De 2000 à 2008, le nombre de cégépiens ayant des troubles d’apprentissage ou de santé mentale a été multiplié par huit. Mardi et mercredi, la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (FEC-CSQ) se questionnera à l’occasion de son congrès annuel sur ces étudiants qui sont très prenants, d’après son président Mario Beauchemin. Loin de vouloir les écarter complètement des études postsecondaires, ce dernier demande plutôt que des ressources soient mises en place pour faciliter leur intégration.
Quel est l’impact de ces étudiants sur l’enseignement collégial?
Ça alourdit énormément la tâche parce qu’il faut les voir avant et après les cours. On doit modifier nos évaluations et leur faire faire des exercices particuliers à ces jeunes. Il faut les encadrer davantage à l’extérieur des cours. Et ça ralentit l’apprentissage des autres étudiants.
Est-ce que les professeurs de cégep reçoivent une formation ou de l’information sur les besoins spécifiques de ces étudiants?
On n’a pas de formation. Les enseignants du secondaire n’en ont pas non plus, mais depuis plusieurs années, [ceux-ci] sont soutenus par des orthopédagogues, des orthophonistes et des techniciens en éducation spécialisée. Ce genre d’employés n’est pas assez présent dans les cégeps. Les spécialistes commencent à peine à arriver. On manque aussi beaucoup d’information. Quand ces étudiants arrivent au collégial, ils ne sont pas obligés de déclarer qu’ils ont un trouble d’apprentissage ou un trouble du comportement. Donc, les enseignants et les professionnels ne peuvent pas assurer un suivi serré et offrir un encadrement plus soutenu pour les aider à réussir.
Que demandez-vous concrètement pour faciliter l’intégration de ces étudiants?
On demande que les profs soient informés de la présence de ces étudiants dans les classes, que leur nombre soit limité à l’inétrieur des groupes et que le surplus de travail qu’ils occasionnent soit calculé dans la tâche des enseignants. On veut aussi que davantage de spécialistes soient embauchés dans les cégeps.
Comment expliquez-vous que le nombre d’étudiants ayant des difficultés d’apprentissage ait augmenté de façon si importante?
Ces étudiants réussissent mieux au secondaire. Les ressources (personnel et financement) qui ont été mises en place pour les aider ont porté fruit.







