La tendance est récente, mais elle prend de l’ampleur : les Québécois sont de plus en plus nombreux à choisir une destination bien-être pour passer leurs vacances et à faire du tourisme «santé». Un concept qui comprend des séances de cocooning, de spa et de thalasso, mais aussi des options gastronomie et visites pour le plaisir de tous les sens.
Selon Soumaya Ben Letaifa, conseillère à l’agence de voyages ThémaTours et professeur de stratégie à l’UQAM, le marché des voyages bien-être a gagné en maturité depuis deux ou trois ans. «On assiste au développement d’expériences de voyages bien-être qui peuvent combiner un ou plusieurs thèmes : soins, thalasso, spa, écotourisme, mais aussi gastronomie, trekking, ou campement dans le désert… On est en plein dans la recherche de l’exotisme», estime-t-elle.
Un rapport de la Commission canadienne du tourisme et l’International SPA Association rapporte d’ailleurs qu’en 2006, près de 1,8 million de Canadiens sont déjà partis en voyage d’une nuit ou plus dans un spa. Une tendance encore bien mince si on la compare à ce qui se passe aux États-Unis, où l’on dénombre près de 20,4 millions d’adeptes, mais qui tend à se développer.
Expérimenter le bien-être
Dans ce monde où le bien-être est roi, chaque destination à ses propres vertus : écotourisme au Costa Rica, désert en Tunisie ou au Maroc, voyage communautaire au Kenya et en Tanzanie, ou gastronomie en Égypte, en Turquie, en Grèce ou encore au Népal… «Souvent, les séjours de méditation vont de pair avec une philosophie de respect de la nature, note Mme Ben Letaifa. Il y a des destinations qui s’y prêtent plus que d’autres, comme l’Afrique, l’Asie, l’Amérique latine…»
Dans ces voyages, le but ultime étant en premier lieu de se faire du bien, en vivant des expériences de bien-être où l’on peut à la fois s’occuper de soi-même, manger sainement et localement, tout en faisant des visites.
Plusieurs types d’hébergements peuvent être proposés, allant d’une nuit sous une tente typique dans le désert à un séjour en hôtel 5 étoiles. «À cause de l’impact du changement climatique, les gens ne voyagent plus seulement l’hiver, car ils ne veulent pas prendre de risques sur le climat, estime Soumaya Ben Letaifa. C’est un domaine où l’on ne sent pas trop la crise, car les gens ont tendance à couper d’autres choses pour conserver le temps sacré des vacances.»
Un tempérament voyageur?
La plupart de ces séjours durent trois semaines et peuvent combiner plusieurs pays. «Les gens sont parfois pris à faire des périples à la recherche de cocooning. Certains demandent même des séjours dans des îles atlantiques qui n’ont même pas d’aéroport…», dévoile Mme Ben Letaifa.
Si les Québécois voyagent un peu moins que le reste des Canadiens, les séjours-détente comprenant l’écotourisme et les escapades dans le désert représentent en moyenne 40 % des demandes reçues par l’agence de voyages ThémaTours, assure leur conseillère.
Les voyages-détente les moins chers sont les destinations du nord de l’Afrique (Tunisie, Maroc), à près de 1 800 $, et plus généralement les voyages planifiés hors-saison. Pour une escapade bien-être au Costa Rica, il faudra plutôt compter près de 3 000 $. Ce type de voyage comprend généralement l’avion, l’hébergement, pour laisser au voyageur le soin de relaxer en laissant les tracas enfermés dans la valise…