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Le cancer ou la peur du cancer

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Nous devons être en mesure de prendre du recul face à nos émotions et de reconnaître qu’en fin de compte, la peur n’existe que dans notre esprit.


Publié: 29 juin 2010 00:00
Mis à jour: 28 juin 2010 18:14
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Je pose cette question cha­­­que fois que j’aborde le su­jet de l’anxié­té. La majorité des gens répondent qu’ils préféreraient craindre d’avoir le cancer plutôt que d’en être vraiment atteints. Vu de l’extérieur, cela semble évident. L’une des deux options est une maladie mortelle, alors que l’autre n’est qu’une crainte.

Je demande ensuite : «Si la peur vous faisait croire que vous avez réellement le cancer, vous sentiriez-vous mieux ou plus mal que la personne qui lutte vraiment contre cette maladie?» Il y a toujours une petite minorité de gens (ceux qui souffrent d’anxiété débilitante) qui disent qu’ils se sentiraient encore plus mal qu’elle.

La réalité par rapport à l’imagination
L’anxiété est un mécanisme qui fonctionne bien pour nous protéger d’un danger réel ou potentiel. Notre imagination nous aide à nous préparer au plus grand nombre possible de ces éventualités. Toutefois, en réalité, il existe peu de dangers aussi terribles que ceux que peut concevoir l’imagination débridée du cerveau humain. C’est pourquoi les films sont rarement aussi captivants que les livres dont ils sont tirés : l’extraterrestre que nous imaginons est toujours plus effrayant que l’acteur costumé en extraterrestre apparaissant à l’écran.

Lorsque l’imagination et l’anxiété qu’elle engendre sont identifiées et neutralisées, nous pouvons être plus rationnels face aux situations que nous vivons. Cela explique pourquoi il est souvent plus difficile de composer avec des menaces potentielles qu’avec des dangers connus. Dans le cas du cancer, par exemple, une personne atteinte peut en guérir. Et même lorsque ce n’est pas le cas, le patient accepte souvent l’inévitable et se met à vivre «un jour à la fois».

Par contre, les gens qui craignent d’avoir le cancer ne pensent jamais qu’on peut en guérir. Ils se voient alités et agonisants. Il n’y a aucune place pour l’optimisme ou pour une perspective positive dans l’esprit d’une personne anxieuse. L’anxiété est un moteur qui nous pousse à nous protéger des dangers. Malheureusement, si  nous n’avons pas, en contrepartie, l’aptitude à départager la réalité de l’imagination, notre mécanisme d’anxiété, censé nous protéger, se met à nous torturer.

L’anxiété est un film qui peut projeter des images effrayantes. C’est pourquoi nous devons être en mesure de prendre du recul face à nos émotions et de reconnaître qu’en fin de compte, la peur n’existe que dans notre esprit. Un film est un film, et ça n’a rien à voir avec la réalité.


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