Un appartement sur le Plateau Mont-Royal. Rien ne le distingue des autres, sinon qu’il s’agit d’un des lieux de tournage de Café de Flore, la nouvelle œuvre de Jean-Marc Vallée. Avant d’aller braquer sa caméra sur Vanessa Paradis à Paris et de remonter le fil du temps jusqu’aux années 1960, le cinéaste québécois demeure en 2010 à Montréal pour filmer Antoine (Kevin Parent), qui vient d’abandonner son amour (Hélène Florent) des 20 dernières années pour son âme sœur (Évelyne Brochu).
Sur le plateau, tout le monde est de bonne humeur, surtout le metteur en scène, qui semble flotter sur un nuage. «C.R.A.Z.Y., c’était l’horreur, se rappelle-t-il. J’étais sur le tournage, et on en arrachait. Là, c’est plus facile. Je gagne en assurance… et j’ai rarement tripé autant à regarder des rushs!» Même s’il en est à sa première expérience cinématographique, Kevin Parent affiche sa bonhomie naturelle. Son initiation au septième art se déroule bien, et ses craintes ont fondu comme neige au soleil. «Je n’avais pas peur qu’il y ait un monstre qui me saute dessus, plaisante le chanteur. Mais j’avais des questionnements sur la façon dont ça se passe, sur le déroulement d’une journée. C’est quelque chose d’assez nouveau pour moi. À un moment donné, tu embarques dans le courant et tu te laisses emporter.»
Le sentiment amoureux est le principal moteur de l’action. «Le film relate un peu le passage d’un amour à un autre, se plaît à analyser Évelyne Brochu. Est-ce que ça existe dans une vie, avoir plus d’une âme sœur? C’est une question très actuelle. Je regarde autour de moi, et on a tous l’impression qu’il y a peu de chances que ça nous arrive de rencontrer l’amour, le grand, le vrai, celui qui dure toujours.» Hélène Florent en rajoute : «Jean-Marc aime dire que c’est un film sur la séparation. C’est aussi un portrait de famille. Avec la musique, c’est peut-être le seul lien qu’on puisse faire avec C.R.A.Z.Y.».
Mélodies secrètes
Durant les auditions, Jean-Marc Vallée faisait jouer des pièces musicales pour transporter ses comédiens. La musique a toujours été primordiale à ses yeux, et elle le sera dans Café de Flore, comme fil conducteur entre les deux époques où se déroule le récit. «Ça ressemble au rôle qu’elle occupait dans C.R.A.Z.Y.; elle a quelque chose d’enchanteur», laisse filtrer le réalisateur.
Or, impossible de savoir de quelle nature seront les pièces, ni même la langue utilisée. Un mystère qu’entretiennent les acteurs. «J’ai une couple d’idées sur quelques chansons, mais on ne sait pas ce qui va être retenu en postproduction, avance Kevin Parent, en avouant qu’il ne prévoit pas chanter pendant le long métrage. Les pièces choisies sont autant des punchs que des parties de l’histoire elle-même.»

Sur le plateau de tournage de Café de Flore, l’ambiance est à la bonne humeur 


