Les pétrolières sont de plus en plus montrées du doigt pour expliquer des anomalies sur les plans de l’environnement et de la santé publique au pays.
Depuis quelque temps, des vents contraires semblent s’acharner sur les pétrolières, qui essaient de faire passer l’exploitation des sables bitumineux pour une entreprise responsable sur le plan environnemental.
Sans doute le plus important de ces «pépins» est la publication de l’édition de mars 2009 de la très prestigieuse revue National Geographic, qui porte précisément sur les sables bitumineux. Tirée à plus de 10 millions d’exemplaires, la revue qualifie ces exploitations de «moulins noirs et sataniques». Le tout abondamment illustré de photos qui révèlent les immenses étangs de décantation où sont rejetés les résidus très toxiques du procédé qui consiste à séparer le bitume du sable et de l’eau.
C’est sur ces immenses étangs que de pauvres canards avaient eu la mauvaise idée de prendre une pause l’an dernier. Aujourd’hui, Environnement Canada passe à l’action et met en accusation la pétrolière Syncrude à propos la mort de 500 d’entre eux. Ce n’est pas tout : compte tenu de l’immensité du chantier, une étude crédible révèle que plus de 160 millions d’oiseaux seraient à risque. Ils pourraient être victimes de la destruction des milieux humides ainsi que des forêts de la région.
Poissons mutants
Selon le groupe Environmental Defence, de Toronto, les étangs de décantation laissent échapper chaque jour 11 millions de litres d’eaux contaminées par des substances cancérigènes. En aval des exploitations pétrolières, on a récemment retiré des eaux du lac Athabasca un poisson mutant à deux bouches. Dans certaines communautés autochtones, on rapporte des taux de cancer anormalement élevés. Des études ont été entreprises pour mieux cerner les causes de ces anomalies.
Pour la première fois à notre connaissance, une nation crie, celle de Beaver Lake, demande une injonction afin de stopper l’octroi de 16 000 permis d’exploitation parce que l’exploitation des sables bitumineux détruirait ses territoires de chasse et de pêche.
Et finalement, l’archevêque Paul Bouchard de St. Paul, dans le nord de l’Alberta déclare que le développement rapide des sables bitumineux de l’Alberta ne peut être justifié moralement. Selon lui, «Si Dieu nous a confié la création, ce n’est pas pour la détruire, mais bien pour la préserver.»
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