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Critiques CD

Critiques CD de la semaine du 8 au 12 mars 2010

Métro
2010-03-11 22:41:15.000

Cette semaine, l'équipe de Métro a écouté les derniers albums de Little Boots, Gorillaz, Vulgaires Machins, Nolwenn Leroy et Charlie Winston.


Pop-tastique
Little Boots
Hands (
4/5)

Hands est
l’album pop de l’année. Point à la ligne. Le premier opus de Victoria Christina Hesketh, alias Little Boots, regorge de mélodies en béton qui nous restent en tête après une seule écoute. La Brit de 22 ans a non seulement le don de pondre des mélodies électro-dance diablement accrocheuses, mais elle se révèle aussi une parolière de grand talent, passée maîtresse dans l’art de jouer avec les mots. Parmi les nombreuses bombes proposées sur l’opus, citons Remedy (hyper kitsch), Ghost (menée par un roulement de tambour) et Stuck on Repeat (un clin d’œil au I Feel Love de Donna Summer).
— Marc-André Lemieux



Sous le soleil
Gorillaz
Plastic Beach (4/5)

Gorillaz réussit une fois de plus à nous surprendre avec son troisième CD. Cinq ans après le sombre Demon Days, le groupe virtuel revient avec Plastic Beach, un opus éclectique, complexe et dense, mais surtout, lumineux. Le quatuor britannique y explore le hip-hop old school comme jamais auparavant, avec des invités de marque comme Snoop Dogg et Mos Def. Plus pop, la seconde moitié du dis­que mise davantage sur les synthétiseurs et les refrains accrocheurs. C’est aussi avec plaisir qu’on retrou­­ve la voix mélancolique de Damon Albarn, qui se déploie avec douceur sur Rhinestone Eyes.
— Marc-André Lemieux



Toujours vulgaires
Vulgaires machins
Requiem pour les sourds (3,5/5)
C’est devenu un cliché de le dire, mais Vulgaires Machins se plaît à taper sur les travers de la société. Et le quatuor tape de plus en plus fort. Il continue ici là où il avait laissé, et avec sa cible de prédilection : le néolibéralisme. Certains y verront des messages peut-être un peu trop «cégépiens». Mais on ne peut leur reprocher leur franchise. Musi­calement, on retrouve le groupe qu’on connaît. Le sens de la mélodie est toujours aussi présent, même si le son est moins peaufiné. Bref, tous les ingrédients sont réunis et l’album a tout pour plaire, même s’il surprend moins que son prédécesseur.
— Christian Duperron



Au pays d'Alice
Nolwenn Leroy
Le cheschire Cat et moi (3,5/5

Nolwenn Leroy plonge dans l’univers d’Alice au pays des merveilles avec son troisième album Le cheschire cat et moi. Les chansons douces, la pochette de l’album et, bien sûr, la référence au cheschire cat, nous rappellent tous un peu l’univers déjanté du livre de Lewis Carroll. La pièce Faut-il, faut-il pas vaut le détour. La Française s’est fait un nom en remportant la deuxième mouture de Star Académie en France. Ses mélodies assez originales tranchent avec le travail de plusieurs anciens académiciens québécois. Disons qu’on est loin de… (mieux vaut ne pas donner de nom).
— Mathieu Horth Gagné




Adopté!
Charlie Winston
Hobo (
3,5/5)

En France, il a fait un tabac avec Hobo, son premier album. Pourtant, Charlie Winston est Britan­ni­que. On comprend pourquoi nos cousins ont craqué pour sa voix chaude. Les compositions du musicien ont un petit quelque chose de vintage. Il mélange allégrement la pop, le folk et le rock en leur insufflant ici et là un peu de swing et de blues. Il manie la guitare et le piano, proposant autant des ballades épurées que des titres plus up tempo entraînants. Charlie Winston ne réinvente pas la roue, mais son interprétation est rafraîchissante et enjouée. On l’adopte nous aussi!
— Geneviève Vézina-Montplaisir

Évaluation: 5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt

Critiques CD de la semaine du 1er au 5 mars 2010

Métro
2010-03-05 00:00:01.000

Cette semaine, l'équipe de Métro a écouté les derniers albums de Radio Radio, Ben Harper and Relentless7, Agnès Bihl et Vinicio Capossela.


Chiac électro
Radio radio
Belmundo regal (
4/5)

Prêt pour un voyage un peu déjanté dans l’univers de Radio Radio? Moins rentre-dedans que Cliché hot, le nouvel album du groupe acadien (devenu trio en raison du départ du MC Timo), Belmundo Regal nous transporte dans un monde électro-pop où le hip-hop semble de moins en moins présent, mais où la poésie est toujours aussi originale. D’ailleurs, avoir le magnifique livret de l’album en main pendant l’écoute permet de saisir les savoureuses subtilités du chiac que les trois lurons maîtrisent à la perfection. Les pièces Cargué dans ma chaise et Tômtôm sont des incontournables.
— Mathieu Horth Gagné



Bons souvenirs
Ben Harper and The Relentless7
Live from the Montreal international Jazz Festival (3,5/5)

Ceux qui ont manqué le spectacle de clôture du 30e Festival International de Jazz de Montréal, le 12 juillet, et qui s’en sont mordu les doigts longtemps, peuvent maintenant revivre cette soirée mémorable comme s’ils y étaient. Live From the Montreal International Jazz Festival contentera ceux qui ont manqué cette soirée, et ceux qui y étaient pourront se rappeler de très bons souvenirs. Le chanteur et ses musiciens y interprètent les pièces de leur dernier album, White Lies for Dark Times, mais en y ajoutant une bonne dose de distorsions de guitare et d’énergie que seul le live peut donner.
— Geneviève Vézina-Montplaisir



Volte-face
Agnès bihl
Rêve général(e) (3/5)
Pour son 4e opus, Agnès Bihl s’est lancé un défi : écrire sur le bonheur d’exister! Habituée de composer des chansons dures, sur Rêve général(e), elle fait volte-face. Avec des rythmes joyeux qui font parfois penser à La Rue Kétanou, les pièces racontent toutes sortes d’histoires rigolotes et heureuses. À mi-chemin entre le slam et la chanson, la Française enchante avec sa voix plus fille que femme. La protégée d’Aznavour propose une sympathique collaboration avec le slameur Grand Corps Malade qui s’intitule Je t’aime que moi. Agnès Bihl sera ce soir à 20 h au Centre culturel Henri-Lemieux, à LaSalle.
— Rachelle McDuff



Singolare
Vinicio Capossela
The story-faced man (3/5

Cette compilation est une invitation à découvrir un artiste italien singulier. Certains l’ont surnommé, avec raison, le «Tom Waits italien», probablement en raison de sa voix rocailleuse, des atmosphères plutôt lugubres de certaines de ses chansons et de ses explorations musicales – il faut dire que ce collage va dans tous les sens... malgré plusieurs perles, c’est à en perdre son latin! Oui, on reconnaît la touche italienne, à la fois traditionnelle et mo­der­ne, mais c’est tout plein d’influences internationales efficaces qui font sourire. Pour découvrir le personnage sur scène, rendez-vous lundi à L’Astral, à Montréal.
— Éric Aussant


Évaluation: 5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt

Critiques CD de la semaine du 22 au 26 février 2010

Métro
2010-02-26 00:00:01.000

Cette semaine, l'équipe de Métro a écouté les derniers albums de De Palmas, Les Tireux d’roches, Toutes les filles: artistes variés, Stanislas et Eddy Mitchell.


B.O. de films
De Palmas
Sortir (
3,5/5)

Pour son cinquième CD, Gérald De Palmas voulait faire différent. Si on reconnaît son empreinte pop hyper mélodique – presque tous les titres ont un potentiel radio – l’auteur-compositeur français a planché sur l’enrobage. Il a donné une couleur «musique de film» à ses arrangements. Un travail soigné, très intéressant à découvrir et à redécouvrir tant il y a de trouvailles (oui, il y a des envolées orchestra­les, mais les guitares sont aussi travaillées). Particulièrement accrocheuses : la vaguement country Dans une larme, la plus pop Indemne et Pando­ra’s Box en duo avec Eagle-Eye Cherry.
— Éric Aussant



Trad et festif
Les Tireux d'roches
Cé qu’essé (3,5/5)

Les Tireux de roches nous présente un quatrième album aussi festif que ses précédents. Sur Cé qu’essé, le groupe québécois présente une dizaine de chansons inspirées du répertoire folk et traditionnel de chez nous, mais avec une saveur bien à lui. À ces rigodons, les six musiciens ajoutent ici et là des notes arabisantes ou manouches. Le résultat? Un album de musique trad vraiment actuel réalisé par Jeannot Bournival, à qui on doit entre autres le dernier album du conteur Fred Pellerin. Le tout teinté d’une bonne dose d’humour.
— Geneviève Vézina-Montplaisir



Beau, mais triste
Artiste variés
Toutes les filles (2,5/5)
Faisant suite à la tournée Toutes les filles, l’album du même nom met en vedette les belles compositions d’Amélie Veille, Catherine Durand, Gaële, Ginette, Magnolia, Marie-Annick Lépine et Sylvie Paquette. Cependant, cette compilation, qui contient14 chansons et une reprise de Tous les garçons et les filles de François Hardy, est tristounette. Ils ne sont pas jojos, les titres folk de Toutes les filles! Ceux-ci sont très dépouillés. On aurait aimé des arrangements plus inventifs et colorés. Cela dit, ce disque permet de découvrir ou de redécouvrir des talentueuses artistes d’ici. 
— Geneviève Vézina-Montplaisir



Le passé revient
Stanislas
Les carnets de la vigie (2,5/5)

Le Stanislas qu’on préfère, c’est celui qui ne se prend pas au sérieux, celui qui se tient loin des arrangements pompeux... L’ex-chef d’orchestre réussit parfois à mettre son passé de côté sur Les carnets de la vigie, son deuxième album. Le résultat, plus pop et dansant, est alors plus intéressant (Au sud du ciel propose un groove pas piqué des vers, tandis que Sensiblement modifiés, chantée en duo avec Béatrice Rosen, accroche par ses rythmes électroniques qui se marient parfaitement à une trame composée de violons). Malheureu­sement, sa voix haut perchée revient en force sur quelques titres.
— Marc-André Lemieux



Massacre traduit
Eddy Mitchell
Grand écran (0,5/5)
Ceux qui pensaient avoir atteint le fond du baril des albums de reprises avec le dernier CD de Garou n’ont qu’à bien se tenir : avec Grand écran, Eddy Mitchell vous en donne pour votre argent! Le comédien et «chanteur» français sabote ses musiques de film préférées. À mi-chemin entre le crooner déchu et le vieux mononcle, il massacre – à coups de trémo­los mal contrôlés et de cuivres poussiéreux – des classiques comme Knocking on Heaven’s Door de Bob Dylan et Over the Rainbow (en duo avec Melody Gardot). A-t-on oublié de dire que chaque cover fait l’objet d’une adaptation française? 
— Marc-André Lemieux

Évaluation: 5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt

Critiques CD de la semaine du 15 au 19 février 2010

Métro
2010-02-19 00:00:01.000

Cette semaine, l'équipe de Métro a écouté les derniers albums de La grande Sophie, Peter Gabriel, Infected Mushroom et HIM ainsi que des hymnes honorant le Canada.


