J’étais sur le point de commencer à concevoir les plans d’un ensemble de 1 000 immeubles près de Montréal lorsqu’il m’est venu à l’esprit que ce quartier allait façonner la vie de plusieurs générations. Par conséquent, je devais imaginer ce à quoi les communautés ressembleraient dans le futur.
La popularisation des banlieues, il y a un demi-siècle, marque la transformation la plus notable du Canada sur le plan de l’habitation jusqu’à maintenant. Et leur expansion continue. Elle constitue un pilier de la prospérité économique du pays.
Les banlieues continueront à attirer les acheteurs de maison. Dans mon plan, je devais donc corriger les lacunes des ensembles résidentiels actuels, notamment la navette domicile-travail. Les voies de communication représentent de 30 à 40 % de la superficie totale d’un ensemble résidentiel. Comme premier changement, j’ai réduit leur longueur et leur largeur, ce qui a fait augmenter la densité des logements.
En outre, j’ai rapproché les maisons du trottoir pour laisser davantage d’espace à l’arrière, un moyen d’atténuer l’effet de la densité accrue. Des règlements sévères obligent les responsables de l’aménagement à éloigner les maisons les unes des autres, malgré le fait que les coûts ont grimpé rapidement au cours des dernières années. Conséquemment, je devais réduire la taille du lot, tout en augmentant la hauteur des habitations, et redonner ainsi au grenier ses lettres de noblesse. Puisque la chaleur monte, le grenier permet de réduire la consommation énergétique.
Enfin, dans une communauté à forte densité, les espaces verts publics devaient jouer un rôle crucial. En les reliant à un circuit pédestre, j’ajoutai une touche d’humanité.
En ce qui a trait aux maisons, les tendances actuelles indiquent que le profil démographique continuera à se diversifier. J’ai donc inclus une vaste gamme d’unités résidentielles : des maisons unifamiliales et multifamiliales, isolées et en rangée. Le regroupement de ces unités créait un agencement visuel agréable et atténuait la répétition ennuyante si typique des banlieues.
Perspective démographique
J’ai conçu certaines maisons de mon quartier en fonction d’une réalité précise : le vieillissement de la population. De plus, étant donné que les communications électroniques façonnent la vie familiale, mes prototypes comportaient un bureau.
Toutefois, il me restait encore à convaincre mon client et à faire face au processus d’approbation municipale. Heureusement, les plans de ma nouvelle banlieue ont été approuvés par mon client et la municipalité. J’espère de tout cœur que ma vision de l’avenir se concrétisera.





