Élu député de Chauveau depuis moins d'un an, Gérard Deltell a été nommé, hier, chef par intérim de l'ADQ. C'est à la suite de la démission de Gilles Taillon mercredi, à peine un mois après son élection, que le caucus adéquiste a pu désigner M. Deltell, qui sera couronné par les membres au printemps prochain. Entretien avec le nouveau chef.
Après plusieurs mois de déchirements au sein de l’ADQ, qu’allez-vous faire pour remettre le parti sur les rails ?
Ce qui est important à prendre en compte, c’est qu’il faut écouter les militants et les mettre au cœur du débat politique, au cœur de l’ADQ. Il faut défendre les idées de centre-droit qui sont notre marque de commerce et qui nous mènerons à un gouvernement lucide et responsable.
Mais il faut d’abord redresser le parti. Les derniers mois ont été particulièrement douloureux pour tous les gens qui étaient reliés de près ou de loin à l’ADQ. On devra donc laisser retomber la poussière, prendre un grand respire et regarder en avant. Il faut avoir une perspective d’avenir out en revenant à nos origines, à nos racines. Il faut également lancer des campagnes de financement. Il y a plein de choses au programme, mais pour ça, nous devons avoir le soutien et l’appui des militants.
Seriez-vous ouvert à un éventuel retour de MM. Caire et Picard?
C’est à nous de créer des conditions qui vont faire en sorte que ces gens-là vont se sentir de nouveau à l’aise à l’intérieur du parti. Et s’ils veulent revenir, ils sont les bienvenus.
Y a-t-il un dossier qui vous tient particulièrement à cœur ?
L’avenir du Québec. J’aime le Québec et c’est pour cette raison que je n’aime pas ce qui se passe au Québec. Si on ne réagit pas, qu’on ne s’attaque pas aux vaches sacrées, qu’on ne met pas tout sur la table et qu’on ne revoit pas nos façons de faire, on s’en va dans le mur.
Vous aviez décidé lors de la course à la chefferie de ne pas être candidat. Pourquoi êtes-vous intéressé à devenir chef aujourd’hui ?
Lors de la course, il y avait déjà trois candidats établis qui se présentaient, les équipes étaient déjà engagées envers ces candidats. Aujourd’hui, les circonstances sont complètement différentes. J’ai reçu le soutien des gens du parti et du caucus, ce qui m’autorise à pouvoir agir fièrement comme chef.
Pourquoi est-ce que vous êtes le bon chef pour l’ADQ ?
J’ai toujours aimé la politique et je suis très à l’aise avec les idées que nous défendons à l’ADQ. C’est là-dessus que je table et quand on est sincère et que l’on croit en nos idées, qu’on les défend bec et ongles, ça devient contagieux pour les citoyens.
Est-ce que ça vous inquiète de prendre la tête d’un parti moribond ?
C’est clair que la situation nous amène à agir de façon indulgente et raisonnée. Je dis qu’on ne relève pas des défis parce qu’ils sont faciles mais plutôt parce qu’ils sont exigeants, parce que ça nous amène à être à notre meilleur.