À découvrir
La grande Sophie
Des vagues et des ruisseaux (
4/5)

Près d’un an après sa sortie en France, le dernier opus de La Grande Sophie vient d’arriver au Québec. Moins rock que ses albums précédents, Des vagues et des ruisseaux sera une belle surprise pour ceux qui connaissent déjà la Française et une découverte sympathique pour les autres. À près de 40 ans, le cinquième album studio de l’auteure-compositrice-interprète est considéré comme son «album de la maturité». On aime moins le style «chant d’église» de La valse des adieux, mais on aime particulièrement la reprise très personnelle de la chanson Dis, quand reviendras-tu?
— Catherine Girouard



Symphonique
Peter Gabriel
Scratch my Back (4/5)

Au tour de Peter Gabriel de faire un album de reprises… Mais quel album de reprises! Le chanteur reprend des pièces de David Bowie, Paul Simon, Arcade Fire, Radiohead et Neil Young, mais en se les réappropriant vraiment. Il le fait en toute intimité, sans guitare, ni batterie, mais plutôt avec un ensemble symphonique. Le résultat est vraiment intéressant, l’interprète laissant ici toute la place àsa belle voix, aux nouveaux arrangements inventifs et, surtout, aux magnifiques textes interprétés. Seule ombre au tableau : le tout est parfois un peu sombre.
— Geneviève Vézina-Montplaisir



Intense
Infected Mushroom
Legend of the Black Shawarma (3,5/5)
Dès qu’on met le nouveau disque d’Infected Mushroom dans le lecteur CD, on n’y échappe pas. On a le goût de sauter partout. La musique électronique psychédélique-transe, à laquelle on a ajouté une bonne dose de rock et même parfois d’heavy metal, avec des guitares et des batteries bien senties, nous happe complètement. À noter la présence de Perry Ferrell, du groupe Jane’s Addiction, sur la pièce Killing Time qui ralentit un peu la cadence effrénée des pièces, et celle de Jonathan Davis, de la formation Korn, sur Smashing The Opponent. Pour les amateurs du genre seulement! 
— Geneviève Vézina-Montplaisir



Tout doux
HIM
Screamworks: Love In Theory And Practice, Chapters
1-13
(2,5/5)

Le groupe métal finlandais HIM a décidé de prendre un virage romantique avec son nouvel album Screamworks: Love In Theory And Practice, Chapters 1-13. La formation menée par le chanteur Ville Valo délaisse en effet les cris primaux et les textes sombres pour nous offrir une musique beaucoup plus douce et mélancolique. Les amateurs de rock plus hard ne seront pas séduits par cet album, mais les fans finis du groupe devraient y trouver leur compte. Chanson après chanson, la performance vocale de Valo est impressionnante. Dommage qu’on ait déjà entendu toutes ces pièces au moins mille fois.         
— Mathieu Horth Gagné



Go Canada!
Artistes Variés
Les hymnes honorant le hoc­key au Canada (2,5/5)
Profitant de la tenue des JO à Vancouver, le label EMI lance la compile Les hymnes honorant le hoc­key au Canada, un CD regroupant – comme son nom l’indique – 22 pièces qu’on a l’habitude d’entendre dans les arénas de la LNH. Parmi celles qu’il fait plaisir d’entendre, citons Rock and Roll All Night de KISS, Lust for Life d’Iggy Pop, Cum on Feel the Noize de Quiet Riot et le fameux Na Na Hey Hey Kis Him Goodbye de Steam. Cliché, mais quand même entraînant. Là où ça se gâte, c’est quand on tombe dans le dance dépassé (Cotton Eye Joe de Rednex) et le rock canadien (Great Big Sea, Nickelback).
— Marc-André Lemieux

Évaluation: 5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt

Critiques CD de la semaine du 8 au 12 février 2010

Métro
2010-02-12 00:00:01.000

Cette semaine, l'équipe de Métro a écouté les derniers albums de Massive Attack, Sade, The Magnetik Fields, Patrick Normand et Luce Dufault.


Trip-Hop au top
Massive Attack
Heligoland (
4/5)

Sept ans après 100th Window, Massive Attack revient avec Heligoland, un opus bigarré qui marque le retour de Grant Marshall. Avec des titres comme Pray For Rain et Girl I Love You, les vétérans du trip-hop prouvent qu’ils maîtrisent toujours l’art de pondre des beats hypnoti­sants. Au micro, la présence d’artistes comme Damon Albarn (Blur, Gorillaz) et Tunde Adebim­­pe (TV on the Radio) donne du relief à l’ensemble. Seul bémol : la faiblesse de certaines mélodies. À l’exception de la géniale Paradise Circus, rares sont les chansons qui nous accrochent à la première écoute.
— Marc-André Lemieux



Tel quel
Sade
Soldier of love (4/5)

Dix ans après Lovers Rock, Sade Adu et ses fidèles musiciens lancent un 6e album en près de 30 ans de carrière. Pour ceux qui connaissent la chanteuse et sa musique, vous la retrouverez telle quelle. Et c’est tant mieux! Ses chansons au son unique – R’nB-jazz-pop aux rythmes lents – sont géniales... et arrivent juste à temps pour la Saint-Valentin. C’est que bien des enfants ont dû être conçus sur ses chansons… Pour ceux qui ne la connaissent pas, c’est l’album idéal pour la découvrir. Moments forts : l’excellente Soldier of Love, la minimaliste Morning Bird et Long Hard Road.
— Éric Aussant



Folk revisité
The Magnetic Fields
Realism (3,5/5)
Avec Realism, la formation The Magnetic Fields clôt une trilogie (sans synthétiseur!) entamée en 2004 avec i. Ici, le prolifique leader du groupe, Stephin Merritt, a affirmé vouloir revisiter le genre folk. Il a donc composé 13 courtes chansons dans la tradition du genre, mais avec ici et là l’ajout d’instruments, comme l’accordéon et le banjo, à la classique guitare. Le résultat est heureux, le groupe nous présentant des titres tous différents. Tantôt, on est séduit par les harmonies vocales de You Must Be Out of Your Mind, tantôt on est sous le charme de la joyeuse We Are Having A Hootenanny.
— Geneviève Vézina-Montplaisir



Hommage
Patrick Normand
Where I come from (3/5)

Un des piliers du country québécois a décidé de rendre hommage à un géant. Pour Where I Come From (A Tribute To Hank Williams), Patrick Normand est allé piger 12 pièces dans le répertoire de la légende de la musique américaine. Respectueux de son idole, Normand n’a pas apporté de grands changements aux chansons qu’il a reprises (Hey Good Lookin’, I’m So Lonesome I Coud Cry, Jambalaya, etc.). En dépit des allures sobres de l’opus, le musicien québécois s’est tout de même permis quelques arrangements plus modernes, dépoussiérant ainsi des chansons vieilles de plus de 60 ans.           
— Mathieu Horth Gagné



Reprise (Bis)
Luce Dufault
Luce (2,5/5)
Au tour de Luce Dufault de surfer sur la vague des reprises avec son sixième album studio. Sans artifice, la réalisation met de l’avant la voix riche et puissante de l’interprète. Fidèle à elle-même, la chanteuse ne multiplie pas les pirouettes vocales futiles. Parmi les ratées, citons Someone to Watch Over Me de Gers­hwin (à laquelle on a donné une malheureuse ambiance de fond de bar) et la célèbre You Keep Me Hanging On des Supremes (que la batterie et la basse alourdissent inutilement). On préfère de loin la légèreté motown de Time After Time et la soul de Spinning Wheel.
— Marc-André Lemieux

Évaluation: 5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt

Critiques CD de la semaine du 1er au 5 février 2010

Métro
2010-02-05 00:00:01.000

Cette semaine, l'équipe de Métro a écouté les derniers albums de Marjo, Hollerado, Nouvelle Vague, Never Shout Never et Johanne Blouin.


Doux
Marjo
Marjo et ses hommes Vol.2 (
3,5/5)

Consacré au répertoire rock de la chanteuse, le premier volume nous avait laissé perplexe (Jonas qui chante Provocante, c’était une blague, pas vrai?). Cette fois-ci, par contre, Marjo et son équipe ont visé dans le mille. Grâce à de nouveaux arrangements soignés, on redécouvre avec plaisir les ballades de l’icône. Parmi les plus belles collaborations, citons Doux (magnifique, avec Richard Séguin), Chats sauvages (folk et beaucoup moins quétaine avec Richard Desjardins) et Bohémienne (à saveur latine avec Mario Pel­chat). On regrette toutefois la touche reggae cheap donnée à Je sais, je sais.
— Marc-André Lemieux



Rock en sac
Hollerado
Record in a Bag (3,5/5)

Lancé gratuitement en ligne début 2009, Record in a Bag fera son arrivée officielle chez les
disquaires dans les prochains jours. Oui, il est vraiment dans un sac – de style Ziploc. Ces Ontariens qui ont adopté Montréal frappent fort avec un rock bien produit, mais pas trop propre, un peu punk, la guitare bien appuyée et des refrains qui accrochent. On pourrait établir un parallèle avec Franz Ferdinand ou Arctic Monkeys, notamment sur les excellentes Americanarama et Juliette. Un album sans prétention avec des gars qui s’amusent. À voir tous les samedis de février au Divan orange.
— Christian Duperron



En toute intimité
Nouvelle Vague
3 (3/5)
Pour son troisième album, la formation française reprend une fois de plus des succès punk et new wave. Cette fois-ci, le duo revisite des pièces de Depeche Mode, Violent Femmes, Plastic Bertrand, The Sex Pistols et The Police à la sauce country et bluegrass. Le résultat est la plupart du temps heureux, même si on s’ennuie un peu à l’écoute de cette galette au ton uni. Nouvelle Vague a beau faire appel à Martin Gore (Depeche Mode), Ian Mc Cullough (Echo and the Bunnymen) et Terry Hall (The Gogo’s), ces collaborations n’arrivent pas à donner le piquant qui manque à 3. 
— Geneviève Vézina-Montplaisir



Trop cute!
Never Shout Never
What is love? (2,5/5)

Christofer Ingle, alias Never Shout Never, a un don indéniable pour les mélodies. Dommage que la pop acoustique bon enfant qu’il nous sert sur son premier album manque autant de tonus. Réalisée par Butch Walker (Avril Lavigne, Simple Plan), la galette offre huit titres s’apparentant un peu trop à des comptines. Les plus cyniques grimaceront à l’écoute de pièces un peu trop fleur bleue comme I Love You 5 (où le jeune Américain de 18 ans va jusqu’à lancer un «Shoo Bee Doo» bien senti), mais les fans de refrains entraînants craqueront pour la jolie (mais fort trop cute) Jane Doe.            
— Marc-André Lemieux



Un peu de cœur
Johanne Blouin
Lui (2/5)
S'il y a une chose à souligner à propos de ce nouvel album de Johanne Blouin, c’est la réalisation des guitaristes Jeff Smallwood et Michel Cusson, faite sur mesu­re pour elle. S’il y en avait deux, on citerait la nouvelle pièce de Jean-Pierre Ferland, Lui, même si ce n’est pas sa meilleure. À part ça, peu de moments mémorables. Même pas Notre sentier, inter­prétée a capella plus de 20 ans après Merci Félix – c’est peut-être une bonne idée en spectacle, mais sur CD? Johanne Blouin pousse bien la note, mais l’interprétation demeure pâle, comme faite à la sauvette, comme si le cœur n’y était pas…
— Éric Aussant

Évaluation: 5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt

Critiques CD de la semaine du 25 au 29 janvier 2010

Métro
2010-01-29 00:00:01.000

Cette semaine, l'équipe de Métro a écouté les derniers albums de Youssou N'Dour, Benjamin Biolay, Hindi Zahra et Pellep Pellep Pellep.


Inconditionnel
Youssou N'Dour
I bring what I love (
3,5/5)

I Bring What I Love est la trame sonore du film du même nom dans lequel on suit deux ans de la vie de Youssou N’Dour, l’un des plus grands musiciens africains de tous les temps. Le docu­mentaire relate la controverse entourant la sortie de son CD Egypt (qui a reçu le prix Grammy du Meilleur album de musique du monde en 2005) destiné à diffuser une version plus tolérante de l’islam. Nommé par le Time Magazine l’une des 100 personnes ayant le plus d’influence en 2007, le chanteur sénégalais offre ici une compilation de pièces enivrantes, dont la  percutante New Africa. 
— Rachelle Mc Duff



Un long album
Benjamin Biolay
La superbe (3,5/5)

Sorti à l’automne en France, le cinquième album de Benja­min Biolay est arrivé chez nous mardi. Un long album : 22 chansons sur 2 disques, plus de 90 minutes de musique. Biolay parle plus qu’il ne chante sur des ballades «chanson française» modernes et hauts de gamme (avec de jolies cordes) – difficile ici de ne pas écrire le nom de Gainsbourg – et quelques pièces qui bougent et rappellent les années 1980 (surtout sur le second CD). Dans le propos, ce n’est pas toujours jojo : «Treize mois d’errance sentimentale et existentielle», a résumé l’artiste à un magazine.
— Eric Aussant



Fait maison
Hindi Zahra
Hand made (3,5/5)
Cette Françai­se d’origine marocaine qui chante en anglais nous a concocté un très joli premier album. Hindy Zahra présente un éventail de 11 chansons délicates et soigneusement assemblées. La jeune femme emprunte des avenues jazz, manouche, blues, folk et arabisantes, tout en prenant soin de ne jamais se perdre en chemin. On reproche à Hindy de proposer des guitares un brin traînantes, donnant du coup à ses pièces un tempo qui semble parfois se fatiguer. Cela dit, la musicienne possède un talent certain pour les mélodies simples, mais ô combien accrocheuses. 
— Geneviève Vézina-Montplaisir



Nerd électrique
Pellep Pellep Pellep
Juicy party & drinks fruités (3/5)

Vous aimez le hip-hop électro? Les filles? Le nightlife? Les années 1990? Stéphane Pelichet, alias Pellep Pellep Pellep, c’est pour vous. Pour plusieurs titres, la comparaison avec un groupe comme Numéro# se fait d’elle-même. En plus «nerd». Pour d’autres, on notera un accent hip-hop plus prononcé, un synthé plus simpliste et des beats plus répétitifs. Nos préférées: Juicy party & drinks fruités, Je voulais être si cool pour les filles et On n’est pas des douchebags. C’est encore mieux pour ceux qui ont connu le walkman jaune, Pauly Shore, C+C Music Factory, ICQ et compagnie.        
— Christian Duperron


Évaluation:
5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt

Critiques CD de la semaine du 18 au 22 janvier 2010

Métro
2010-01-22 00:00:01.000

Cette semaine, l'équipe de Métro a écouté les derniers albums de Corinne Bailey Rae, Surfer Blood, Priscilla Renea, Celtic Woman & S.I.N.I.K.


