Après avoir fait sa marque au cinéma et à la télé, Patrick Huard songe à revenir à ses anciennes amours: l’humour. L’acteur et réalisateur dit s’ennuyer de l’adrénaline du direct. Un sentiment suffisamment puissant pour qu’il mette en veilleuse certains projets au grand écran.
«Le confort m’insécurise énormément : faire les mêmes choses de la même façon, j’hais ça, affirme-t-il en entrevue. J’ai fait quatre saisons de Taxi 0-22. On aurait pu continuer, mais j’ai voulu arrêter. Retourner sur scène, ça voudrait dire me remettre en danger. Et ça serait ben l’fun.»
Patrick Huard se défend d’avoir enfreint ses propres règles en ayant fait appel à l’équipe des 3 p’tits cochons pour Filière 13. Le deuxième long métrage du cinéaste de 41 ans réunit non seulement le même trio d’acteurs que la comédie à succès de 2007, mais il compte en outre sur le même duo d’auteurs (Claude Lalonde et Pierre Lamothe). «Ce n’est pas un confort répétitif, parce qu’on n’aborde pas le même thème», précise-t-il.
Certes, les deux œuvres traitent de la condition masculine, mais alors que la première s’intéresse à une certaine vision de la fidélité, la seconde porte sur les différentes formes de détresse psychologique.
Filière 13 brosse le portrait de trois policiers sur le chemin de la poubelle: un est victime de violentes migraines (Claude Legault), un autre vit dans le déni le plus complet (Paul Doucet) et le dernier souffre d’agoraphobie (Guillaume Lemay-Thivierge). Assignés à une enquête futile, ils tenteront de regagner leurs galons en prenant un malfrat de la finance en filature.
«Il y a des moments dans la vie d’un homme qui sont rough. Et ça fait du bien de le dire, clame Patrick Huard. Au fil du temps, on a rendu ça comme “pas masculin” d’avoir des problèmes psychologiques. L’image du “gars irresponsable” ou du gars “artisan du malheur des autres”, on aime ça : ce sont les hommes qui font la guerre, qui sont violents, qui manipulent... Oui, mais il n’y a pas juste ça. Il y a des hommes qui ne filent pas bien. Au Québec, on bat des records de suicide chez les hommes...»
Aux dires du cinéaste, il n’aurait pas pu compléter Filière 13 sans l’apport et l’aide de ses trois vedettes. «C’est très rare que t’as l’occasion de travailler avec des gens qui ont autant de talent, remarque-t-il. On a tendance à croire qu’un bon acteur, c’est juste une grosse boule d’émotion crue. C’est l’fun, mais je préfère les acteurs intelligents. Ceux-là, ils peuvent te jouer des trucs plus subtils. C’est le cas de Claude, de Paul et de Guillaume. Sans eux, je n’aurais jamais pu tourner Filière 13 en 29 jours.»
«Sur le plateau, ça m’est arrivé quelques fois d’aller les voir pour leur dire : “Je suis vraiment désolé, mais t’as juste deux prises”, raconte Huard. Tu ne peux pas dire ça à n’importe qui parce que tu pourrais le paralyser. Mais ces gars-là, je les aime, ce sont mes amis. Je savais qu’ils allaient être capables de performer sous la pression.»
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Filière 13
En salle dès mercredi




