Jugeant que les droits des patients étaient bafoués par les délais d’attente déraisonnables dans les urgences, l’avocat spécialisé en responsabilité médicale Jean-Pierre Ménard a demandé à Québec de faire appliquer rigoureusement le Guide de gestion de l’urgence. Me Ménard, qui représente une dizaine de proches de patients décédés à la suite d’une attente prolongée à l’urgence, a estimé que la situation dans les urgences ne s’était pas améliorée depuis 2007.
«En 2007, le ministre de la Santé, Philippe Couillard, avait demandé que les normes de gestion des urgences soient respectées, a indiqué hier Me Jean-Pierre Ménard. Trois ans plus tard, nous voyons que rien n’a changé, que les normes ne sont toujours pas respectées et qu’aucune intervention ministérielle n’a été faite pour assurer les droits des patients.»
Intervention ministérielle
L’avocat a réclamé une intervention de l’actuel ministre de la Santé, Yves Bolduc, afin de faire appliquer le Guide de gestion de l’urgence. Ce guide, d’abord rédigé en 2000, a été révisé en 2004 et en 2008. Il prévoit notamment les délais normaux d’attente dans les urgences. Une directive de la Fédération des infirmières, publiée en 2008, prévoit aussi que si un médecin n’a pas vu un patient à l’intérieur du délai prévu, une infirmière doit réévaluer son état. Selon Jean-Pierre Ménard, cette réévaluation est très rarement faite.
Place à l’amélioration
«Le système de santé n’est pas en mesure de garantir aux patients des soins dans les délais prévus. C’est très grave, a soutenu Me Ménard. Il faut une intervention globale du ministre. Il faut envoyer un message fort aux urgences et faire appliquer intégralement les règles de fonctionnement aux urgences. Autrement, la population risque de perdre confiance dans le système de santé.»
Se disant conscient des difficultés auxquelles le système de santé doit déjà faire face, la pénurie de personnel notamment, Jean-Pierre Ménard croit tout de même qu’il est possible d’améliorer la situation. «Il n’y aura pas de miracle, mais il est possible de faire beaucoup mieux, a-t-il résumé. Il faut remettre en question l’organisation des urgences et revoir la façon dont nous les priorisons.»