En toute intimité
Corinne Bailey Rae
The Sea (
3,5/5)

La présence du défunt mari de Corinne Bailey Rae est palpable sur ce deuxième opus. La chanteuse a perdu son amoureux en 2008 et cela transparaît dans les textes des 11 pièces de The Sea. La nouvelle offrande de la Britannique n’est toutefois pas sombre d’un bout à l’autre, proposant quelques beaux moments lumineux. La jeune femme explore diverses avenues musicales, flirtrant davantage avec le folk et le jazz qu’avec la soul. On ne retrouve pas de titres pop comme Put Your Records On, un succès de son premier CD, Corinne semblant vouloir privilégier une approche intimiste. Beau et touchant.
— Geneviève Vézina-Montplaisir



Nouvelle vague
Surfer Blood
Astro Coast (3,5/5)

Les cinq gars du groupe Surfer Blood arrivent de Floride avec un premier album, Astro Coast, qui se trouvera sur nos tablettes ce mardi. Et quand on se fait comparer à Weezer, Vampire Weekend ou même Arcade Fire, c’est que le buzz est plutôt bon sur le web. Ajoutons à cela des influen­ces de The Cure. Le résultat : un mélange de rock juste assez cru et de lignes mélodiques qui accrochent, avec une voix souvent vaporeuse qui se mêle à la perfection aux instruments. On n’a droit qu’à 10 pièces, mais à des pièces originales dont la profondeur nous est révélée à chaque écoute.    
— Christian Duperron



Pâle imitation
Priscilla Renea
Jukebox (3/5)
Dès les premières notes de Jukebox, on ne peut pas ne pas faire le rapprochement entre la voix de Rihanna et celle de Priscilla Renea. La jeune femme, découverte grâce à ses vidéos postés sur You Tube, emprunte les mêmes intonations vocales que la Bar­badienne sur son premier effort. Le tout agace, surtout parce que la chanteuse originaire de la Floride n’a pas le même aplomb que Rihanna. Du haut de ses 20 ans, Priscilla propose tout de même une bonne pop vitaminée teintée de R’n’B, mais celle-ci plaira principalement aux jeunes filles. Trop rose-
bonbon pour nous!
— Geneviève Vézina-Montplaisir



Grosse machine
Celtic Woman
Songs from the Heart (2/5)

Quatrième CD de ce groupe féminin formé en 2004 par le réalisateur et arrangeur David Downes. Ce disque reprend la même recette que les précédents : des chansons traditionnelles irlandaises et des chansons pop adulte (You’ll be in My Heart de Phil Collins et Fields of Gold de Sting, notamment) repris dans le style de ce qu’on pouvait entendre dans Riverdance ou Lord of the Dance. Même si les dames chantent bien – quoique sans personnalité propre – et qu’on n’a pas lésiné sur le nombre de musiciens, difficile de ne pas comparer «l’œuvre» à une grosse machine... En magasin mardi.   
— Éric Aussant



Mauvaise graine
S.I.N.I.K.
Ballon d'or (1/5)

Provocateur, poseur, arrogant, vulgaire, portant un gros diamant à l’oreille et un t-shirt où est imprimé un revolver, S.I.N.I.K. représente tous les clichés du rappeur. Ballon d’or est le 4e opus de cet artiste français et risque aussi d’être son dernier, car la star se consacrerait plutôt à la réalisation de CD. Et c’est tant mieux, car Ballon d’or n’impressionne guère. Certains arrangements rappel­lent les petites voix agressantes et aiguës des rongeurs du film Alvin et les Chipmunks (Mauvaise graine), et son charabia de rappeur est difficilement déchiffrable pour le commun des mortels.           
—  Rachelle McDuff


Évaluation:
5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt

Critiques CD de la semaine du 11 au 15 janvier 2010

Métro
2010-01-15 00:00:01.000

Cette semaine, l'équipe de Métro a écouté les derniers albums de Vampire Weekend, Ok Go, Francis d'Octobre, Ke$ha et Katharine McPhee.


Sans complexe
Vampire Weekend
Contra (
4/5)

Après un premier CD qui avait charmé la critique en 2008, Vampire Weekend récidive. La formation, qui a fait sa marque en métissant des rythmes folk, rock et pop, revient avec encore plus d’éléments éclatés. Les gars ajoutent du reggae et un peu d’électro à une mixture déjà éclectique. Le temps qui s’est écoulé a aussi amené de l’assurance et de la maturité, autant dans la voix que dans les textes. Le mélange des genres peut surprendre – et même faire peur –, mais ça fonctionne! Il s’agit juste de laisser le temps aux multiples mélodies, teintes et textures de faire leur chemin.
— Christian Duperron



Plus qu’un clip
Ok Go
Of the Blue Color of The Sky (4/5)

Connu pour son clip de la pièce Here it Goes Again (où les quatre membres du groupe s’en donnent à cœur joie sur des tapis roulants), Ok Go  nous surprend encore avec la sortie de leur troisième album, Of the Blue Color of The Sky. La formation de Chicago sait nous séduire avec une pop rock aux forts accents des années 1980. Les lignes de basse sont particulièrement envoûtantes et accrocheuses. Le quatuor se permet aussi d’ajouter une petite touche de soul à ses rythmes de guitares et à ses harmonies vocales, ce qui rend l’album encore plus intéressant.   
— Mathieu Horth gagné



Touche à tout
Francis d'Octobre
Ma bête fragile (3/5)
Premier CD de celui qui, de son vrai nom Francis Roberge, roule sa bosse depuis un bon bout de temps (accompagnant des artistes comme Catherine Major et Louise Forestier). M. D’Octobre fait tout sur ce CD : paroles, musiques, réalisation (avec Dom Hamel et Loïc Thé­riault), arrangements, mixage. Et c’est réussi. Sa musique folk-pop-rock inventive a sa propre couleur, même si les 10 chansons sont toutes très différentes. Il y a peut-être les mélodies qui sont parfois un peu complexes et la voix qui peut déranger certains... mais Francis d’Octobre est un artiste à surveiller. Dans les bacs mardi.
— Éric Aussant



Fausse rebelle
Ke$ha
Animal (2,5/5)

Kesha Rose Sebert joue peut-être aux rebelles défoncées dans le livret de son premier CD, mais ce qu’elle nous propose n’a rien de bien révolté. On aime toutefois le ton impertinent qu’emprunte l’Amé­ricaine, et ce, même s’il est trafiqué à l’auto-tune. Si on peut d’ores et déjà prévoir le succès de certains titres (Blah Blah Blah avec 3OH!3, Take it Off), on peut aussi leur assigner une date de péremption. Car la pop de celle qui se vante d’avoir vomi dans le garde-robe de Paris Hilton est résolument jetable. Cette galette réalisée par Dr. Luke (Katy Perry, Avril Lavigne) réussira néanmoins à vous faire danser.  
— Marc-André Lemieux



L’effet blonde
Katharine McPhee
Unbroken (2,5/5)

Concurrente d’American Idol, Kathari­ne McPhee est maintenant blonde. Mais ce changement de couleur capillaire n’a pas vraiment modifié l’offre musicale de la chanteuse. La jeune femme chante toujours aussi bien – sa voix semble même plus mature – , mais elle interprète une suite de chansons ennuyantes. Treize ballades se côtoient sur Unbroken, réalisé par John Alagia (John Mayer, Jason Mraz) : des morceaux qui se ressemblent tous à part quelques sonorités country et jazz ici et là. Un album pour les fans d’American Idol et de leurs grands-mères!          
—  Geneviève Vézina-Montplaisir


Évaluation:
5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt

Critiques CD de la semaine du 4 au 8 janvier 2010

Métro
2010-01-07 23:00:01.000

Cette semaine, l'équipe de Métro a écouté les derniers albums de Claire Pelletier, Robin Thicke, Lake of Stew, Rachid Taha et Mary J. Blige.


Désenchantée
Claire Pelletier
Six (
4/5)

L’artiste à la voix d’or n’a pas choisi un thème facile : le désenchantement. Ç’aurait pu être sombre et aride. Mais c’est tout le contraire. Ce sixième CD est même lumineux. Surtout par sa créativité : références musicales diverses, mélange d’instruments audacieux, arrangements souvent magnifiques... Le réalisateur et arrangeur Pierre Duchesne a fait de la belle ouvrage. Après Le jour n’en finit plus, une longue intro, le disque décolle avec la très belle L’oubli, la mer. La chanteuse prend l’auditeur par la main et c’est parti pour un voyage musical à la fois intéressant et touchant.
— Éric Aussant



Sexy chocolat
Robin Thicke
Sex Therapy (3/5)

Le message a le mérite d'être clair. Sur son quatrième album, Robin Thicke ne joue qu'une seule carte : celle du sexe. Le blanc-bec californien fait aller son joli falsetto sur une douzaine de titres exposant l'étendue de sa libido. De la langoureuse Mrs. Sexy à la transparente In the Mornin' (où il décrit les joies d'une baise matinale avec l'aide de Snoop Dogg), en passant par la franco orgasmique Meiplé (comprenant un échantillonnage de cris d'extase de Brigitte Bardot) et la délicieusement kitsch Rollacosta (avec Estelle), le chanteur de 32 ans continue de jouer dans les plates-bandes de Justin Timber­lake.   
— Marc-André Lemieux



Dans le bayou
Lake of Stew
Sweet As Pie (3/5)
Dommage que le groupe montréalais Lake of Stew ait fait parlé de lui à cause de la controverse linguistique entourant le spectacle de l'Autre Saint-Jean en juin 2009. Lorsqu'on évacue le débat sur la langue, on se rend compte que la musique du dernier album de la formation – Sweet As Pie – s'accorde à merveille avec l'esprit festif de la Fête nationale du Québec. Le banjo, les guitares acoustiques et la mandoline de Lake of Stew nous emmènent dans un voyage rythmé – parfois entraînant, parfois nostalgique – au fond du bayou où le blues, le country et le folk se rencontrent.
— Mathieu Horth Gagné



Salam aleïkoum
Rachid Taha
Bonjour (3/5)

Bonjour est le produit d’une charmante collaboration entre le Franco-Algérien Rachid Taha et son bon ami Gaëtan Roussel (Louise Attaque). Le pionnier de la culture métissée française offre un album sympathique où les arrangements sonores orientaux sont très présents. Sur ce huitième album, Taha chante en arabe dans la majeure partie des pièces et nous entraîne dans ses noubas enivrantes. La pochette tape-à-l’œil est aussi distrayante que les chansons traitant d’amour et de fraternité. La pièce-titre Bonjour, un duo avec Roussel, consolide bien le territoire musical de Taha.
— Rachelle McDuff



Prévisible
Mary J. Blige
Stronger Witch Each Tear (2,5/5)

Il manque un peu de nouveauté sur le nouvel album de Mary J. Blige. Excepté quelques invités spéciaux qui viennent partager quelques chansons – Drake, T.I., Trey Songz – et l’utilisation de l’auto-tune sur la pièce The One, la chanteu­se nous ressert les ballades R’n’B, soul auxquelles elle nous a habitués. Tout cela sent le réchauffé, mais c’est un réchauf­fé bien fait. Car même si la diva manque d’originalité, force est d’admettre qu’entendre une chanteuse pop possédant de la voix fait beaucoup de bien à nos oreilles… Quoique Mary n’ait plus la puissance vocale d’autrefois...          
—  Geneviève Vézina-Montplaisir


Évaluation:
5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt

Critiques CD de la semaine du 14 au 18 décembre 2009

Métro
2009-12-18 00:00:01.000

Cette semaine, l'équipe de Métro a écouté les derniers albums de Jean-Louis Murat, Timbaland, Alicia Keys, Shakira et 30 Seconds to Mars.


