Dans les rues d’Istanbul, impossible de ne pas remarquer la foule. La ville turque de 13 millions d’habitants est toujours bondée. Il faut jouer du coude pour se frayer un chemin à travers le Grand Bazar. Même les petites rues avoisinantes sont bien vivantes, avec des boutiques et des gens partout.
En levant les yeux, je vois les vêtements accrochés aux balcons des étages supérieurs, m’indiquant que des gens habitent aussi sur ces artères commerciales. Istanbul est une manifestation de ce à quoi les urbanistes aspirent : des quartiers hétérogènes où une grande variété d’activités coexistent.
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Visiter des villes asiatiques et européennes nous fait réaliser qu’habiter au-dessus d’une boutique est commun, voire souhaité, et que cela comporte de nombreux avantages. Le principal étant peut-être de ne pas dépendre de la voiture dès qu’on a besoin d’un litre de lait. Mais il y en a d’autres. La rue et le voisinage deviennent actifs, offrent des places ouvertes jour et nuit. Parfois, les propriétaires eux-mêmes résident dans le quartier et ont donc intérêt à maintenir le délicat équilibre entre activités résidentielles et commerciales.
En Amérique du Nord, la volonté de séparer les activités est née avec les banlieues. Aujourd’hui, près de la moitié de la population y vit. Deux autres inventions ont contribué à cette séparation artificielle des activités domestiques et commerciales : l’automobile et le centre commercial. Une fois que le centre commercial est devenu partie intégrante de notre paysage urbain, nous avons entériné son existence en interdisant les commerces dans les secteurs résidentiels.
Des agents immobiliers sont même allés encore plus loin en insinuant que les résidences voisines d’une épicerie valent moins cher.
Changements en vue
Au Canada, des changements fondamentaux rendent de plus en plus indispensable la réévaluation des règlements archaïques. La révolution de l’information transforme les maisons en un lieu polyvalent. Les courriels et les télécopies permettent de à travailler de chez soi. Jusqu’à 800 nouveaux bureaux à la maison seraient créés chaque semaine au pays. Les traducteurs, les illustrateurs et d’autres professionnels peuvent travailler de leur banlieue. Actuellement, il est difficile d’affirmer si leurs activités sont légales ou non.
Il est temps d’intégrer de nouvelles activités à l’environnement résidentiel. Pourquoi pas un coiffeur, une clinique dentaire, une petite librairie? Pourquoi ne pas autoriser la conversion d’une remise inutilisée en atelier d’artisan? Ces suggestions donnent des frissons à de nombreux responsables du zonage, qui y voient des problèmes potentiels de stationnement et de circulation. Je ne crois pas que ce soit réaliste. Il y aussi le mythe des montagnes de déchets et de la surcharge des infrastructures. Encore une fois, aucune de ces craintes n’est justifiée.
Il est peu probable que nous voyions des magasins au rez-de-chaussée des maisons en banlieue bientôt. Cependant, les bureaux à domicile pourraient être mieux encadrés. Les résidences au-dessus de commerces continueront à faire le charme d’Istanbul et d’autres villes méditerranéennes. J’espère simplement que les municipalités seront assez prévoyantes pour assouplir certains règlements de zonage et nous permettre de rendre nos communautés plus humaines.





