Le Dr Iskandar travaille, avec quelques autres chercheurs, à l’élaboration d’un antidépresseur qui serait utilisé à titre préventif par les patients souffrant de dépression saisonnière.
Dès le début du mois d’octobre, la lumière se fait plus rare, les jours raccourcissent. En même temps que la lumière diminue, pour beaucoup de gens, la fatigue, la lassitude, la somnolence et la baisse de la libido s’installent peu à peu. Ces quelques symptômes qui caractérisent les blues hivernaux affectent entre 40 % et 60 % des Québécois chaque hiver, que ceux-ci en soient conscients ou non.
Ils sont donc très répandus, mais loin d’être irrémédiables. Bien que pour 4 à 6?% des Québécois, ces blues se transforment en dépression plus grave, la majorité des gens ne ressent qu’un besoin impératif d’hiverner en attendant l’été.
Métro s’est entretenu avec le Dr Hani Iskandar, chef clinique de l’unité des soins intensifs en psychiatrie de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, afin de mieux comprendre le phénomène de la déprime saisonnière.
Qu’est-ce exactement que ces troubles de l’humeur saisonniers?
On peut observer le même type de comportement chez les animaux, l’hibernation. C’est le même genre de phénomène. Dès le début de l’automne, notre système ralentit et notre énergie diminue. L’horloge biologique est plus lente; c’est pourquoi la fatigue est plus importante.
Vous dites que ces troubles affectent de 40 à 60 % des gens. C’est énorme!
Oui, mais on ne parle pas de dépression ici. C’est simplement les blues de l’hiver. Beaucoup de gens les ressentent sans savoir de quoi il s’agit puisque chaque hiver, c’est la même chose, ils n’ont jamais connu rien d’autre. Donc, la grande majorité ressent les effets du manque de lumière, mais continue son train-train, avec un peu moins d’entrain.
La luminothérapie est le traitement utilisé contre troubles de l’humeur saisonniers. En quoi cela consiste-t-il exactement?
La luminothérapie est le traitement le plus répandu et le plus efficace à l’heure actuelle pour traiter la dépression saisonnière, mais aussi les simples blues hivernaux. Le traitement consiste en une exposition quotidienne, pendant 30 à 40 minutes, à une lumière artificielle, dite à large spectre, imitant la lumière du soleil. Des lampes se vendent un peu partout, en pharmacie et dans les magasins d’aliments naturels. Le minimum requis pour que ça soit efficace, c’est une lampe d’intensité de 10 000 lux. Après une semaine, on commence à ressentir les effets et après un mois, les symptômes diminuent beaucoup.
Que conseillez-vous aux gens qui ne ressentent pas le besoin de faire de la luminothérapie, mais qui aimeraient reprendre un peu du poil de la bête durant l’hiver?
La meilleure chose pour faire le plein de soleil pendant l’hiver, c’est de sortir dehors. À l’heure du lunch, allez prendre une petite marche de 15 minutes. Faites des sports d’hiver, marchez dehors lorsque le soleil se pointe. Les bureaux des entreprises devraient aussi être mieux éclairés pour permettre aux employés de conserver leur énergie toute la journée. Un éclairage adéquat fait toute la différence.
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