À Nashville
Jean-Louis Murat
Le cours ordinaire des choses (4/5)

Ça faisait une dizaine d’années qu’il voulait enregistrer à Nashville. Voici le résultat. Première chose à souligner : avec raison, Murat a mis bien en évidence le jeu des excellents musiciens qui l’ont accompagné. Et il a eu le génie de ne pas trop polir, laissant de belles textures. Deuxième chose : ce n’est pas un album country... mais oui, il y a une teinte dans cette musique sans gadget. À part ça, après 25 albums, le chanteur en a encore dedans. Sa voix est fraîche, ses mélodies sont à la fois enivrantes et intéressantes, et ses paroles sont inspirées. Un très, très bon disque.
— Éric Aussant



Invités pop
Timbaland
Shock Value II (3,5/5)

Dans une récente entrevue, Timba­land déclarait qu’il délaissait le hip-hop, et cela s’entend sur sa nouvelle offrande. Le célèbre producteur propose 13 pièces pop où quelques lignes sont rappées ici et là. Mais est-ce que Timbaland délaisserait aussi sa carrière solo? Sur Shock Value II, il laisse toute la place à ses invités. On  trouve parmi ceux-ci Justin Timberlake, Nelly Furtado, One Rebublic, qui ont déjà collaboré avec le magicien des mélodies accrocheuses, mais aussi Chad Kroeger Katy Perry et Miley Cyrus. Le résultat est inégal. On adore Carry Out avec Justin, mais on déteste We Belong to the Music avec Miley.   
— Geneviève Vézina-Montplaisir



Revirement
Alicia Keys
The Element of Freedom (3,5/5)
Alicia Keys a choisi le bon moment pour repousser les limites de son style. Alors qu’on la croyait confinée à son banc de piano pour l’éternité, la chanteuse de 28 ans se lève et se révèle plus sexy que jamais sur son quatrième album. Au-delà de l’image, l’artiste propose des airs langoureux et des mélodies disco funk évoquant les premiers tubes de Prince au début des années 1980. À écouter avec attention: Try Sleeping with a Broken Heart (la meilleure pièce de l’opus) et This Bed, où elle invite son amant sous la couette. Le tout reste cependant très propre…  
— Marc-André Lemieux



Bien rattrapé!
Shakira
She Wolf (3/5)

Après avoir entendu la pièce-titre, sa mélodie rétro disco et ses ridicules hurlements de loup, on s’attendait au pire. Fort heureusement, She Wolf, l’album, est de loin supérieur. Shakira y offre une collection de chansons dansantes hip-hop à la mode (avec l’aide de grosses pointures, dont Pharrell Williams, Future Cut et Timbaland). Fait à noter : la jolie Colombienne de 32 ans réussit l’exploit de ne jamais se perdre dans cette avalanche de beats synthéti­ques. Et on lui sera éternellement reconnaissants de nous avoir pondu Give It Up to Me, une bombe en puissance avec Lil Wayne.
— Marc-André Lemieux



Agressant
30 Seconds to Mars
This Is War (1/5)

Il n’est pas facile de comprendre ce que 30 Seconds to Mars a tenté de faire avec This Is War, qui contient un amalgame de rock pseudo-alternatif-goth-grunge-industriel-new age. Le tout «agrémenté» d’harmonies vocales et d’envolées lyriques toutes plus désagréables les unes que les autres. Sans oublier l’écho et les chants monastiques, qu’on pourrait confondre avec des incantations sataniques. À trop vouloir en mettre, on s’égare. Ça vaut aussi pour les ballades, comme 100 Suns ou Alibi. Par moment, l’album semble sorti tout droit des années 1990.         
—  Christian Duperron


Évaluation:
5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt

Critiques CD de la semaine du 7 au 11 décembre 2009

Métro
2009-12-11 00:00:01.000

Cette semaine, l'équipe de Métro a écouté les derniers albums de Dumas, Éric Lapointe, Rihanna, Renan Luce et Karl Wolf.

L’aboutissement
Dumas
Traces (4,5/5)

Dumas a gardé le meilleur pour la fin. Après Nord, Rouge, Demain et Au bout du monde, l’auteur-compositeur lance Traces, un magnifique opus composé de titres inédits, mais aussi de versions retravaillées de morceaux figurant sur l’un de ses quatre mini-albums «exploratoires». Dumas n’a peut-être pas la plus grande voix du Québec (une pièce comme Passer à l’ouest montre les limites de son organe), mais avec un tel don pour la mélodie, on s’en fout... surtout quand les nouvelles créations du chanteur marient claviers et cordes de si belle façon. Le meilleur album franco de 2009.
— Marc-André Lemieux


Bon mélange
Éric Lapointe
Ailleurs volume 2 (3,5/5)

Éric Lapointe nous sert une autre cuvée de collaborations et d’hommage avec Ailleurs volume 2. L’album, qui contient aussi quelques inédits, nous fait redécouvrir des pièces enregistrées au fil des 15 dernières années de carrière du rockeur québécois. Lapointe entonne entre autres le classique d’Elvis Suspicious Mind, accompagné de Martin Fontaine. L’expérience la plus intéressante de l’album est peut-être la collaboration de Lapointe et d’Yvon Lambert. Les deux musiciens nous offrent une version rock/trad bien sentie et originale de L’ivrogne et le pénitent.
— Mathieu Horth Gagné


Douce revanche
Rihanna
Rated R (3,5/5)
Si vous pensiez trouver des chansons pour vous déhancher sur le nouveau disque de Rihanna, vous serez déçu. Le temps d’un album, la Barbadienne laisse les mégasuccès radio, pour faire un peu d’introspection et sortir le méchant. Grand bien lui fasse,  car ses chansons, dont plusieurs ballades, toutes inspirées de sa mésaventure avec Chris Brown, sont touchantes, mais aussi bien ficelées. On y découvre une Rihanna à la voix plus mature pour qui la musique semble thérapeutique. Bref, la chanteuse prend une douce revanche sans toutefois oublier l’auditeur..
— Geneviève Vézina-Montplaisir


Bel emballage
Renan Luce
Le clan des miros (3/5)

Deuxième album de cet artiste français qui a connu un énorme succès avec son premier CD, Repenti, et les chansons Les voisines et La lettre. Avec ce disque, Renan Luce a tout pour continuer sur son air d’aller. Il a visé juste : il a écrit de très bonnes chansons – de style toujours vaguement vieille chanson française, et souvent sourire en coin – et a emballé le tout joliment – de bien beaux arrangements de guitares, de violons et de cuivres, entre autres. Mais il a su rester simple et ça coule. Moments forts : Les gens sont fous et On n’est pas à une bêtise près.
— Éric Aussant


Vie de nuit
Karl Wolf
Nightlife (3/5

Après nous avoir fait danser l’an dernier sur la pièce Africa, qui reprenait un échantillonnage du succès du même nom de Toto, le libano-montréalais est de retour avec un troisième album. Cette fois-ci, Karl Wolf se plaît entre autres à reprendre un échantillonnage de Maniac de Michel Sembello, sur Maniac Maniac. La recette fonctionne toujours aussi bien. Le chanteur possède un talent certain pour trouver des rythmes accrocheurs comme sur Yalla Habibi, mais malheureusement, il n’arrive pas à le faire sur les 17 pièces de l’album, qui contient trop de ballades sirupeuses.    
— Geneviève Vézina-Montplaisir


Évaluation:
5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt

Noël en musique: 16 critiques CD de Noël

Métro
2009-12-04 00:00:01.000

Chaque année, ils sont nombreux à vouloir réinventer le temps des Fêtes. Alors que certains optent pour les grands classiques de Noël (Ima, Marc Hervieux), d’autres préfèrent tout simplement rendre hommage à l’hiver (Isabelle Boulay, Sting). Voici les CD que Métro a trouvés sous son sapin en 2009...

Droit au cœur
Isabelle Boulay
Chansons pour les mois d'hiver (4/5)

Aux yeux d’Isabelle Boulay, hiver rime avec feu de foyer et non avec party. C’est du moins ce que semble indiquer Chansons pour les mois d’hiver, un opus comptant un morceau inédit (la fort jolie pièce-titre, signée David Marin) et 10 reprises, sur lesquels Isabelle Boulay déploie une voix empreinte d’une mélancolie qui va droit au cœur. Parmi les plus belles réussites de l’album, citons une poignante Hors-saison (composée par Francis Cabrel), une langoureuse Déranger les pierres (Carla Bruni et Julien Clerc) et, surtout, une vibrante Tennessee Waltz, à saveur coun­try. Ça ne swing pas, mais ça remue tout autant.
— Marc-André Lemieux


Classique pop
Andrea Bocelli
My Christmas (4/5)

Andrea Bocelli a toujours su coucher sa voix de ténor sur des airs pop, et c’est ce qu’il fait sur son album de Noël. Le chanteur d’opéra présente sur My Christmas un heureux mélange d’airs classique (tels que White Christmas, Adeste Fideles et O Tannenbaum) et de chansons plus jazz (telles que Santa Claus Is Coming To Town et Blue Christmas avec Reba McEntire). Le tout est réalisé et arrangé avec soin par David Foster. Notons aussi les magnifiques duos avec Natalie Cole (The Christmas Song) et Mary J. Blige (What Child This).   
— Geneviève Vézina-Montplaisir


Introspection
Sting
If on a Winter’s Night... (3,5/5)

Sting s’est inspiré de la musique traditionnelle des îles britanniques pour créer If on a Winter’s Night, un album introspectif comptant deux morceaux inédits. Le reste est composé d’adaptations de berceuses et de cantiques aussi obscures qu’enveloppantes, grâce aux arrangements soignés de Robert Sadin. Loin d’être commerciale, la démar­­che du chanteur séduit sur des titres comme The Bur­ning Babe, basé sur un poème d’un martyr jésuite du 16e siècle, et Christmas at Sea, où les chants gaéliques de la harpiste Mary Macmaster se marient parfaitement à la voix feutrée du guitariste britannique.
—Marc-André Lemieux


Esprit médiéval
Tori Amos
Midwinter Graces (3,5/5)

Composé de cantiques religieux et de compositions inédites, Midwinter Graces est peut-être le meilleur album que Miss Amos ait lancé au cours des 10 dernières années. Si la voix de la rouquine agace à l’occasion (son style éraillé, mi-sexy, mi-mystérieux déton­ne sur les airs traditionnels), on salue le retour de son côté baroque, qui sied parfaitement à l’esprit médiéval de l’opus. Par souci d’uniformité, on aurait remisé la sensuelle Pink and Glitter, qui tranche avec le reste de la galette avec ses cuivres et sa saveur jazzy semblant tout droit sortie des cabarets enfumés des an­nées 1950.
— Marc-André Lemieux


Fêtes carreautées
  Bündock
Joyeux Noël (3,5/5)


Avec Falala, version française de Deck the Halls, Bündock est ancré dans les Noël québécois depuis plusieurs années. Les gars ont donc décidé de se retrouver, le temps d’enregistrer un album dédié aux Fêtes, Joyeux Noël. L’opus contient cinq titres originaux, la célèbre Falala, et cinq classiques du répertoire anglophone repris à la sauce québécoise. Le meilleur cover est probablement Le brasier d’amour, qui revisite l’excellente Greensleves. Si on veut se tenir loin de la énième reprise du Minuit Chrétiens, par une chanteuse à voix, Joyeux Noël est l’album parfait pour les Fêtes. 
— Mathieu Horth Gagné


Autour du monde
Toupie et Binou
Un merveilleux Noël (3,5/5)

Après avoir gagné le petit écran, Toupie et Binou se lancent dans la chanson. Avec leur album Un merveilleux Noël, ils gagneront rapidement la faveur des petits qui reconnaîtront la voix de Toupie en celle de Marc Labrèche. Les textes de ces chansons traditionnelles ont été modifiés pour contenir quelques références à l’univers des personnages. Elles sont aussi teintées de la folie et de la bonne humeur de Toupie et Binou, ce qui en fait un album joyeux et sans prétention. Quelques perles sont à souligner, notamment Les douze Noël de Toupie et Binou et La recette d’un Noël réussi.
— Marie-Eve Shaffer


Tout en jazz
  Lina Boudreau
Noël lounge (3,5/5)


Ce deuxième disque de Noël de la chanteuse native du Nouveau-Brunswick est en partie une réédition de son premier, paru en 2003 : on retrouve les duos avec Zachary Richard (Baby It’s Cold Outside) et Ranee Lee (la bilingue Vive le vent). Seulement, celui-ci semble plus cohérent et s’écoute très bien. Cela, même si la chanteuse passe de l’anglais au français, et des chansons très connues (Noël blanc, Merry Christmas Baby) aux titres qui le sont moins (Vitrine de Noël, Noël jazz). Et, il faut bien le dire, Lina Bou­dreau chante vraiment bien, surtout ce genre de musique.
— Éric Aussant


À son image
Ima
Christmas (3/5)

Ceux qui aiment Ima apprécieront son album très jazzy Christmas, dont les ventes vont d’ailleurs très bien. Le choix des chansons est plutôt intéressant, mêlant compositions d’ici et d’ailleurs, l’anglais et le français. Les 20 musiciens qui accompagnent la chanteuse réussissent à créer une ambiance chaleureuse et appropriée pour le temps des Fêtes. Mais la voix de la chanteuse semble parfois manquer de force pour interpréter quelques classiques. Quelques mixtes de chansons, comme Happy Xmas et Imagine, auraient aussi pu être mis de côté.
— Catherine Girouard


Pour les fans finis
  Bob Dylan
Chistmas in the Heart (3/5)


Bob Dylan ne fait rien comme tout le monde. À l’approche des Fêtes, il propose un premier album de Noël, ce qu’il n’aurait jamais fait il y a 40 ans. Mais il le fait pour une bonne cause : tous les profits seront remis à l’organisme Feeding America. Les irréductibles de M. Zimmerman apprécieront les cantiques de Noël chantés par sa voix nasillarde. Ses arrangements blues donnent de nouvelles couleurs à ces chansons archiconnues sans toutefois les réinventer. Malgré tout, Bob Dylan sera toujours plus connu pour avoir chanté Mr Tambourine Man que Little Drummer Boy.
— Marie-Eve Shaffer


