Bien que l’irradiation puisse réduire les cas de toxi-infection alimentaire, elle ne constitue pas une panacée.
Les récents cas d’intoxications alimentaires à la bactérie Listeria monocytogenes ramènent au premier plan l’idée de se tourner vers l’irradiation des aliments pour en prévenir l’apparition. Mais cette technologie est-elle sécuritaire? Quel est son effet sur les aliments et, ultimement, sur la santé des consommateurs?
Au Canada, l’irradiation des aliments est régie par plusieurs organismes, dont Santé Canada et l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA).
Depuis les années 1960, Santé Canada permet l’irradiation des pommes de terre et des oignons, essentiellement pour ralentir leur germination une fois cueillis. En 1984, cette autorisation a été étendue au blé, à la farine, aux aliments déshydratés et aux épices, pour les traiter contre les bactéries néfastes et les insectes.
Consommateurs craintifs
Néanmoins, peu de producteurs canadiens ont recours à l’irradiation. D’abord, il existe peu d’irradiateurs au Canada – une dizaine en Ontario et un seul au Québec –, et ils servent surtout à l’industrie pharmaceutique. Ensuite, l’obligation d’apposer un logo sur les produits irradiés en freine plusieurs producteurs qui craignent que les consommateurs boudent leurs denrées.
«Les consommateurs ont peur de cette technologie, car ils l’associent aux radiations nucléaires, ou encore au cancer», souligne Linda Saucier, professeure et chercheuse au Département des sciences animales de l’Université Laval.
Sécuritaire et utile, selon les autorités
L’irradiation des aliments est sécuritaire et sans danger pour la santé, et il n’y a pas que moi qui le dis», assure Monique Lacroix, une spécialiste de l’irradiation œuvrant à l’Institut national de recherche scientifique.
De fait, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ainsi que plusieurs pays dans le monde reconnaissent l’irradiation comme un moyen sécuritaire et efficace pour réduire – voire d’éliminer – la présence d’organismes dits pathogènes, susceptibles de menacer la santé des populations.
«Les comités scientifiques de ces organisations ont évalué l’irradiation et ils ont conclu que la technologie n’induisait aucune toxicité dans les aliments», précise Monique Lacroix.
De plus, l’irradiation répondrait aux exigences du rythme de vie des consommateurs : «Nous sommes très exigeants envers les producteurs, de qui nous exigeons des produits frais, naturels et le moins transformés possible, mais pour la plupart, nous n’allons à l’épicerie qu’une fois par semaine... Il faut être réaliste!» indique Linda Saucier.
Selon elle, l’irradiation entraîne des modifications chimiques mineures.
Des bémols
Si certains pays sont plus permissifs que le Canada, l’Union européenne (UE) n’autorise à ce jour que l’irradiation des herbes aromatiques, des épices et des légumes déshydratés.
L’avis de l’Union des consommateurs (UC) est encore plus radicale. Dans un rapport émis en 2006, l’organisme québécois juge que l’irradiation des aliments «engendre une perte de la qualité nutritionnelle des aliments», dont la perte de vitamines A, B, C et E. Un argument que réfute toutefois Monique Lacroix qui affirme qu’au contraire l’irradiation favorise la synthèse de vitamines.
Reprochant à la FAO et à l’OMS d’avoir omis de considérer différentes études relevant certains risques pour la santé, l’UC demande au gouvernement canadien de «mettre en application le principe de précaution» et de commander des «études indépendantes».
Pas une solution miracle
Bien que l’irradiation puisse réduire les cas de toxi-infections alimentaires, elle ne constitue pas une panacée. «Le traitement par irradiation ne garantit pas la salubrité des aliments. Mais elle contribue à diminuer le nombre de bactéries et autres micro-organismes qui peuvent se trouver dans les produits alimentaires», précise l’ACIA sur son site internet.
D’ailleurs, le respect des règles d’hygiène est l’affaire de tous, avertit Linda Saucier. «La qualité, c’est comme une chaîne. Et au bout de la chaîne, il y a le consommateur qui ne peut se soustraire aux normes d’hygiène : nous sommes tous impliqués.»
Mais Monique Lacroix insiste : «À peu près tous les poulets sont contaminés à la salmonelle, de sorte que si on prend le même couteau pour couper le poulet, puis les légumes, les risques de contamination sont très élevés. Mais la réduction de pathogènes à la base, par l’irradiation, permettrait de réduire les cas», conclut-elle.
C’est aujourd’hui la Journée mondiale de lutte contre le sida. On souligne aussi le 25e anniversaire de la maladie.
Les Québécois souffrant d’insuffisance rénale pourront profiter d’une nouvelle technologie introduite pour la première fois en Amérique du Nord au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM).
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