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CARI Saint-Laurent: Femmes cherchent repères

  Collaboration Spéciale

Chaque mois, les femmes qui fréquentent le CARI Saint-Laurent prennent part à un atelier de cuisine internationale.


MARIE-EVE SHAFFER
MÉTRO
26 octobre 2009 00:23
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Hafsa Rizki a débarqué à Montréal en 2006 avec son mari et ses deux enfants, sans parent ni ami pour l’aider à s’orienter dans la métropole. Pen­dant les cinq mois qui ont suivi son arrivée, elle s’est enfermée chez elle.

«C’était très dur, dit la Marocaine d’origine. J’étais angoissée. Je me retrouvais seule à la maison avec mes deux enfants. Je ne savais pas par où commencer.»

Un jour, une intervenante du milieu lui a suggéré d’aller cogner à la porte du CARI Saint-Laurent pour l’aider à s’intégrer à la société.

«J’y ai trouvé des cœurs ouverts, j’y ai trouvé une famille», raconte-t-elle avec un large sourire.

Situé dans le quartier très multiculturel de Saint-Laurent, le CARI Saint-Laurent offre une multitude de services pour aider les personnes immigrantes à s’y retrouver à Montréal. Environ 3 000 nouveaux ar­ri­vants s’y arrêtent  chaque année, et plus de la moitié sont des femmes. Un
programme spécialement conçu pour elles a été mis sur pied il y a une quinzaine d’années afin de les tirer de leur isolement.

«On sentait que les femmes avaient besoin de se retrouver, explique la responsable du programme Femmes du monde, Martine Simard. Elles avaient besoin de développer leur confiance et d’adapter leurs connaissances à la société.»

Des prétextes à des rencontres
Des ateliers d’artisanat ou de couture, des cours d’informatique et des ciné-débats sont régulièrement organisés. Ce sont en fait des prétextes à des rencontres pour ces femmes sans repère. «J’ai trouvé [dans ces ateliers] beaucoup de ressources, confie Hafsa Rizki. “Prenez l’autobus 121 pour aller jusqu’à la rue Sauvé. Pour trouver des vêtements de neige, allez là”. Et on pratique notre français en même temps. Même si on se retrouve avec quelqu’un de notre communauté, on parle français.»

Étant Marocaine d’origine, Mme Rizki avait un avantage lorsqu’elle est arrivée ici puisqu’elle parlait déjà le français. Mais ça ne l’a pas empêchée de suivre un cours de perfectionnement pour maîtriser davantage la langue française.

Le CARI Saint-Laurent encourage aussi les échan­ges interculturels. Par exem­ple, chaque mois se tient un atelier de cuisine internationale. «On choisit un pays différent chaque fois, mentionne Martine Simard. On mange un plat typique et on présente les conditions de vie des femmes dans le pays choisi. Et c’est une femme qui fréquente le CARI qui fait la présentation.»

Toutes ces activités ont pour but d’inclure dans la société ces femmes qui peinent à s’y retrouver. Mais parfois, l’angoisse est telle qu’elles décident de retourner dans leur pays d’origine, abandonnant du même coup leur rêve d’une vie meilleure. «J’en connais qui sont reparties», admet du bout des lèvres Mme Rizki.
    
Parfaitement intégrée
Trois ans après avoir immigré au Québec, Hafsa Rizki se sent parfaitement intégrée à la société québécoise. Après avoir fait un stage de six mois au sein de l’organisme sans but lucratif Renaissance, elle occupe aujourd’hui un emploi dans une boutique du marché central. Elle continue à participer aux activités du CARI Saint-Laurent.

Elle connaît pratiquement toutes les femmes qui fréquentent l’organisme parce qu’elle en a recruté plusieurs. Et elle ne cesse d’en recruter de nouvelles tant elle est reconnaissante envers le CARI Saint-Laurent de l’avoir tirée de sa solitude.
www.cari.qc.ca
 

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