Pour l’amour
Marie-Chantal Toupin
Noël c’est l’amour (3/5)

L’album de Noël de Marie-Chantal Toupin porte bien son titre, car ce ne sont pas les bons sentiments qui manquent sur Noël c’est l’amour. Les chansons sont axées sur l’amour et les enfants. On a même glissé Quand les hommes vivront d’amour et Un enfant parmi les Mon beau sapin, Les enfants oubliés, Ave Maria et Happy Xmas (War Is Over). Un peu mielleux, donc. Mais les 13 pièces se mêleront sans problème et sans surprise dans la trame sonore d’un Noël en douceur. Est-ce positif ou négatif? Ça dépendra des points de vue. De notre côté, on aurait préféré plus de surprises.   
— Christian Duperron


Le premier pas
  Marco Bocchicchio
Marco Bocchicchio chante Noël (3/5)


Noël, c’est pour les enfants, mais bizarrement, ça semble toujours être une affaire d’adultes. Alors, quand un jeune se colle à la réalisation d’un CD de chansons de Noël, forcément on ne peut qu’applaudir. Surtout que le jeune, du haut de ses 13 ans, a du coffre! Conseillé par nul autre que Gregory Charles, Marco chante entouré de l’Orchestre symphonique des Jeunes de la Montérégie, Pour les chœurs, il peut compter sur Les Filles de l’île et Les Chantres Musiciens. Le résultat est bon, mais cela aurait gagné à être plus joyeux. C’est Noël, après tout!
— Mathias Marchal


Peu d’harmonie
Artistes variés
From the Heart Christmas (2,5/5)

Des grands classiques de Noël sur un même album, c’est merveilleux! Oui, mais… sur From the Heart Christmas on ne retrouve malheureusement pas de fil conducteur – outre le fait qu’il s’agit de chansons de Noël. Il y a des chansons plus pop, alors que certaines flirtent avec le country ou la musique irlandaise ou le blues. La plupart des chansons sont intéressantes séparément, mais sur un même album, ça manque d’harmonie. Coup de cœur pour I’ll Be Home For Christmas, magnifiquement interprétée par Michael Bublé, et un très beau canon du Trans-Siberian Orchestra.
— Audrey Lavoie


Pot-pourri
  Artistes variés
Now Christmas 4 (2,5/5)

Une bonne compilation doit être dans le même ton, et ce n’est pas le cas de Now Christmas 4, qui offre un pot-pourri de chansons de Noël autant jazz, classiques que pop. Le tout commence en beauté avec une version jazzy de Let it Snow signée Diana Krall, mais on passe ensuite à un pompeux O Holy Night des Canadian Tenors et à une version classique de Joy to the World chantée par Faith Hill. Si on était resté dans cette veine, ça aurait été cohérent, mais on bascule ensuite dans un autre registre avec Christmas Blue de Collective Soul, Christmas Tree de Lady Gaga!
— Geneviève Vézina-Montplaisir


À saveur pop
  The Canadian Tenors
The perfect gift (2,5/5)


En regardant la tronche de ces charmants jeunes hommes, la pochette de leurs albums et le genre de musique qu’ils produisent, on ne peut s’empêcher de les comparer à Il Divo, le populaire quatuor fondé par Simon Cowell. The Canadian Tenors n’arrivent cependant pas à charmer autant qu’Il Divo malgré leurs voix puissantes. The perfect gift ne fera pas lever votre party de Noël. À saveur pop, les pièces sont plutôt sédatives. L’album com­prend une chanson agréable de Sarah McLachlin (Wintersong) ainsi que la célèbre Hallelujah, qu’ils auraient dû laisser à Cohen ou à Jeff Buckley. 
— Rachelle McDuff



Où est la magie?
Marc Hervieux
Le premier Noël (2,5/5)
Dès les premières notes d’orgue, on se questionne. Ce qui aurait pu être un beau classique manque cruellement de magie. Malgré la voix puissante de Marc Hervieux et quelques rares moments d’émotions (Sainte Nuit, Minuit Chrétiens), ça manque de umph, de oh, de hi. Rien à dire sur la réalisation. Rien à dire sur la justesse de la voix du ténor. Rien à dire sur le choix des pièces. Mais c’est figé dans un carcan. On se croirait à la messe. On aurait aimé avoir des frissons et les poils dressés. On aurait aimé plus de féérie.
— Vincent Fortier



YouTube = 2CD
Straight No Chaser
Christmas Cheers (2/5)
Deuxième disque de Noël en deux ans pour ce groupe de 10 gars qui chantent a capella. Si le premier CD, Holiday Spirits, avait une forme plus traditionnelle, ce Christmas Cheers comporte quelques pièces qui se veulent rigolotes… Mais cet humour doit mieux passer en spectacle. Ce qui est important, c’est que les gars reprennent (encore!) leur succès de YouTube The 12 Days of Christmas (avec une portion sur l’air d’Africa de Toto). C’est cette chanson, interprétée en 1996, qui s’est ramassée sur le site web 10 ans plus tard et qui les a fait connaître. Un CD pop devrait paraître en 2010.
— Eric Aussant

Évaluation: 5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt

Critiques CD de la semaine du 23 au 27 novembre 2009

Métro
2009-11-27 00:00:01.000

Cette semaine, l'équipe de Métro a écouté les derniers albums de Dramatik, Fred Pellerin, Diam's, Mathieu Gaudet et Robbie Williams.

Rap enragé
Dramatik
La boîte noire (3,5/5)

Dramatik, ex-membre de Muzion, lance un premier album solo coup de poing. Sur La boîte noire, il fait l’étalage de ses talents de MC, mais aussi de créateur de beats accrocheurs. Avec sa plume bien aiguisée, il fait un constat pas très jojo de la société actuelle. Il plonge aussi dans son propre passé et ce qu’il y trouve n’est pas très beau. Sur la pièce-titre de l’album, il rappe : «Maman s’il te plaît / Je veux savoir si tu m’aimes / Aime plus fort, j’t’entends pas». Ouch! Dra­ma­tik n’est pas un petit nouveau dans le monde du hip-hop et il le prouve sur cet album de 15 pièces mémorables.  
— Geneviève Vézina Montplaisir


Voyage étonnant
Fred Pellerin
Silence (3,5/5)

On ne sait jamais où on va atterrir quand on laisse Fred Pellerin nous amener en voyage, et la destination choisie par le conteur fou sur son premier album solo est étonnante. Aucune rencontre avec Toussaint Brodeur ou Babine. Silence, au son plus folk que l’opus de style trad qu’il avait lancé avec son frère, revisite des classiques de la musique québécoise, le tout agrémenté de trois compositions origina­­les. La plus grande réussite de Pellerin est probablement la reprise de Mommy, l’histoi­re d’un enfant, parlant en anglais, qui demande à sa mère ce qui est arrivé de ses racines québécoises.
— Mathieu Horth Gagné


Journal intime
Diam's
S.O.S. (3,5/5)
Après un an à l’abri des mé­dias, Diam’s (de son vrai nom Mélanie Georgiades) sort de l’ombre avec un album-pamphlet intitulé S.O.S. Et l’attente n’a pas été vaine. La Françai­se d’origine chypriote offre un album abouti, des mélodies rappées avec une touche de pop, des textes revendicateurs et intimes. L’album débute par le titre Mélanie, dans lequel ses deux personnalités (Diam’s et Mélanie) se confrontent. La pièce très pop Dans le noir, où elle est accompagnée de sa grande amie Amel Bent, et Cœur de bombe méritent d’être jouées en boucle. Un album qui convertira ceux qui n’aiment pas le rap. 
— Rachelle Mc Duff


Gentille bête
Mathieu Godette
Les animaux (3/5)

Au cœur du dernier album de Mathieu Gaudet : le monde animalier et ses métaphores. On
commence avec Du lion à la fourmi, qui ne manque pas de rappeler Jean Leloup, autant par l’ambiance que par le débit de la voix. Avec Dans ma tête et une boule, on retrouve le Mathieu de Loft Story, entraînant et catchy. Et ce sera avec lui qu’on restera pour le reste de l’album, entre le pop, le folk et le rock’n’roll. Au final, on obtient un opus un peu court (10 pièces), qui s’essouffle peut-être un peu à la fin, mais qui reste tout de même fort sympathique. On ne peut pas réinventer la roue chaque fois!
— Christian Duperron


   Zone de confort
   Robbie Williams
   Reality killed the video star (3/5)

Trois ans après le flop commercial de Rudebox, un CD à saveur électronique, Robbie Williams renoue avec le pop-rock qui l’a rendu célèbre (en Europe) avec Reality Killed the Video Star. Réalisé par Trevor Horn (Pet Shop Boys, Yes), l’opus s’ouvre avec Morning Sun, qui séduit avec ses changements de tempo et son introduction sur un air d’harmonica. Parmi les plus grandes réussites de ce disque, soulignons You Know Me, une adaptation doo-wop d’un morceau de Françoise Hardy, et Last Days of Disco, qui reprend tous les clichés dance des années 1980. Dommage qu’il y ait trop de ballades beiges... 
— Marc-André Lemieux


Évaluation:
5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt

Critiques CD de la semaine du 9 au 13 novembre 2009

Métro
2009-11-13 00:00:01.000

Cette semaine, l'équipe de Métro a écouté les derniers albums de Daniel Bélanger, Patrik et les brutes, Cusson Mervil Montcalm, Massari et Weezer.

What the Funk?
Daniel Bélanger
Nous (4/5)

Surprise! Deux ans après le sombre Échec du matériel, Daniel Bélanger prouve qu’il sait encore se faire du fun avec Nous, un album regorgeant de pièces délicieu­­sement funky où les cuivres et la basse de JF Lemieux, le co-réalisateur de l’opus, se font joyeusement aller (L’équiva­lence des contraires, Le toit du monde). L’auteur-compositeur conserve aussi son auréole pop-rock éthérée sur des petits bijoux mélodiques (Facile, Tu peux partir). La poésie rêveuse de Bélan­ger gagne en sponta-néité. Et avec des lignes telles que «Je ne sais pas te résister / Tu es la plus belle idée du monde», nous aussi, on cède à la tentation!  
— Marc-André Lemieux


Drôle d'oiseau
Patrick et les brutes
Toutes les filles sont folles... (3,5/5)

Un drôle d’oiseau vient de se poser dans l’univers musical québécois. Le groupe Patrik et les brutes, avec son nouveau CD, Toutes les filles sont folles de moi, apporte une touche de folie plus que bienvenue chez nous. Ce projet est mené par Plastik Patrik, véritable icône du nightlife montréalais et sans aucun doute le meilleur accordéoniste androgyne de la métropole. Patrik offre un pop-rock flirtant parfois avec le punk très efficace. Si on se donne la peine d’aller au-delà de l’image excentrique mise de l’avant par le groupe, on découvre un band plein de talent et très prometteur.
— Mathieu Horth Gagné


Pas jazz, rock!
Cusson Mervil Montcalm
Café élektric (3,5/5)
Oui, c’est bien Michel Cus­son, ex-UZEB, et les chanteurs Luck Mervil et Térez Montcalm. Non, ce n’est pas un projet jazz. C’est un projet rock, parfois pesant, parfois saupoudré d’électro, avec de belles atmosphères et une belle recherche sonore, les guitares bien en avant, très mélodique. On pourrait dire que ce CD est dans la vague prog-rock qui monte ici ces derniers temps. Et comme le voulait Cusson, toutes les chansons sont en français et les voix de Montcalm et Mervil ont trouvé leur place dans ce son – on se demande un peu ce qu’ils chantent, mais ce n’est pas très important. Un bien bon disque.
— Eric Aussant


R’n’B plat
Massari
Massari Forever (2,5/5)
Le chanteur libano-canadien Massari est de retour avec un second album de chansons R’n’B. Malheureusement, celui-ci est un peu plat. Des 15 pièces qu’il présente sur Massari Forever, seulement quelques-unes arrivent à sortir du lot. Notons Boby Body qui ouvre le disque, entrainante avec sa mélodie empruntée à Push It des Salt’n Pepa. Massari semble s’ennuyer sur ce disque. Il chante sans grand enthousiasme et semble la plupart du temps forcer sa voix, une voix qu’il a assez limitée. On s’ennuie presque de sa ballade sirupeuse, Real Love, qui l’a fait connaître en 2006.
— Geneviève Vézina Montplaisir


   Pourquoi?
   Weezer
   Ratitude (2/5)

Raditude, c’est un premier CD de 10 titres, et un second de 4. Et après quel-ques écoutes, la question qui nous hante, c’est : «Pour­quoi?» Pas qu’on s’attendait à de grandes nouveautés, ce n’est pas vraiment à quoi Rivers Cuomo nous a habitués. Mais le côté torturé et dérisoire avec lequel le chanteur se plaît à jouer passe mal dans cette succession de pièces qui tiennent du pop, de l’électro, du rock mielleux. I Can’t Stop Partying, avec Lil Wayne, en est un exemple. Et que dire de l’hymne à l’amour façon Bollywood de Love is the Answer? Il y a quelques bons riffs «Weezer old style», mais on s’y perd.
— Christian Duperron


Évaluation:
5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt

Critiques CD de la semaine du 16 au 20 novembre 2009

Métro
2009-11-13 00:00:01.000

Cette semaine, l'équipe de Métro a écouté les derniers albums de Daniel Bélanger, Patrik et les brutes, Cusson Mervil Montcalm, Massari et Weezer.

