La commission parlementaire qui sillonnera le Québec pour, notamment, prendre le pouls de la population sur l’euthanasie se lancera sur les routes d’ici quel-ques semaines, mais une dizaine de médecins, généralement proches du mouvement catholique et opposés à l’euthanasie, font déjà entendre leurs voix. Ils étaient à Saint-Bruno de Montarville mercredi. Entrevue avec Joseph Ayoub, oncologue aux soins palliatifs de l’hôpital Notre-Dame.
Pourquoi parler de confusion dans la population à ce sujet?
Les sondages disent que 70 % de la population est pour l’euthanasie, et on s’en sert pour la justifier. Mais la question est posée à des gens en bonne santé. Selon une étude américaine, les résultats sont très différents lorsqu’on pose la même question à des personnes souffrant d’une maladie incurable.
Quels sont les enjeux liés à l’euthanasie?
L’acte d’euthanasie banalise la dignité humaine. Or, chez les rares patients qui font une demande d’euthanasie, il y a généralement d’autres motivations qu’il faut prendre le temps de décoder, comme la douleur physique, la dépression ou le besoin de voir sa famille. Le choix de l’euthanasie est une pente glissante, car le risque de dérapage est grand. Où va-t-on fixer la limite?
Quels sont les courants qui s’opposent?
Ceux qui sont contre l’euthanasie disent que la vie est sacrée. Les derniers moments de la vie sont très précieux, car, avant de mourir, le patient cherche généralement à transmettre à sa famille un message sur ce qui est essentiel dans la vie, un message qui peut transformer ses proches. Ceux qui sont pour la légalisation de l’euthanasie veulent que ce geste soit considéré comme médical et donc qu’il soit décriminalisé. D’autres, enfin, sont contre l’euthanasie, mais pour le suicide assisté, mais leur position a récemment été désavouée au parlement à Ottawa.

Ce sont des gens en bonne santé qui sont pour l’euthanasie, font valoir ces médecins, alors que des audiences publiques sur la question débutent bientôt

