Le soleil comme seul moteur. C’est le dénominateur commun de deux prototypes uniques au monde qui vont bientôt quitter leurs chantiers. Solar Impulse, dans les airs, et PlanetSolar, sur les mers, seront les ambassadeurs d’une révolution dans la mobilité verte.
Solar Impulse
“Zéro carburant, zéro émission, zéro pollution”, c’est la devise du projet suisse Solar Impulse, un avion qui ne marche que par l’énergie du soleil, de jour… mais aussi de nuit. Une surface de 200 m2 de panneaux photovoltaïques couvre ses ailes longilignes d’une envergure de 60 mètres, l’équivalent d’un Airbus A340. Pendant l’ensoleillement, l’électricité est transférée aux moteurs et, en même temps, le mouvement des turbines recharge les batteries, permettant à l’engin d’avoir une autonomie pendant toute la nuit et d’approcher le vol perpétuel.
Ce prototype se distingue de ses prédécesseurs aussi par sa “dimension humaine”, souligne Claude Michel, responsable du partenariat Solvay-Solar Impulse (le groupe chimique parraine le projet). Solar Impulse peut en effet transporter un pilote à bord. Pour atteindre cette réalisation, le mot d’ordre est “légèreté”. “Quand on n’a pas beaucoup d’énergie, il faut être économe : imaginez qu’un poids d’un kilogramme gagné sur un avion de ligne permet d’économiser sur un an 144 litres de kérosène, soit 500 kg de CO2”, explique Claude Michel. “L’avion solaire est là pour démontrer qu’avec de la technologie, de la volonté, de l’engagement, nous pouvons bâtir une civilisation sans pétrole”, lance M. Michel. Les premiers vols tests sont prévus cette année et, en 2011, Solar Impulse relèvera le défi de réaliser le premier tour du monde en avion solaire. Si ce prototype ne peut voler en cas de turbulences et ne se destine pas à une utilisation commerciale, il pourrait néanmoins avoir une utilisation dans la surveillance météo, par exemple.
PlanetSolar
La même volonté de pousser la recherche et le développement sur la voie de la mobilité durable est portée par le projet PlanetSolar. Ce catamaran de 30 mètres de long et de 35 mètres de large est recouvert par 470 m2 de panneaux solaires photovoltaïques. “Les technologies et les connaissances permettant de vivre en harmonie avec la nature sont aujourd’hui disponibles, affirme le skipper suisse Raphaël Domjan, fondateur de PlanetSolar. Nous devons montrer au monde que ces solutions existent et sont performantes et économiquement viables.”
En construction depuis le mois de janvier, à Kiel, en Allemagne, ce bateau de rêve prendra la mer en mai 2010, lors de la fête du port de Hambourg pour un tour d’Europe, puis un tour du monde en 2011. A bord, Raphaël Domjan et son illustre partenaire Gérard d’Aboville veulent sensibiliser aux énergies renouvelables. On leur souhaite bon vent… ou plutôt bon soleil !