Pendant la campagne électorale, la tâche ne sera pas facile pour Jean Charest. Il devra s’appliquer à justifier le déclenchement des élections.
«Il dit qu’il a besoin d’une élection pour faire face à la crise économique, ce qui est extrêmement douteux puisque personne ne comptait faire tomber le gouvernement», a expliqué le directeur du Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CERIUM), Jean-François Lisée, à Métro.
Au cours de son dernier mandat, le premier ministre a fait attention de ne pas bousculer les Québécois, ce qui a contribué à augmenter le taux de satisfaction de son gouvernement. «Mais la campagne électorale bouscule les Québécois, et sa popularité pourrait dégonfler», a fait savoir M. Lisée.
Qui plus est, les libéraux ont déjà une longueur d’avance dans les sondages, ce qui n’est pas nécessairement de bon augure pour Jean Charest, selon le professeur de sciences politiques de l’Université de Montréal Éric Montpetit. «Celui qui est normalement en position de tête en début de campagne est celui qui a le plus à perdre», a-t-il dit.
Aucun gain pour l’ADQ
L’Action démocratique du Québec pourrait aussi perdre beaucoup de plumes pendant la campagne électorale. D’après Jean-François Lisée, les adéquistes devront concentrer leurs efforts à «sauver les meubles». «Il est clair qu’ils ne feront pas de gain supplémentaire, a-t-il indiqué. Un de leurs gros canons, Gilles Taillon, se présente dans un comté qu’il ne peut pas gagner.» Libéraux et péquistes déploieront ainsi beaucoup d’efforts pour ravir les sièges des adéquistes.
À Montréal, la lutte se fera uniquement entre les troupes de Jean Charest et celles de Pauline Marois, selon les deux universitaires. «[Les adéquistes] savent très bien que l’île de Montréal est difficile à aller chercher, a mentionné Éric Montpetit. Donc, ils mettront l’accent davantage sur les banlieues et les régions rurales.»
Une femme première ministre?
Fait particulier de cette campagne électorale : une femme pourrait être élue pour la première fois à la tête du Québec. «Cette idée ne s’est pas installée dans le débat public», a constaté le directeur du CERIUM. Reste à voir comment la chef du Parti québécois, Pauline Marois, en tirera profit.
La présence de Mme Marois est toutefois un obstacle pour Québec solidaire et le Parti vert. Contrairement à son prédécesseur, André Boisclair, Mme Marois provient de l’aile gauche du PQ. «Ça rend la tâche un peu plus difficile pour Québec solidaire de se démarquer de Pauline Marois», a précisé M. Lisée.
Pas de Barack Obama au Québec
Ces élections provinciales ne susciteront sans doute pas autant d’enthousiasme que les présidentielles américaine, estime Éric Montpetit. «Malheureusement, il n’y a pas de Barack Obama au Québec, a-t-il souligné. Mais ça ne veut pas dire que la campagne électorale ne sera pas intéressante».
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