Près du tiers des Québécois (29 %) regrettent l’absence de véritables leaders dans la société, selon un sondage de l’observatoire de l’Indice relatif de bonheur (IRB) rendu public lundi. Celui-ci rapporte également qu’ils déplorent le manque de projets de société porteurs (78 %) et que les gouvernements ne peuvent rien y faire (93 %). Loin d’être surpris de ces résultats, le président de l’IRB, Pierre Côté, y voit une déconnexion entre les besoins de la population et les intérêts des décideurs.
Comment expliquez-vous ce désenchantement des Québécois?
Quand les pouvoirs n’ont plus la confiance de la population, il se crée une scission, ce qui fait en sorte que les dirigeants dirigent en fonction de ce qu’ils veulent bien. La population s’en moque un peu. C’est une des raisons pour lesquelles l’individualisme est si fort. Les gens n’ont plus confiance en qui que ce soit, alors leur projet, c’est leur vie, c’est leur univers, c’est leur nombril. En même temps qu’on assiste à une mondialisation de l’information, notre univers, dans nos préoccupations, se rapetisse. C’est paradoxal.
Qu’est-ce qui leur redonnerait un peu d’espoir selon vous?
Il faudrait qu’on leur propose des projets. Il faudrait qu’on puisse les attacher à quelque chose. Il n’y a aucun projet emballant qui ferait dire aux gens «wow! On est capables». Le problème d’un projet comme cela, c’est qu’il faut qu’il soit porté par quelqu’un et il n’y a personne qui semble avoir cette capacité.
Régis Labeaume et Steven Guilbeault figurent en tête du palmarès des leaders de l’IRB. Peuvent-ils fait une différence?
Ils ont de la graine de leader. Même s’il n’est maire qu’à Québec, Régis Labeaume rayonne. Il est sans doute un phénomène plus passager. On l’aime beaucoup parce qu’il a son franc-parler, mais ça va le rattraper. Steven Guilbeault est associé à une cause. Idéalement, il faut que sa cause soit plus grande que lui. Il faut qu’elle le transcende. Et on sent cela beaucoup plus de la part de Guilbeault que de Labeaume.