Hommage brun
Les Denis Drolet
Chants de Plume (4/5)

Plume Latra­verse est la figure de proue de la contre-culture québécoise depuis le début de sa carrière. Alors, qui de mieux placé que les Denis Drolet pour lui rendre hommage? Le tandem brun a laissé de côté son humour absurde le temps d’interpréter 12 pièces du géant de la chanson. On en veut un peu aux deux gars d’avoir oublié la pièce Les pauvres, mais ils se rachètent en nous épargnant une nouvelle version de Bobépine. Après avoir écouté l’album des Denis, on en vient à un constat bien simple, et qu’on avait peut-être oublié avec le temps : maudit que c’est bon, du Plume!  
— Mathieu Horth Gagné


Trop méconnu
Rodrigo y Gabriela
11:11 (4/5)

Presque inconnus au Québec, Rodrigo Sánchez et Gabriela Quintero roulent leur bosse depuis plusieurs années en Europe et en Amérique latine. 11:11 est leur sixième opus. L’album compte 11 pièces qui rendent hommage à 11 artis­tes, dont Carlos Santana, Jimi Hendrix et Paco de Lucia, qui ont inspiré le duo mexicain pendant leur carrière. Instru­mental, 11:11 allie rythmes latins des tam-tam et mélodies rock des guitares électriques, ce qui rend le style des musiciens incomparable. Procurez-vous d’abord le CD éponyme, où ils offrent leur version de Stairway to Heaven.
— Rachelle McDuff


Nouvelle Norah
Norah Jones
The Fall (3,5/5)
Sur son quatrième album, Norah Jones délaisse les airs jazz et nous propose quelque chose de complètement différent. La chanteuse sort, à notre grand étonnement, de sa zone de confort pour nous offrir des pièces plus rock-indie, plus folk, aux sonorités parfois mêmes country. Attention! La jeune femme de 30 ans fait ça tout en douceur, avec l’aide du réalisateur Jacquire King. Le résultat laisse encore une belle place à la voix feutrée de l’interprète, mais aussi à des arrangements soignés. Il y a seulement l’ambiance traînante et lancinante qui nous dérange un peu.
— Geneviève Vézina Montplaisir


Nirvanesque
The Cribs
Ignore the Ignorant (2,5/5)
Le quatrième album des frères Jarman (cette fois-ci accompagnés de Johnny Marr, le guitariste des Smiths) alterne entre deux esprits musicaux. D’un côté, il y a le post-punk un peu sale (Emascu­la­te Me, We Were Abor­ted), et de l’autre, la pop bien ficelée (Save Your Secrets, We Share the Same Skies). Autre bonne nouvelle : le quatuor britannique n’a pas perdu la main pour pondre des mélodies accrocheuses. Là où on déchante, c’est quand le chanteur se prend pour Kurt Cobain et se laisse aller à des envolées vocales éraillées qui ne suivent pas la note (Cheat on Me, Last Year’s Snow).
— Marc-André Lemieux


   Force tranquille
   Nicolas Pellerin et les Grands Hurleurs
   Nicolas Pellerin et les Grands Hurleurs (2,5/5)

Avec le temps des Fêtes qui approche à grands pas, c’est le temps idéal pour regarnir sa bibliothèque de musique traditionnelle et découvrir de nouveaux chants. Avec Nicolas Pellerin et les Grands Hurleurs, Nicolas Pellerin se détache de son frère Fred (avec qui il a obtenu le Félix de l’Album traditionnel de l’année en 2007) pour offrir 12 pièces repêchées en différents en droits. On apprécie la volonté de faire revivre des pièces méconnues avec des arrangements rafraîchis. Un album peut-être pas si festif, mais qui mérite d’être intégré à nos playlists de musique traditionnelle.
— Christian Duperron


Évaluation:
5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt

Critiques CD de la semaine du 2 au 6 novembre 2009

Métro
2009-11-06 00:00:01.000

Cette semaine, l'équipe de Métro a écouté les derniers albums de Babx, Jérémie Kisling, Presque Oui, David Gray et Michael Bublé.

Cabaret invitant
Babx
Cristal ballroom (3,5/5)

Babx pourrait surprendre bien des gens avec son nouveau CD, Cristal ballroom. Pendant un peu plus de 40 minutes, le multi instrumentiste nous plonge dans une ambiance de cabaret enfumé où se côtoient une musique française classique et des airs rock envoûtants et contemporains. Tout en étant originale, la musique de Babx nous rappelle certains grands noms de la chanson française comme Bashung et surtout Léo Ferré, à qui il emprunte ses envolées poétiques et sa douce nostalgie au piano. Vous pourrez découvrir Babx au Lion d’Or le 14 novembre dans le cadre de Coup de cœur fran­cophone.    
— Mathieu Horth Gagné


Ça vaut le détour
Jérémie Kisling
Antimatière (3/5)

Jérémie Kisling mérite notre attention. Le troisième opus de cet auteur-compositeur suisse de talent commence sur les chapeaux de roues, avec d’excellentes chansons. On le reconnaît dans sa voix un peu chétive, ses paroles sensibles avec un sourire en coin, sa pop acoustique et ses mélodies agréables. Toutefois, vers le milieu, ça s’essouffle un peu : les airs deviennent complexes, et les paroles... ordinaires. Tout de même, le CD vaut le détour. Moments forts : Ton papa, Antimatière et Le bec dans l’eau. En spectacle mardi au Lion d’Or, dans le cadre de Coup de cœur francophone.
— Eric Aussant


Oui
Presque oui
Peau neuve (3/5)
Presque oui fait peau neuve avec son deuxième album, son premier depuis la disparition d’un des deux membres du groupe français, Marie-Hélène Picard, décédée d’un cancer des poumons. Thibaud Defever se retrouve donc seul avec ses guitares qui sont quasiment ses seules compagnes sur cette galette intimiste et poétique. Le chanteur s’en sort plutôt bien avec des textes forts, des arrangements simples et une voix chaleureuse. Thibaud Defever sera d’ailleurs seul sur la scène du Lion d’Or avec ses cordes le 12 novembre dans le cadre de Coup de cœur francophone.
— Geneviève Vézina-Montplaisir


Cohérent
David Gray
Draw the Line (3/5)
Après quatre ans d’absence, David Gray revient avec Draw the Line. Les fans retrouveront la voix puissante et affranchie de l’auteur-compositeur, ses mélodies folk, ainsi que sa poésie franche et vulnérable. Ses détracteurs lui reprocheront son manque de subtilité (les comparaisons avec Damien Rice ne sont pas à l’avantage du Britannique) et ses structures trop linéaires (la cafardeuse Nemesis). Bref, rien de bien nouveau du côté de Gray. Signalons toutefois la présence d’Annie Lennox, qui s’abandonne totalement sur la poignante Full Steam, qui clôt l’album en beauté.
— Marc-André Lemieux


   Vieille recette
   Michael Bublé
   Crazy Love (2,5/5)


La recette est la même et le résultat est... à moitié convaincant. Sur son quatrième album, Michael Bublé conserve la formule qui lui a permis de vendre des millions de disques dans le monde : des reprises à saveur pop jazz, une jolie voix de crooner et un look à la fois classe et cool. Alors que la magie opère toujours sur certaines pièces (une Georgia tout en retenue au piano, la sympathique Haven’t Met You Yet), le réchauffé se fait sentir sur d’autres (Cry Me a River, ultra pompeuse avec sa horde de violons et ses effets drama­tiques pas subtils du tout). On a tout de même hâte de le voir en spectacle.
— Marc-André Lemieux


Évaluation:
5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt

Critiques CD de la semaine du 26 au 30 octobre 2009

Métro
2009-10-30 00:00:01.000

Cette semaine, l'équipe de Métro a écouté les derniers albums de Pink Martini, Joss Stone, The Flaming Lips, Cascada, et Mauvais Sort.

Presque parfait
Pink Martini
Splendor in the Grass (4/5)

Avec ce quatrième album, Pink Martini reste fidèle à la recette qui a fait son succès : un bel amalgame de chansons originales – signées China Forbes, Thomas Lauderdale et Alex Marashian – et de reprises (comme la délicieuse Sing de Joe Raposo), le tout interprété dans de nombreuses langues – en anglais, en napolitain, en italien, en français et en espagnol. Malheureusement, on n’y retrouve pas le petit je-ne-sais-quoi, cette magie mélodique qui permet à Hang on Little Tomato, le deuxième opus de  cetensemble de
12 musiciens, de rester un de nos préférés de tous les temps.     
— Jessica Dostie


Inconstant
Joss Stone
Colour Me Free (3,5/5)

Ce quatrième album presque entièrement composé et réalisé pas Stone nous fait découvrir une chanteuse plus mûre et plus engagée qu’auparavant avec, entre autres, la pièce Govermen­talist, faite en collaboration avec le rappeur Nas, dans laquelle elle critique le contrôle gouvernemental et la guerre. L’album s’amorce en force avec les rythmes entraînants soul rétro et R’nB’ des albums précédents. Malheureusement, il perd progressivement son souffle avec des pièces plus jazz qui ne vont pas avec le style jeune et urbain de l’artiste qui est sa marque de commerce.
— Linda Hersant


Voyage spatial
The Flaming Lips
Embryonic (3/5)
Les Flaming Lips nous convient à un drôle de voyage interstellaire avec leur nouvel album (leur 12e en carrière), Embryonic. Le groupe de l'Oklahoma, qui assume son côté psychédélique plus que jamais, fait une utilisation brillante des sonorités électros sombres et des lignes de batterie qui permettent de relever certains morceaux, qui tomberaient autrement à plat. La chanson The Sparrow Looks Up At The Machine en est un bon exemple. Seul gros bémol : la voix féminine qui s'amuse à imiter des cris d'animaux sur la piste I Can Be A Frog. Étrange et vraiment irritant.
— Mathieu Horth Gagné


Pur dance
Cascada
Evacuate the Floordance (2,5/5)
Derrière la pochette plutôt moche de son troisième album, la formation allemande Cascada présente des compositions qui sauront sûrement plaire aux amateurs d’eurodance. Avec la chanteuse Natalie Horler à l’avant-plan, le trio propose des chansons parfaites pour les pistes de danse, entrecoupées de quelques ballades teintées d’électro. Il faut dire que malgré des arrangements parfois un peu trop sucrés et des paroles un peu à l’eau de rose, Cascada propose aussi avec des rythmes accrocheurs. Il faut dire que Natalie Hroler possède une très belle voix.
— Geneviève Vézina-Montplaisir


   Décevant
   Mauvais Sort
   Droit devant (2/5)


Sur papier, ce que nous présente Mauvais sort a un potentiel intéressant. Sept musiciens qui semblent prendre un malin plaisir à jouer ensemble du folklore. Mais on ne livre pas la marchandise. Les titres originaux amènent banalement – autant musicalement que dans les textes – des thèmes mal exploités. Si on résume, le Québec fonce droit dans le mur et manger des sushis est snob… Dommage, puisqu’on retrouve ici de véritables et de bons musiciens. Ça s’entend. Les pièces du domaine public revisitées (La mort du colonel et la Cabane à zouk surtout) sont drôlement plus intéressantes.
— Vincent Fortier


Évaluation:
5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt

Critiques CD de la semaine du 19 au 23 octobre 2009

Métro
2009-10-23 00:00:01.000

Cette semaine, l'équipe de Métro a écouté les derniers albums de Muse, Les Amis au Pakistan, Rose, Les Trois accords et Zero 7.

