- Neon Indian + Chromeo @ Métropolis
Samedi 31 juillet
Je vous ai glissé quelques mots sur le courant chillwave récemment. De la musique inspirée des années 1980. Du synthpop qui s’écoute spécialement bien sur un trip d’acide, les pieds dans le sable, en regardant les dauphins s’amuser.
L’un des groupes phares de ce courant est Neon Indian, fondé par Alan Palomo en 2008 au Texas. Son album Psychic Chasms, sorti en 2009, a été aussi bien reçu par la critique que par le public. C’est l’une des belles découvertes à faire ce week-end. En plus que le groupe assurera la première partie de notre fierté locale, Chromeo. À écouter: Deadbeat Summer. 59, rue Sainte-Catherine Est
- MGMT @ Métropolis
Mercredi 4 août
Il y a quelques années, j’ai croisé un jeune hipster de 18 ans qui m’a dit qu’il n’aimait plus ce que je faisais (l’émission web Voxpop Montréal sur 33mag.com) parce que j’étais rendu commercial. Rendu commercial!? Pourtant, je faisais la même chose qu’auparavant: des entrevues avec des artistes émergents et des virées nocturnes. À la différence près que plus de monde nous écoutait.
C’est le genre de truc qui me tape royalement sur les nerfs. Quelqu’un qui aime quelque chose pour les mauvaises raisons. Pas parce que c’est bon, mais parce que c’est cool d’aimer tel groupe ou telle chose. Si tu aimes vraiment la crème glacée à la pistache et que, tout d’un coup, elle devient la plus populaire à la crèmerie du coin, vas-tu arrêter d’en acheter? Tout à coup elle goûte la marde? Tu me tapes sur les nerfs!
Même chose avec les groupes de musique. Phénomène très répandu autour de moi. On aime un groupe quand il a quelques hits et remix qui se retrouvent sur les blogues. On se sent privilégié de le voir dans un show à la Sala Rossa réunissant 300 personnes. Tu as un peu l’impression qu’il t’appartient. Il te parle, à toi, personnellement. Ça vous unit, toi et les autres, parce que vous savez ce que les autres ne savent pas. Les autres? On s’en fout. Qu’ils continuent à écouter CKOI et MusiquePlus. Puis, dès que le groupe en question devient plus populaire, les voilà qui crachent sur leur groupe fétiche.
Rien ne m’énerve plus que ça! Tant mieux si un groupe devient populaire. Je ne parle pas du groupe qui change du tout au tout pour faire de l’argent, mais de celui qui parvient à percer en faisant la musique qu’il a envie de faire.
Le groupe MGMT a été victime de ce phénomène. Après un premier album, Oracular Spectacular, bourré de hits, il a connu le succès commercial et a donc été boudé par ses premiers fans. Pourtant, Congratulations, sorti en avril 2010, est beaucoup moins accessible et pop que le précédent. Les gars disaient qu’ils voulaient faire à leur tête et que cet album n’aurait aucun single. Comme si eux-mêmes refusaient le succès commercial du premier. Comme si eux-mêmes rejetaient ce qu’ils étaient devenus.
Par contre, après plusieurs écoutes, on se rend compte de la qualité des différentes pièces. L’album s’avère un tout homogène d’une grande puissance. Moins frappant et flamboyant que le premier, il consolide le statut de MGMT comme groupe en avance sur son temps et qui est là pour rester. Espérons que les gars font de la musique pour les bonnes raisons. 59, rue Sainte-Catherine Est
- Of Montreal @ Métropolis
Vendredi 30 juillet
J’aime les gens qui apprécient ma ville et je déteste les touristes qui viennent en vacances et repartent en disant ne pas avoir eu de plaisir ici. C’est évident qu’ils se trompent et que ce sont des abrutis. Comment ne pas aimer Montréal?
Et comment ne pas aimer des musiciens de Géorgie, aux États-Unis, qui forment un groupe dont le nom est inspiré de la plus belle ville au monde? Comment ne pas aimer un gars comme Kevin Barnes, auteur et chanteur de Of Montreal, qui a appelé ainsi son groupe après une brève romance avec une fille d’ici? Les plus belles sont chez nous, c’est connu. C’est vieux comme la Bible. Of Montreal, formé en 1996, respecte notre standard de qualité. De l’excellent indie rock à saveur pop. De la musique qui rend heureux et qui est accessible à tous. À écouter : Gronlandic Edit. 59, rue Sainte-Catherine Est





