Acheter des fraises de l’Ontario plutôt que celles de la Californie n’a pas moins d’impact sur l’environnement, selon une note de l’Institut économique de Montréal (IEM). «Le mode de transport est souvent beaucoup plus important [dans la production de GES] que la distance», explique le professseur associé de géographie à l’Université de Toronto Mississauga, Pierre Desrochers.
En Grande-Bretagne, près de 82 % des 30 milliards de kilomètres «alimentaires» sont parcourus à l’intérieur du pays, rapporte la note économique. Des voitures et des véhicules lourds sont utilisés pour couvrir respectivement 48 % et 31 % de la distance. Ces données laissent entendre que les consommateurs qui utilisent leur voiture pour acheter des denrées à l’épicerie ont un impact environnemental non négligeable. Seulement 1 % des kilomètres alimentaires sont générés par le bateau et l’avion.
La production est plus polluante que le transport
La note de l’Institut économique indique que 11 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) associées à la nourriture sont attribuables au transport. En revanche, la production même des aliments cause environ 83 % des GES.
Le fait que les fraises de Californie sont produites dans des conditions optimales contribue à en faire un choix écologique, selon M. Desrochers. «En Californie, ils ont des installations beaucoup plus grandes et ils utilisent leur entrepôt et leur machinerie de façon beaucoup plus efficace», précise le professeur. Résultat : un hectare de terre de l’État américain rapporte 50 000 kg de fraises, alors que le même hectare en Ontario permet de recueillir de 7 000 à 10 000 kg de petits fruits, selon les données fournies par l’IEM.
Autre exemple que donne Pierre Desrochers : les tomates. Celles qui poussent au Royaume-Uni produisent 2 394 kg de CO2/tonne tandis que celles qui sont importées d’Espagne entraînent des émissions de GES de 630 kg/tonne. La différence? Les serres sont chauffées dans le royaume britannique et non en Espagne.
De saison et hors saison
Équiterre apporte quelques bémols aux résultats de l’étude. Celle-ci ne fait pas la distinction entre les produits de saison et hors-saison. «Pour ce qu’il est possible de produire au Québec en saison, l’achat local est le meilleur choix», mentionne la coordonnatrice Alimentation, agriculture et commerce de l’organisme environnemental, Isabelle St-Germain.
Selon cette dernière, acheter une pomme du Québec au mois de septembre est un choix beaucoup plus écolo que de consommer celle produite en Nouvelle-Zélande. Fait à noter, Équiterre ne prône pas l’achat local à tout prix, mais plutôt une consommation responsable.
Dans l’étude de l’IEM, il n’y a aucune mention de la qualité nutritionnelle des aliments ou des critères socio-économiques qui peuvent motiver un achat local, a noté le coordonnatrice d’Équiterre.