Ambitieux
Muse
The Resistance (4/5)

Les gars de Muse démontrent une fois de plus combien ils sont ambitieux avec ce cinquième album studio, qui alterne entre les sonorités progressives (Unnatural Selection, Guiding Light, MK Ultra) et classiques (United States if Eurasia, un croisement entre un concerto de Rachmaninov et les chansons les plus conceptuelles de Queen). Le trio britannique prouve aussi qu’il n’a pas perdu son sens aigu de la mélodie (Uprising) et sa capacité à émouvoir grâce à des riffs de guitare abrasifs et de vertigineuses envolées vocales de son chanteur, Matthew James Bellamy.    
— Marc-André Lemieux


Délire calculé
Les Amis du Pakistan
Cosmétic Cosmic (3,5/5)

L’univers des Amis au Pakistan est déstabilisant, mais pas du tout inaccessible. Suffit d’écouter un peu pour se rendre compte que les deux gars – Joël Chevalier aux textes et Simon Tremblay à la musique – font bien leur travail pour permettre à leurs quatre mégères de délirer. C’est drôlement réussi dans la première moitié de Cosmétic Cosmic, leur deuxième offrande, avec, entre autres, le délicieux Reel de la comète et la dansante Nobodée, qui nous catapulte dans un club du 450. Le tout s’essouffle un peu par la suite, mais on en garde un souvenir… cosmique.
— Vincent Fortier


La vie en rose
Rose
Les souvenirs sous ma frange (3,5/5)
Elle a vendu 500 000 copies de son album La liste et en a séduit plus d’un avec la pièce du même nom. Restait par contre à savoir si la Française allait avoir autre chose à dire sur un deuxième album, après nous avoir raconté une peine sur son premier effort. Rose réussit l’exercice du deuxième disque haut la main et nous parle cette fois du passage à la trentaine (Comment c’était déjà) ou de son bilan de l’année 2008 (Yes We Did). Son écriture est plus soignée et ses arrangements musicaux aussi. Sa délicate voix est toujours au rendez-vous, tout comme sa jolie poésie.
— Geneviève Vézina-Montplaisir


Corps accords
Les Trois accords
Dans mon corps (3,5/5)

Le dernier album des Trois accords ne déçoit pas. Les gars s’amusent toujours autant dans leur délire, avec la même énergie contagieuse qui entraîne l’auditeur. On note quand même quelques différences : un disque un peu plus homogène qui propose un peu moins de cabotinage (avec une voix en moins). On touche encore au country, moins au punk, et un peu aux sixties. Pour ceux qui s’étaient ennuyés de chanter à tue-tête des refrains absurdes, l’attente est terminée. Et on se demande déjà où le prochain album nous entraînera…
— Christian Duperron


   Fin et accessible
   Zero 7
   Yeah Ghost (3,5/5)


La première chose qu’on retient du nouvel album de Zero 7, c’est à quel point ses membres ont réussi à construire des mélodies fines et complexes tout en gardant un son très accessible. Les Britanniques Henry Binns et Sam Hardaker ainsi que leurs comparses s’amusent à jongler avec de la pop-électro accrocheuse et des balades planantes. Le résultat, même s’il semble manquer de continuité quelquefois, est assez réussi. Yeah Ghost nous permet aégalement de faire connaissance avec la chanteuse Eska Mtungwazi, qui nous séduit dès le début de l’opus.
— Mathieu Horth Gagné


Évaluation:
5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt

Critiques CD de la semaine du 12 au 16 octobre 2009

Métro
2009-10-16 00:00:01.000

Cette semaine, l'équipe de Métro a écouté les derniers albums de Lady & Bird, Bori, Dumas, Polipe et des Backstreet Boys.

Créer un univers
Lady & Bird
La Ballade of Lady & Bird (4/5)

Lady & Bird est le projet de la chanteuse israélo-néerlandaise Keren Ann Zeidel et de Bardi Johannsson, membre du groupe islandais Bang Gang. Le duo nous offre ce magnifique album enregistré en Islande avec l’Orchestre symphonique du pays. Qu’elles soient menées par la planante Keren Ann (Not Going Any­where) ou l’énigmatique Johan­nsson (One More Trip), les pièces sont touchantes et nous transportent en Islande, avec les deux personnages et l’orchestre, parfaitement exploité. On se croirait parfois dans un conte de fées. Un conte jazzé à la Tim Burton. Ce n’est pas ennuyant.   
— Vincent Fortier


Du bien bon Bori
Bori
Fous les canards (3,5/5)

Huitième album de ce chanteur qui préfère l’ombre à la lumière et qui écrit des poèmes pour en faire des chansons. Encore une fois, il mélange vieille chanson française, jazz et country. Toutefois, Edgar Bori semble prendre une malin plaisir à ajouter une touche de big band (J’l’ai pas dit), de worldbeat (Ils) ou de rock pesant (Gestes de gestionnaires) à sa palette. Malgré cet assembla­ge de genres disparates, Fous les canards forme un tout cohérent. Comme les paroles, qui font à la fois réfléchir et sourire... Une fois la dernière chanson arrivée (un duo avec Michel Rivard), on se dit que c’est du bien bon Bori.
— Eric Aussant


Suite et fin?
Dumas
Au bout du monde (3/5)

Quatrième volet d’une exploration musicale qu’il a entamée il y a un peu moins d’un an, Au bout du monde propose une pop sophistiquée, à l’instar de tout ce que Dumas nous a offert depuis le début de sa carrière. Fruit d’une étroite collaboration avec son fidèle acolyte Louis Legault, l’opus oscille entre le rock new wave (Atlantica évoque Close to Me, de The Cure), l’électro soft (Dans un rétroviseur rappelle certains titres de Björk) et le reggae (Le bonheur). Si aucune pièce ne séduit à la première écoute (en raison de quelques intermèdes instrumentaux un peu trop longs), chacune d’elles intrigue.
— Marc-André Lemieux


Dans la vague
Polipe
Tropiques du cancer (3/5)

Les jeunes Québé­cois de Polipe débarquent avec leur premier opus, Tropiques du cancer. Le trio s’inscrit assez bien dans la vague des groupes de la relève d’ici. D’ailleurs, la combinaison des voix de Francis Lafleur (guitare) et d’Antoine Tardif (basse) peut nous rappeler Julien de Malajube, mais la comparaison s’arrête là. La formation de Saint-Antoine-de-Tilly nous offre une pop beaucoup plus douce que celle, corrosive et tranchante de Malajube. Néanmoins, Tropiques du cancer offre son lot de bonnes chansons et on risque d’entendre parler de Polipe pour un bon moment.
— Mathieu Horth Gagné


   Has-been
   Backstreet Boys
   This is Us (1,5/5)


Les Backstreet Boys n’auront jamais le même succès qu’ils ont connu dans les années 1990, mais tout de même, ils auraient pu nous offrir beaucoup mieux que This Is Us. Les 11 pièces de l’album sont d’un ennui mortel. Le disque comprend des chansons électro-pop mid-tempo trop lentes pour les pistes de danse et des
ballades R’n’B sirupeuses. On ne sait pas si ce septième CD s’adresse aux jeunes ou aux parents qui ont jadis été fans de la formation, mais on a l’impres­sion que personne n’y trouvera son compte. C’est maintenant officiel, les Backstreet Boys sont des has-been.
— Geneviève Vézina-Montplaisir


Évaluation:
5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt

Critiques CD de la semaine du 5 au 9 octobre 2009

Métro
2009-10-09 00:00:01.000

Cette semaine, l'équipe de Métro a écouté les derniers albums de Xavier Caféïne, Andrea Lindsay, Dragonette, Alice in Chains et Génération Passe-Partout.

À la guerre
Xavier Caféïne
Bushido (4/5)

Avec Bushido, Caféïne ne rate pas la cible. Avec sa musique d’abord, le punk, le rock et le pop se fondent dans des mélodies toujours bien exploitées. Avec les textes ensuite, où la hargne se mêle à la réflexion. Avec l’attitude enfin, où la revendication et la désillusion se mêlent. L’homme-orchestre s’est-il assagi? Peut-être légèrement... Mais on lui fait confiance pour remédier à cela en spectacle! Gisèle, l’excellent album qui marquait son retour en 2006, n’avait pas obtenu l’attention qu’il méritait. On espère que ce ne sera pas le cas ici, quoique le petit dernier soit peut-être un peu moins solide.
— Christian Duperron


Mignon
Andrea Lindsay
Les sentinelles dorment (3,5/5)

Pour ceux qui n’ont pas encore entendu parler d’Andrea Lindsay, attention! Le deuxième album de l’Ontarienne, qui a choisi de chanter en français et un peu en anglais, marque une évolution intéressante. Tout d’abord parce que les chansons arrivent à soutenir l’intérêt tout le long, ce qui n’était pas vraiment le cas dans le précédent, La belle étoile. Aussi parce que les arrangements acoustiques – la musique est toute douce, souvent magnifique, à la fois convenue et inventive – et la réalisation de l’artiste et de son complice, Éric Graveline, avec probablement plus de moyens, a plus de corps.
— Eric Aussant


Electropop propre
Dragonette
Fixin to Thrill (3,5/5)

La formation canadienne Dragonette est de retour avec un deuxième album, après en avoir séduit plus d’un avec Galore en 2007. Le groupe de Toronto présente toujours de bonnes chansons électropop, mais un peu plus propres cette fois-ci. Le côté parfois sale de certains arrangements de synthétiseurs du premier opus laisse ici place à des pièces plus harmonieuses, mais qui nous donnent toujours aussi envie de danser. Certains reprocheront peut-être au groupe le côté plus radiophonique de l’album, mais nous, on adore!
— Geneviève Vézina-Montplaisir


Comme avant
Alice in Chains
Black Gives Way To Blue (3,5/5)

Après 14 ans d’absence, et avec un nouveau chanteur à sa tête, le mythique groupe grunge Alice In Chains revient à la charge avec Black Gives Way To Blue. La formation de Seattle n’a pas vraiment tenté de se renouveler avec son nouvel opus. Black Gives Way To Blue aurait très bien pu paraître en 1995, date du dernier album du groupe, tellement les sons et les harmonies qui ont fait le succès du grunge y sont omniprésents. On sent d’ailleurs l’ombre de Layne Staley, le charismatique chanteur du groupe décédé en 2002, planer sur tout l’album.
— Mathieu Horth Gagné


   Inégal
   Artistes variés
   Génération Passe-Partout (3/5)


Faire un album de reprises est toujours dangereux. Il y a le risque que certains trouvent que le résultat est trop semblable à l’original… et que d’autres déplorent que ce soit trop différent. Dans le cas de Génération Passe-Partout, le problème est qu’on est si imprégné des comptines sans prétention de l’émission que certaines des versions contemporaines qu’on trouve sur cet album nous font carrément grincer des dents tellement elles sont dénaturées. Concentrons-nous donc sur celles qui sont réussies : Des fois, j’ai peur (Alfa Rococo), Monsieur le chat (Marie-Élaine Thibert) et Berceuse créole (Florence K).  
— Jessica Dostie


Évaluation:
5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt

Critiques CD de la semaine du 28 septembre au 2 octobre 2009

Métro
2009-10-02 00:00:01.000

Cette semaine, l'équipe de Métro a écouté les derniers albums de Elisapie Isaac, Fred Fortin, Marie-Mai, Navet Confit et Nadja.

Vol avec Elsie
Elisapie Isaac
There Will Be Stars (4/5)

Il y a cinq ans, Elisapie Isaac nous avait séduits avec le duo Taima. Elle y parvient encore, d’une autre façon, avec son premier album solo. Si la galette est plus pop, la chanteuse de Salluit nous touche encore. Autant en anglais, en inuktitut qu’en français (Moi Elsie, grâce à de superbes paroles de Richard Desjardins et à la musique de Pierre Lapointe). La belle nous amène dans son superbe univers dès les premières notes de l’album (la planante Navvaatara). Uni­vers enjolivé par des arrangements remarquables, des rythmes parfois dansants (la géniale Out of Desperation) et la voix magique d’Isaac.
— Vincent Fortier


Enfin!
Fred Fortin
Plastrer la lune  (4/5)
Fred Fortin
fait enfin un retour avec son quatrième album solo, Plastrer la lune. Après s’être assis derrière la batterie des Breastfeeders et avoir réalisé le dernier album de Thomas Fersen, le musicien à la touche unique embrasse de nouveaux sons folk-country avec des chansons comme Madame Rose et Le mur, alors que des personnages déjantés (Bobby) et attachants (Dollorama) nous accompagnent tout le long de l’album. Le sympathique Bleuet se permet même un petit retour dans le rock crotté de Gros Mené avec la pièce Grandes jambes. Bref, le CD contient tout pour les fans.
— Mathieu Horth Gagné


Marie-GaGa
Marie-Mai
Version 3.0 (3,5/5)

La Version 3.0 de Marie-Mai n’offre pas une refonte en profondeur, mais propose tout de même une mise à jour intéressante... dans le genre. C’est que Marie-Mai poursuit dans la même veine, avec des refrains accrocheurs, des pièces simples qu’on peut chanter après une seule écoute. Des titres comme Déjà loin, C’est moi ou Garde tes larmes figurent parmi les plus réussies, avec des touches électros rappelant Lady GaGa combinée à l’énergie rock de l’ex-académicienne. Do You, un morceau anglophone à la Avril Lavigne, intrigue… Le passage au 3.0 est donc fortement conseillé. Ne boudons pas notre plaisir.
— Christian Duperron


Être à part
Navet Confit
LP3 / Papier vampire (3/5)

Le prolifique Navet Confit sévit de nouveau avec Papier vampire, un troisième album plus pop-rock, plus grunge, moins aérien et moins psychédélique. N’allez toutefois pas imaginer que le multi-instrumentaliste s’est assagi. Ses chansons aux paroles surréalistes sont teintées ici et là de surprises musicales, de ponts inattendus, ce qui fait encore des compositions du Navet des petits êtres à part. Avec son imagination sans borne, le créatif musicien ne nous offre rien de formaté et c’est pour ça qu’on l’apprécie tant. Le Navet-Vampire se produira le 4 décembre au Musée d’art contemporain.
— Geneviève Vézina-Montplaisir


   Périlleux
   Nadja
   Nadja (2,5/5)


Originaire du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Nadja est toute jeune, mais compte des années de métier. Elle lance un premier CD de reprises anglophones des années 1950-60, après avoir connu un certain succès cet été avec Hound Dog – oui, celle d’Elvis Presley. Si la réalisation de Marc Bell (The Fugees, Gatineau) rappelle joliment l’époque, les pièces sont malheureusement collées sur les versions originales. Par conséquent, sur Money (That’s What I Want) et Rescue Me, par exemple, la chanteuse à la voix d’or devient une bien pâle copie d’Aretha Franklin. Périlleux de s’attaquer à ces monuments.
— Eric Aussant


Évaluation:
5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt

Critiques CD de la semaine du 14 au 18 septembre 2009

Métro
2009-09-18 00:00:01.000

Cette semaine, l'équipe de Métro a écouté les derniers albums de Dubmatique, Pépé, Uncle Kracker, Luc De Larochellière et Pete Yorn & Scarlett Johansson.

