Craignant une diminution des services publics en raison de la lutte contre le déficit que s’apprête à amorcer le gouvernement du Québec, 90 organismes ont uni leur voix dimanche pour réclamer un maintien du filet social et une fiscalité équitable qui barrerait la voie à une hausse de la tarification des services publics.
La Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics a rappelé que 400 000 emplois ont été perdus depuis octobre 2008. Seuls 159 000 emplois ont été créés depuis juillet. «Les gens que nous représentons vivent les deux pieds sur terre, a indiqué Claudette Carbonneau, présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN). Pour plusieurs d’entre eux, les services publics comptent pour beaucoup dans leur niveau et leur qualité de vie.»
Refonte de la fiscalité
Rejetant le modèle américain d’utilisateur-payeur, la Coalition a exigé que le ministre des Finances, Raymond Bachand, se tourne vers les mieux nantis pour renflouer les coffres de l’État, plutôt que de couper dans les services.
«Le gouvernement essaie de nous faire croire que nous n’avons pas le choix, qu’il faut augmenter les taxes à la consommation, couper les budgets des ministères et augmenter les tarifs des services publics, a expliqué Marie-Ève Rancourt, porte-parole du Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire du Québec (MÉPACQ). Ce dont nous avons vraiment besoin, c’est d’une réforme en profondeur du système fiscal.»
La Coalition suggère d’ajouter un ou plusieurs paliers d’imposition pour les personnes les mieux nanties ainsi que pour les grandes entreprises et les banques. «Ce n’est pas normal qu’une personne qui gagne 150 000 $ par année ait vu son taux d’imposition passer de 33 % à 24 % et que les contributions fiscales des grandes entreprises soient passées de 61 % à 21 % en
40 ans, a déploré Mme Rancourt. Il faut redistribuer la richesse équitablement.»
Lutte contre le déficit
Les membres de la Coalition ont rejeté l’objectif du gouvernement de revenir au déficit zéro d’ici 2013-2014. Selon eux, un retour plus graduel à l’équilibre entraînerait des coupures budgétaires de moindre importance et garantirait le maintien des services publics. «Nous n’avons pas besoin d’être un meilleur joueur que les autres provinces, a affirmé Réjean Parent, président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).
Il ne s’agit pas de retarder le retour au déficit zéro de 40 ou 50 ans, mais de se donner des règles semblables à celles des autres.» L’Ontario, particulièrement touchée par la crise économique, ne prévoit pas un retour à l’équilibre avant 2016.




