est ergonomique et facile à apprivoiser (on s’y sent tout de suite chez soi), il donne dans un rudimentaire qui a peut-être sa place dans une voiture compacte à 15 000 $, mais qui détonne dans un véhicule qui débute à 25 795 $. Le revêtement des sièges est rêche et l’instrumentation ne se soucie guère d’être plus qu’un bloc ramassé au centre, sans artifice.
Sans ces travers, le Forester constituerait une bonne proposition automobile, ne serait-ce que pour ses sièges chauffants, de série même en version de base.
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