Retour réussi!
Dubmatique
Trait d'union (3,5/5)
Après huit ans d’absence, Dubmatique est de retour! Sur Trait d’union, Jérôme Belinga et Ousmane Traoré n’ont rien perdu de leur verve. Le duo propose tantôt des textes engagés (Cold World, O, Changer le monde, Un autre brave), tantôt des textes plus festifs (La Vibe, Ladies Night, Suave). Les fans de la première heure ne seront pas perdus avec les nouvelles compositions, en continuité avec ce à quoi le groupe nous avait habitués. Par contre, au niveau des arrangements, la formation innove. Dubmati­que nous avait manqué avec son hip-hop engagé, rassembleur et, surtout, très accessible.
— Geneviève Vézina-Montplaisir


Rock la France!
Pépé
Pépé goes Français (3,5/5)
Pour cette quatrième galette, Philippe Proulx, alias Pépé, s’est fait plaisir en revisitant à sa manière plusieurs tubes français. De Niagara à Dutronc, en passant par Soldat Louis, Dassin et Indochine, le Qué­bécois passe en revue un très large éventail de styles. Il apporte à ces classiques une touche rock et ska tout en y restant fidèle. Notre coup de cœur : Voici les clés, de Gérard Lenorman, qui est quétaine à souhait, mais toujours aussi savoureuse! Pour les amateurs de chansons françaises, c’est un excellent al­bum à se procurer, tout autant d’ailleurs que pour les amateurs de Pépé.
— Audrey Lavoie


Accrocheur
Uncle Kracker
Happy Hour (3,5/5)

Après avoir boudé les étagères des disquaires pendant cinq ans, Uncle Kracker revient à la charge avec Happy Hour. Le rocker américain nous arrive d’ailleurs avec une œuvre très accrocheuse. Le natifdu Michigan n’hésite pas à explorer le funk et le rap sans trahir le son country-rock qui lui est cher. Uncle Kracker se permet de s’amuser un peu, entre autres en reprenant le refrain de l’infâme Here I Go Again de Whitesnake dans la pièce Livin’ the Dream. La chanson Corner Bar, qui décrit l’impact de la crise économique sur l’État natal du chanteur, vaut aussi le détour.
— Mathieu Horth Gagné


Intimement
Luc de Larochellière
Un toi dans ma tête (3/5)

Sur son huitiè­me album, Luc De Larochel­liè­re se confie, sur des arrangements acoustiques et intemporels. C’est du travail bien fait : le CD a un bon son d’ensemble – la réalisation de Marc Pérusse est encore impec – et s’écoute d’un trait, malgré le propos la plupart du temps lourd. Une faiblesse : les mélodies. Elles sont loin de ce que l’artiste a pu offrir par le passé. Ici, pas de Si fragile ou de Si j’te disais reviens. Est-ce parce qu’il a choisi d’écrire les textes en premier? Reste qu’on peut penser que plusieurs chanteurs aimeraient s’exprimer aussi bien avec leurs propres mots.
— Eric Aussant


   Rupture
   Pete Yorn & Scarlett Johansson
   Break Up (2,5/5)


Scarlett Johansson n’a pas eu trop de succès avec son album de reprises de Tom Waits, mais elle en aura peut-être plus avec le fruit de sa collaboration avec Pete Yorn, datant de 2006, mais qui voit le jour aujourd’hui. Le chanteur américain a composé neuf pièces indie-folk racontant une rupture amoureuse et qu’il chante en duo avec la belle actrice. Contrairement aux duos Gainsbourg/Bardot, qui ont inspiré, parait-il, Yorn, Break Up manque de sensualité. De plus, la façon de chanter de Johansson est toujours aussi désagréable à nos oreilles. Dommage…
— Geneviève Vézina-Montplaisir


Évaluation:
5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt

Critiques CD de la semaine du 21 au 25 septembre 2009

Métro
2009-09-18 00:00:01.000

Cette semaine, l'équipe de Métro a écouté les derniers albums de Chloé Sainte-Marie, Mickey [3d], Mika, Sean Kingston, Nelly Furtado.

Superbe
Chloé Sainte-Marie
Nitshisseniten e tshissenitamin (4/5)
Chloé Sainte-Marie arrive de nouveau avec un superbe album. Cette fois, elle a choisi de chanter en innu et d’interpréter des chansons de Philippe McKen­zie. Il y a bien la traduction des textes dans le livret, mais ce n’est pas très important... Il suffit d’écouter. Si les mélodies de McKenzie sont très jolies et que l’interprétation de Sainte-Marie est tout à fait juste, c’est encore une fois le travail du réalisateur et arrangeur Réjean Bouchard qui rend le tout si magique. Ce CD continue parfaitement ce que Chloé Sainte-Marie a commencé il y a 10 ans avec Je pleure, tu pleures.
— Eric Aussant


Vive les crochets!
Mickey[3D]
La grande évasion (4/5)
Après une trempette en solo, Mickaël Furnon revient à ce qu’il fait de mieux : travailler en groupe. Même si ses musiciens sont différents – d’où la présence de crochets autour du [3D] – La grande évasion nous offre exactement ce qu’on aimait de Mickey [3D]. L’album en entier est une réussite, mais certaines pièces ressortent du lot. Je m’appelle Joseph et La fille du cannibale, deux fables sombres à la rythmique pop-folk, valent le détour. Mickey se lance même dans une ode à la beauté d’une Québécoise dans La footballeuse de Sher­brooke. À ne pas manquer, que vous soyez fan ou non.
— Mathieu Horth Gagné


Disney
Mika
The Boy Who Knew Too Much (3/5)

Si avec son premier CD, Mika donnait l’impression de vivre dans un monde où le ciel est bleu et où les oiseaux gazouillent, ce second opus semble indiquer que le Libano-Américain est déménagé au merveilleux monde de Disney. The Boy Who Knew Too Much n’offre toutefois pas de mélodies aussi accrocheuses que son prédécesseur. Alors que bon nombre de titres laissent présager que Mika aspire à mettre en scène une comédie musicale sur Broadway (Blame it on the Girl), on préfère lorsqu’il met la pédale douce sur les artifices (la jolie By the Time) ou lorsqu’il évoque les Pet Shop Boys (Rain).
— Marc-André Lemieux


Reggae Pop
Sean Kingston
Tomorrow (3/5)

Deux ans après nous avoir séduits avec Beautiful Girls, Sean King­ston revient avec un deuxième album plus mature, laissant croire qu’il semble être là pour rester. Avec des titres aux rythmes irrésistiblement accrocheurs comme Fire Burning, My Girlfriend et Face Drop, celui qui a décidé de jouer la carte du bon gars plutôt que celle du bad boy, nous donne envie de nous remuer le popotin. Par contre, des ballades comme Magical, Twist Ya Around et Over nous donnent franchement mal au cœur tellement elles sont cheesy. Et ça, c’est sans compter la surutilisation de l’Auto-Tune.
— Geneviève Vézina-Montplaisir


   ¡Buen trabajo!
   Nelly Furtado
   Mi Plan (3/5)


Avec Mi Plan, Nelly Furtado s’éloigne des rythmes urbains de Loose, son précédent album réalisé par Timbaland, et se rapproche de la pop plus organique de ses deux premiers opus. Cette fois-ci, par contre, c’est en espagnol que la Canadienne d’origine portugaise choisit de s’exprimer. Si Mi Plan compte quelques déchets (Silencio, un soporifique duo avec Josh Gro­ban), il offre aussi plusieurs moments fort agréables, dont Fuerte, un savant mélange de dance et de flamenco, Bajo Otra Luz, un reggae pour prolonger l’été, et Más, une jolie ballade teintée d’électronique. ¡Bravo Nelly!
— Marc-André Lemieux


Évaluation:
5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt

Critiques CD de la semaine du 7 au 11 septembre 2009

Métro
2009-09-11 00:00:01.000

Cette semaine, l'équipe de Métro a écouté les derniers albums de Damien Robitaille, KO, Bad News Brown, Amaury Vassili et The Used.

Kitsch alors!
Damien Robitaille
Homme autonome (3,5/5)

Clairement, Damien Robitaille est allé faire un petit voyage dans les années 1970 avant de pondre ce deuxième album. Funky, disco, rétro, kitsch… à la sauce Robitaille. On ne parle toutefois pas du tout d’un changement de cap du chanteur franco-ontarien, mais plutôt d’une continuité teintée d’une sonorité rétro où le clavier est bien présent. Parfois drôle, tantôt profond ou charmeur, l’auteur-compositeur-interprète nous séduit encore avec son style bien à lui. Bref, bien qu’il n’y ait rien de révolutionnaire dans cet album, c’est franchement agréable à écouter et à réécouter!
— Audrey Lavoie


Un harmonica avec ça?
KO
Let's Blaze (3,5/5)

Après avoir survécu à l’enfer de la drogue, le jeune Torontois KO nous présente un premier album où il donne tout ce qu’il a dans le ventre. Dans un style bien à lui, un mélange de funk urbain, de reggae, de hip-hop, de rock et de blues, KO n’y va pas par quatre chemins et nous raconte par quoi il est passé. Le tout n’est par contre pas déprimant, les chansons du guitariste sont pour la plupart bien rythmées. Très accessibles, mais tout en étant uniques, les compositions de KO risquent bientôt de ne plus être des secrets bien gardés. Tant mieux!
— Geneviève Vézina-Montplaisir


Hip-harmonica
Bad News Brown
Born 2 Sin (3/5)

Après avoir fait ses classes en jouant dans le métro de Montréal et aux côtés de grands du hip-hop, Bad News Brown lance son premier album, Born 2 Sin, un heureux mélange d’harmonica, de hip-hop et d’électro. Oui, vous avez bien lu, d’harmonica! Le ruine-babines colore agréablement les 15 pièces de cet album surprenant, qui semble avoir été pensé pour les pistes de danse. Les compositions de Paul Frappier, alias Bad News Brown, ne volent peut-être pas très haut au niveau des paroles, celles-ci se contentant d’accompagner simplement les beats, mais pour ce qui est des rythmes, ceux-ci sont très accrocheurs. 
— Geneviève Vézina-Montplaisir


Impressionnant
Amaury Vassili
Vincero (3/5)

Premier CD d’un jeune Français de 20 ans qui vient jouer dans les plates-bandes pop opératiques de Josh Groban et d’Andrea Bocelli. Une recette pour obtenir de mauvaises critiques, diront certains. Mais la voix du chanteur impressionne et est simplement magnifique. Surtout par son «naturel», pourrait-on dire; elle est lancée directement, comme sans effort. De plus, elle est ici fort bien enregistrée. Toutefois, on ne peut en dire autant de l’accompagnement sans subtilités. Autre point négatif : beau­coup de pièces en italien, des re­prises de Queen et de Leonard Cohen, mais aucune en français. Étrange...
— Eric Aussant


   Pétard mouillé
   The Used
   Artwork (2,5/5)

Le nouvel album de The Used contient autant de belles surprises que de grandes déceptions. Les deux premières pièces, Blood On My Hands et Empty With You, sont prometteuses, mais le reste de l’album n’arrive pas à retrouver ce même niveau d’énergie et finit par tomber à plat. Artwork contient d’ailleurs plusieurs ballades, dont Kissing You Goodbye, qu’on a l’impression d’avoir déjà entendu au moins un millier de fois. La formation de l’Utah ne risque pas d’augmenter beaucoup son bassin de fans avec ce nouvel effort, mais les gens qui sont déjà conquis ne décrocheront probablement pas.
— Mathieu Horth Gagné


Évaluation:
5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt


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